‹ Italie méridionale, Sicile, Sardaigne, Malte, Tunis, CorfouChapitre 55 sur 127 · A Itomrnico C · texte numérisé non relu

A Itomrnico C

U i" Jt oliistica D. 2.

U.,fcuoU .yormali V.6.

Tcar"oPtrcmni C.4.

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Ka^âv^^rbcîjT^

De Foggia à Brindisi. BARI. H- ^- ^*- 245

Bateaux a vapbuk : de la Società Naeionale di Servizi Warittimi, des compagnies Puglia et Adria pour Brindisi , Tiemiti , Venise , Trieste, Fiume, etc.

Poste, à la chambre de commerce {Caméra di Comniercio, pl.E5).

Vice-consul de France, M. Milella-Cafiero ; vice-cons. de Belgique, M. P. Loriisso.

Bari, le Barium des Romains, port de mer encore poissonneux («piscosum») comme du temps d'Horace, chef -lieu de province avec une population de 73366 hab., siège d'un archevêché et du commandement général du ix« corps d'armée, point de jonction de la ligne du littoral et des lignes de Tarente et de Locorotondo (p. 247), est la première place de commerce des Fouilles. Principaux articles d'exportation: vins et amandes; savonneries importantes, huileries, fabriques de tartre.

Bari est souvent mentionnée dans l'histoire du moyen âge comme résidence d'un évêque et du catapan byzantin, comme théâtre des luttes des Grecs et des Normands contre les Sarrasins dont elle fut la forteresse principale dans l'Italie méridionale, de 841 à 871. Robert Guiscard la prit en 1071 et l'arracha pour toujours à l'empire d'Orient. Guillaume le Mauvais la détruisit en 1156, mais Guillaume le Bon en permit la reconstruction en 1169. Le territoire de Bari forma dès le xiv s. un duché indépendant qui fut réuni au royaume de Naples en 1588.

La via Sparano da Bari, qui part de la gare (pi. CD 7), traverse d'abord la piazza Umberto I, ornée dep. 1905 d'un momtmenf du roi Humhert par Fil. Cifariello. A g., VAteneo (pi. C 6), avec diverses écoles et un musée Provincial (directeur, le Dr Gervasi; catalogue, 30 c).

Corridor: restes architectoniques, fragments de la chaire et du ciborium de la cathédrale, buste sans tête du Castel del Monte (p. 243), reproductions de fresques et de dessins de constructions apuliennes. — Ii'o salle: beau triptyque par Bartolomeo Vivarmi (1483); monnaies du moyen âge et de temps plus récents, entre autres, au milieu, collection de monnaies d'or normandes à inscriptions arabes. — II» salle («Salone»): grande collection de vases messapiens, iapygiens, grecs et gréco-italiques trouvés dans le pays, les plus vieux, ceux des armoires 1 et 2 ; importante collection de médailles grecques et romaines ; statuette archaïque en bronze ; armes et ustensiles apuliens et grecs. — IIIo salle: terres cuites, petits objets et fragments de marbre. A la fen. de g., une *coupe en argent faite à Tarente, de la fin du iv s. av. J.-C; certaines parties sont incrustées d'or; dans le bas, un rubis ou un grenat; à l'intérieur, un médaillon en relief, ainsi qu'une couronne de masques. — La section préhistorique n'est pas encore classée.

La via Sparano da Bari débouche sur le corso Vittorio Ema- NUELE, qui se dirige de l'E. à l'O. et sépare la vieille ville de la ville neuve, dite le Borgo. A l'extrémité 0. du cours, \e jardin Garibaîdi (pi. A4); à l'extrémité E., le jardin Margherita (pi. DE4), décoré d'un buste de l'écrivain Gius. Massari (m. 1883). Derrière, le vieux port, qui ne sert plus qu'aux petites embarcations, notamment à celles des pêcheurs. Au S., la chambre de commerce (pi. E5), avec la poste, et le Politeama Petruzzelli.

La piazza della Peefettura (pi. C 4), au milieu du cours, est décorée d'une statue du musicien Piccinni, né à Bari en 1728, m.

