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I. Frais de voyage. Monnaie. Passeport. Douane

Frais de voyage. Les prix sont en général les mêmes dans l'Italie méridionale que dans les autres parties de l'Europe fréquentées par les touristes. Le voyageur habitué au confort doit compter, en sus des frais de transport, sur une dépense moyenne de 20 à 25 fr. par jour qui, en cas de séjour prolongé dans la même localité, se réduit à 15 ou 20 fr. ; s'il est au courant de la langue et des usages du pays, ou voyage en compagnie de deux ou trois personnes, il s'en tirera à bien meilleur compte, tandis qu'il lui en coûtera davantage avec des dames.

Monnaie. L'Italie a le même système monétaire que la France; elle a des pièces de 1, 2, 5 et 10 c. en cuivre, de 20 c. en nickel, de 1, 2 et 5 fr. en argent, de 10, 20 et 100 fr. en or. Il y a peu d'or en circulation; il est remplacé par le papier-monnaie dont la valeur est actuellement au pair par suite de l'amélioration de la situation financière du pays. Les biglietti di Stato de 5, 10 et 25 fr., tous ceux de la Banca d'Italia, ainsi que les nouveaux billets de banque des Banco di Napoli et Banco di Sicilia revêtus d'une

X INTRODUCTION. Moumùe.

estampille ronge (profil de l'Italia), ont seuls cours à l'exclusion de tous les autres.

Outre les pièces d'or des pays de l'union monétaire latine (France, Belgi(|ue, Italie, Suisse et Grèce), celles de l'Autriche-Hongrie, de la Russie, de la Roumanie, de la Serbie et de Monaco sont également re(;ues en payement, de même que les ccus de 5 fr. («scudi») des pays de l'union monétaire et des anciens Etats italiens, à l'exception des Etats de l'Eglise et du duché de Lucques. Les seules autres pièces d'argent qui aient cours sont les pièces italiennes postérieures à 18()3, françaises post. à 18(54, belges et suisses post. à 186(), grecques post. à 1867 et celles de la république de St-Marin post. à 1898. La monnaie de nickel et de enivre du pays, ainsi que le billon de St-Marin post. à 18(54, ont seuls cours légal. — Dans les auberges, les magasins et même aux guichets des gares, il arrive souvent qu'on cherche à. passer aux étrangers de faux billets de banque et des pièces démonétisées ou usées.

Dans le cas d'un si5jour prolong(!' en Italie, on aura soin de se munir de lettres de crédit sur des maisons de banque bien connues. Les bureaux de po.ste italiens de 1"* classe reçoivent en dépôt des sommes de 200 à 5000 fr. et délivrent en échange (les titoli di crédita (25 c. pour 500 fr., 50 c. pour 1000 fr., 75 c. jiour 2000 fr., etc.) qui permettent de toucher à n'importe quel bureau de l™ on 2" cl. des sommes de 50 à 1000 fr. suivant les besoins. — Eu vue des pourboires (v. p. xu), on fera ample i<rovision de petite monnaie qu'on portera simplement dans une des poches de son gilet. De plus, on n'aura dans son porte-monnaie que l'argent nécessaire aux dépenses du jour, tandis qu'on prendra la précaution de porter les sommes plus considérables dans une poche intérieure de ses vêtements.

Un passeport n'est pas nécessaire, mais il peut toujours être utile, p. ex., jiour prouver son identité à la poste (v. p. xxvii), et dans les rapports avec les consuls de son pays ou avec les autorités locales, surtout dans les régions écartées. — On trouve des consulats ou vice-consulats français, entre autres à Naples, Bari, Brindisi, Palerme, Messine, Catane, Girgenti, Cagliari, La Valette et Corfou.

La visite douanière, qui dans les ports a lieu même quand on vient d'autres ports italiens, est d'ordinaire peu rigoureuse à l'égard des éti'angers; elle a surtout en vue le tabac, les cigares (26 fr. de droit d'entrée par kilo; exemption de droit seulement pour 8 cigares), les cartes à jouer et les allumettes. Les armes sont confisquées (v. p. xiv). i>es bagages envoyés d'avance sont parfois ouverts immédiatement et visités à la frontière, bien que les expéditeurs prétendent le contraire.

11 y a un nciroi («dazio consumo») dans presque tontes les villes, mais il sufllt ordinairement de dire qu'on n'a rien à déclarer.

n. Saison. Langue.

