I. - *MusÉE Pio-Gleméntino
Ce musée constitue le noyau, pour ainsi dire, des collectlous d'antiques du Vatican; il se compose de douze salles et locaux divers.
Un large escalier conduit à la Salle à croix grecque, construite par Simonetti, sous Pie VI. Dans le pavé: trois mosaïques antiques, représentant l'une, \m bouclier avec le buste de Minerve; la 2» une ^corbeille de fleurs; la dernière, xm Bacchus. 309, le sarcophage de Constance, fille de Constantin, en porphjTC, orné de pampres et d'Enfants qui vendangent (symboles chrétiens); 389, le sarcophage, en porphyre, de Ste Hélène, vière de Constantin, avec une troupe de cavaliers fondant sur des barbares prisonniers et les bustes de Constantin et d'Hélène; 597, Auguste en pontifo; 601, bas-relief: trépied moutnint Ulysse et ses compagnons chez Polyphème (IP s. ap. J.-C); 605, Nation vaincue, probablement de race celtique; 603, fragments de sarcophage historiés représentant le mythe de Médée.
Salle ronde, construite par Simonetti, qui s'inspira du Panthéon. Dans le pavé, la mosaïque d'Otr'vcoli représentant une lutte des Grecs et des Centaures, des Tritons et des Néréides: au milieu de la salle, une énorme coupe en porphyre d'une seule pièce; 537, 538, hermès delà Comédie et de la Tragédie; 539, *Jupiter d'Otricoli, buste colossal, d'une beauté majestueuse, attribué à Bryaxis (IV« s. av. J.-C); 540, Antinous (m. 130 ap. J.-C.) représenté en Bacchus (la draperie, qui à l'origine était en bronze doré, a été restaurée par Thorwaldsen), d'après un prototype grec du IV« s. av. J.-C; 541, Faustine la Jeune (m. 141), femme d'Antonin le Pieux; 542, *statue de Déesse, répliqua ou dérivation, probablement de la Némésis d'Agoracrite, idole du temple de Ramnuntès; 543, tête d'Adrien, provenant de son mausolée; 544, Hercule, statue en bronze doré aux proportions colossales, réplique d'une œuvre de l'école de Scopas remontant au commencement de l'Empire; 545, buste d'Antinous; 546, Junon (Héra Barberini), réplique romaine d'une idole de l'école de Phidias attribuée à Alcamène; 547, Divinité marine (de Pouzzoles), per.'^onnifiant, dit-on, le golfe de Baies (spécimen intéressant de la fusion des éléments marins avec les traits humains); 548, Nerva, d'après un original représentant Jupiter; 549, buste de Sérapis, d'après un original de Bryaxis; 550, Claude en Jupiter; 551, tête de Clatide; 552, Junon Sospita de Lanuviun., œuvre du temps des Antonins; 553, tête de Plotina (m. 129), femme de Trajan, œuvre du temps d'Adrien; 554, tête de Julia Domna (m. 217), femme de Septime-Sévère; 555, le Oénie d'Auguste; 556, tête de Pertinax (?).
Salle des Muses (architecture de Simonetti; peintiures de Conca). La salle est précédée d'un Vestibule dans lequel on renxarque: 525, Périclès, réplique du portrait de Crésilas; 529, Bias; 531, Périandre. On entre ensuite dans la superbe Salle octogone, aux seize colonnes en marbre de Carrare, qui tire son nom des neuf statues des Muses. Sept de ces statues, ainsi que celle d'Apollon, ont été trouvées dans une Villa près de Tivoli et on les considère généralement comme des copies d'une œuvre de Praxitèle ou de son école (il paraît que les originaux étaient en bronze) nwis peut-être ne proviennent-elles pas toutes du même groupe. 516, Apollon citharède, statue très expressive; 511, Érato; 517, Terpsichore; 508, Polymnie; 499, Melpomène; 503, Thalie; 515, Calliope; 505, Clio. Le groupe des Muses est complété par: 504, Uranie; 520, Euterpe, statues de ])rovenance différent* et qui à l'origine ne représentaient point des muses. Les statues sont altornées avec des hermès: 509, Métrodore; 507, Antisthène; 506, Démosthène; 502, Eschine; 500, prétendu Zenon; 498, Épicure; 521, Euripide; 519, Platon (non Zenon); 518, stratège grec (Alcibiade?); 514, Socrate; 512, Épiménide; 510, prétendu Alcibiade.