24() //. R. 18. BARI. i'e Foggia

en 1800 et connu par sa querelle avec (iluck. Au S. de cette place, le théâtre Piceinni (pi. 15), le Palazzo cli Città (pi. 8) et les tribunaux (pi. 0); au N., la préfecture (pi. 11). De là, on parvient au N. au château (pi. 1ÎC3) qui, construit de 1233 à 1239 par Frédéric 11, renforcé aux xni«et xvi«s. et transformé en palais parBona Sforza (v. ci-dessous), sert maintenant de caserne et de sémaphore; la Porta Sveva et les anc. chapiteaux sont intéressants. Au N., le nouceau port, d'où l'on reconnaît le mont Gargano aux nuages qui l'entourent par un temps pluvieux.

La CATHÉDRALE, S. Sobino (pi. 3, C3), a été commencée en 1035, restaurée de 1170 à 1178, mais maladroitement modernisée en 1745; sa coupole de 1178 a été dégagée en 1905; d'antres travaux suivront incessamment. Les deux tableaux qu'on voit sur l'autel St- Roch et en face sont attribués l'un au Tintoret, l'autre à P. Véronèse. Crypte modernisée renfermant un tableau richement décoré, dit S. Maria di Costantinupoli, qui passe pour avoir été apporté à Bari en 733 et avoir été peint par St J^uc. Les archives possèdent deux manuscrits en rouleaux de !'« Exultet» du xi^ s. Dans le chœur, belle verrière. Du haut du campanile, vue étendue.

S. NicoLA (pi. D2-3), non loin de là, a été commencé en 1087 par Elie, abbé des bénédictins, pour y placer les reliques de St Nicolas apportées de Myra, en Lycic, et achevé en 1139 par le roi normand Roger. La crypte avait été consacrée dès 1089 par le pape Urbain II. Les pierres tombales à l'extérieur sont celles de familles nobles de Bari et de pèlerins d'Orient morts dans cette ville. Le grand portail (xii« s.) de la façade et le portail latéral du côté du N. sont tous deux remarquables; ce dernier a une frise décorée de scènes guerrières.

S. Nicola a de tout temps été compté au nombre des quatre «basiliche palatine» de la couronne en Apulie; les troi- autres sont à Acquaviva délie Fonte. ;'i Altamura et au Monte Santangelo. La dispositios do l'édifice est caractéristique pour la région de Bari (le spécimen le mieux conservé est cependant la cathédrale de Bitonto, p. 243); c'est une basilique à colonnes à trois nefs, avec tribunes, transept et abside en hémicycle; fi l'extérieur, devant les bas côtés sont de grandes arcades, murées en partie pour servir de chapelles et surmontées d'une gracieuse colonnade (également murée); le côté du choeur revêt l'apparence d'une façade à tours cornières, l'abside étant dissimulée derrière un mur droit.

Ij'intékit;uk, h. plafond et double rangée de colonnes, est défiguré par les arcades transversales de la nef majeure, ajoutées au xv» s. après un tremblement de terre. Beaucoup de fenêtres ont été aussi murées à cette époque. Dans le bas côté de g., la pierre tiimtdaire (te Robert de Bari, de la famille C'hiurlia do Bari, protonotaire de Charles I«» d'Anjou dans son procès contre Oonradin (p. 17). — A dr. du maître-autel, qui a un tabernacle do 1150 env., une Vierge entourée de saints par Bartoloiiieo Vivarini (I-ITO). — Derrière le cluwur, le tombeau de Hoiia Sforzii (érigé on 15'.)it). femme de Sigismond l", roi de Pologne, et dernière duchesse de Bari (m. 1558), avec les statues de St Casimir et de St Stanislas, et un siège éi)iscopal de Romuald (10!i8). — On montera aussi aux tribunes réservées aux femmes.

En bas do l'escalier de dr. menant à la obvi-tk, un vieux sarcophage chrétien du v" s., peut-être do Mysic. — Dans la crypte elle-même, un autel

à Brindisi. BARI. H- R- iS. 247

d'argent, fait en 1684 par les artistes napolitains Dovi. Marùielli et Ant. Avitabili k la place de celui qu'Urcsius, roi de Serbie, dédia à l'église en 1319. Il est au-dessus de la grotte qui contient les ossements de St Nicolas, d'où découle une substance miraculeuse dite la «manne de St Nicolas» (v. aussi p. 201). La fête patronale, le 8 mai, y attire des milliers de pèlerins, accourus particulièrement des villages albanais.

