‹ Italie méridionale, Sicile, Sardaigne, Malte, Tunis, CorfouChapitre 52 sur 127 · De Naples à Poggia (Ancône · texte numérisé non relu

De Naples à Poggia (Ancône

108 kil. Chem. de fer; 5 h. env. par l'express, prix 25 fr. 25, 17 fr. 65 et 11 fr. 45; 6 h. env. par les trains omnibus, prix 23 fr., 16 fr. 10 et 10 fr. 35. (De Naples à Ancône, 521 kil., express en 11 b. '/z; de Naples à Bologne, 725 kil., en 16 h. 1/2, 67 fr. 85, 44 fr. 60, 28 fr. 65; wagon-lit à partir de Foggia). — Les trains omn. sont d'babitude en retard.

Naples, Y. p. 24. — La voie décrit une grande courbe à l'E. et traverse la partie la plus riche et la mieux cultivée de la Campanie (p. 8), où l'on voit à perte de vue des vignes, de vastes champs de légumes et des allées de peupliers. A dr., on a çà et là des échappées de vue sur le Vésuve. — 10 kil. Casoria, qu'un tramway électrique relie à Naples (p. 30, ligne B). — 14 kil. Frattamaggiore- Grumo. — 16 kil. S. Antimo.

Au N., entre les villages de Pomigliano et de S. Arpino, se trouvent de maigres restes de l'anc. Atella des Osques, où prirent naissance les farces atellanes (fabulae atellanœ), les premières pièces bouffonnes des Romains. Elle a été remplacée plus tard par Aversa.

20 kil. Aversa (hôt. : Motti, Aurora; tramway pour Naples, v. p. 30, ligne C), fondée en 1029 par les Normands dont elle fut la première colonie en Italie, compte anj. 23189 hab. C'est dans le château qu'André de Hongrie, mari de Jeanne I"= de Naples, fut assassiné en 1345 par Nie. Acciaiuoli. La cathédrale >S'. Paolo et *S^. Lorenzo, aux portes de la ville, conservent toutes deux des restes d'architecture normande. — Le petit vin aigrelet d'Aversa s'appelle asprino.

29 kil. Marcianise. — 35 kil. Casert.e (p. 10). Le chemin de fer monte lentement; la vue s'étend à dr. sur les plaines de la Campanie, à g. sur les montagnes. Deux tunnels. — 42 kil. Maddaloni Superiore, station au-dessus de la ville de ce nom.

Bientôt après, on redescend et on passe au-dessous des Ponti délia Voile, aqueduc colossal à trois étages et haut de près de 65 m., que Charles III et son fils ont fait bâtir par Vanvitelli pour alimenter

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les jardins de Caserte. Toute la construction, qui part du mont 'i'aburno (v. ci-dessous), a 40 kil. de lonfrucnr; on en voit les tours s'élever à g. le long de la montagne. — 48 kil. Valle di Maddaloni. l'eu après, on traverse VIsclero, rivière sur laquelle est située, 4 kil. plus haut, S. AgcUade' Goti, sur remplacement de l'ancienne Satieitla.

54 kil. Frasso-Dugenta. lie chemin de fer entre dans la large et fertile vallée du Vulturne (p. 8), dont elle franchit l'affluent, le i'alore. — 61 kil. Amorosi. — On longe la rive dr. du Calorc j usqu'à (65 kil.) Telese-Cei'reto. Le village pauvre de Telese (60 m.), à g. sur la hauteur, possède des sources d'eau.x sulfureuses et gazeuses, employées comme boisson et comme bains et fréquentées en été (Gr.-H. Telese, 100 ch., p. 9 à 12 fr.); il est desservi t. les j., du 3 juillet au 20 sept., par un train spécial de Naples. Au N.-O., sur la route de (3 kil.) S. Salvatore Telesino, quelques ruines (murs, amphithéâtre, etc.) de l'ancienne Telesia, ville des Samnites, qui fut occupée par Annibal, prise et détruite par les Komains, puis colonisée par eux; elle fut enfin ruinée au ix« s. par un tremblement (le terre et dévastée par les Sarrasins. — Diligence pour Piedi- Mionte d'Alife (p. 11), trajet en 2 h. 1/2.

