‹ Italie méridionale, Sicile, Sardaigne, Malte, Tunis, CorfouChapitre 107 sur 127 · OA.GLI ARI · texte numérisé non relu

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Excursion en Sardaigne. CAGLIARI. IV. S. 41. 451

ch. de 2 fr. à 2.50). — 256 kil. San Gavino, d'où un embranch. spécial (v. p. 457) dessert l'importante mine de plomb de Monfevecchio. Grande culture de safran. — 262 kil. Sanluri, gros village on Martin II, roi de Sicile de la maison d'Aragon, vainquit en 1409 Erancaleone Doria, veuf d'Eléonore (p. 446) et son successeur dans le judicat d'Arborée. — 269 kil. Samassi. Ghem. de fer minier pour yïMrtcirfro. — 275 kil. Serramanna (35 m.). — 281 kil. Villasor. A g., sur le versant d'une colline volcanique, Monastir et ses tombeaux de l'âge de la pierre (p. 445). — 290 kil. Decimomannu (13 m.). Ligne d'Iglesias, v. p. 456. — 293 kil. Assemini. On longe, à dr., l'étang de Cagliari. — 298 kil. Elinas. — Un peu avant Cagliari, à g., sur des versants calcaires, la nécropole de Carales, la ville antique (v. p. 455). — 307 kil. Cagliari.

H. Cagliari et ses environs.

La GABB de la ligne principale (pi. A4), desservant Igle.sias, Sassari, Grolfo Aranci, e.st au S.-O. de la ville; celle de la ligne secondaire (pi. D 6) de Mandas, Sorgouo, Tortoli, est au S.-E. Voitures, v. ci-dessous.

Arrivée par mer. Les vapeurs accostent au quai de la Darsena (pi. C5-6); cependant, il faut une barque pour embarquer et débarquer (tarif 40 c, avec bagages 60 c; les prix sont assez souvent surfaits).

Hôtels: Scala di Ferro (pi. a, C4-5), viale Reg. Margherita, 5, avec rest. distingué, bains et jardin, bon (50 ch. de 3 à 6 fr., !«'■ déj. 1, omn. 1); Quattro Mot i (pi. b, B4), largo Carlo Pelice, avec restaur. fréquenté (25 ch. de 2 fr. à 2.50). — Restaurants: Ristor. e Caffè Toruw, via Roma (pi. AB4-5), bon; Fireiize, corso Vitt. Kmanuele; Contu, via Giov. Maria Angioi. En été, café-reëtaurant sur le Bastione (p. 463). — Cafés: Torino (v. ci-dessus); Roma, via Roma. — Pâtisseries: Clavot, Rizzi & C'», piazza Yenne, 2 (pi. B3); Tramer, piazzetta Martiri d'Italia, via Manno (pi. BC4) et corso Vittorio Emanuele (pi. AB3).

Bains: à l'hôt. Scala di Ferro (v. ci-dessus). — Bains de mer (de juin à sept.), à la Plaia (p. 456; serv. autom. de la place Yenne pour les deux établissements): Bagiii Carboni, au pont de la Scafa (p. 456; 1 kil. 5); Bngni Oiorgino (3 kil. 5).

TnÉ.iTREs (représentations en hiver): Teatro C'ivico (pi. C 4), dans la vieille ville (Castello); Politeama Margherita (pi. 0 5), viale Regiua Margherita; Politeama Carboni, piazza del Carminé (pi. A4). — Spectacles divers: Eden, au Palazzo Vivanet (pi. A4).

Photographies: E. Blauri, Nissim, tous deux piazza Yenne; Valentin, via Sardegna. — Articles photographiques : Clavot, Rizzi & C''«, largo Carlo Felice, 26 ; G. B. Cova, via Manno, 48.

Postes et télégraphes (pi. B 4), via Lodovico Baille, 22 ; ouvert de 8 h. <à 2 h. et de 4 à 8. Bureaux auxiliaires: piazzetta Martiri d'Italia et corso Vittorio Emanuele (pi. AB3).