Le TRÉSOR de l'église possède, outre de mimbreuses reliques, le beau bréviaire manuscrit de Charles II d'Anjou, son sceptre, deux candélabres, un reliquaire goth. et autres objets donnés par lui à l'église, ainsi que la prétendue couronne de fer qui servit dans cette église au couronnement du roi normand Roger, de l'empereur Henri VI et de son épouse Constance, de Mainfroi et de Ferdinand I" d'Aragon.

A g. de S. Nicola, S. Gregorio, petite église du xi« s., intéressante au point de vue architectonique, était autrefois la chapelle du palais du catapan byzantin. — Le Lion de la piazza Mercantile (pi. D 3) a un collier portant les mots «Custos justitise»; il a peutêtre servi de pilori.

De Babi a Locorotondo, 72 kil. de chem. de fer, trajet en 2 h. '/o env., prix 7 fr. 10, 4 fr. 75 et 3 fr. 20. — 4 kil. Mungivacca, d'où part un embranchement sur Putignano par Turi. — 8 kil. Triggiano. — 10 kil. Cap'irso, pèlerinage avec une image miraculeuse de la Vierge. — 16 kil. Noicattaro (p. 248), où il se fabrique beaucoup de poterie. Jolie cathédrale du xm« s. — 18 kil. Butigliano, dominé par une vieille tour carrée. Cathédrale remarquable à beaux portails du xiii« s. — 29 kil. Coniersano (219 m. ; Alb. Venezia, assez bon), vieille ville de 13 294 hab., avec une cathédrale intéressante du xiii» s. bnilée intérieurement en 1911 et un château fortifié, qui appartint depuis 1456 aux Acquaviva, ducs d'Atri et comtes de Conversano. Le couvent de religieuses de S. Benedetto, très vieille fondation du Mont-Cassin (p. 6), a une façade ornée de mosaïques et un cloître intéressant. — 39 kil. CasteUana. — 44 kil. Putignano, qui compte 13997 hab. — 53 kil. Noci. — 64 kil. Alberobello, localité de 6943 hab., composée de petites maisons rondes appelées «trulli», dont la toiture conique est faite d'assises superposées en encorbellement (v. les nuraghes, p. 444), comme celles que les paysans des Fouilles construisent partout dans les champs sans bois, ni mortier. — 72 kil. Locorotondo.

De Bari a Tarente, 115 kil. de chem. de fer, trajet en 3 h. à 4 h. 5/4, prix 6 fr. 30 et 3 fr. 15. — La voie monte peu à peu. 11 kil. Mbdugno (Trattoria Donato, piazza S. Luca, assez bonne). A 3 kil. au S.-E. était Balsignano, anc. localité, dont il ne reste que deux églises délabrées dans une ferme: S. Pietro, édifice du style roman, et S. Maria, avec restes de fresques du xiv» s. — 15 kil. Bitetto, dont la cathédrale commencée en 1335 a un beau portail goth. de 1435. A 1 h. au N., sur une colline, Palo del Colle (177 m.). — 22 kil. Gi-mno Appida. — 41 kil. Acquaviva délie Fonti, dont la basilique est l'imitation pittoresque d'une église romane, de l'époque de la Renaissance. Le Palazzo di Città date de diverses époques. A 5 kil. 5 à l'O., Cassano délie Murge: à 4 kil. de là, au S., une grotte à stalactites; la clef est chez le syndic. Belle vue de l'anc. couvent des Réformés (410 m.; 2 kil. à l'O.). — 54 kil. Gioia del Colle (p. 254), où aboutit la ligne de Rocchetta S. Antonio (v. p. 252). La voie traverse les petites collines qui terminent la ramification S.-E. des Apennins. La contrée a plus loin un aspect stérile, les oliviers disparaissent et les champs sont souvent parsemés de débris de roche calcaire. — 67 kil. S. Basilio - Mottola. Un tunnel. — 77 kil. Castellaneta, où la culture des oliviers recommence. Un tunnel, puis on traverse trois ravins profonds («gravine»). — 86 kil. PalagianeUo. — 93 kil. Palagiano- Mottola. — 98 kil. Massafra, dans un site pittoresque, sur le bord d'un ravin. On se rapproche de la mer. Belle vue sur le golfe. — 115 kil. Tarente (p. 260).

248 n. R. 18. BRINDISI.