70 kil. Solopaca. l^a gare est à V2 h. au N.-E. de la petite ville (4848 hab.), agréablement située sur la rive g. du Calore, au pied du 7nont Tahurno (1393 m.). — 77 kil. IS. Loreiizo Maggiore. lia localité est à g. sur la hauteur. Puis un tunnel. — 82 kil. Casaldu7n- Ponte, on l'on traverse le Calore sur un pont en fer. La vallée se rétrécit. A dr., sur la hauteur, Torrecasu. — 89 kil. Vitulano; dans le voisinage, célèbres carrières de marbre luniachelle rouge. Un tunnel.

97 kil. Bénévent. — La oakb (bon l.uffct) est à V4 d'h. au N. de la ville. Voit, à 1 cliev., 50 c; la nuit (depuis 1 h. après le coucher du soleil), 60 c. ; l'heure, 70 c; à 2 chev., 1 fr. et 1 fr. 30.

Hôtels: Villa di Hoina, corso Garibaldi, 160-164, presque en face de l'hôtel do ville (oh. 2 fr. 50 à 3 fr.), avec bon restaur. et café; Loc. di Renefento, piazza Dogana, petit, mais propre; Manfredi, Milano, à l'entrée de la ville, encore plus simples. — La liqueur appelée strega est une spécialité de Bénévent.

Bénévent, dans une contrée fertile, sur une colline baignée par les eaux du Sabato et du Calore, était la capitale d'une province des Etats pontificaux. Sa population est de 17227 hab. Les rues sont étroites, sauf la grand' rue. Trois heures suffisent pour visiter la ville.

Hetveventiim, fondé, selon la tradition, par Diomède ou par le tils d'Ulysse et de Circé, s'appela d'abord Malevetttum, jusqu'au jour ou il s'y établit une colonie romaine, en 268. Cette ville, une des plus importantes de l'Italie méridionale, était située au point de rencontre de la voie Appienne et de quatre autres voies romaines. Au vi»s., elle devint la capitale d'un puis.sant duché lombard; puis co fut une principauté, que l'empereur Henri III rendit au pape Léon IX au xi»s.; depuis lors, elle appartint à Rome. Elle fut en partie détruite par Frédéric II en 1241.

à Foggia. BENEVENT. //• S- 16. 235

Napoléon !"■ en fit la capitale d'une principauté qu'il donna à Tallcyrand et qui exista de 1806 à 1815.

En venant de la gare, on traverse le Calore sur un beau pont.

En amont, sur la rive dr., se voient de maigres restes du Ponte della Maurella. Dans le voisinage se trouvait probablement la tombe du jeune roi Mainfroi qui, battu par Charles 1'^ d'Anjou, dans la plaine au N. de la ville, perdit le trône et la vie, le 26 février 1266, par suite de la trahison des barons des Fouilles et des comtes de Caserte et d'Acerra. Toutefois, son corps fut bientôt après exhumé par Bart. Pignatelli, archevêque de Cosenza et exposé hors du royaume, au bord du Rio Verde, qui n'est autre probablement que le Castellano, affluent du Tronto (p. 227; Dante, Purg., m, 134).

Longeant, à g., le côté N. de la ville, on arrive à 1'*arc de TRIOMPHE DE Teajan OU Poi'ta AuTca , de l'an 115, monument élevé à cet empereur par le sénat et le peuple romains, lorsqu'on attendait son retour d'Orient, où il mourut en 116. Cet arc romain, le plus beau qui existe, une des constructions antiques les mieux conservées de toute l'Italie méridionale, rappelle celui de Titus à Rome; il est en marbre grec, a 15 m. 60 de hauteur et 8 m. 60 d'ouverture, et était autrefois surmonté d'un quadrige avec la statue de ïrajan. Les bas-reliefs ont trait à l'histoire de cet empereur.