Dans le 2^ VESTIBULE: 492, Sophocle; 490, Diogène (?); 489, Danse pyrrhique, art attique du IV* s. av. J.-C; 483, la imissance de Bacchus.
On passe dans la Salie des Animaux où est exposée une collection de statues et de groupes d'animaux ou de scènes dans lesquelles les animaux
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jouent un rôle. Ce sont presque toutes des œuvres décoratives qui devaient omer des jardins, des terrasses, des fontaines, etc. Le pavé de la salle est incrusté de ïnosa,ïq\iesa.ncienues.lSi, Hercul^traînant le lio/i de Némée, art de Pergame; 137, Hercule terrassant Diomède de Thrace; 141, Hercule avec le trépied, ou mieux. Hercule au sanglier; 208, Hercule tuant Géryon; 138, Centaure portant un Amour sur son dos; 139, Chasseur à cheval; 176, une truie avec ses petits; 179, Nymphe donnant à boire à un petit Satyre; 228, Centaure marin enlevant une Nymphe; 228, le Minotaure. Sous les consoles, des mosaïques représentant des scènes d'artistes dramatiques. Au fond de l'aile droite, *Mélmgre, d'après un original en bronze de Scopas (IV* s. av. J.-C).
La Galerie des Statues, faisant suite à la salle des animaux, appartient au pavillon du Belvédère construit par Innocent VIII, transformé en Musée par Clément XIV et Pie VI. On y aperçoit encore de« restes de peintures de Pintiu-icchio. - 250, Éros de Centocelle, dit aussi le Grénie du Vatican, dénomination qui est très incertaine, car c'est probablement une statue de Thanatos, le démon de la Mort, attribué à Céphisodote, père de Praxitèle. 253, Triton, art alexandrin; 255, Pâri^; 259, Apollon eitharède, restaiiré en Minerve, type de la fin du V® s.; 261, Pénélope, du V* s.; 264, *Apollon Sauroctone, ou Apollon guettant un lézard qu'il va tuer, ravissante composition d'après l'original de Praxitèle; 265, Amazone, dont la tête appartient à une autre statue antique, d'après un original, dit-on, de Crésilas; 270, Muse, restaurée en Uranie appartenant à la série des 7 trouvées à Tivoli, p. 185; 271, 290, Posidippe et im prétendu Ménandre, statues romaines d'après des originaux grecs; 395, Apollon citharède, copie d'après un original grec d'im archaïque attardé; 396, Narcisse, statue romaine, d'après des types alexandrins; 398, l'empereur Macrin; 399, Esculape et Hygie, de type alexandrin; 402, groupe de deux Niobides, fragment ayant appartenu au groupe de Florence; 412, 413, *deux superbes candélabres (dits candélabres Barberini), provenant de la Villa Adriana; 414, * Ariane endormie, chef-d'œuvre d'art alexandrin, IIP s. av. J.-C; au-dessous, un sarcophage orné d'une gigantomachie, inspirée d'une peinture de l'école de Pergame; 416, Bacchus et Ariane, provenant de la Villa Adriana; 417, Mercure; 420, Lucius Yéru^. Sur les bases de plusieurs de ces statues, il y a des iuscriptioiis de la famille Julia Claudia qui ont été trouvées près du Mausolé? d'Auguste (V. X°' 248, 400, 408, 417, 420). À. l'entrée du Cabinet des Masques, fragment d'une superbe *stèle funéraire, représentant un jeune homme qui parle à son esclave, tandis que celui-ci lui présente un strigile et une fiole d'huile, original grec du V^ s.