Saison. Pour un voyage à Naples et surtout dans le reste de l'Italie méridionale et en Sicile (v. p. 280), on choisira le mois d'oc-

Bègleg de conduite. INTRODUCTION. XI

tobre ou mieux encore les mois de printemps, de la fin de mars au commencement de juin (v. p. xxvii, xxvni). En automne, on n'aura pas de difficulté à se procurer un gîte convenable, l'afiluence des étrangers étant beaucoup plus faible; une personne voyageant seule se sentira même parfois quelque peu isolée dans les petits hôtels et se trouvera souvent embarrassée pour remplir ses soirées. On consacrera à Rome les mois d'hiver, de la fin de novembre au mois de février, qui sont du reste la saison la moins favorable pour voyager en Italie. En septembre, l'atmosphère est d'ordinaire d'une lourdeur accablante et les orages sont fréquents. Durant l'été , du milieu de juin à la fin d'août, la nature méridionale s'épanouit bien dans toute sa splendeur, mais la chaleur intense oblige au moins le voyageur à être sur ses gardes contre les refroidissements et à se modérer de toute manière. Il y a du reste aux environs de Naples plusieurs stations d'été agréables: Sorrenfe, Castellawmare, Cava dei Tirreni, les îles de Capi'ée et à'Ischia, etc.

On trouvera p. 36 et 37, les indications nécessaires sur la durée du séjour et la distribution du temps à Naples et aux environs; pour la Sicile, v. p. 280.

Langue. On peut, il est vrai, visiter Naples et ses environs, Palerme, Messine, etc., sans savoir l'italien; cependant, outre une augmentation sensible des frais, par suite d'un séjour forcé dans les hôtels de 1^'' ordre, on voyage en somme plus cher et on est contraint de renoncer à toute indépendance, comme aussi au charme de se familiariser avec les habitants du pays et d'observer de plus près leurs mœurs et leurs habitudes. On trouvera à la p. xiv et suiv., XXII et suiv., ainsi qu'à d'autres endroits les expressions les plus nécessaires pour un voyage en chemin de fer, un séjour à l'hôtel, une visite au restaurant, une conversation avec la blanchisseuse, etc. L'accent tonique, qui ne s'écrit que sur la voj'elle finale, repose généralement sur la pénultième.

m. Règles de conduite. Pourboires. Mendicité. Sûreté publique.

Règles de conduite. Tandis que la plupart des voyageurs ont vite fait, dans les provinces du N. et à Rome, de se mettre au courant des usages du pays, il leur faudra quelque temps pour se familiariser avec les populations du sud. A Naples et aux environs tout particulièrement, cochers, bateliers, commissionnaires et autres font parfois preuve d'une impertinence vraiment surprenante, bien propre à déconcerter l'étranger frais débarqué. On s'armera donc d'une patience imperturbable et on ne se départira jamais de son calme, tout en se rapjielant qu'une plaisanterie placée à propos fait plus d'effet que trop de brusquerie; on se tiendra sur ses gardes, sans toutefois montrer trop de méfiance qui pourrait être inter-

XII INTRODUCTION. rourboirea.

prtHée coniinc un si<^ne de crainte ou de faiblesse. Là où il y a des tarifs, il faudra les noter exactement; s'il n'y en a pas, nous donnons autant que possible les prix d'usage. Si on les connaît, on est regardé eoninio pratico et l'on iînit par échapper à la spéculation; mais en tous cas, il faut s'entendre d'avance sur les prix — patH chian, aminzin hniga, dit un bon proverbe italien. Moins on parlera l'italien, plus on sera bref, en faisant mine de s'en aller, s'il n'y a pas moyen de s'entendre. Souvent aussi, suivant les circonstances, on s'abstiendra d'indiquer d'emblée la somme qu'on se propose d'accorder et on otFrira un prix inférieur, quitte à y ajouter une bagatelle pour terminer le différend. — Quand on a besoin de renseignements, s'adresser, s'il y a lieu, à d'autres touristes plus expérimentés, ou aux propriétaires, directeurs, ou gérants des grands hôtels, mais se métier des conseils des garçons d'hôtel, des guides, des cochers et de tout ce monde qui s'entend pour exploiter l'étranger. On se résignera de bonne grâce à être surfait occasionnellement en dépit de toute précaution et on s'eflbrcera de conserver sa bonne humeur, sans oublier que les Italiens eux-mêmes ne sont pas mieux traités et que, par un marchandage exagéré, on se gâte souvent son plaisir pour gagner quelques sous.