Côté extékieur. A g. de l'inscription: une Assemblée de dieux, à moitié détruite, où l'on reconnaît Bacchus, Cérès, Diane et Sylvain; à dr., la Daoie implorant Trajan. A la frise, le Triomphe de Trajan sur les Daces. Au-dessous, à l'arcade, une déesse et un dieu marins, et deux enfants: l'Automne et l'Hiver. Ensuite, à g.: dans le haut, deux représentants d'une ville (déesse dans le fond) recommandés à Trajan par un héros; dans le bas, des Barbares devant Trajan (sans tête) ; dans l'intervalle, Jupiter; à dr., en haut, Mars amenant à Trajan la Fortune (elle tient un gouvernail); dans le bas, un Traité avec un pays barbare. — Passage: à dr., Trajan faisant un sacrifice à Jupiter; à g., Distribution de pain; en haut, Trajan couronné par la Victoire. — Côté de i^a ville. A g. de l'inscription, une Assemblée de dieux. Hercule, Minerve, Bacchus, Jupiter, Cérès, Junon et Mercure; à dr., Trajan reçu au Capitule. A l'arcade, des Victoires, le Printemps et l'Eté. Ensuite, à g. dans le haut, un Traité en présence de Diane et de la déesse d'une ville; en bas, trois dieux, reconnaissables à leurs couronnes et à la corne d'abondance, avec des Romains, sans Trajan; à dr., en haut, la Conclusion du traité; en bas, le Triomphe.

De ce point, en tournant à dr. si l'on vient de la ville, on longe le mur d'enceinte, dans lequel sont, de même que dans toute la ville, de nombreuses pierres antiques, et l'on parvient au château, du xiv« s., où il y a un petit musée de fragments de sculpture et d'architecture romaines. A côté, un joli jardin public (villa; fermé à midi) avec vue sur la vallée du Sabato et sur les montagnes.

Puis on suit la grand'rue, le corso Garibaldi, qui longe le nouveau jjaZm'sProuinciaZ, et on arrive bientôt à une petite place ornée d'un obélisque moderne. Là se trouve l'église S. Sofia, rotonde de l'époque lombarde, construite de 732 à 774 env., mais modernisée. La coupole repose sur 6 colonnes antiques en granit et deux autres en marbre. On y entre du côté g., par le cloître d'un anc. couvent de bénédictins, à fines colonnettes et à arcades en fer à cheval

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(xii^s. ?); les chapiteiiux sont surmontés de curieuses scul|)turcs (représentations des mois, etc.).

Plus loin, à dr., le théâtre, la poste et, à g., Vhôtel de ville. A dr., la piazza Papiniano, ornée aussi d'un obélis(|ue, relevé en 1872 et composé de deux morceaux qui ne proviennent pas d'un même monument. Ces fragments et d'autres (|ui sont à révêché et au château, sont ceux de deux obélisques érigés, suivant une inscription, l'an 80, par un certaiti Lucilius, devant le temple d'Isis, en l'honneur de Doiiiitien. On arrive ensuite sur la place de la cathédrale.

La *cATiiÉDKALK, mentionnée déjà en 1047 par Adalbert de Brème qui l'admirait, et transformée vers l'an 1200, est une belle construction en style lombard-sarrasin. Le campanile est de 1279; on y remarque quantité de bas-reliefs antiques en marbre, l'un d'eux, à g., représentant le sanglier que la ville porte dans ses armes. La porte principale, en bronze, est couverte de 68 bas-reliefs à sujets tirés du Nouveau Testament (xn^-xin« s.). L'intérieur modernisé est ime basilique à cinq nefs, reposant sur des colonnes antiques et à plafond uni de 1678; on y voit des ambons de 1311, plus remarquables par leur caractère plastique que par l'ornementation en mosaïque qui les recouvre; puis une colonne servant do chandelier pascal, de la iin du xiii<" s. Le trésor, toujours ouvert à 1) h. ^2 fl" matin, renferme des vêtements sacerdotaux et des vases sacrés de l'époque de Benoît XIII, qui avait été archevêque de Bénévent de 1686 à 1724; on y voit encore un bahut en bronze orné de sculptures et de pièces émaillées, des xi^-xii® s.

