‹ Italie méridionale, Sicile, Sardaigne, Malte, Tunis, CorfouChapitre 12 sur 127 · INTRODUCTION. Hisfoirr · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. Hisfoirr

xvn''s., et provoquèrent des révoltes, telles que celle de Musaiiiello a Na|)les, en 1647. En 1713, h. la paix d'Utrecht, l'hilippe V d'Espagne, de la maison de Bourbon, céda Naples et la Sicile à la maison de Habsbourg ; mais après de longues luttes. Otaries, fils de Philippe, en redevint maître en 1734 et réunit ces l'Itats sous le nom de rotjaume des Deux-Siciles. Dès lors les Bourbons se maintinrent sur le trône de Naples, sauf de 1806 à 1815, sous Napoléon I*'', où il fut occupé ])ar son frère Joseph (1806-1808), puis par son beau-frère Joachim Murât (1808-1815). ï]n juin 1815, le roi Ferdinand revint dans son royaume et y rétablit la dynastie des Bourbons, après s'être maintenu jusque-là en Sicile, avec l'aide des Anglais. Au mois d'octobre suivant, Murât tenta de débarciuer à l'izzo en Calabre, mais il fut fait prisonnier, jugé par un conseil de guerre et fusillé, le 13 octobre 1815. Le mécontentement continua néanmoins; il produisit en 1820 des révoltes en Sicile et à Naples, qui furent cependant bientôt apaisées par les Autrichiens, sous Frimont, en 1821. Ces derniers occupèrent le pays jusqu'en 1827. François /«'" succéda à son père Ferdinand !«•' en 1825 et laissa le trône à Ferdinand II en 1830. Le règne de ce dernier fut rempli par une succession de révoltes, tantôt à Naples, tantôt en Sicile , surtout à partir de 1848, Lorsque la seconde guerre entre la Sardaigne et l'Autriche vint enfin à éclater dans le nord de l'Italie, en 1859, et que la paix de Villafranca donna à l'Italie une tout autre face, François II, successeur de Ferdinand II, fut obligé de céder au mouvement populaire. La marche triomphale de Garibaldi à travers la Sicile et la Calabre (p. 291), du mois de mai au mois d'août 1860, ne s'arrêta qu'à Naples, et dans l'intervalle, les troupes italiennes avaient aussi pénétré dans le royaume à l'instigation de Cavour. Le l*^"" oct., François II était battu sur le Vulturne, le 21 avait lieu le plébiscite pour l'annexion au royaume d'Italie, et le 7 novembre Victor-Emmanuel et Garibaldi entraient à Naples aux acclamations du peuple. François II, assiégé dans Gaète depuis le 4 nov. 1860 jusqu'au 13 févr. 1861, finit par rendre cette forteresse et se réfugia à Rome sous la protection des Français.

Un pays comme l'Italie méridionale, dont l'histoire a été aussi mouvementée que son sol volcanique et qui, dans le cours des siècles, a subi tour à tour la domination de peuples si divers, ne saurait se développer et progresser d'une manière aussi calme et normale que ceux qui n'ont pas connu de telles péripéties; cependant, il n'en est pas moins vrai que le gouvernement actuel a réalisé un grand progrès, grâce à une série de réformes bienfaisantes, à une instruction populaire plus largement répandue et à des mesures énergiques contre le brigandage qui désolait les provinces, comme aussi contre la camorra et les bandes de voleurs qui tenaient autrefois la capitale en haleine.

Histoire. INTEODUCTION. LI

Principales dates de l'histoire du royaume (v. aussi p. 291-292):

I"^ PÉRIODE. — Normands, 1042-1194. 1042, Guillaume, fils de Tancrède de Hauteville, comte de Fouille. — 1059, Robert Guiscard, c.-k-A. le Rusé, duc de Fouille et de Calabre. — 1130, Roger, roi par la conquête de Naples et d'Amalfi, réunit l'Italie mérid. et la Sicile. — 1154-1166, Guillaume I" , le Mauvais. — 1166-1189, Guillaume II, le Bon. — 1189-1194, Tancrède de Lecce. — 1194, Gtdllaume III.

TP PÉRIODE. — HoHENSTAUFEN, 1194-1268. 1194-1197, Henri VI (pi- pour les Italiens). — 1197-1250, Frédéric II (P^- — 1250-1254, Conrad. — 1254-1266, Mayifred ou Maiufroi. — 1268, Conradin.

