VIL - *CnAMBRES DE RaPHAËL
Construites sous Nicolas V, les chambres furent décorées par Andréa del Castagno, Piero Délia Francesca, Bened. Bonfigli, Bartol. da Foligno. Jules II fit reprendre la décoration par ime suite de grands artistes: Luca Signorelli, le Pérugin, Sodoma, Bramantino, Bald. Peruzzi, Lor. Lotto et le Flamand Ruysch. Bramante ayant parlé au pape d'un de ses concitoyens, jeune peintre d'im talent merveilleux et d'une grâce incomparable, Jules II le fit aussitôt venir de Florence, où il se trouvait, et, dès son arrivée à Rome (septembre 3 508), il le mit à l'épreuve. Il en fut tellement satisfait, qu'il renvoya toas les autres peintres, ordonna qiie l'on détruisît tout ce qu'ils avaient commencéet confia exclusivement à Raphaël la tâche de décorer cette partie du Vatican. Les chambres sont le chefd'œuvre du peintre d'Urbino; elles donnent la mesure de la puissance de son génie et de l'évolution de son art, depuis son arrivée à Rome jusqu'à sa mort (1508-1520).
La cour de Jules II, lorsque Raphaël y arriva, était un centre intellectuel de tout premier ordre. Le collège des Cardinaux et la Curie comptaient parmi leiu-s membres des érudits, des humanistes, des lettrés célèbres; une foule d'artistes, de laquelle émergeaient Bramante et Michel-Ange, animait la ville. Dans ce n\ilieu d'ime ciiltiure supérieure, Raphaël, doué d'un talent puissant d'assimilation, se renouvela complètement. S'il fut guidé et conseillé dans la composition de ses fresques, surtout dans celles de la Dispute et de l'École d'Athènes, il sut cependant dominer et vivifier l'érudition de ses conseillers par la spontanéité de son génie. - SI l'on tient à sui\Te l'ordre chronologique, on devra commencer par observer l'Astronomie, Apollon, Adam et Eve, le jugement de Salomon dans la Chambre de la Signature (II). Ce sont probablement là les peintures exécutées k titre d'essai; ensuite les autres fresques de cette chambre, puis la chambre
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d'Héliodore (III); celle de l'Incendie (I) et enfin la Salle de Constantin (IV). - Notre description suit l'ordre topographique.
I. - Chambre de l'Incendie. La voûte représente la Glorification de la Trinité, par le Pérugin; les parois ont été peintes en 1517 par les élèves de Raphaël d'après les dessins de celui-ci: les sujets sont des événements du temps de Léon III et de Léon IV, avec des allusions au pontificat de Léon X.
Sur la paroi en face de la fenêtre: 1' *Incexdie du Boego, en 847, éteint miraculeusement par un signe de croix que Léon IV fit du haut de la loge de St-Pierre. C'est là une allusion à l'action de Léon X poiir rétablir la paix en Italie. On voit, à l'arrière -plan, l'incendie qui menace la vieille basilique de St-Pierre, dont on aperçoit la façade, existant encore du temps de la fresque; à dr. un plan du palais d'où le pai)e apparaît. Au premier plan s'agite ime foule effarée et suppliante, paralysée par la crainte et qui court porta.nt de l'eau pour éteindre le feu; à g., un souvenir classique: l'incendie de Troie, des hommes nus escaladant les mmrs; Énée qui fuit portant son père Anchise sur ses épaules, sui\a de sa femme Creuse et de son fUs Ascagne. Au-dessous: Godefroy de Bouillon et Astolpfie.
Sm- la paroi de dr., le CorKOXXEMEXT DE CHARLEilAGXE par Léon III (800), allusion à ime entre\aie de Léon X avec François I^' à Bologne (1515): le pape et l'empereur ont respectivement les traits de Léon X et du roi de France. - Au-dessous: Charlemagae.
Sur la paroi de g.. Victoire de Léon IV sur les Saekasins i Ostie (849), allusion à la Croisade contre les Turcs proclamée par Léon X, dont Léon IV est le portrait; les personnages qui l'entourent sont le cardinal de Bibbiena, Jules de Médicis, etc. - Au-dessous: Ferdi)innd de Castille et l'emperem- Lothaire. Sur la paroi des fenêtres: Serment de Léon III, allusion à une décision du Concile de Latran.
