De Rome à Naples par ïerracine et Capoue
208 kil. — 122 kil. de chem. de fek de Rome à Terracine; 1 h. env. (pas d'express); 14 fr. 20, 9 fr. 95 et li fr. 40. — 35 kil. de kocte de la h Fornties: dilig. 2 fois par j. en 4 h. '^j^, 4 f r. ; voit, partie, 10 à 12 fr. Ue Formies à Gaète en chem. de fer, 9 kil., en 17 min., l"' cl. 50 c, 2» cl. 25 e. De Formies à Xaplus p&ï Sp<irani.te, où l'on change de voit, pour prendre la ligne Rome-Naples, 111 kil. de chem. de fer en 3 h. à 4 h. '/a", l™ cl. 6 fr. 45, 3« cl. 3 fr. 25; par l'express à partir de Sparanise, 40 ou 20 o. de plus. - Uue voie éi.kctb. (la Direttissima) de Rome à Naples (209 kil.) par Oeeehiua, Cisterna, Sezze, Formia, Minturuo et PoïzhoH est en construction.
à Naples. COEl. I- R- 2. 13
Jusqu'à Vellefri, en traversant la Campagne de Rome et en longeant le versant occidental des monts Albains, v. Vltalie centrale par Bsedeker.
La ligne de Terracine traverse d'abord une plaine désolée. 53 kil. Giulianello-JRocca Massima. — Plus loin, la voie longe le versant occid. de la chaîne des Volsques (Monti Lepini).
59 kil. Cori (hôt. : Unione, Silvi, ch. 1 fr. 50), vieille ville (397 m.), à 3 kil. de sa station située plus bas (dilig. 25 c), la Cora de l'antiquité, très florissante jusqu'au temps de l'Empire, a conserve d'importants restes de ses anciens murs, en blocs polygonaux, le portique d'un prétendu temple d'Hercule, les restes d'un temple de Castor et Pollux et un vieux pont romain (ponte délia Catena) jeté sur la gorge profonde qu'on voit devant la Porta Nintina. Voir pour plus de détails Vltalie centrale par Bsedeker.
61 kil. Cisterna di Borna; la petite ville (77 m.; dilig. seulement à partir de Velletri) située à 6 kil. au S.-O., sur la dernière colline au-dessus des marais Pontins, portait au moyen âge le nom de Cisterna Neronis. C'est à 5 kil. au S.-E., sur l'emplacement de Pane. Très Tàbernx, que St Paul se rendant à Rome rencontra les amis venus au devant de lui (Actes des Ap., 28, 15; v. aussi p. 110). On y voit un château des Gaétani. — 70 kil. Norma-Ninfa. A dr. de la voie ferrée est la ville moyenâgeuse de Ninfa, abandonnée à cause de la malaria et dont les ruines couvertes de lierre datent en majeure partie des xii« et xm" s.; à g. sur la hauteur (dilig. en 1 h. '/J, la petite ville de Norma (417 m.; Loc. Felici, ch. 1 fr.), au-dessous de l'antique Norha, qui fut détruite dans les guerres civiles par les troupes de Sylla; elle a encore son enceinte en appareil polygonal.
73 kil. Sermoneta-Bassiano. A 1 kil. au N.-E., Valvisciolo, anc. abbaye des moines de Cîteaux, a une église goth. du xiii« s. Plus loin, à g., campée sur le sommet d'une colline, Sermoneta (257 m.), avec son vieux château, dep. 1297 propriété des Gaétani, ducs de Sermoneta.
Le chemin de fer longe ensuite les marais Pontins (Paludi Pontine) proprement dits, qui recouvrent une surface de 750 kil. carr. et s'étendent entre les montagnes et la mer sur mie largeur de 10 à 18 kil., et une longueur de près de 50, entre Cisterna et Terracine. Une grande partie en est maintenant cultivée ou sert de pâturages; les endroits marécageux sont le séjour favori des buifles. Près de la mer, les marais sont couverts de bois (macchia) riches en chênes-lièges. En été, tout y est infecté par la malaria.