Les Napolitains des hautes classes connaissent bien les désagréments auxquels les étrangers sont exposés dans leur ville. C'est dans le dessein d'y remédier qu'a été fondée en 1901 la société Prb Napoli, dont le président est le duc Carafa d'Andria. Espérons qu'elle réussira non seulement à restreindre les abus, mais aussi à apaiser la nervosité qu'entraîne après elle la critique étrangère qui poursuit le même but. L'affluence des étrangers ne pourrait qu'y gagner.

Pourboires. L'usage du pourboire est plus répandu en Italie que chez nous, par contre on se contente de moins; cochers, bateliers, portefaix, etc. attendent en sus da prix de leurs services un pourboire qu'ils réclament en disant: buona mano! wancia! da bei'e! bottiglin! caffè! sigaro! maccheroni! Pour l'ordinaire, on ne leur donnera pas plus de 10 à 15 c. ; davantage cependant si on les a occupés longtemps. Au surplus, notre Guide donne en lieu et place toutes les indications nécessaires. Les voyageurs sans prétentions s'en tireront généralement à bon compte, car ici, comme partout ailleurs, on attend beaucoup de celui qui exige beaucoup. A toute éventualité, on fera toujours en sortant une bonne provision de petite monnaie (p. x) et on n'omettra pas en payant de séparer le pourboire du salaire sans craindre de donner jieu, la valeur do l'argent étant dans l'Italie mérid. plus grande que chez nous et la générosité ne servant qu'à provoquer de nouvelles exigence.^.

Dans les musées à entrée payante, on se fera une règle de ne pas oifrir de pourboire aux gardiens (cuModi). Quand on visite

Sûreté publique. INTRODUCTION. XIII

des collections particulières, donner 50 c. à 1 fr. pour 1 ou 2 pers., 1 fr. à 1 fr. 50 pour 3 ou 4. Dans les églises, pour se faire ouvrir, 10 à 20 c. ; si l'on se fait accompagner et s'il y a des tableaux ou autres objets à découvrir ou s'il faut de la lumière, 25 à 50 c. On se dispensera de rémunérer des services qu'on n'a pas réclamés ou de donner un pourboire à qui n'en demande pas.

Dans les hôtels et les restaurants, compter pour les pourboires env. 5 à lO^'/o de la dépense et les réduire en conséquence dans les locaux où, en outre du pain (pane), on fait encore payer le «service» ou le «couvert».

Gruides (guide, sing. la guida). On les paye de 6 à 10 fr. par jour; la plupart des voyageurs pourront se passer d'eux. On se gardera de faire des achats en leur présence, les marchands leur faisant, même dans les meilleurs magasins, une remise d'au moins 10 "/o qu'ils prélèvent sur l'acheteur. Pour la même raison, on évitera autant que possible de traiter par leur entremise avec les cochers, les gondoliers, les âniers, etc. Dans quelques localités favorisées par les touristes, les guides se sont syndiqués et portent la désignation de guide autorizzate ou patentate.

La mendicité est considérée par le peuple comme une source de revenus et, bien qu'elle soit peut-être en recul à Naples même, elle est devenue, grâce à une générosité mal placée, une véritable plaie dans les contrées fréquentées par les étrangers, surtout aux environs de Naples et dans quelques localités de la Sicile. Jeter follement des poignées de monnaie dans la rue, comme le font pai'fois des voyageurs inconsidérés, contribue à la démoralisation du peuple. Il ne s'agit le plus souvent que d'une spéculation, et il y a des entrepreneurs de mendicité qui louent des enfants malades et des estropiés pour exciter la compassion. En se faisant un principe de refuser toute aumône, on contribuera davantage au bien du pays et à l'agrément des voyageurs futurs que si l'on cède à un mouvement de pitié momentané. Se débarrasser des importuns par le mot «niente» (rien).

L'Italien a une mauière particulière d'exprimer un l'efus: il agite la main droite sans rien dire eu tenant Tindex levé; veut-il être encore plus expressif, il rejette légèrement la tête en arrière avec un air un peu méprisant, l'àvavE'JE'.v des anciens Grecs.