En passant à g. de la cathédrale, on arrive aVévêché, ensemble de constructions sans importance, qui datent de différentes époques. En descendant au contraire à dr. de l'église et en traversant trois passages voûtés, on gagne la quatrième rue à dr. (vico I Triggio), qui mène aux maigres restes d'un théâtre antique. — Puis on prend à dr. par la seconde rue parallèle à, ce vico, la via Porta Arsa, on passe par cette porte, on longe le Sabato et l'on atteint en 10 min. le pont, dit Ponte Lebbroso ou passait la voie Appienne; la première arche de ce pont, en pierres de taille et sur laquelle repose aujourd'hui un moulin, est probablement antique; les antres sont moins anciennes. On peut aussi y aller en suivant le prolongement de la grand'rue hors de la ville et en descendant à g. — Dans l'axe du pont Lebbroso, et :\ 200 m. de là, dans la direction de la ville, la grande église appelée Moilonna délie Grazie; sur le versant (|ui la ])récède, des ruines de constructions en briques d'une étendue considérable , dites jSanti Quaranto, cryptoportique avec salles latérales, probablement les restes d'anciens thermes.

De Bénëvent à TtrinoU, v. p. 230. De Bénévent à Naples par Avellino et Noie, v. R. 17; par S. Martino-Hancello, v. p. 12.

La voie franchit le Tammaro, affluent dn Calore, immédiate-

à Foggia. TROIA. /^. -R- ^6. 237

ment avant d'arriver à la station suivante, (103 kil.) Ponte Valentino. Puis par la vallée d'abord étroite du Calore, dont on suit la rive N., à travers une contrée dénuée d'intérêt. — 110 kil. Apice. La construction de la voie a présenté de très grandes difficultés d'ici à Bovino, à cause des eaux qui la minaient. — 124 kil. Montecalvo-Buonalbergo. Montecalvo se trouve àdr. sur la hauteur. — Ensuite quatre tunnels, dont le troisième, dit Galleria délia Starza, est long de 2363 m.; on franchit la ligne de partage des eaux de l'Adriatique et de la mer ïyrrhénienne. — 136 kil. Ariano di Puglia (460 m.). On n'aperçoit pas cette ville (817 m.). Puis un long tunnel, et on descend la vallée de Bovino, qu'arrose le Cervaro. — 146 kil. Savignano - Greci ; les deux localités sont situées à dr. et à g., sur les montagnes. — 152 kil. Montaguto - Panni. Les localités se trouvent à g. et à dr. sur les hauteurs. Plus loin, la voie longe la rive N. de la rivière. Puis deux petits tunnels. — 156 kil. Orsara di Puglia. — 165 kil. Bovino. Au S.-O., sur la hauteur, la ville de ce nom (647 m.), le Vibinunn des anciens; c'était au moyen âge une place de commerce des Pisans qui trafiquaient avec le Levant.

172 kil. Giardinetto, station desservant Troia (439 m.; hôt. : Alb. Aquilino, ch. 1 fr. 50; Alb. de Pazzi), située à 12 kil. de là, au N.-O. (2 h. à pied; diligence en 2 h., à 5 h. du mat. et à midi '/j, 1 fr. 50, 1 fr. 25, 75 c. ; mêmes prix à partir de Foggia, p. 230, et de Lucera, p. 232, éloignés respectiv. de 22 et de 18 kil.). Troia fut fondée en 1017 par le gouverneur grec Bugianus (v. p. 242), pour remplacer l'anc. JEcœ. Son intéressante '''cathédrale a été construite de 1093 à 1125; le haut de la façade, orné d'une belle rose et d'une ornementation plastique de bon goût, l'abside et l'intérieur ont été restaurés au xiii« s. ; les deux portes de bronze, d'Oderisius de Bénévent (1119 et 1127), sont revêtues d'incrustations en argent (portraits, scènes bibliques) et de bas-reliefs; l'ambon, de 1158, se trouvait autrefois à S. Basilio, petite basilique à coupole, du commenc. du xi« s.

190 kil. Cervaro, où s'embranche la ligne dé Foggia à Rocchetta S. Antonio et Potenza mentionnée R. 19. — 198 kil. Foggia (p. 230), où l'on arrive en traversant le Tavoliere di Puglia (p. 231).

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