Cette contrée était jadis une ]ilaiiie bien cultivée qui commença à se transformer en marais dans les derniers siècles de la République, époque de la décadence de l'agriculture libre. La cause de cette calamité est le manque total de pente dans le tcrain qui représente une dépression parallèle à la chaîne des Apennins, séparée de la mer par des dunes, et d'où siii'gissent de nombreuses sources souterraines. Les ruisseaux et les canaux ne suffisent ])as pour absorber rapidement la masse d'eau venant des montagnes lors des grandes pluies ; toutes les tentatives de desséche-
Il T. H. 2. PIPERNO, /)'> If «me
ment faites, i>eut-ôtre dès 312 av. J.-C, par Appiug Chiudiiis (v. ci-dessous), puis en 160 av. J.-(". par le consul C'oriit'Aiiis Véthétius, ensuite ]y(ir Jules César, Aiif/iiste, Nerva et Trnjaii, et par Théodoric, rcii des Ostrogotlis, sont restées sans résultat définitif. Parmi les papes, lloniface VIII, Martin V, Si.rte-Qiiint, et surtout l'ie VI, h qui l'on doit l'excellente réfection de l'auc. voie Aiipienne et l'établissement d'un nouveau canal (Linoa Pia) le long de la route, s'eft'orcèrent également de remédier à cet état de choses. L' Htat ayant octroyé, par une loi de 18i)9, une allocation de 2 millions Va de fr., un syndicat allemand a dressé de nouveaux plans do dessèchement qui ont pour but de caiiter tous les cours d'eau par des canaux ])ériphérii|ues et de les conduire ensuite à la mer; la majeure partie du terrain inonde serait ainsi naturellement mis à sec, tandis que les régions jilus basses seraient desséchées i)ar un nouveau système de digues et de canaux , et à l'aide de pompes. Eu même temps, la Croix Rouge fait les eSorts les plus louables ])our venir en aide à, la population décimée par la fièvre et la misère, en lui accordant des soins médicaux, ainsi qu'en iiosi)italis:uit ses malades.
S4 kil. Sezze (38 m.). Une route carro.ssable de 5 kil. (dilig. 75 c. à la montée, 50 c. à la descente) monte de la station à la ville en zig-zaguant à l'E. le long des pentes de la montagne. Se.zze (319m. ; Loc. Valenti, ch. 1 fr.), ville de 6944 Iiab., surnommée Romano, est la Sefia des Volsques, colonie romaine dès 382 av. J.-C, souvent mentionnée dans les guerres de l'Italie jusqu'au temps de Sylla. Sous l'Empire, elle n'était plus connue que par son vin, qu'Auguste préférait même au falerne. Il y a des restes considérables de ses anciens murs, construits de blocs de pierre à bossage rustique. On donne arbitrairement comme temple de Saturne une substruction énorme du même style dans le bas de la ville, à dr. en entrant.
A dr. du chemin de fer est la route qui traverse en ligne droite les marais Pontins, en suivant l'anc. voie Appienne, la première en date des routes pavées de l'Italie, construite, entre Rome et Oapoue, durant la guerre contre les Samnites par le censeur Appius Claudius, l'an 312 av. J.-C. Du même côté coule VUfevte, VÛfens des anciens. A g., les versants du mont Trevi (505 m.), que couronnent les ruines d'une ville détruite an xvi« s. par les habitants de Sezzc.
98 kil. Piperno (42 m.). La ville (150 m.; hôt. Giordani, ch. 1 fr.), à 500 m. au S. sur la hauteur, compte 0730 hab. Fondée au commenc. du moyen âge par d'anc. habitants du Privernum dos Volsques, elle conserve encore de l'époque romaine quelques restes de l'anc. ville trouvés en 1899 sur la route, ;\ 2 kil. au N. Sur la place pittoresque, la cathédrale, de 1283, modernisée à l'intérieur eu 1782 et Vhôfel de ville (Munieipio) du style gothique.
A g., belle vue dans la vallée de VAinaseno, entre des hauteurs couronnées de châtoau.v en ruine et de villages tels que Roccayorga, Maenza, Prosscdi, Roccasecca, et que traverse plus loin la ligne de chem. de fer.