La ligne du littoriil touche ensuite aux stations suivantes:

135 kil. Noicdttaro. La localité (p. 247) est h (> lui. au S. de la gare. — 142 kil. Mola di Bari, ville de 14490 hab., sur la côte. — 156 kil. Polùjndiio a Mare, situé sur un massif de rochers à pic. Belles grottes dans ces rochers du côté de la nier, la plus remarquable sous la ville neuve; entrée par une petite porte dans la vieille ville; la clef est dans la maison en face, iioute de voit, pour (9 kil.) Conversano (p. 247). — 1(U kil. MviiopoU, ville de 22 616 hab. et siège d'un archevêché. Sa cathédrale (de 1742-1770) possède un St Sébastien de Palma le Vieux. Belle vue de la tour de S. Francesco. On a trouvé ici, du côté de la mer, dans la direction de la vieille route d'Egnatia, de nombreux tombeaux creusés dans le roc dont le contenu est au musée de Bari. — A 10 kil. au S.-E. de Monopoli (voit. 3 fr.), au bord de la mer, près de la Torre cVEgiiazio, sont les ruines d'Egnatia, la Gnathia des Grecs, où l'on a trouvé quantité de vases, de bijoux, etc. Les pierres de taille de la muraille d'enceinte ont été en grande partie utilisées par les paysans pour la construction de leurs maisons.

177 kil. Fasano (omn. 30 c; Alb. Ferrovia), ville florissante de 12 268 hab. L'hôtel de ville est l'ancien palais des chevaliers de Malte; il a de belles loges de 1509. — 185 kil. Cisternino.

On entre ensuite dans la province de Lecce ou d'Otrante, la Terre d'Otrante, la Calabre de l'antiquité (v. p. 206). — 197 kil. Ostuni (299 m.; Alb. S. Giuseppe); la cathédrale a une belle façade gothique; la bibliothèque communale renferme une collection d'antiquités. — 206 kil. Carovigno. — 222 kil. S. Vito d'Otranto ou de' Normanni ; sur la route de Brindisi, deux vieilles grottes de basiliens: S. Biagio, ornée de fresques, de 1197, à la «masseria» (ferme) Fannuzzi et S. Giovanni (xie-xHi*^ s.) à la masseria Catfaro.

234 kil. Brindisi (Brindes). — Buffet. — Hôtels (faire prix, V. p. xix): Gr.-H. International (pi. a), sur le port (50 ch. de 5 à 10 fr., rep. 1.50, 4 et 6, omn. 1.50, petit bag. compris). — Alh. Eiiropa i^-pl.h; corso Garibaldi, 147), à peu près à mi-chemin entre la garo et le port (ch. dep. 2 fr., déj. 2.50 v. c, dîn. 3 v. e), Alb. Centrale (pi. c), corso Garibaldi, 67, près du port, avec restaur. , tous deux assez bons. — Café Caprez, anc. Caflisch.

VoiTUKKs (faire prix): de la gare au port (1 kil.), 1 pers. 60 c, 2 pers. 1 fr., 3 per.s. 1 fr. 20, 4 pers. 1 fr. 50; >/« h- 2 fr., 1 h. 3 f r. ; de nuit, 20 c. en sus; colis, 20 c.

Postes et télécikaphes, corso Umberto I et au port.

Bateaux a vapeur: pour Corfou, etc., v. R. 43; pour Ancône, Venise, Trieste; pour Alexandrie d'Egypte, etc. Agences de la Società Naz. di Servizi Marittimi et du Lloyd autrichien (Th. Cook & Son), au port. — Refuser les ofifres des guides qui importunent les touristes & l'arrivée des bateaux.

Agences consulaires do France et de Russie.

Brindisi, ville paisible de 22021 hab., siège d'un archevêché, dans une contrée fertile, mais infectée par la fièvre, a repris de nos jours l'importance qu'elle avait dans l'antiquité, depuis qu'on s'y