II. - *Chambre de la Signature, où le pape signait les bulles et les brefs, peinte entièrement par Eaphaël de 1508 à 1511. À la voûte, au-dessus de la Dispute, la Théologie {divinaruin rerum notitia); au-dessus de l'Olympe: la Poésie (niimine afflatur); au-dessus de TÉcole d'Athènes, la Philosophie (causarum cognitio); du côté de la fenêtre: la Justice (jus suum unicuique tribuit). Dans les pendentifs: Adam et Eve (réminiscence de Masaccio et de Michel-Ange); Apollon et Marsyas (rappelant Léonard), V Astronomie, gracieuse fig.ire de style ombrien-florentin; le Jugement de Salomon, dérivé en partie de dessins de Léonard.
Sur la paroi de dr. en entrant: la *Dispi:te du Saint- Sacrement. Elle représente une disciission sur l'Eucharistie et l'on poiurait la définir plus exactement la Glorification du Catholicisme. L'espace, relativement limité, semble agrandi par la puissance de l'art. La scène est divisée en deux zones. Dans la zone céleste: le Christ entre la Vierge et St J. -Baptiste; audessus. Dieu le Père entouré d'anges; nu-dessous, le Saint-Esprit entre deux anges tenant le livre des Évangiles. À g., St Pierre, Adam, St Jean l'Évangéliste, David, St Laurent et m\ autre personnage, peut-être Jérémie. À dr., St Paul, Abraham, St Jacques, Moïse, St Etienne, et im autre personnage de l'Ancien Testament. Dans la zone terrestre: au milieu, un autel au-dessus duquel est l'ostensoir avec l'hostie; à dr., St Augustin et St Ambroise; à g., St Grégoire et St Jérôme; puis ime foule de docteurs, de pontifes, de cardinaux, de dignitaires, de fidèles. On prétend reconnaître parmi tous ces personnages: Duns-Scot, St Dominique, St François, St Thomas d'Aquin, St Bonaventure, St Nicolas de Bari. De plus le personnage levant la main droite vers le Ciel, serait Pierre Lombard; à dr., on voit la tête de Dante, couronnée de lauriers; plus à dr. encore, Savouarole; à g., Is Beato Angelico et, au prenier plan, Bramante. - Sur le socle en commençant par la g.: Sacrifice païen; St Augustin et l'enfant au bord de la mer; La Sibylle de Cumes montrant la Vierge à Augu-nte, trois peintures par Perin del Vaga.
Sur la paroi vers le Belvédère, le Parnasse. Siir ime colline d'où jaillit un niisseau, à l'ombre des lauriers, Ai)ollon Joue du violon (qui
les Chambres de RaphuëL EOME li. 1; plan, p. 1. 195
remplace la lyre) tl'uti ;iir inspiré. Tout autour, par groupes, les Muses et les plus grands poètes. À g., assise près du Musagète, Calliopc; derrière elle, groupées, Melpomène, Terpsichore, Polyninie; à dr., également assise, Érato; derrière, Clio, Thalie, Euterpe et Uranie. Dans le groupe des poètes, h g., la noble figure d'Homère, aveugle; à .sa g., Dante; à sa dr., Virgile; plus bas, Alcée, Corinne, Pétrarque, Anacréon et Sapho, aux formes opulentes, assise à côté d'eux. Dans le groupe de dr. on reconnaît l'Arioste, Ovide, Catulle, Tibulle, Properce et, plus bas, Sannazzaro, Horace et Pindare a'=;sis. Toute cette composition, facile et claire dans la scène qu'elle étale, a un charme et une fraîcheur d'inspiration uniques. Au-dessous en grisaille, à g., Alexandre faisant déposer dans le tombeau d'Achille left poèmes d'Homère ou bien la découverte sur le Janicule en l'an 181 av. J.-C. d'un sarcophage contenant des livres latins et grecs; à dr., Auguste empêchant les amis de Virgile de brûler l'Enéide, ou les consuls faisant brûler des livres grecs comme nuisibles à la rcU/jion. Au-dessous des grisailles, de superbes marqueteries de Fra' Giovanni da Verona.