103 kil. Soindno (17 m.). A (i kil. au S.-E. de la station (onm. 1 fr.) se trouve la petite ville de ce nom (430 m.) qui compte 4518
à NajAeB. TERRACINE. I- ^- 2. ] 5
hab. et était autrefois renomiiiée pour le costume pittoresque de ses femmes et ses brigands, ([u'étudia le peintre Léop. Robert (m. 1835). A 1 kil. 5 au N. de la station, se trouve l'anc. couvent de Fossanova (petite osteiia), de l'ordre de Cîteaux, où St Thomas d'Aquin mourut en 1274, lors du voyage qu'il entreprit pour se rendre au concile de Lyon. L'église conventuelle, à trois nefs, bâtie de 1187 à 1208 et restaurée plus tard, a un chœur rectangulaire et une tour octogone au-dessus de la croisée; elle est le plus ancien spécimen du style goth. en Italie. On remarque aussi le cloitre en partie roman, la salle du chapitre et le réfectoire. Une chambre renferme un bas-relief par le Bernin (?), représentant la mort de St Thomas d'Aquin. — D'ici, un chemin de voit, mène au N. à Piperno (v. p. 14; 6 kil.).
111 kil. Frasso. A g., le 7nont Leano (676 m.), sur le versant duquel se trouvait, du temps d'Horace, l'antique sanctuaire de la Féronie (Sat. i, 5, 23). La ligne rejoint ici la voie Appienne.
122 kil. Terraeine. — hôtels: Alh. Reale délia Posta, à la sortie de la ville à l'E. (les chambres de derrière donnent sur la mer); Alb. Nazionale, sur la place, tous deux simples et avec restaurant (ch. 1 fr. 25).
Terraeine (Terracina), l'Anxur des Volsques, la Tarracina des Romains, est une ville de 7597 hab., bâtie sur un rocher calcaire visible de loin (Horace, Sat. i, 5, 26), et le siège d'un évêché depuis les premiers siècles du christianisme. C'est pour ainsi dire la frontière entre l'Italie centrale 'et l'Italie méridionale. La vieille ville s'étage sur le versant du promontoire. Sur la montagne, les ruines de l'anc. ville, parmi lesquelles on remarque au sommet les soubassements du temple de Vénus.
La grande route traverse, dans le bas, la partie de la ville créée par Pie VI. En face de l'église S. Salvatore, qui possède une Pietà de Canova du côté dr. de l'autel de g., se trouve le petit musée municipal (ouv. ordinairement dans la matinée). A la partie neuve de la ville, se rattache, au S.-O., au delà du canal (Linea Fia, p. 14), un village de misérables huttes de roseaux, de forme conique pour la plupart, vrais gourbis habités d'oct. à juin par des paysans des Abruzzes («Aquilani») occupés aux travaux des champs.
La CATHÉDRALK, S. CesoTeo , dans la vieille ville, sur l'anc. forum, semble dater du xii'' s. On voit encore dans la rue à dr. de la cathédrale et au chevet de celle-ci des restes importants d'un temple de Rome et d'Auguste qui a été englobé dans la construction de l'église. Le temple et le pavement du forum conservé dans son entier devaient leur existence à A. Jîmilius dont on lit encore l'inscription, en grandes lettres, sur les dalles de travertin. Le vestibule de la cathédrale repose sur dix colonnes antiques d'ordre ionique, supportées par des lions et antres animaux. A dr. se voit une grande cuve de granit qui servit, selon l'inscription, au martyre des premiers chrétiens. A l'intérieur, trois belles mosaïques des Cosmas (du XIII* s.), à savoir: les restés du pavement orné de ligures d'animaux et de dragons; une chaire reposant sur cinq colonnes à pieds de lion; une colonne richement ornée servant de chandelier pascal.
lii /• K-2- TERRACINE. De Rome
IjC baldaquin a de belles colonnes cannelées antiques. Dans la bil)liothè(|ue, un coft're en bois (travail copte des vii*-x« s.?) décoré de lias-ieliet's. On a du clocher (*J1 marches, la plupart en bois) une vue très étendue.