Consulats: France, M. A. Leca, viale Regina Elena; Belgique, M. L. Halen, via Lamarmora; Russie, M. F. Thorel, piazzetta Martiri d'Italia, 4.

Bateaux a vapeur : agence de la Società Nnzionale di Servizi Marittimi, viale Regina Margherita, 29, au coin de la via Roma (pi. C 5).

Club Alpin Sarde (Club Alpino Sardo), via Graetano Cima, 4.

Voitures (faire prix): à 1 chev. en ville, pour les gares ou le port, 1 f r. ; la nuit, 1 fr. 50; bagages 20 c. — Automobiles pour excursions: Fratelli Del Ç'orvo, via Roma, 10-11,

452 TV. R. 41. CAGLIARI. Excursion

Voitures publiques (via Roina, 77). Serv. aiitora. pour S. Vito, 66 kil., tous les jours, en 4 h., l''« cl. 6 fr. 80, 2" cl. 5 fr. 46, par (7 kil.) Quarto S. Eleua (p. 455), (25 kil.) .S'. Gregorio, (51 kil.) Montacuto (de là, dilig. on 3 h. Ji C'disliaihis, 16 kil., la plus granile culoiiie pénitentiaire de l'Italie) et (62 kil.) Muravera. - Dilig. pour Monuatir, à 21 kil. au N., t. les j., en 3 h. (2 fr.). — Serv. autom. pour Pula (p. 45»;; 28 kil. 5), t. les j., en 1 h. Va, 1'* ^^- 2 fr. HO, 2» cl. 2 fr. 35, par la Plaia, (21 kil. 5) Sarroch et (25 kil. 5) S. Pietro di Pula, et de Pula à (33 kil.) Teulada, en 2 h., par (19 kil.) DoiHus de Maria.

Tramway a vapeur (tramvia del Oampidano), de la via Roma, au coin du largo Carlo Felice (pi. B5), à (11 kil.) Quarto SanV Elena (p. 455). env. 8 fois par jour, en 1 h., prix 50 et 35 c.

Vins. Le vin du pays est bon et pas cher. Vins plus fins: veriiaccia (p. 449), acerbe et capiteux, malvoisie (malvagia; p. 455) et muscat (moscato), cannonao, monica, nasco et dira, doux. — Pain e.x^cellent. Des gâteaux sucrés spéciaux (piricliittus, scaadelaus, mustazzolus, gesminus, etc.) se préparent lors des fêtes religieuses.

La fête de St Ephisiiis, du l"' au 4 mai (v. p. 456), attire, de toutes les parties de l'île, beaucoup de gens aux costumes pittoresques.

Caglian, nommée Caraîes par les Romains, Casteddu en sarde, ville de la plus haute antiquité, fondée par les Phéniciens, est la capitale de l'île; elle a 55000 hab. et est le siège d'une préfecture, d'un archevêché, du commandement militaire de la Sardaigne et d'une imiversité. Elle est située sur le grand golfe qui échancrc la côte méridionale, du cap Spartivento à l'O. au cap Carbonaro à l'E. A l'E. de la ville, le cap S. Elia ferme le golfe de Quarto. La ville elle-même, entourée de vastes lagunes, le Stagno di Caglian à l'O. et le Stagno di Molentargins à l'E., d'où l'on tire beaucoup de sel, est adossée à une éminence escarpée et se divise en quatre parties distinctes: la vieille ville, Castello (sarde, Castedd'e susa), dans le haut; la ViUanova, plus bas à l'E., et enfin la Manna et Stampace, avec le faubourg de S. Avendrace, à l'O. Cagliari est une des villes les plus chaudes de l'Italie; il y pleut rarement.

La VIA Roma (pi. AB4-5), sorte de quai plante d'arbres qui part de la gare principale, longe le port au S.-O. de la ville; c'est le rendez-vous du grand monde dans la soirée. Au commencement, à g., Vhôfel de ville (Palazzo Comunale ; pi. A R 4), bel édifice de construction récente, d'où monte, au N., le largo Carlo Felice (pi. R4) qui passe à dr. à deux belles halles fréquentées dans la matinée et aboutit à la piazza Yennk (pi. B3), centre des quartiers neufs.