La sûreté publique est aussi grande aux endroits généralement fréquentés par les étrangers en Italie, en Sicile et en Sardaigne que dans le reste de l'Europe. Il va sans dire qu'on évitera d'errer la nuit dans les quartiers déserts des grandes villes et plus particulièrement dans ceux de Naples et que les jours d'excursion, on s'arrangera de façon à rentrer ou au moins à se rapprocher des centres d'animation peu après le coucher du soleil; les dames seules renonceront à se promener ou à faire des excursions même en voiture dans les contrées écartées. Le «brigandage» pro-

XIV INTRODUCTION. Chemins de r^v.

pri'iiii'iit (lit n'existe plus; un coup de main ([ui s'exécute encore (luel(|uelois clans des endroits écartés, est l'étinivalcnt d'un crime (•lu'z nous; l'étranger dont on ne connaît ni la fortune, ni les allées t.'t venues n'a rien à craindre.

On prendra d'autant plus de précautions contre les voleurs et coupeurs de bourses. Les vols de montre et de portefeuille sont encore très fréquents à Naples, en dépit des améliorations apportées au service de la sûreté. On évitera soigneusement de laisser voir et de porter à découvert réticules, chaînes d'or et autres bijoux ou de déposer des menus bagages dans la capote abaissée de la voiture.

La police est faite dans les grandes villes par les guardie di pubhlica siciirezza, qui portent une tunique de couleur foncée à boutons blancs et un képi. A Naples, il y a de plus, pour la sui*veillance du service des voitures, des guardie inunicipali, dont l'uniforme a des boutons jaunes et qui portent un numéro au képi. A la campagne, il y a les carabinier! ou gendarmes, qui portent un habit noir à pans, bordé de passepoils rouges et le tricorne. Le port d'armes sans permis (13 fr. env.) est puni d'emprisonnement; toutes espèces d'armes secrètes (arini insidiose), y compris les couteaux dont la lame dépasse en longueur la largeur de la main, sont rigoureusement interdites.

IV. Cherains de fer. Bateaux à vapeur. Voitures publiques, f)

Chemins de fer. — La plupart des lignes italiennes du S. et de la Sicile (v. p. 280) sont maintenant exploitées par l'Etat. L'organisation est eu général la même que celle des autres lignes italiennes. Outre les treni direttissimi ou rapides et trains de luxe internationaux, il y a des treni diretti ou express, avec de 1 à 3 classes, env. 10" /„ plus chers que les trains omnibus et souvent remplis dans la saison des voyages; puis les treni accelerati, treni omnibus et treni misti (trains mixtes) qui ont 3 classes (prix par kil. : !•* cl. 11 c. G, 2« cl. 8 c. J.2, 3« cl. 5 c. 22). On ne peut compter sur la correspondance qu'aux trains express. Les compartiments de fumeurs portent comme inscription pei fumatari; ceux où il est

t) Le meilleur indicateur italien, qu'on trouve dans toutes les gares et dans tous les kiosques à journaux, est l'Orario tifficiale délie atnide ferrate, délie tramvie, délia luivlgasioue e délie messcujtjerie poatali del reyiu), chez Pozzo frères, à Turin (grapde édition, \ f r. ; petites éditions, 80, 60 et 20 c).

Iiheure adoptée eu Italie est celle dite de l'Europe centrale (Suisse, Allemagne, etc.), qui avance de 1 h. sur celle de l'Europe occidentale (France, Belgique, etc.). De plus, ou a, depuis 1893, repris officiellement l'habitude de compter les heures de 1 à 24; on dit p. ex., aile tredici, à 13 h., au lieu de 1 h. de l'après-midi, et aile venti, ii 20 h., au lieu de 8 h. du soir.

Chemins de fer. INTRODUCTION. XV

interdit de fumer, vietato fibmare. Il faut se résigner à voir les Italiens cracher (sputare) continuellement. — Retenir quelques expressions indispensables en voyage: è preso questo posta? cette place est-elle occupée? conduttore conducteur; fermata arrêt; quanti minuti di fermataf combien de minutes d'arrêt? si camhia treno, changement de voiture; essere in coinàdenza, être en correspondance; dove parte il treno per Napolif d'où part le train pour Naples? quale rotaiaf quelle voie?