Le promontoire, Monte S. Atigelo ou M. Teodurico (228 m.), se gravit en '/., h. à •"'^ d'h., soit directement de la ville neuve, par un sentier pénible à dr. de l'église S. Salvatore, soit, ce qui est plus commode, de la vieille ville, en montant à dr. par la porte voûtée à côté de la cathédrale, puis iiors de la Porta Nova à dr. et en suivant d'abord une route anc. bordée de tombeaux et de restes de mur, puis en prenant h dr., jtar une brèche dans le mur d'une plantation d'oliviers et le long d'un autre mur dans cette plantation. Il y a en là, sur un rocher en saillie, un temple de Vénus Obseqiœns, bâti sur une terrasse qui existe encore et dont une partie repose sur des arcades. C'était une construction grandiose, de 34 m. de long et de 20 m. de large. La ccUa, dont les murs avaient des colonnes engagées, était pavée en mosaïque; on y voit encore le piédestal de la statue de la divinité. Jusqu'aux fouilles de 1894, l'édilice a passé pour un l)alais de Théodoric, roi des Ostrogoths, plus tard pour un sanctuaire de Jupiter Auxur; une inscription et des ex-voto trouvés récemment ont confirmé l'hypothèse relative à Vénus. *Vue magnifique.
Le regard embrasse, à l'O., la plaiue jusqu'aux monts Albaius et au C'ircco; au S., les îles tontines, dont le groupe du N.-O., celui des ilex Ponsa (Pontia, autrefois colonie romaine), Palmarola (Palmaria), Zannone (Sinonia), toutes d'origine volcanique et sujettes à des tremblements de terre fréquents mais légers, est relié au groupe A^Ventotetie et S. Stefano, au S.-E. , par la petite île de la Botte (bat. à vap. de Naples, v. p. 120). Ces îles ont servi dans l'antiquité et servent encore de lieux de détention. Ventotene est l'île bien connue de Pandnteria, où Auguste exila Julie, sa tille déi>ravée , Tibère, Agrippine, fille de cette même Julie, et Xériiii, Oetavie sa femme. A l'É. se voient la plaine de Fondi et le village de Sperlouga , sur la côte (p. 18); plus loin, le promontoire de Gaète, avec le monument de Muuatius Planons (p. 20), et enfin l'île d'Iscliia.
A la sortie de la ville à l'E. se voit un bout de voie romaine intéressant, le Taglio di Pisco Montana. Appius avait d'abord fait passer sa route dans le haut; plus tard, on en construisit le long du rivage une plus large, en taillant le rocher; la profondeur de la tranchée est marquée de 10 en 10 pieds romains à partir du sommet; la dernière marque, à quelques pieds an-dessus de la chaussée actuelle, porte les chiffres oxx.
Un chemin de voit. (18 kil.; diligence pour S. Felice 1 fois par jour en 2 h. '/»> prix 2 fr. ; voit, à 1 chev. 5 fr., à 2 ebev. 8 à l'i f r.) longe la côte et mène au mont de Circé ou Monte C'irceo, le Proiuontorium Circxtiiu des anciens, où la tradition ))lace le palais de la magicienne Circé, fille du Soleil, dont nous iiarle Homère, ('e promontoire, derniers restes d'une ramificiition des .\peunins, ofloudrée en grande partie, qui bornait à l'O. les marais Pontins, était autrefois uue île qui se souda au continent (lar dos alluvions. Sur le versant orient., la petite localité de iSf. Pelice Virceo (98 m.; aub. Capponi, très simple); elle compte U'>l.'i hab. et i>ossède un vieux château des Gaélani. Un haut de la tour (xii» s.), belle vue. Do lîi, un bon sentier, qui suit le télégraphe, passe un peu plus haut à un beau mur oyclopéen polygonal, dit Ùivila ou Uitludtlla l eccAJa, seul vestige de l'anc. villo de
à Napleg. FONDI. I- ^- 2- 17
C'ercei ou C'ircei qui existait oucorci au temps de Ciociou. Au bout de 1 h., on atteint le sénmphore (374 m.), d'où la *vue est superbe: au S.-E., Isehia, Caprée et le Vésuve qu'on voit distinctement; à l'E. et au N.-E., les montagnes jusqu'à Velletii; au S., la mer et les îles Ponza (v. p. 16). Du sommet (541 m.), où l'on monte en 2 h. '/a t'nv. de S. Pelice avec un guide (1 fr. 50), par un sentier pierreux et assez pénible à la tin, le panorama est illimité; par un temps clair, on découvre le dôme de St- Pierre à Rome. Les restes de murs qu'on voit au sommet passent i tort pour les ruines d'un temple de Circé.