IIP PÉRIODE. — Maison d'Anjou, 1266-1442. 1266-1285, Cliarles I^ d'Anjou. De 1282 à 1442, la Sicile est indépendante sous la maison d'Aragon. — 1285-1309, Charles II, le Boiteux. — 1309-1343, Robert le Sage. — 1343-1381, Jeanne I", mariée à André de Hongrie. — 1381-1386, Charles III de Duras. — 1386- 1414, Ladislas. — 1414-1435, Jeanne II. — 1435-1442, René d^ Anjou, détrôné par Alphonse le Généreux.

IY« période. — Maison d'Aragon, 1442-1496. 1442-1458, Alphonse /*'■, le Généreux. Après lui, Naples et la Sicile sont de nouveau séparées. — 1458-1494, Ferdinand I". — 1494, Alphonse IL — 1495, Ferdinand IL — 1496, Frédéric, le dernier des Aragons, est détrôné (mort à Tours en 1554).

V« période. — VicE-Rois ESPAGNOLS, 1503-1707. Fendant la guerre de la succession d'Espagne, le 7 juillet 1707, le comte Dann entre à Naples et alors commence la

VP PÉRIODE. — ViCE-Rois AUTRICHIENS, 1707-1748. — Charles III de Bourbon, couronné à Falerme en 1734, reconnu par le traité de Vienne en 1738, bat les Autrichiens près de Vclletri en 1744 et est définitivement reconnu à la paix d'Aix-la-Chapelle, en 1748.

VIPpÉRioDE. — Bourbons, 1734-1860. 1734-1759, Charles IV. Devenu roi d'Espagne en 1759, Charles laisse à son fils Naples et la Sicile. — 1759-1825, Ferdinand IV (régence pendant sa minorité, jusqu'en 1767). Il épouse Caroline d'Autriche et devient ainsi beaufrère de Joseph II, auquel il est bien inférieur. — 23 janv. 1799, République Parthénopéenne , proclamée par le général Championnet. — 14 juin suivant, expulsion des Français. Réaction du cardinal Rufifo. — 14 janv. 1806, Joseph Bonaparte, investi de la royauté par Masséna. — 15 juillet 1808, Joachim Murât, roi de Naples. — 1816, Ferdinand prend le titre de Ferdinand /"', roi des Deux-Siciles. — 1825-1830, François I'"'. — 1830-1859, Ferdinand IL — 1859-1860, François IL

VHP PÉRIODE. — Maison de Savoie. 1860-1878, Victor- Emmanuel IL — 1878-1900, Humbert I^. — Depuis 1900, Victor- Emmanuel III.

LTI INTRODUCTION. Hintoire.

Dans les beavix-arts, lo sud de l'Italie a pris à presque toutes les épo(|Hes une place spéciale (|ui le distingue ])rofondénient di^ Konie, de la Toscane et de l'Italie septentrionale. A Naples, la création d'œuvres d'art ne commence qu'après le milieu du xiii'" s., lorsque la maison d'Anjou vint s'y établir. Mais la ])6riode des Normands est déjà, très im])ortante pour ce pays. Bien qu'ils no fussent pas eux-mêmes créateurs, les Normands ont donné aux arts byzantin et sarrasin ([u'ils trouvèrent dans le pays une impulsion assez forte pour leur faire produire des oeuvres remarquables. L'architecture ne crée des édifices importants que par exception à Salerne et à Anialii. Le développement des parties architectoniques est contrarié par la tendance à réserver à la décoration murale (mosaïques) des surfaces aussi peu divisées que possible. Il en est tout autrement dans le S.-E., où le talent si vanté des Lombards lit naître des édifices plus simples, mais d'une architecture plus indépendante et plus significative. Les églises des côtes de l'L. et de rO. ofl'rent une profusion de vieux ambons, chaires, écrans, ciboires, etc. en mosaïque si riche qu'elle dépasse même tout ce qu'on voit à Rome dans ce genre. Ces mosaïques, désignées comme ouvrages des Cosmas (xii* et xin* s.), nom tiré d'une famille d'artistes, auteurs des mosaïques de Rome, et établis dans cette ville vers l'an 1200, s'en distinguent par un nsage plus fréquent de pâtes de verre, par l'emploi d'éléments sarrasins et normands pour la décoration des surfaces, et d'une ornementation byzantine pour les parties plastiques. A Rome au contraire, les mosaïques, composées surtout de marbre, ont conserve les formes gracieuses de l'ornementation antique. Les villes des deux côtes, p. ex. Amalii, Monte Cassino, Atrani, Salerne, Monte Santangelo, Canosa, Troia, Ravello et Bénévent, possèdent en outre les plus vieilles portes en bronze de l'Italie, d'abord faites à Constantinople, puis dans le pays même. La peinture en mosaïque proprement dite avait été importée dans la région du littoral 0. dès le temps de l'abbé Désidérius (106(5) qui appela des artistes grecs à 3Ionte Cassino. Elle atteignit son plus haut degré de perfection à l'époque brillante de la domination normande, sous Roger II et les deux rois Guillaume. D'autre part, il y eut, après un long intervalle, et malgré l'influence de la tradition byzantine, un réveil de l'art national que trahissent les fresques plus simples de S. Angelo in Formis (p. 9), qui forment un cycle très intéressant. A l'E., la peinture du plus pur style byzantin fut constamment cultivée dans les grottes des couvents de l'ordre deSt-Basile, mais sans la moindre velléité de renouvellement.