A l'extrémité N. du largo Carlo Felice est une statue en bronze de Charles-Félix l" (pi. R4), en costume romain (1860), et sur la piazza Yenne, une colonne antique, érigée en 1822 comme point de départ de la route de Porto Torres. Entre le monument et la colonne passe l'artère principale de la ville pour suivre la direction de la côte; elle s'appelle dans sa partie supérieure via iMannu (pi. BC 4) ou vulgairement la Costa et dans le bas corso Vittorio Èinaiiiiele (pi. A R3). T-a via ]\Ianno, la rue la plus animée de la ville, a beaucoup de magasins où l'on remarque les parures en or dont l'ait surtout usage la population des campagnes. Cette rue passe ;i

en Sardaigne. CAGLIARI. IV. R. 41. 453

la, piazzetta Martiri cfltalia, ornée d'un monument en forme de pjTamide; plus loin, elle descend par la piazza délia Costituzione (pi. C 4) au quartier de Villanova, on elle se prolonge par la via Garihaldi (pi. D 3-4).

A la piazza délia Costituzione commence, à g., la promenade dite *viALE Begina Elena (pi. CD 4-2), qui oifre de belles vues et mAne vers le N. en longeant le pied oriental des rochers à pic du Castello. A g., on a un coup d'œil pittoresque en haut sur les derrières des maisons de cette partie de la ville et de la cathédrale, avec sa crypte creusée dans le roc. A dr., dans le bas, le quartier de Villanova, avec ses toits originaux en tuiles et au delà duquel on a une vue magnilique sur le cap S. Elia et la vaste plaine de Quarto, jusqu'aux montagnes du Serpeddi et des Sette Fratelli. La promenade aboutit ^w jardin public (pi. Cl), qui se distingue par une végétation méridionale luxuriante. On peut monter de là à rO. à une autre promenade, le Buon Cammino (p. 454).

Le *Castello ou vieille ville, situé sur la hauteur, a conservé ses anciennes portes et son enceinte munie de tours et comprend les édifices les plus importants. On y monte par deux rampes à g. de la piazzctta Martiri (v. ci-dessus), ou bien par le Bastions, escalier monumental construit à l'angle S.-E. et surmonté d'une grande terrasse (Passeggiata Umberto I) très animée les soirs d'été (restaur., V. p. 4.51; musique milit. les dim. et jeudi) qui a remplacé les anc. bastions St-Remy et S. Caterina (pi. C4). A g., la via Universifà conduit à l'Université et à l'imposante Torre delV Elefante (pi. 03), construite en 1307 par les Pisans, selon son inscription en vers.

L'Université (pi. C3-4), fondée en 1596, et reconstituée en 1764 par Charles -Emmanuel III de Savoie, compte env. 250 étudiants. Sa bibliothèqne, de 70000 vol., possède les «pergamene di Arborea», œuvre d'un faussaire. L'importante collection de minéralogie et de paléontologie renferme entre autres, dans la 2*" salle, des restes de squelette d'un crocodile trouvés à la piazza d'Armi; la collection de zoologie, un ensemble de spécimens des oiseaux du pays et de beaux exemplaires du mouflon, grand bélier sauvage (|n'on ne retrouve plus que dans quelques contrées (v. p. 449).

En continuant tout droit à partir du bastion de S. Caterina, on passe par la porte de la vieille Torre delV Aquila, comprise maintenant dans le palais Boyl, et on arrive dans l'étroite via Lamar- MORA (pi. C 4-2), la principale de la vieille ville, qui s'étend du S. au N. sur la hauteur escarpée. Il y a encore deux ou trois rues parallèles, reliées par des ruelles fort raides, de sombres passages voûtés ou des escaliers. Au milieu du Castello est la piazza bel MuNiciPio, petite place en terrasse, avec Va7ic. hôtel de ville (Pal. Comunale; pi. C 3). L'escalier à dr. monte à la cathédrale.