On rencontre çà et là sur la montagne des ruines de constructions romaines, p. ex. du côté N. , à mi-côte, sous de grands arbres, à g. du chemin qui mène au lac de Paola, des murs romains entourant une fontaine, la Fontaim di Messo Monte. De même aussi sur les rives du lac de Paola, anc. port de la ville de Circei, non loin de la côte, au N. de la montagne, se trouvent des vestiges de palais et d'aqueduos romains, entre autres la prétendue 2)i.scuie de Lucidlus , et plus loin au N.-E. le Fonte délia Bagiiaia. Cicéron et Atticus, Tibère et Domitien séjournèrent volontiers à Circei. — Dans la montagne, du côté de la mer, plusieurs gi'ottes, en partie très profondes, dont quelques-unes sont accessibles seulement en barque. — Si l'on a peu de temps, on peut aller au sémaphore de Terracine en 1 jour, aller et retour.
Promenade intéressante en barque (env. 6 fr.) sur le Lago di Fondi, lac marécageux, situé au N.-E. de Terracine et dont les rives sont bien boisées. C'est une baie fermée par des alluvions et reliée à la mer par deux canaux. On entrera par le canal de l'E. , près de la Torre S. Aimstasia, et l'on ressortira par celui de l'O., près de la Torre Camieto. Ce lac était appelé dans l'antiquité lacus Fundauus ou Amijclamis, du nom à'Ainyclx, ville disparue, fondée, dit-on, en cet endroit par des réfugiés laconiens.
Route (diligence, v. p. 12). — La route de Terracine à Fonuies suit, au pied des montagnes et dans le voisinage immédiat de la mer, la direction de la voie Appienne, bordée de restes de tombeaux. A dr. se montrent la mer et tout près, le lac de Fondi (v. ci-dessus). Ce défilé s'appelait Lautulœ, chez les anciens. C'est là que les Romains se battirent avec les Samnites en 315 av. J.-C, et que Fabius Maximus barra le chemin à Annibal pendant la deuxième guerre punique. A env. 10 min. au N.-O. de là, à g., sur le versant d'une colline, s'élève un couvent de franciscains (Convento dei Zoccolanti), construit sur l'emplacement d'une villa où naquit l'empereur Galba.
La frontière des Etats pontificaux était près de Torre delV Epitafjk). A 10 kil. de Terracine, on arrive à la tour Portella ou de' Confini. Sur une hauteur à g., le village de Monte S. Biagio (133 m.) ; au bord de la route, débris de tombeaux.
La première localité, à 18 kil. de Terracine, est
Fondi (74 d'h. d'arrêt pour relayer; hôt. tenu par Forte, ch. 1 fr. à 1 fr. 50, passable), le Fundi des anciens, dont Horace a caricaturé un magistrat suffisant, «avec sa large bande de pourpre et sa pelle à charbon» (Sat. i, 5, 34). Restes de Vencemte antique. La rue principale n'est autre que la voie Appienne. Le château, dont une partie touche à S. Pietro, est dans un triste état; quelques
Baedeker. Italie méridionale. lU' éd. 2
18 /• fi- 2. ITHI. />e Rome
cliûssis de fenêtres et quelques onieineuts du stjle de la Renaissiuice sont tout ce qui en rappelle l'ancienne somptuosité.
Robert do CTonèvc y fut élu en l;i78, sous le nom de (Jléuieut VII, uutiijajie contre Urbain VI. Ce château ajipartenait au xvi" s. aux Colonna, et était habité eu 153-1 par la belle comtesse Julie de Gouzague, lorsqu'elle faillit être sur|)rise par le corsaire Khaïr ed-Dîu Barberousse, qui se proposait de la livrer au sultan Soliman II. Pour se venger d'avoir mamiué sou coup, Barberousse saccagea la ville, comme le rapporte une iuscriptiou qu'où voit dans l'église. Fondi fut encore une fois détruite eu 1591 par les Turcs.