Sur la paroi en face de la Dispute, l'ÉcoLE d'Ath|;nes, c'est-à-dire le triomphe de la philosophie faisant pendant au triomphe de la théologie. Un vestibule montant par degrés et que décorent les statues d'Apollon et de Minerve, donne accès au palais de la Science, l'une des plus grandioses conceptions architectoniques de la Renaissance, due à Bramante, qui en traça le plan admirable. Nous trouvons, réunis dans ce cadre solennel, les grands philosophes et les savants de l'antiquité et des temps modernes faisant cercle autoiu* des deux grands maîtres: Platon et Aristote. Le premier, caractérisant par là son système de philosophie spéculative, montre le ciel de la main; le second, d'im calir^e austère, montre la nature, champ merveilleux ouvert à la philosophie des sciencrs. Les autres philosophes sont divisés en deux groupes, selon le système philosophique qu'ils suivirent de leiu: vivant. À g., du côté de Platon, sur le sommet des degrés on distingue Socrate à la tête chauve et au profil caractéristique: Eschine, Alcibiade (en jeune guerrier), Xénophon et d'autres personnages discutent près de lui. Le personnage près de Xénophon, faisant signe d'approcher à quelqu'un dans la foule, serait Chrysippe. Au bas d s degrés à g., est Zenon, vieillard barbu, vu de profil; près de lui, Épicure, couronné de pampres, lit un li\Te; sur le devant, Pythagore écrit ses tables harmoniques et vers lui se penchent Averroès, portant un turban, et Empédocle. Le jeune garçon assis est Frédéric deGonzague, que Uaphaël peignit par ordre de Jules II; le beau jeune homme delDOut est Franc. Maria Délia Roveie; à côté de lui, le pied sur un bloc de marbre, on voit Anaxagore, ou Xénocrate ou bien encore, selon d'autres, Aristoxèno. Heraclite est assis à l'écart, solitaire. À dr., du côté d'Aristote. sont les savants qui cultivèrent les scionces exactes. On reconnaît parmi ceu.K au bas du perron: Ptolémée, tournant le dos (l'artiste, le confondant avec les rois d'Egypte du même nom, lui a mis une couronne); en face de lui, une sphère à la main, se tient Zoroastre; près de lui, dans le coin de dr., le peintre s'est représenté lui-même à côté du Sodoma. À g., Archimède (sous les traits de Bramante) entouré de ses disciples et penché sur un tableau noir, tr ic? des lignes avec son compas. Diogène, isolé de tout le monde, est couché sur les marches. Au-dessous de la fresque, Perin del Vaga représenta, de g. à dr.: la Philosophie, les Mages discutant, le Siège de Syracuse et la Mort d' Archimède.
Sur la quatrième paroi, au-dessus de la fenêtre, trois vertus cardinales: c'est-à-dire, de g. à dr.: la Force, la Tempérance, la Prudence; du côté g. des fenêtres: Justinien publiant les pandectes (Droit civil); au-dessous, par Perin del Vaga, Solon haranguant le peuple athénien; du côté dr., Grégoire IX (portrait de Jules II) reniMant les Déc.rétales à un jurisconsulte {\ 111 ; Droit ecclésiastique); les prélats qui entourent le pape sont des personnages contemporains de Raphaël: à g., sur le devant, Jean de Médicis qui fut plus tard Léon X, ensuit* le cardinal Antonio
Iflfi B. 1; phi,), p. 1. ROME les Chanthres de Raphaël.
di Monte, Al. Farnèse qui fut Paul HT, etc.; au-dessous, par Perin del Vaga, Moïse apportant aux Juifs les Tables de la Loi.
III. - *Chambre d' Héliodore, peinte par Raphaël de 1512 à 151-t: les sujets ont presque tous été choisis par Jules II. Sur la paroi principa'e, HÉLIODORE CHASSÉ DU TEMPLE DE JÉRUSALEM, allusion aux guerres de Jules II pour chasser les étrangers d'Italie. Le fait biblique qui a inspiré le peintre est le suivant: le roi Séleucus avait envoyé à Jérusalem son trésorier Héliodore pour qu'il s'emparât du trésor du temple. Ayant réussi dans son dessein criminel, grâce à l'aide de ses gardes, Héliodore sortait du temple, lorsqu'vm messager céleste, montant im cheval fougueux, accourut et le terrassa, lui et ses gardes, tandis que deux anges armés de fouets s'élançaient contre eux. - La scène peinte par Raphaël se passe dans le vestibule du temple: ou aperçoit celui-ci à l'arrière-plan. À dr. un groupe d'mi élan et d'une vigueur extraordinaires: la lutte entre Héliodore et ses hommes d'un côté et les messagers divins de l'aiitre; à g., des veuves et des orphelins auxquels le butin était destiné, qui regardent et commentent; au milieu de cette foule l'apparition solennelle de Jules II sur la sedia gestatoria. Le premier des porteiu-s est le célèbre graveur Marcantonio Raimondi. Au centre de la composition, sous la voûte du temple, le grand prêtre Onias rend grâce au Seigneur devant l' Arche Sainte.