Salles des Bustes - P« Salle: 277, Néron en Apollon citharède; 275, personnage de l'époque alexandrine; 274, Auguste en frère Arvale; 273, *Octave adolescent, sculpture d'une grande finesse; 293, Caracalla, tête très expressive; 363, Philippe le Jeune; 388, un Romain et une Romaine, couple de l'époque républicaine, fort caractéristique. - II* Salle: 307, Saturne, copie d'après un original du V* ou du IV* s.; 310, Guerrier, d'après un ex-voto d'Attale; 311, Ménélas (tête), ayant appartenu au groupe de Ménélas portant le corps de Patrocle; 298, Sérapis, d'après im original de Bryaxis; 238, base rectangulaire embellie de dessins ornementaux néoattiques; 348, Masqm de Jupiter Ammon, d'après l'original du commencement du IV* s.; 352, une Suppliante, d'après le prototype du V* s. - III* Salle: 326, Jupiter, ressemblant vaguement au Jupiter do Phidias miis ayant toutes les lignes caractéristiques du style hellénistico-romain; 338, Prince de l'époque alexandrine en Dionysos.
Cabinet des Masques (entrée V. ci-dessus) construit avec des fragments architectoniques, en partie antiques, et décoré par Dom. de Angelis. II tire son nom de *guatre mosaïques anciennes provenant delà Villa Adriana, qui en forment le pavé et représentent des masques de théâtre. 425, Nymphe damant, œuvre de dérivation ionienne; 427, Fénu5 accroupie au bain, réplique du célèbre original de Dœdalses de Bith\Tiie, école du III» s. av. J.-C; 439, siège de bain; 443, Apollon, d'après un original attribué
le Musée Pio-Clementino. ROME B. 1; j)lan, p. 1. 187
à Eupliranor (IV* s.); 431, 442, 434, fragments d'une frise représentant des scènes de la jeunesse d' Hercule, dérivation de peintures alexandrines.
On traverse do nouveau la salle des bustes, on revient à la salle des animaux et l'on entre dans la Cour du Belvédère, construite par Giac. Délia Porta, d'après le plan de Bramante et transformée par Simonetti (1775) qui ajouta les 4 cabinets aux coins de la colonnade. Des deux côtés de la porte, *deux molosses, œuvre de l'école de Pergame.
À dr. le Cabinet du Laocoon, renfermant le célèbre groupe de *Laocoon et de ses deux fils étouffés par les serpents d'Apollon. C'est là une grandiose représentation plastique de l'épisode que Virgile a chanté dans l'Énéido. On sait que Laocoon, prêtre d'Apollon, voulut avertir les Troyens, ses compatriotes, du piège que les Grecs leur tendaient et partant les déconseilla d'introduire dans la ville le fameux cheval de bois. Le dieu, fiurieux, châtia Laocoon en le faisant mourir, ainsi que ses enfants, de cette mort atroce. Ce groupe fut trouvé en 1506 dans les Thermes de Titus et tout de suite identifié avec celui que Pline décrit; on l'attribue aiix sciilpt«urs de Rhodes: Agésandre, Polydore et Athénodore (vers 50 av. J.-C). C'est donc une œuvre de la fin de la période hellénistique, représentant avoc une virtuosité extraordinaire le paroxysme de la souffrance huuîalne. Les trois bras levés au ciel ont été restaurés par Giov. Montorsoli d'après les conseils de Michel-Ange, mais le bras dr. du père et le bras dr. du fils cadet étaient moins tendus et moins écartés du corps, en sorte que la ligne générale, correspondant mieux au plan pyramidal du groupe, était plas harmonieuse. - En continuant, sous les arcades, on voit: un fragment de la frise de VAra Pacis, p. 76; 85, Mygie (tête de Minerve, d'après le type du V» s.); 155, Avtel d'Auguste, dédié en l'an 12 av. J.-C.; 88, Rome conduisant un empereur victorieux sur son char, provenant peut être de l'Arc de Trajan.