La vieille cathédrale gotli. S. Pietro a conservé son portail roman; l'intérieur, tout badigeonné, a deux mosaïques des Co.smas, une chaire et un trône épiscopal (xii«-xiu« s.) ; de plus, on voit dans le chœur, à dr., une Madone de Silvestro de' lîuoni (?) et, dans la dernière chapelle latérale de dr., le beau tombeau de Cristoforo Gaétani, du commenc. de la Renaissance. Ij'église principale, *S'. Maria Assuida, située sur la place du marché, possède un joli portail de même style. On montre au couvent des dominicains un petit musée lapidaire et la chapelle où St Thomas d'Aquin enseignait la théologie.
Diligence pour Isoletta au N.-E., v. p. 4. — A 14 kil. au S. de Fondi (dilig. 1 fois par j.) et à 2 h. '/4 au S.-O. d'Itri (chemin muletier fraucliissaut la montagne) se trouve Speriotiga, village de pêcheurs situé sur une langue de terre sablonneuse, au bord de la mer. Il tire son nom des grottes naturelles ( sjkI inicx) qni s'y trouvent. C'est dans une de ces grottes, la Grotta di Tiberio. que Séjan sauva la vie à Tibère, dont les jours étaient menacés par un éboulement de rochers. Sur la route de la grotte, i)lusieurs ruines romaines; dans la grotte même, sièges et ornements de stuc. — On récoltait dans l'antiquité un vin excellent dans VAger L'ivciihiis, bas-fond du littoral, à l'O. de Sperlonga.
Au delà de Fondi, la route traverse la plaine pendant 1 h., puis remonte la vallée. L'anc. voie Appienne passe le long du versant, à dr., sur des substructions en pierres de taille. Itri (207 m.; hôt. Assaianti), petite ville pauvre, à mi-chemin entre Fondi et Formies (17 kil.), dominée par un château en ruine et dont les maisons sont en partie construites dans les substructions de la voie Appienne, a été jadis le théâtre d'un grand nombre de brigandages. C'est ici que Marco Sciarra, chef de brigands, octroya un sauf-conduit et sa protection au Tasse; c'est ici encore que naquit le fameux Fra Diavolo, de son vrai nom Michel Pezza, immortalisé par le compositeur Auber; il infesta la contrée de 171)9 à 1806 et combattit à la même époque contre les Français à la tête d'une bande de partisans.
Plus loin, la route passe pendant quelque ten>ps sur des galeries, puis descend vers la côte entre des vignes et des bois; tout à coup apparaît le golfe de Gaète. Après avoir croisé la voie ferrée, on remaniue â dr., au milieu d'une vigne, une énorme tour ronde construite sur un soubassement carré; c'est, dit-on, le toniheait de Cicéron, qui s'était réfugié dans cette contrée, â son Formianum, après avoir été proscrit par les triumvirs Octave, Antoine etLepiile, et fut tué près de là, dans sa G-t*" année, l'an 4!! av. J.-C. Sur la
à yaples. FORMIES. I- R- 2. 19
hauteur, au-dessus de la route, sont des fondations qui passent pour celles d'un temple d'Apollon construit par Cicéron lui-même. Il y a des restes de constructions antiques tout le long du golfe, qui était, comme celui de Naples, un lieu de séjour favori des grands de Rome. De là, la route descend jusqu'à Formies.
Formies {Formia; hôt. : Quercia, dei Fiori, tous deux au bord de la mer, cli. 2 à 3 fr. ; dilig. pour Cassino, v. p. 5) est l'anc. Fvrmitv, appelée plus tard Mola di Gaeta. Cette ville, d'env. 8452 hab., possède des bains de mer pas cliers et fréquentés en été par les Italiens. Elle n'a d'ailleurs de remarquable que sa situation. La chaîne de montagnes du côté N. du golfe se termine à pic au bord de la mer; le versant est couvert de jardins, de vignes et de plantations d'orangers, de citronniers, de grenadiei's et d'oliviers. Les visiteurs sont surtout attirés par la prétendue villa de Cicéron ou villa Caposele, au-dessus de la localité; autrefois propriété des rois de Naples, elle appartient maintenant à M. Rubino, qui en permet la visite à ceux qui déposent leur carte à son hôtel, en face de la préfecture (50 c. au garçon chargé de la conduite).