Ou trouve des ivagons-lits et un tvagon-restaurant (i"' déj. 1 fr. 50, 2» déj. 3.50, dîn. 4.50 saus vin) sur la ligne de Rome à, Reggio. Pour les trajets de longue durée, on fera bien de se munir de provisions de bouche, les buffets étant peu nombreux et souvent médiocres. On trouve cependant à quelques stations des petits paniers de provisions (cestiiio) qui se vendent dans les trains au pris de 2 à 4 fr., vin compris. De plus, on tient aussi à quelques gares principales k la disposition des voyageurs des coussins de voyage ou oreillers (oiscino, giianciale, 1 fr., qu'il est défendu de sortir du train).

On fera bien de prendre d'avance son billet, aux bureaux de la ville (agenzia di città). Les guichets des grandes gares ouvrent 40 min., ceux des petites 20 min. avant le départ de chaque train ; le service s'y fait partout très lentement. Les salles d'attente ne sont accessibles que sur la présentation d'un billet. Quand il y a foule, il est bon de tenir préparé le prix exact de sa place, y compris 5 c. pour le timbre, tassa di bollo, maintenant doublé en faveur des victimes du tremblement de terre. Il n'est pas non plus inutile de faire attention à la monnaie qu'on vous rend et de vérifier le compte pour éviter les «erreurs» (v. p. x), les plaintes ultérieures restant sans résultat. Il est bon d'arriver à temps à la station de départ; aux stations intermédiaires on attend souvent fort longtemps, par suite du retard fréquent des trains. Prendre son billet se dit: fare il biglietto; à la fin du voyage, on remet son billet à l'employé posté à la sortie (usdta). — On ne peut s'arrêter en route qu'avec nu billet valable pour un parcours d'au moins 200 kil. (v. ci-dessous le tarif différentiel).

Pour les trajets de plus de 150 kil. (250 kil. pour les trains omnibus), un tarif différentiel (tariffa differenziale A) établi depuis 1906 offre une réduction de prix d'autant plus appréciable que le nombre des kil. est plus élevé. C'est ainsi que le parcours Modane- Gênes-Rome-Naples, soit 1019 kil., ne coûte plus que 79 fr. 35 en 1'® cl. et 52 fr. 15 en 2«, au lieu de 130 fr. et de 91 fr. qu'on payait autrefois. Il y a donc avantage à prendre son billet pour un trajet aussi long que possible; la validité en est de 1 jour par 100 kil. (non compris le jour du départ), donnant droit, sans formalité, à une interruption de voyage jusqu'à 300 kil., deux jusqu'à 600, trois jusqu'à 900, quatre jusqu'à 1000 et cinq au delà (p. ex. Modane- Naples).

Les BILLETS d'aller et TtETovR (biglie.tfi di andata-ritorno) ne sont ordinairement valables dans la semaine que pour une journée

XVI INTRODUCTION. Chemina de fer.

jusqu'à 100 kil. , pour 2 jours jusqu'à 200 kil. , pour 3 jusqu'à 300 kil. et pour 4 au-dessus (eu Sicile 1-2, 2-3, (5, 9 jours). Ceux ([u'ou prend le samedi ou la veille d'un jour de i'ête (p. xxv) .sont valables au moins 3 jours et les billets pris le dini. ou un jour de fête, 2 jours au moins. 11 n'est pas permis de s'arrêter en route avec ces billets.

Les BiLLKTs ciucuLAiRKS sout de deux sortes :

1. Les billets combinables internationaux ftit/tte^ii comhinahili internazionali) à coupons italiens et étrangers, soumis aux preseriptions ordinaires et s'étendaut à la plupart des ligues de ehem. de fer, ainsi qu'aux lignes de bateaux qui font le service de Sicile, de Sardaigne, de Malte, de Tunis et de Corfou.

Ces livrets doivent représenter pour le moins un parcours de 600 kil., sont valables pour 60 j. jusqu'à 3000 kil., pour 90 j. jusqu'à 5000 et pour 120 j. au delà. On peut interrompre son trajet sans aucune formalité à toutes les stations indiquées sur les coupons; si l'on descend à d'autres stations, on en fera faire immédiatement constatation (vidimazione) par le chef de gare (capostazioiie). — En France, les carnets demandés avant midi aux gares de Paris, Bordeaux et Nice et dans certaines agences de voyages sont délivrés le jour même; pour les autres gares, les demandes doivent être faites au moins 4 jours à l'avance. En Italie, les commandes sont reçues à toutes les grandes gares, et sont effectuées par Gondrand à Milan, Ualleria Vittorio Emanuele et par Th. Cook & Son à Rome, piazza Termiui.