À dr., la Messe de Bolsèxe: le fait miraculeux eut lieu dans ce pays en 1263; un prêtre qui avait des doutes siir la transsubstantiation, vit du sang jaillir de l'hostie au moment du sacrifice et demeura convaincu, par ce prodige, de la vérité du dogme. La fresque fait allusion au pouvoir de l'Église sortant victorieuse du Concile de Latran, inauguré par Jules II le 3 mai 1512. Raphaël a peint un intérieur d'église: sous la courbe d'une exèdre en bois, on voit le prêtre officiant, éperdu devant le prodige; vis-à-vis du prêtre est agenouillé Jules II qui assiste à la messe (au lieu d'Urbain IV); à dr. des cardinaux et des gardes; à g. le peuple étonné. Cette con:iposition renferme des portraits admirables; le coloris chaud et l'harmonie des rouges sont surprenants et s'expliquent par l'influence de Seb. Del Piombo. qui venait de révéler à Rome la puissance du coloris de l'école vénitienne.
Siur la paroi suivante, lÉox I^'' repoussant Attila, sujet choisi par Jules II et que Léon X flt reprendre à l'artiste tout en introduisant des changements considérables dans la première ébauche qu'il avait préparée. L'arrière-plan rej^résentant les bords du Mincio, où le fait aurait eu lieu, a été en effet remplacé par les environs de Rome et le pape, qu'on apercevait au loin, a été placé au prenuer plan. C'est là xme allusion à la bataille de Ravenne (11 a\Til 1512) à laquelle Léon X assista étant cardinal, bataille décisive qui obligea les Français à abandonner l'Italie définitivement. - Attila apparaît presque au centre de la composition, sur un cheval rappelant celui de Marc-Aurèle: le chef barbare est frappé d'effroi en voyant St Pierre et St Paul qui descendent armés du ciel; derrière lui, on aperçoit le camp des Hims en proie à la terreur; à g. le pape, sous les traits de Léon X, s'avance chevauchant sur une mule blanche, suivi de deux cardinaux; dans le fond, le paysage de Rome.
Sur la quatrième paroi, la Déli^tiance de St Pierre, allusion à la captivité de Léon X après la bataille de Ravenne. La scène est développée en trois parties: au milieu, on voit, à travers une fenêtre, l'intérieur de la prison et St Pierre endormi réveillé par l'Ange libérateur qui brise ses chaînes; à g. l'extérieur de la prison et les gardes; à dr. l'Ange et St Pierre fuyant. Cette fresque est célèbre à cause des jeux de lumière créant des contrastes et des effets surprenants: lumière du flambeau, clair de lune, lumière émanant de l'ange.
Sur le socle: des cariatides et quatre hermès. La voûte par Peruzzi représente: Dieu apparaissatit à Moïse; le Songe de Jacob; le Buisson ardent; le Sacrifice d'Abraham.
IPR Loqex (Je Raphaël. ROME /?. 1; via», p. 1. 197
IV. - Salle de Constantin, presque toute décorée sous Clément VII, après la mort de Raphaël, par Jules Romain, aidé par Franc. Penni et Raff. Del Colle.
Sur la paroi, eu face de la fenêtre, la Victoire de Constantin sur Maxence au pont Milvius (Ponte Molle), fresque pour laquelle Raphaël avait laissé des ébauches. C'est une composition pleine de mouvement et d'animation: au centre, Constantin à cheval, au milieu de la mêlée, suivi des drapeaux et des croix; à dr., Maxence, entraîné par le courant du fleuve; au Ciel, les Anges triomphants. Le coloris rougeâtre de l'ensemble est le trait caractéristique de Jules Rotnain. Des deux côtés: à dr., St Urbain, la Justice, la Charité; à g., St Sylvestre, la Foi et la Religion.
Sur les autres parois: Constantin haranguant les soldats après l'apparition de la Croix, par J. Romain, peut-être d'après des dessins de Raphaël, et sur les côtés, à dx.: St Clément, la Modération et la Mansuétude; à g., St Pierre, V Église et l'Éternité;le Baptême de Constantin par St Sylvestre (portrait de Clément VII), fresque de Francesco Penni; sur les côtés: à dr., St Léon, l'Innocence et la Vérité; à g., St Damase, la Prudence, la Paix.