A l'entrée, iuseriptions antiques et .statues; dans le bas du jardin, restes considérables d'une grande villa donnée comme celle de Cicéron, mais dont la construction est certainement du i»'^ ou du ii" s. de l'Empire; les galeries voûtées , dont l'une a 8 colonnes et une abside semi-circulaire, servent maintenant de communs. De la tekkassk du haut, le regard s'étend librement sur le magnificiue golfe, sur Gaète, Ischia, les promontoires du golfe de Naples et la chaîne de montagnes qui sépare le bassin du Liris de celui du Vulturne.
Suite du trajet jusqu'à Naples, v. p. 20.
De Formies a Gaète. Par le chem. de fer (v. p. 12), cette excursion n'offre guère d'intérêt, car la ligne, dont la station près de Gaète est à 2 kil. à l'O. de la localité (voit., 50 (•.), s'éloigne sensiblement de la côte et la vue de la mer est masquée partout par les nouvelles fortifications. En voiture (faire prix), la course est par contre plus intéressante, la route courant le long de la côte où il y a des restes de villas, que les Romains avaient coutume de bâtir jusque bien avant dans la mer. On montre près de l'une d'elles l'endroit où Cicéron fut, dit-on, tué (v. p. 18). — Une ligne de raccordement de Gaète à Roccasecca (p. 4) est en construction.
Gaète {Gaeta; hôt. de Gaète; Catfè Nazionale; agence cens, de France), le Portas Caieta de l'antiquité, est aujourd'hui une ville de 5625 hab., importante comme forteresse, mais non comme place de commerce. Le promontoire de Gaète a la même conformation que celui de Misèue (p. 117); il ressemble à un tumulus gigantesque, que la tradition regarde comme le tombeau de Caieta, nourrice (î'Enée. De cette colline se détache encore un rocher moins élevé,
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sur lequel sont bâties la ville et la citadelle, avec la tour d'Anjou (7\>rre Angiovina).
Gaètiî résista aux Barbareu et fut, coiuuiu Auialti et Naplos, le refuge lie la eivilisatiiiii. Elle forma alors une ville libre, aduiiuistrée par uu (loge, et entretiut un eomnieree actif avec le Levant. Bravant toutes les attaques des Lombards et des Sarrasins, elle est restée libre jusqu'au moment où les Normands soumirent à leur domination toute l'Italie méridionale, au xii" s. La forteresse a été agrandie et renforcée par les princes d'Aragon, Charles- Quint et les derniers Bourbons. Elle s'est ri^udue aux Français en 1501, aux Espagnols, commandés par Gonzalve (le Cordoue, eu IftO-t, de nouveau aux Espagnols en 1734 et aux Français eu 17it8. En 180(i, elle résista pendant près de 6 mois aux Français sous les ordres de Masséua. C'est à Gaète que se réfugia en 1848 le pape Pie IX, expiilsé de Rome, où il ne rentra qu'eu avril 1850. Entiu le dernier des Bourbons, François II de Naples, y fut enfermé en nov. 1860 et y capitula le 23 févr. 18(51 après une brave résistance.
La cafhédrale S. Erasmo a un beau campanile (de 1180, restauré en 127',)), quatre colonnes anti({ues à l'entrée et des restes de sculptures anciennes. L'intérieur a été modernisé; la crypte n'otfre non plus rien d'intéressant. Derrière le maître-autel, voilé, le drapeau que Pie V donna à Don Juan d'Autriche, vainqueur de Lépan te; il est orné des figures du Sauveur, de St Pierre et de StPaul. — Vi.s-à-vis du grand portail, une colonne gothique à ornements sculptés reposant sur quatre lions. Non loin de la place, l'église S. FrancesGo, du style goth. (1849-1860). — Comme antiquités, on montre les restes d'un amphithéâtre, d'un thétâtre, etc., plus une colonne portant les noms des douze vents, en latin et en grec.