La Renaissance anticipée dont l'empereur Frédéric H fut l'instigateur, manifeste son influence sur la plastique dans les sculptures de Capoue et des châteaux des Fouilles; la Sigilgaita de Ravello (p. 202) est le portrait de femme le plus remarquable qu'ait produit

Histoire. INTRODUCTION. LUI

le moyen âge italien. Mais c'est surtout l'architecture de ces mêmes châteaux qui nous captive par une ampleur et une harmonie des formes qu'on n'est pas accoutumé de rencontrer antérieurement à l'art florentin du xv« s. Castel del Monte (p. 243), tant par sa situation que par sa construction, est le type le plus remarquable de ces édifices dont le château de Gioia del Colle (p. 254), restauré, nous montre la décoration intérieure, tandis que Lucera (p. 232) révèle dans son plan l'importance des influences orientales.

L'intérêt que la maison d'Anjou portait aux beaux arts ne fut pas assez puissant pour faire naître une école napolitaine originale. On fit venir des architectes florentins, des sculpteurs et des peintres pisans et siennois, Giotto et aussi Simone Martini de Sienne. En général, la peinture du xiv* s. à Naples dépend entièrement de l'école de Sienne. C'est ce que prouvent les fresques de S. Maria Donna Regina (p. 62), aussi bien que celles plus importantes de rincoronata (p. 50). L'art national est représenté non sans mérite par Andr. Velletrnni et Pietro d'EboU. Puis Léon, da Besozzn de Milan prépare la transition à une nouvelle forme de l'art dans ses fresques de S. Giovanni a Carbonara (p. 59). Au xv« s., les écoles de l'Italie du N. impriment à l'art napolitain une nouvelle direction, bien que les modèles flamands ne restent pas sans exercer une influence marquée, particulièrement appréciable chez Antonello da Messina. Les fresques du cloître de S. Séverine (p. 57), malheureusement fort endommagées, sont l'œuvre la plus importante de cette époque; elles sont dues à Ant. Solario, dit lo Zingaro qui naquit très probablement à Venise et travailla sous l'influence de Giov. Bellini, d'Alv. Vivarini et de Cima da Conegliano. On admet ordi nairementdes relations entre Solario et les îrères Piei'o et Ippolito Donzello, ainsi que Simone Papa; il est toutefois certain que le premier apprit la peinture à Florence.

Au xvi« siècle, c'est l'influence de Raphaël qui se fait sentir à Naples. Andréa Sabhatini de Salerne, dit Andréa da Salerno, qui florissait de 1480 à 1545, travailla à Rome avec Raphaël et fut, avec le peintre naturaliste Polidoro da Caravaggio (1495-1543), l'un des fondateurs de l'école napolitaine du

xvn^ siècle. A cette époque, la tendance naturaliste l'emporte définitivement, avec l'Espagnol Jusepe Ribera, dit l'Espagnolef (1588-1656), successeur du Caravage, le Grec Èelisario Corenzio (1558-1643), élève du précédent, Giamhatt. Caracciolo (m. 1641) et son habile élève Massimo Stanzioni (1585-1656). De l'école de l'Espagnolet sont encore sortis, entre autres, Aniello Falcone (1600- 1665), peintre de ha.ta,il\e3 et Salvator Rasa {1615-1<j73), paysagiste spirituel, graveur, poète satirique et musicien. Le Dominiquin vint en 1629 de Rome à Naples, appelé par l'archevêque pour peindre la chapelle du trésor; mais il n'exerça pas d'influence notable sur l'école; en butte aux persécutions de l'Espagnolet, il se réfugia à Frascati

LIV INTRODUCTION. Bibliographie.

en lt)35, mais retourna l'année suivante à Naples, où il mourut en 1»)41. Avec Luca Giordano (vers 1632-1705), qui travailla aussi à Rome, à Bolof^ne, à Parme et à Venise, et qui peignait si vite qu'on l'appela Luca Fajïrestoy l'école napolitaine déchut de plus en plus.