Cabinet d'Apollon: 92, * Apollon du Belvédère, d'après un original peutêtre du IV" s., en bronze, que tous les critiques attribuent aujourd'hui à Léocharès. Le dieu est représenté en meuve nient: il avance poiur mieux observer l'effet d'une flèche qu'il vient de lancer. Los formes sveltes et élégantes, le modelé Inrinonieux du corps juvénile, le regard pénétrant, font de cette statue un chef-d'œuvre des plus admirés; 28, sarcophage ovale sur lequel se déroule un ^cortège bachique d'un art original et plein de fraîcheur; 31, sarcophage de Sextus Varias Marcellus.
(Cabinet de Persée, contenant trois œuvres d'Antonio Canova, le grand sculpteur qui florissait au temps de Napoléon et que le Pape voulut honorer en plaçant ses statues parmi les antiques. 32, Persée, création d'un art pur, mais froid, inspiré de l'Apollon du Belvédère; 33 et 33 A, Creugante et Damoxène, œuvres d'une remarquable noblesse, prouvant toutefois l'impuissance de l'imitation. - 38, fragment d'ime frise montrant Artémis et Hécate luttant cordre les Géants: 49, sarcophage décoré d'un combat d'Amazones, dans le style du IIP s. ap. J.-C.
Cabinet d'AntinoUs: 53, *Uermès (et non Antinoiis comme on le croyait jadis), du type de Praxitèle, i)eut-être Hermès psychopompos, ou conducteur d'âmes aux enfers. La tête ressemble d'une mnnièro frappante à celle de l'Hermès de Praxitèle, à Olympie; 61, fragment du groupe des Néréides, d'art hellénistique; 69, Sophocle; 27, sarcophage sur lequel est représenté un port, peut-être celui d'Ostie, et Énée et Didon à Carthage.
Vestibule rond. La rose des vents; 7, statue de femme, peut-être une Charis ou Péitho ou une autre divinité aphrodisiaque.
À g. la Salle des Monuments historiques. On y a récemment placé les monuments funèbres dos Cornelii Scipiones, dont les chambres funéraires furent trouvérs sur la voie Appienne, p. 164. Au milieu, sarcophage en péperin de L. Scipion Barbatus, consul en 298 av. J.-C. et vainqueur des Samnites alliés des Étrusques et des Gaulois. Le sarcophage a la forme d'un autel de style dorique, mais le caractère général de l'œuvre est étrusque. L'inscription est eu vers saturniens et en langue arciiaïque; on l'attribue
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à Ermius, dont on veut reconnaître les traits dans ceux de la tête en pépertn plac-ée près du sarcophage même.
Parmi les autre5 inscriptions, remarquer à g. celle de Lucius Cornélius Scipion qui conquit la Corse en 259 av. J.-C; à clr. celle de L. Mumrnius: c'est une dédicace à Hercule, après la destruction de Corinthe en 1-16 av. J.-C.
À dr.. Vestibule du Torse ou carré; Hone du Belvédère, retrouvé sous Jules II au Cainpo dei Fiori, sculpture célèbre signée du nom d'Apollonius, sculpteur athénien des derniers temps de la République romaine. C'est \xae œu\Te de style éclectique exécutée de main de maitre, mais l'interprétation en est douteuse (Hercule, Polyphème, Prométhée ou Sciron, Marsyas, etc.); 44, l'Ara Casali, autel du temps de l'Empire, orné de basreliefs très intéressants se rapportant au mjthe de la prise de Troie et aux origines de Eome.
Sur le mur de dr. les fragments des Tables des Actes des Praires Arvales, dont l'un a conservé jusqu'à nous l'hymne chanté i^endant les cérémonies, im des textes latins les plus anciens.
On re\ient dans la Salle à croix grecque, on sort sur le palier et l'on trouve à g. l'entrée du