2. Les billets à itinéraire ia,ciûta.tit (biglietti a itinerario combinabile) ne comprenant que des coupons italiens (dont la liste est indiquée dans l'indicateur otBciel).

Pour de nombreux parcours très fréquentés, on peut se procurer ces billets combinés d'avance (biglietti combinati) ; dans les autres cas, les commandes sont exécutées (1 fr.), immédiatement aux bureaux Cook et Gondrand mentionnés ci-dessus, dans un intervalle de six heures par les grandes gares italiennes et les bureaux de ville; ou bien par l'intermédiaire des autres stations. Le prix n'en est guère inférieur à celui des billets internationaux ; pour un parcours de plus de 2000 kil., il y a en outre une réduction de 10%. Le minimum du parcours est de 400 kil.; la validité du billot est de 15 j. jusqu'à 800 kiL, de 30 j. jusqu'à 2000, de 45 j. jusqu'à 3000 et de 60 j. au delà; pour les billets délivrés en Sicile, elle est de 20 j. jusqu'à 600 kil., et de 30 j. au delà; la durée peut en être prolongée (prorogare) de 10 j. au moins et du double au plus avant son expiration moyennant 1% par jour du prix total. Tout livret doit porter la signature du porteur. Le trajet peut être interrompu sans formalité aucune à la première ou à la dernière station de chaque coupon, et de plus à trois haltes intermédiaires contre visa préalable avant le départ.

Les BIGLIETTI Di ABBONAMENTO srKciALi (système sulsse), valables 15 j., 30 j., 3 mois et 12 mois dans un périmètre déterminé, ne présentent que peu d'avantages pour les touristes; s'ils otFreut une grande liberté de mouvement, ils ne sont avantageux qu'à ceux qui utilisent continuellement la voie ferrée. Un abonnement d'un mois sur les principales lignes de Sicile, excepté le chem. de fer de l'O. et la ligne circulaire de l'Etna, coûte 80 fr. en 2« cl.; le billet circulaire correspondant «S.V», 52 fr. 50. Pour plus de détails, v. les formulaires et l'indicateur italien (p. xiv), 111* partie.

Bateaux à vapeur. INTRODUCTION. XVII

Bagages. L'expédition des bagages se fait comme en France. Les voyageurs qui descendent dans les hôtels de 1®'' ordre ne peuvent guère se passer de malles, mais pour des voyages de courte durée et les hôtels de 2^ ordre, on se contentera d'une valise qu'on pourra prendre en voiture et porter soi-même au besoin. Le tarif pour les bagages enregistrés est de 4 c. 65 par 100 kilos et par kilomètre (sans aucune franchise). — Un billet n'étant pas nécessaire pour faire enregistrer les bagages, on peut les expédier d'avance, aussi loin qu'on le désire. On aura soin de faire plomber {piombare, 5 c. par colis) les malles endommagées. Les vols de bagages ne sont pas rares; bien qu'on puisse assurer ses colis moyennant un supplément, on se gardera d'y laisser des objets de valeur; aux petites stations, on en prendra personnellement livraison au fourgon. Le bulletin d'enregistrement s'appelle scontrino; pour l'enregistrement même, on se sert des expressions spedire ou far reglstrare il bagaglio. Le commissionnaire (facchino) reçoit, d'après un tarif qui diifère suivant les stations, 5 à 25 c. par colis qu'il porte au fiacre ou dans le train; on lui donne d'ordinaire quelques sous de plus. Aux stations intermédiaires, on peut laisser ses effets à la consigne (dare in deposito ou depositare) moyennant 5 c. par colis et par jour, avec minimum de 10 c.

Bateaux à vapeur. Un voyage par mer sur la Méditerranée ou l'Adriatique peut être charmant, s'il fait beau et si l'on n'est pas sujet au mal de mer. Pour la plupart des excursions par mer dont il est question dans ce livre, les services sont faits par la Società Nazionale di Servizi Marittimi, dont le siège est à Rome, piazza Venezia, 11; les communications journalières avec la Sicile et la Sardaigne sont assurées par les vapeurs des Chemins de fer de l'Etat (Rome, lungo Tevere Mellini, 7). Sur les bateaux côtiers et ceux des lignes secondaires, on est fort exposé au mal de mer. Pour les bateaux français et étrangers qui circulent entre Marseille ou Gênes et Naples, entre Marseille ou les ports d'Italie et Tunis, v. p. 21 et 472.