Bibliographie.

Mentionnons entre autres œuvres géographiques: E. Reclus, L'Europe méridionale (Paris, 1887): E. Reclus et A. Brunialti, Ultalia (Rome, 1902; 1" vol.); T. Fischer, V. Novarese, etc., La Peiiisola Italiana (Turin, 1902 ; 14 fr. 50); W. Deceke, Geologischer Fiihrer diirch Campanien (Berlin, 1901). — Pour l'étude du pays et des liabitants: P. Jousset, L'Italie illustrée (Paris, 1904; 22 fr.); R. Bazin, Charles Dejob, etc., L'Italie (Paris, 1903; 6fr.); Taino, Voi/age en Italie {V ans, 1876); R. Bazin, Croquis italiens (Paris, 1891); P. Bourget, Sensations d'Italie (Paris, 1891); A. Maurel, Petitcx villes d'Italie (t. III et IV, Paris, 1910 et 1911; chaque vol. 3 fr. 50), Quinze Jouis à Xajyles (Paris, 1912; 7 fr. 50), et La Sicile (Paris, 1911; 40 fr.); G. Vuillier, La Sicile (Paris. 1895; 30 fr.); F. Grcgorovius, Païenne, Syracuse, Naples, Ravenne, etc. (trad. par Mme .). Carrure; Paris, 1911; 3fr. .50); G. de Beauregard et L. et C. de Fouchier, L'Italie méridionale (Paris, 1911; 4 fr.); E. Lémonon, Xaples (Paris, 1911; 3 fr. 50); J. Carrèro, La Terre tremblante. C'alabre et UTessine (Paris, 1909; 3fr. 50); vicomte Joseph de Bonne, La Lumière de Sicile (Paris, 1912; 3 fr. 50).

Beaux-arts: E. Bcrtraux, L'Art dans l'Italie méridionale (De la fin de l'empire Romain à la conquête de Charles d'Anjou; Paris, 1904 ; 80 fr.); .1. A. Crowe et G. B. Cavalcaselle, Historij of painting in Italij (Londres, 1K84-1871), traduction italienne (Florence, 1875-1894); E. MUntz, Histoire (le V Art pendant la Renaissance: Italie (t. I-III, Paris, 1889-1895); Jacob Burckhardt, Cicérone (10« éd., Leipzig, 1910), manuel excellent traduit en français par A. (iérard (Paris, 1885-1892); Ad. Venturi, Storia delV Arte italiana (7 vol., Milan, 1901-1910); W. Rolfs, Geschichte der Malerei Xeapels (Leipzig, 1910); J. Schopfer, Voyage idéal en Italie (Paris, 1899); Tainc, Philosophie de l'Art en Italie (4« éd., Paris, 1893). Collections de monographies richement illustrées : Les Villes d'Art Célèbres (Païenne <t- Syracuse, par Ch. Diehl; Paris, 1907; 4 fr.); Italia artistica (Bergame, 1902-1911, sous la direction de Corr. Ricci; chaque vol. 3 fr. 50, 4 ou 5 fr.: Girgenti; Venosa; Catania; Taorviina; Il Garguno; Napoli, I«'vol.; Nicosia; L'Etna; Il Fticino; Beneveiito; Siracusa ; Raitdaszo; Bari ; Cami>i Flegrei; Foggia; Lecce; Altipiani d'Abruzso); Guide regionali /??«s/;-flYe (Rome, 1909-1911; chaque vol. 75 c. : Abruszo; Pvglie; Sicilia, en 2 vol.).

Histoire et areliéologie : Ces. Cantù, Storia degli Italiani (4« éd., Turin, 1892; trad. française); P. Orsi, L' Italia moderna (2» éd.. Milan, 1902; fifr. 50); J. Belocli, Campanien (Breslau, 1890); Fr. Lenormant. A travers l'Apulie et la Lucanie (2 vol., Paris, 1883); H. Nissen, Italische Landesknnde (Berlin, 1883-1902); pour l'époque préhistorique : T. E. Peet, The stone and bronze âges in Italy and Sicih/ (Oxford, 1909; 20 fr.).

Ouvrages sur Pompéi, v. p. 142 et XLVi; sur la Sicile, p. 286 et xxxiil ; sur la Sardaigue, p. 446.

ITALIE MÉKIDIONALE

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