La cathédrale {S. Cecilia, pi. C 3), achevée en 1312 par les Pisans, a été plus tard juodifiée dans plusieurs de ses parties. Sa

454 rv. R.41. CAGLIAHI. Ea-curaion

îiuyadc de style banique vient d'être démolie; la façade plus simple (de l'époque des Pisans) (ju'elle dissimulait, subit actuellement une rest.auration dans le même goût que les vieux portails latéraux.

A l'entrée principale, deux ambons revêtus de scènes du Nouveau Testament : ce sont les moitiés d'une ancienne chaire (xiu" s.) probablement placée d'abord dans le baptistère de Pise. — Dans le bras p. du transept, le monument de Martin II de Sicile (m. 1409), le vainqueur de Sauluri (p. 451). — Dans la crypte, le tombeau de Louise de Savoie (m. 1810), femme de Louis XVIII, et celui du lils unique (m. 1799) de Victor-Emmanuel I".

Plus loin au N., à la tiazza Indipendenza, la Torre S. Paiicrazio (pi. C 2), tour pisane du xiv* s., restaurée depuis, du haut de laquelle on jouit d'une belle vue (le gardien du musée a la clef). Dans la maison récemment construite sur la place, du côté N.-O., le musée d'antiquités, à l'Etat, possède la plus complète des collections d'antiquités sardes; il a été fondé en 1800 par Charles-Félix qui fut roi plus tard. S'il est fermé, s'adresser au conservateur, le prof. Ant. Taramelli ou à l'inspecteur, le chevalier F. Nissardi. Guide sommaire par Taramelli (1911, 50 c).

!'■• SALT-E. Antiquités de la Sardaigne primitive. Dans la vitrine, couteaux de pierre, vertèbres de thon servant d'ornements, coquillages de cavernes préhistoriques. Plus loin, un modèle du nuraghe Nieddu (p. 460), fait de liège et démontable; tout autour, des pierres employées à façonner le verre volcanique ou pierre obsidienne dont les premiers habitants se fabriquaient des couteaux et des armes. Aux parois et dans les vitrines du milieu, importante collection de bronzes sardes, très primitifs, mais caractéristiques, trouvés presque tous dans les nuraghe ou autour de ceux-ci: animaux, guerriers (la plupart à pied, les antres montés sur des boeufs), divinités, lampes sacrées en forme d'embarcations , armes et ustensiles , moules en pierre et lingots de bronze. — Il" SALLE. Antiquités phéniciennes. Objets trouvés dans les nécropoles de Tharros (p. 450), de Nora (p. 456) et de Cagliari, entre autres, pierres gravées, scarabées et ouvrages en or et en argent; masques. — III'^ salle: antiquités romaines, en particulier une importante collection de verres irisés, poteries, inscriptions en bronze et médailles. — IV <■ salle: monuments lapidaires et sculptures; inscriptions phéniciennes, latines et grecffues. — V« salle: sarcophages, fragments d'architecture, deux sphinx en granit, stèles phéniciennes. — Etage supériei-r: tableaux des xiv»xviii» s., entre autres un beau polyptyque d'Ottana; une épée d'honneur de Napoléon I»', un buste en bronze de Charles-Félix, ainsi que les bustes en marbre du comte Délia Marmora (p. 44U) et de l'archéologue sarde Spano, qui a beaucoup fait pour le musée.

Par la citadelle (pi. C 1), qui borne la vieille ville au N., ou arrive au Buon Cammino (pi. BC 2-1), promenade qui passe sur la hauteur, à dr., à la caserne Charles-Albert (pi. C 1) et à la nouvelle prison (à dr.) et s'étend jusqu'à la piazza d'Armi. Un chemin à g., au delà de la caserne, descend à I'amphithéâtre uomain (pi. B 1), dont le grand axe a 88 m. 50, le petit, 72 m. 90 et l'arène, env. 50 m. sur 34, établi dans une dépression naturelle du versant de la montagne; les rangées de sièges sont en grande partie pratiquées dans le roc, tandis que l'extrémité S. a été remplie par une maçonnerie.