BRINDISI. II' R' i8. 249

embarque pour l'Orient (la Grèce, l'Egypte et les Indes orientales). C'est le Brentesion des Grecs et le Brundisium des Romains, au nom dérivé, dit-on, de l'idiome des Messapiens et signifiant «tête de cerf», à cause du port qui entoure la ville comme de deux cornes. De grands souvenirs de l'antiquité se rattachent au nom de Brindcs, qui reçut de bonne heure une colonie de Tarente et une de Rome en 245 av. J.-C. C'est ici que se terminait la voie Appieune, qui, dès le ii» s. av. J.-C, passait par Venusia et Tarente. Ou connaît la description qu'Horace (Sat., i, 5) fait de son voyage sur cette route de Rome à Brundisium, l'an 37 av. J.-C, à la suite de Mécène. Brundisium est la ville natale du poète tragique Pacuvius (vers 220 av. J.-C); Virgile y mourut l'an 19 av. J.-C, à son retour de Grèce, dans une maison dont ou montre encore quelques décombres, près du port (!). Pompée y soutint un siège mémorable l'an 49 av. J.-C, contre César, qui nous en a laissé la description dans son !«■■ livre de la guerre Civile. Au moyen âge, les flottes des croisés abordèrent souvent dans le port, et en 1227, des milliers d'entre eux y moururent de maladie et de misère. Mais après les croisades elle déclina, surtout après sa destruction par le roi Louis de Hongrie en 1348, et après le terrible tremblement de terre de 1458, qui ensevelit la plupart de ses habitants sous ses décombres. Le port intérieur se transforma en marécage par suite de l'ensablement du goulet qui ne fut dégagé qu'en 1775. Ce n'est qu'à partir de 1866 que Brindisi a repris un nouvel essor, grâce aux travaux entrepris par le gouvernement pour maçonner le chenal et approfondir les bassins du port.

JjG port intérieur est à l'abri de tous les vents; il consiste en deux bras formés par l'érosion des eaux; celui du N. (Seno di Ponte Grande) a une longueur de 600 m., celui du S. (Seno di Ponte Piccolo), dans lequel les plus grands bateaux peuvent aborder, n'en a que 450. Un canal, long de 525 m. et large de 50 m., les relie au port extérieur, dont l'entrée est séparée en deux bras par l'île S. Andréa, la Barra des anciens, que couronne un fort du xv« s. (auj. station de la quarantaine). Le bras septentr. (Bocca di Puglia) est fermé par une digue en pierre, afin d'empêcher l'ensablement. Jolie promenade de 1 h. à 1 h. 1/2 en barque (1 fr. 50) pour voir la digue et le fort.

Sur une éminence près du quai et dominant les maisons basses qui l'entourent, s'élève une colonne non cannelée, haute de 19 m., en cipolin et avec un riche chapiteau, orné de figures de divinités. A côté, la base d'une autre colonne, dont le fût sert auj. de piédestal à la statue de St Oronze à Lecce (v. p. 250). La première porte une inscription inachevée, faisant mention de Lupus Protospatha, gouverneur byzantin qui rétablit la ville, détruite par les Sarrasins au X* s. On pense qu'elles marquaient l'extrémité de la voie Appienne (v. ci-dessus) ; elles portaient peut-être un fanal. Les autres antiquités de Brindisi sont sans importance aucune.

Le château, avec ses grosses tours rondes, à l'O. de la ville, sur le bras septentr. du port, a été fondé en 1233 par l'empereur Frédéric II et encore fortifié par Charles-Quint; il sert maintenant de bagne. — Le baptistère S. Giovanni al Sepolcro, du xi« s., avec beaux portails et fresques, est transformé en musée d'antiqïiités. — La cathédrale, à 150 pas au S.-O. des colonnes, où eut lieu

250 li- B. ta. LECCE. ^« Brhidisi

en 1225 le mariage de l''rédéric II et d'Yolande de Jérusalem, a été consacrée en 108!» par Urbain 11, mais l'édilice actuel date du xviu'= s. A l'un des coins de la rue qui commence en face, une maison du moyen âge, avec un balcon richement décoré. Non loin do là, le séminaire, avec la bibliothèque publique. — S. Beiiedeltit, église normande construite vers l'an 12UU, a un portail latéral remarquable et un beau cloître qui y est attenant; /S'. Lucia a une crypte où se voient des restes de fresques byzantines (xii« et xiii*-" s.).

Chemin de fer de Tarente, 3lëtapoide et Naples, v. R. 20.

A 3 kil. au N.-N.-O. de Briudisi s'élève S. Maria del L'amie (1322), uuc. église couventuellu du .style lombard, aiij. classée comme mouuuieut liistoiique, avec beau portail et restes de fresques de 1322.

De Brindisi à Otrante par Lecce (v. p. 240). On touche à Tuturano, ^'. Pietro Vernotico, Squinzano, Trepuzzi, Surbo.