Billets. On prendra son billet en personne et le plus tôt possible à l'agence de la compagnie (agenzia). Les billets d'aller et retour, qui ne se délivrent qu'aux agences, bénéficient d'une réduction de 10"/o. On s'informera si le bateau doit partir à l'heure réglementaire. Dans les ports inrermédiaires, le chargement du bateau, surtout à l'époque de la cueillette des oranges, retarde souvent le départ de 1 à 2 jours.

Les dames no voyagent guère qu'en l''" cl. ; les messieurs pourronj; se couteuter de la 2e, que prennent les officiers italiens et français jusqu'au grade de capitaine. Sur les bat. des compagnies secondaires, la 1™ et la 2« cl. ne sont guère distinctes en pratique, ce qui fait que les hommes au courant des usages voyagent généralement en 2".

On a droit au transport gratuit de 70 kilos de bagages en V" cl., et de 45 en 2». — On donne au garçon 1 fr. de pourboire, pour un voyage de 12 à 24 heures, et quelque chose de plus si l'on en a reçu des services particuliers, en cas de mal de mer.

L'embarquement et le débarquement, dont l'administration des bateaux ne s'occupe pas, présentent de grands inconvénients. Les passagers

Beedeker. Italie méridionale. 15« éd. b

XV m INTRODUCTION. Montures.

bout ii.bauiluuués ail bon plaisir des batelier.s, auxiiuels il faudra toujours, avant do .s'embaïquer, rappeler lo tarif (1 fr. à 1 fr. 5u par pers. avec les bagages; «ma scoondo la tarifl'a»). surtout quand un est seul. Kn route, ils ont coutume de demander davantage: «Siguorc, sono cinquc lire», etc.; on leur répond tout au plus «avanti», en les menaçant au besoin de recourir à la > capitancria del porto». On no payera qu'après avoir quitté la barque avec tous ses bagages et l'on gardera ses petits colis sous la main. Ou se rendra k bord une heure avant le départ du bateau. Ou peut y garder son meuu bagage avec soi; les malles, etc., se descendent à fond de cale, et l'on aura l'oeil ù ce qu'elles soient bien étiquetées pour l'eudroit où l'on se rend.

Voitures publiques (diligenza, rorriera). Grâce à l'extension toujours plus grande du réseau des chemins de fer et ;\ l'introduction de services automobiles, le voyageur se trouve aujourd'hui moins souvent dans la nécessité de se servir de ces voitures généralement malpropres qui ne transportent plus que les campagnards. Les voitures à 1 cheval se payent, sur les routes fréquentées, de 50 à 75 c. par kil. et ailleurs à peine 50 c.

Voyages à pied. Montures. Les efforts du club alpin italien (Club Alpino Italiano), qui a son siège à Turin, via Monte di Pietà, 28, et s'est donné pour tâche de faciliter au public l'accès des Alpes et des Apennins, ainsi que la diffusion des sports, répandent de plus en plus le goût de la marche à pied, même chez l'homme du peuple qui ne comprenait guère autrefois le plaisir qu'on y peut trouver. On choisira pour se mettre en route un temps clair et frais et on évitera le siroco (vent du sud). Pendant la saison chaude, on s'abstiendra de longues excursions à pied, sauf dans la montagne. On va par contre >à cheval (cavallo), à mulet (mulo) ou à dos d'âne {asïno, somâro, ciuco; en Sicile, tonte monture s'appelle vettura); même les dames peuvent se servir de ces modes de transport. Le conducteur (pedone) suit au pas de course et sert de guide, ce qui simplifie la dépense dans les excursions en montagnes. Les prix sont peu élevés; on conclut le marché «tutto compreso», et l'on ajoute à la fin un léger pourboire, lorsqu'on est content. Les conducteurs ont l'habitude de faire courir leurs bêtes grand train au commencement de la course et dans les villages, ce qui n'est pas agréable. On mettra donc un frein à l'ardeur du guide, en lui déclarant d'emblée qu'on vent traverser les rues au pas («a passo») et qu'autrement on lui diminuera sa «mancia».

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