Au sommet du promontoire se trouve la Torre Orlanda, imposant monuiuent que se fit ériger Munatius Planais (m. apr. l'an 22 av. J.-C), contemporain d'Auguste et fondateur de Lyon. Ce monument, visilile de loin, a la forme d'une rotonde en blocs de travertin, d'env. 50 m. de haut et autant de diamètre, dans le genre de celle de Cœcilia Metella près de Home. Bâti comme il est dans l'intérieur des fortifications, on ne peut le voir de près.
De Formies a Sparanise (p. 8). — Le chemin de fer suit généralement la direction de la route, d'abord non loin de la mer. — 11 kil. AliiUarno; la localité (1-40 m.), qui jusqu'à ces derniers temps portait le nom de Traetto, est à 3 kil. à l'E., sur le versant, à g.; elle a, dans son église principale, deu.\ ouvrages décorés de mosaïques dos Cosmas (de 12G1 env.); l'un est un ambon à chapiteaux du viii*' ou IX'' s., reconstruit en 1018, l'autre un chandelier pascal. La Mintnrnes de l'antiquité, avec les restes d'un théâtre et d'un amphithéâtre, était située au S.-E., près du pont suspendu (1832) par où la route franchit le (iarigliano. Plus loin :\ dr., on voit la lougue rangée d'arcades de l'antique aqueduc qui y aboutissait.
La voie Appieune louge la mer et atteint Moiiilnij/one. (aub. Pacitieo; ililig., eu 2 11., pour Cariuola, localité meutiouuée p. il), au S, du mont
SESSA AURUNCA. I- ^. 2- 21
Massico. C'est piès de Mondragone que se trouvait Simtessa, ville détruite par les Sarrasins au x» s., où Horace rencontra à sa grande joie, pendant son voyage (Sat. i, 5, 89), ses amis Plotius , Varius et Virgile ; il passa ensuite le Savo (Savone) sur le pont Campanien, pour se rendre à Gapoue. Dans la direction du Vulturno est l'ancien ayer Falernus, qui produit encore de nos jours le vin généreux déjà si célèbre dans l'antiquité.
La ligne s'éloigne de la mer. — 18 kil. SS. Cosvia e Damiano- Casfelforte. On franchit le Garigliano (cours inférieur du Liris, p. 4), dans les marais duquel se cacha Marins poursuivi par les satellites de Sylla. C'est sur la rive droite que Gonzalve de Cordoue livra aux Français, le 27 déc. 1503, la bataille décisive qui lit tomber Naples entre ses mains (p. xlix). — 25 kil. Cellole-Fasani. — 33 kil. Sessa Aurunca; la localité (203 ni. ; aub. Mancusa), l'anc. Suessa Aurunca, auj. ville de 5945 hab., est située à g. sur une colline qui fait partie du versant S. de la Eocca Moriflna (p. 8). On y voit les ruines d'un pont et d'un amphithéâtre. D'autres antiquités se trouvent dans la vieille cathédrale, et dans les églises S. Benedetto et S. Giovanni; la cathédrale a des bas-reliefs romans (à l'arcade centrale du porche) et de belles mosaïques des Cosmas (chaire, clôture du chœur, tribune de l'orgue, colonne pour le cierge pascal, du xiu« s.). Dans la rue principale, inscriptions en l'honneur de Charles-Quint et au-dessus, un vieux crucifix, avec une croix en mosaïque. A dr., le Monte Massico ou 7nont Massique (812 m.) dont Horace et Virgile ont immortalisé le vin. C'est un bloc isolé en calcaire des Apennins, qui limite au N. la plaine de la Campanie, bornée au S. par la chaîne de la presqu'île de Sorrente.
37 kil. Cascano. — 41 kil. Carinola. — 44 kil. Maiorisi. Puis on traverse le Savone; à dr., le château pittoresque de Francolisi.
51 kil. (60 kil. de Gaète) Sparanise ; de là à Naples, v. p. 8 et suivantes.