Sur la paroi des fenêtres: la Donation de Constantin à St Sylvestre, par Rafl. Del Collo; sur les côtés: à dr., Grégoire VII (?) et la Force; à g., St Sylvestre et la Vaillance. Le long du socle, d'autres scènes tirées de la vie de Constantin. La voûte représente le Triomphe du Christianisme, par Tom. Laureti.
Un gardien fait visiter la chambre mortuaire de Jules II (plafond superbe) et la ^Chapelle de Nicolas V, décorée de fresques pleines de mysticisme par l'Angelico (1450-5.j). La rangée supérievu-e de ces fresques représente des scènes de la vie de St Etienne; la rangée inférieure, des scènes de la vie de St Laurent. En outre, au bas du miu" de g., des Saints et des Docteurs; au plafond, les Évangélistes.
On rebrou-sse chemin et l'on passe, à dr. de la salle des Clairs- Obscurs, dans les
^Loges de Raphaël, c'est-à-dire le côté O. du 2^ étage de la cour de St Damase. C'est une longue galerie à treize travées, donnant sur la cour. La voîite de chaque travée, garnie de pendentifs, est décorée de quatre scènes tirées de l'Ancien et du Nouveau Testament (total 52 scènes) formant la Bible de Raphaël. Tout autour de ces fresques et le long des parois, se déroule une décoration prodigieuse; c'est une profusion d'ornements les plus variés: fleurs, fruits, feuillages, oiseaux, figurines, animaux fantastiques, arabesques, candélabres, petits édicules, etc.; le tout d'une gaieté et d'une vivacité merveilleases. C'est ce qu'on appelle des grotesques, qui consistent dans l'imitation des décorations antiques dos souterrains appelés à Rome des grotte, et, en ce qui concerne les logge, en particulier, c'est la réminiscence des décorations des Thermes de Titus que l'on venait alors de découvrir. Les dessins sont de Raphaël, l'exécution de ses élèves qui ont travaillé sous sa direction: Jules Romain, Giov. da Ûdine, Fr. Penni, Perin del Vaga, Polidoro da Caravâggio. - Les scènes des voûtes représentent: I, Séparation de la lumière et des ténèbres; Séparation de la terre et des eaux; Création du .soleil et de la lune; Création des animaux. - II, Création d'Eve; Péché originel; Expulsion du paradis; Adam et Eve travaillant. - III, Construction deV arche; Déluge; Sortie deV arche; Sacrifice de Noé. - IV, Abraham et Melchisédech; Dieu prédisant à Abraham une longue postérité; Abraham et les trois anges; Fuite de Loth. - V, Dieu apparaissant à Isaac; Abimélech épiant Isaac et Rébecca; Isaac bénissant Jacob; Isaac et Ésaii. - VI, Songe de Jacob; Jacob et Rachel au puits; Les reproches de Jacob à Laban; Voyage de Jacob. - VII, Joseph raconte ses songes à ses frères; Joseph vendu par ses frères; Joseph et la femme de Putiphar; Joseph expliquant le songe de Pharaon. - VIII, Moïse sauvé des eaux; le buisson ardent; Pharaon englouti par la mer Rouge; Moïse faisant jaillir l'eau du rocher. - IX, Moïse reçoit les tables de la Loi; Adoration du veau d'or; Moïse devant la colonne de feu; Moïse montrant au peuple les tables de la Loi. - X, Passage du Jourdain; Prise
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de Jéricho; Josué arrêtant le soleil; Joraé et ÉUazar partageant la Palestine erttre les douze tribus. - XI, Sacre de David par Sarmiel; David et Goliath; Victoire de David; David et Bethsabée- - Xll, Sacre de Salomon; Jwjemerà de Salomon; La reine d« Saba; Coa^^truction du temple. - XIII, Adoration des bergers; les Rois Mages; Baptême de J.-Christ; la Cène.
On rebrous::;e chemin j'osqu'à la chambre de l'Incendie et l'on entre dans la Salle de l'Immaculée (Immacolata) ornée des fresques de la Pro' clamatioti du dogrm de V Immaculée Conception (8 déc. 1854), par Podesti. Au milieu, un riche secrétaire, offert en 1S67 par les catholiques de Franre, contenant la traduction du texte de la bulle dans les principaux idiomes du monde (110 volumes richement reliés). On traverse ensuite une salle de p?intiu-es modernes et un vestibule à coupole, d'où l'on descend, par plusieurs ramper d'e-;i'alier, à la