Plus bas, le jardin botanique (pi. AB 1-2), ouvert le jeudi de 4 h. à 7 h., et Vltospice (]d. B 1), anc. couvent de capucins.

en Sardaigne. CAGLIART. IV.B.él. 455

Daus le jardin botanique et dans le jardin de l'hospice, restes considérables de KÉSEBVOIRS ANTIQUES, de canaus souterrains, etc., creusés dans le roc pour approvisionner Carales d'eau de pluie; ils témoignent de l'habileté des Romains daus ce genre de travaux. La canalisation se continue sur les versants rocheux au N.-O. de la ville. Plus loin, sur le même plateau, la grande nécropole de Carales: d'abord, du côté de la ville, les tombeaux carthaginois, creusés perpendiculairement dans la roche calcaire et dont beaucoup sont obstrués par des plantes (prendre garde!); puis, à l'O., les tombeaux romains, la plupart creusés horizontalement, qu'on retrouve aussi au S., le long de la route qui passe par le faubourg de S. Avendrace (p. 452), entre autres la Grotta, délia Vipera (fermée ; pourb. au gardien) , ainsi nommée d'après les deux serpents représentés sur le fronton. C'est le tombeau d'Atilia Pomptilla et de son mari Cassius Philippus, morts ici en exil sous Néron, comme le rapportent les inscriptions latines et grecques des parois. Belle façade. Vue charmante du haut du plateau.

Les fouilles pratiquées au corso Vittorio Emanuele (entrée au n" 253) ont mis au jour des maisons romaines (fermées), nommées à tort maison de Tigellius (pi. A 2), à visiter de préférence en revenant de la Grotta délia Vipera. On y remarque particulièrement un triclinium orné d'une mosaïque et des murs revêtus de stuc, avec restes de peinture. Carales était plus au N.-O. que la ville actuelle; elle s'étendait au loin entre la hauteur et l'étang qui faisait partie du golfe jusqu'au moyen âge.

Environs. — A env. 3 kil. au N. de la piazza d'Armi (p. 454), les ruines du château de S. Michèle (120 m.), oflfrent la vue de l'étang de Cagliari et du Campidano, plaine qui s'étend du S.-E. au N.-O. entre les golfes de Cagliari et d'Oristano. Fertile et bien peuplé, quoique en grande partie exposé aux fièvres, le Campidano a tout à fait le caractère méridional; la chaleur y est grande et la pluie très rare. Comme en Sicile, les champs sont bordés de haies de cactus. Les mœurs et les costumes des habitants ont leurs particularités ; les villages y sont pour la plupart bâtis en briques crues (en sarde, ladiris). Les gens de la contrée dansent une ronde intéressante au son de la lautieddas ou tlûte double. Le vin du pays, généralement rouge, est excellent, mais ne se conserve guère.

Cap S. !Elia, 1 h. 1/4 au S.-E. On suit la route qui prolonge à l'E. le viale di Buonaria (pi. D 6) et on passe aux ruines de la vieille église de S. Bardiglio et au cimetière. L'église S. Maria di Buonaria (1/4 h.; ouv. le matin) contient quantité d'ex-voto de matelots et de galériens. A Va d'h. de là, au S.-E., la grande maison de force de S. Bartolomeo, pour les galériens employés dans les marais salants. On est i/g h. plus loin sur le cap S. Elia (139 m.), où le rocher est grossièrement taillé, comme s'il y avait eu là un établissement à une époque très reculée. Un temple de Vénus Erycine, situé à cet endroit, est mentionné dans une inscription du musée de Cagliari. Beau coup d'oeil sur le golfe et en arrière sur la ville. Au retour, on visitera les salines qui s'étendent de S. Bartolomeo vers le N.-E.

Quarto S. Elena, 7 kil. au N.-E. La route sort de la ville par le quartier de Villanova. A dr., Vétang de Molentargiu» et le cap S. Elia. Le tramway à vap. (p. 452) décrit une vaste courbe vers le N. en passant par (5 kil.) Pirri qui, comme Selargius, a de grandes caves et distilleries, (G kil.) Monserrato (p. 458), (9 kil.) Selargius (fête populaire le 22 oct.) et (10 kil.) QuarUiccio. — Quarto est un village prospère de 8510 hab. Le riche costume des femmes et leurs curieux bijoux eu or dans le genre asiatique ne se voient plus que le dimanche à l'heure des offices, excepté pendant le carême. Il se récolte ici un vin blanc célèbre, dit malvagia. A la Ste-Hélène, le 21 mai, grande procession avec des bœufs parés.

456 IV. R.41. IGLESIAS. Excursion

Utt Ua(ii.iaui a PuI/A (et Noua), à 28 kil. 5 au S.-O. ; .serv. aiitoiu., V. p. 452; voit, eu 2 11. '/a- Emporter des proviHiuus. Ou passe par la PlaUi, langue de terre qui sépare l'étaug de Gagliari de la mer. L'étang s'y décharge par 8 rigoles dont la première, la Scnfa, est la seule où le eouraut soit encore important. A l'extrémité de la l'iaia (11 kil.) est le hameau de La Maddalena, d'où part nue voie ferrée desservant des mines. On longe plus loin le bord O. du golfe de Uagliari. A g., un grand plant d'oliviers et Orri, qui appartiennent au marquis di Nizza; l'endroit est malsain. On traverse ensuite Sarroch pour laisser à dr. S. PicAro di Piila et arriver à Pula ( Alli. Becoaria). — De là, le l)ras g. de la route mène (3 kil. au S.-S.-E.) il la vieille église i'. Eflsio. Nora, ville phénicienne et plus tard romaine, la plus vieille, dit-on, de la Sardaigne, était située sur le promontoire qui commence à cette église, site caractéristique pour les fondations phéniciennes, par ex., en Sardaigne, Oarales, Than-os et Sulci. 11 subsiste quelques restes de Sora: un petit théâtre, des parties d'aqueduc, des tombeaux, etc., et sous l'eau, des restes des constructions du port. A la fête de St Ephisius (p. 452), ou y apporte solennellement de Cagliari les reliques du saint et on les y expose pendant deux jours; le peuple loge alors dans les bâtiments (garnis de vaisselle, etc.) qui s'y trouvent et dont les clefs sont à Pula.

m. Iglesias et le S.-O. de la Sardaigne.

De Cagliari a Iglesias: 55 kil. de chemin de fer, 2 trains par jour, en 2 h. env. ; 6 fr. 25, 4 fr. 40 et 2 fr. 50.

Jusqu'à Decimomaiinu (17 kil.), v. p. 451. La ligne d'Iglesia.s tourne à l'O. — 19 kil. Uta. — 31 kil. Silùjua. A g., sur une hauteur isolée et escarpée, le château A^ Acquafredda. — 43 kil. Mtisei. — 46 kil. Villamassargia-Domusnovas.

On gravit de là la Pinita S. Michèle (90t> m.), le sommet le plus élevé du moid Marganai, riche en minerai de zinc et de plomb. Gîte (chez Macciô) et guide au village de Doiiiiisnoras (142 m.; 3 kil. de la gare; non loin à l'O., le uuraghe de Dom'e s'Orcu). 1 h. plus loin, ou passe par la grotte à stalactites de S. G-iovanui (185-220 m.), longue de 750 m., à la sortie de laquelle on a une belle vue, et alors commence la montée à l'O., qui prend encore 3 h. Du sommet, on a un beau coup d'œil sur le S.-O. de l'île. On redescend eu 2 h. à Domusnovas ou bien en 4 h. à Iglesias, d'abord au N.-O. par la Piiiitu Reii/ra.riiis (889 m.) et les Case Marganai (721 m.), puis au S.-O.

55 kil. Iglesias (190 lu.; hôt.; Léon d'Oro, piazza del Municipio, eh. 2 fr. 50, médiocre; Ristor.-Catt'è Sella, non loin de la gare, bon, avec chambres), ville de 1043G hab., siège d'une souspréfecture et d'un évêché et centre de l'iglesiente, principal district minier de la Sardaigne. Si de la gare ou monte doueeiucnt au N.-O. par la via Garibaldi, ou rencontre ;\ l'entrée de la ville intérieure, sur la piazza Sella, un monument de rhonime d'Etat italien Qiiintiiio Sella (m. 1884), qui a beaucoup fait, comme ministre des linances, dans l'intérêt des. mines de Sardaigne. En poursuivaut droit devant soi par la via Umberto jusqu'à la piazza Eamarmora pour obliquer à g. par la via Centrale et traverser la piazza Vitt. Kmanuele 11, ou arrive à la piazza del .Municipio. C'est là que se trouve la cathédrale, bâtie en 1285 par les l'isans; elle possède une cloche fondue en 1337 par Andréa IMsano. Kestes considérables des murs pisans avec tours et créiieau.v, et du château îles Aragonais,

e.n Sardaigne. MONTEPONI. IV. R. 41. 457

de 1325, qui domine la ville àl'E. et est maintenant propi'iété particulière. L'école des mines (scuola mineraria) qui forme des « capiminatori» ou maîtres-mineurs a des collections diverses.

A 20 niiu. au N.-O., l'église de Nostra Signora del Buon C'ammino (329 m.), d'où l'on a une vue étendue. — Belle excursion au N. d'Iglesias, dans un district minier déjà beaucoup exploité dans l'antiquité: eu voit, (diligence 1 fois par j.), en 3 h., jusqu'à Flumini Maggiorc {2ô kil. ; gîte chez Busonera), ville de 3908 hab., au milieu de bois d'orangers ; en route, on va avec un guide de la ferme de S. Aiigelo (12 kil. 5 d'Iglesias) au temple d' Alitas («domus di Grregori ») situé à '/2 h. au N.-E. et dans un état de ruine très avancé. De Flumini, on suit plus loin à cheval la grande route.

2 h. Vi, Miniera Gennamare, avec un l)eau coup d'œil sur le versant de la montagne qui descend à la nier; 1 h., Miniera Ingurtosu (gîte si l'on est recommandé); eutin, 3 h. plus tard, Arbiis (gîte chez Concaz). D'Arbus, une dilig. fait 2 fois par j. le service de S. Gavino (2 h. '/2i P- 451), par (1 h.) G-uspini (sur le chemin de fer minier de Montovecchio, p. 451 ; bonne auberge). — A l'O. d'Iglesias, belle promenade en voiture le long de la mer par Fontanamare, à Miaiera Xebida et à Ifiniera Masua; beaux coups d'œil. p. ex. sur l'écueil dit Pan di Zucchero (li h. aller et retour; emporter des provisions).

Un chem. de fer (6 kil.; 65 c, 45 c, 25 c.) relie Iglesias à la grande mine de plomb et de zinc de Monteponi (205 m.), située à

3 kil. à rO., et aux établissements modernes qu'elle possède pour le lavage et la fonte des métaux et pour l'extraction de l'argent du minerai de plomb; la visite en est intéressante; s'adresser à la direction. — Un chemin de fer particulier (21 kil.; un train par jour eu 1 h.; 3 fr. 15 et 2 fr. 10) mène de là, par Ponte Cartau, (jronnesa, Terras Colin et Culmine, à Portovesme, port de la petite localité de Portoscitso. A 10 kil. de ce port (bat. à vap. chaque jour dans la matinée, en 35 min., 1 fr. 55 et 1 fr. 05; barques toujours disponibles) se trouve l'île trachyti(iue de S. Pietro (52 kil. carr.), VAccijntrum de l'antiquité. Son chef-lieu, Carloforte (hôt. tenu par Granaglia; restaur.Vassallo; Cafte Svizzero; agent consulaire de France; bat. côtier, v.p.443), est une ville de 7693 hab., fondée en 1736 par Charles-Emmanuel III et peuplée de Génois, qui ont conservé leur idiome et leur costume. Au port, statue en marbre de Charles- Emmanuel; dans le petit château au S. de la ville, station d'observations magnétiques. Jolie promenade de 2 h. '/g ^1'- et ret., au S., le long de la côte orientale de l'île, qui est rocheuse et déchiquetée, jusqu'à la Punta Nera et à la Punta délie Colonne, où le trachyte s'élève en colonnes au bord de la mer; autre promenade au N.-O. jusqu'à la Ghiardia dei Mori (211 m.; 3 h. ail. et ret.), le point le plus élevé de l'île. Il est intéressant, dans la saison, de visiter une 2Jéchei'ie de thon (tonnara). On pêche aussi du corail dans la région.

Le thon (tonno), conservé à l'huile, est un mets favori du peuple italien. Au printemps, souvent poursuivi lors du frai par les requins (prendre garde à ceux-ci en se baignant), il émigré en masses vers l'E. où on le pêche dans de grands filets sur les côtes de Sardaigne et de Sicile. A l'extrémité N. de l'île S. Pietro, sur le rivage de la petite île de Piana et en face, à Portoseuso (v. ci-dessus), il y a quatre grandes pêcheries. Des milliers de personnes y sont occupées en mai et au commencement de juin à pêcher, découper, cuire et mettre en boîte le poisson, qu'on tue

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dans les filets («matauza», c.-:'i-(l. massacre). Il se fait là quelquefois des pèclies valant jusqu'à 200 000 francs.

De Carluforte à t'alusetta, dans l'île voisine de S. Antioco (v. ci-dessous), bateau à vap. chaque matin en '/» !'• ; barque :ï voile (6 fr.) en 1 h.

D'Iglesias a S. Antioco: -10 kil., dilig. tous les jours, en 4 h. i/ai '-i *'• La route suit la direction du chemin de fer de Monteponi (p. 457) jusqu'à Oontiesa, où s'en détache la route de Portovesuie, puis elle contiuue au sud. Contrée déserte, nommée Sidcis, d'après une ville de l'antiquité (v. ci-dessous). La chaîne d'îlots sablonneux qui fait eu quelque sorte de l'île volcanique de S. Antioco une presqu'île (les anciens la considéraient déjà comme telle), n'est interrompue qu'à un endroit par un petit bras de mer (pont). Il y a sur l'isthme un monument commémoratif des combats contre les Français en 1793. Au S., dans la mer, se dressent à pic les singuliers rochers dits ^'itello, Vacca et Toro, ou le Veau, la Vache et le Taureau, visibles de loin.

Sant' Antioco (hôt. La Speranza, tenu par Gabr. Fusco, modeste ; bateau côtier, v. p. 443), sur la côte orient, de l'île du même uom (109 kil. carr. ; point culminant 271m.), ville de 4052 hab., dans un endroit non exposé aux lièvres, occupe l'emplacement de la ville phénicienne et romaine de Siilci. — C'est, avec Tharros (p. 450), l'endroit de la Sardaigne où l'on a trouvé le plus d'antiquités carthaginoises et romaines (petite collection chez le syndic): une nécropole carthaginoise et romaine, de grandes catacombes chrétiennes sous l'église, avec restes de fresques, une citerne romaine remarquable et des restes d'enceinte et d'éditices. Les femmes portent ici un costume intéressant.

On va en 1 h. en voit. (3 fr.), ou en 1 h. '/» en diligence (1 fois par j.), de S. Antioco à (10 kil.) C'alasetta (gîte chez Sgro), colonie de Carloforte, sur la côte N. de l'île; elle a conservé l'idiome et le costume génois. De là à Carloforte, v. ci-dessus.

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