272 kil. Leeee (51 m.; hôt. : Patria, piazza délia Prefettura, ch. 2 fr. 50 à 3, avec grand restaur. et bains; H. Moderne; Kisorgimento; voit. 50 c, de nuit 75 o.), ville propre de 32029 hab., évêché et chef-lieu de la province du même nom, la «Florence du rococo» ((Tregorovius), située sur l'emplacement de la Lapiœ des anciens. Sur la piazza délia Prefettura au N.-E. est l'église S. Croce (,Ste- Croix), de la tin du xvi« s., avec façade baroque pleine d'originalité. A côté, \a préfecture, auc. couvent de célestins, qui date de la même époque. Le musée qui s'y trouve, ouvert de 8 h. à 2 h., comprend des vases, surtout deux belles amphores attiques, des terres cuites, des médailles, des inscriptions, etc. En traversant la préfecture, ou arrive au jardin public. Sur la piazza Yitt. Emanuele, une statue de Victor -Emmanuel II par Maccagni (1889). Là aussi l'église S. Chiara (Ste-Claire). Sur la piazza del Veseovado, au centre de la ville, la cathédrale (S. Oronzo), de 1661 et sa tour de 70 m. de hauteur, le séminaire et l'évêché. Sur la piazza S. Oranzo, une colonne (v. p. 249) avec la statue du saint et mie loggia du xvin* s., appelée il Sedile, servant auj. de musée d'art contemporain. A côté, la Chiesa Veneziana (S. Marco), église à portail baroque. Sous la place, on a découvert en 1904 des restes d'un amphithéâtre romain. On projette d'élever en cet endroit, non loin de Kudise (p. 251), sa patrie, un monument à la mémoire du poète Ennius. Non loin de la Porta di Kugge, à l'O., S. Domenico, église du style baroque du xvii* s. ; en face, ïhôpital, de la tin du xvi« s. Devant la Porta di Napoli, arc de triomphe de 1548 au N.-O. de la ville, le cimetière, fermé de midi à 4 h. et après l'angélus, renferme la belle église *aS'*S'. Nicola e Cataldu, construite en 1180 par Tancrède, comte de Lecce (p. li). La façade n'a plus rien d'ancien que la partie du milieu, avec un magnilique portail; à remarquer encore un portail latéral dans le passage à dr. de l'église et les beaux chapiteaux de l'intérieur à trois nefs, richement peint en 1619. l>u haut du toit, vue étendue jusqu'à la côte d'Epire.

à Otrmite. OTRANTE. H. R- iS. 251

De Lecce a rRANCAviLijA (p. 263), 62 kil., chem. de fer en 2 li. '/a '<• 3 hpar Novoli, d'où part uu euibrancli. (26 kil.) sur Nardô (v. ci-dessous), Uampi, Salice, S. Pancrazio et Manduria.

A 6 kil. au S.-E. de Lecce (diligence 2 fois par j. en 30 à 40 min.) et à 3 kil. à l'E. de la station de S. Cesario di Lecce (v. ci-dessous), se trouve Cavallino, qui a un château dans le riche style baroque du xvii» s., à M. Ed. Casetti-Castromediauo, qui en permet la visite lorsqu'on lui a envoyé sa carte. — A 12 kil. à l'E. (tramway électr. de la piazza S. Oronzo, de juin à oct., en 30 min., pour 35 c), î'. Cutaldo (plusieurs restaur.), petite station balnéaire, avec bonne plage et phare. — A 2 kil. à l'O. de Lecce, près de l'école royale d'agriculture, se trouvait Rudix, où naquit Ennius (239-168 av. J.-C), le plus ancien des poètes latins.

Puis viennent : S. Cesario di Lecce, S. Donato di Lecce, Galugnano, Sternatia. — 21)1 kil. Zollino. Le dialecte des environs de Zollino, Martano, Martignano, Calimera, Castrignano de' Greci et Melpignano a encore beaucoup d'éléments grecs.

De Zoi^lino a G-allipoli : 35 kil., chemin de fer en 1 h. '/4 '•>■ 1 h. '/a» prix 2 fr. 10 et 1 fr. 05. Ou voit de nombreux ntrulli" (p. 247) éparpillés dans les champs. — 4 kil. Soleto, l'anc. Soletum; sa cathédrale a une riche tour goth. de 1405-1406; S. Stefano, petite église romane, renferme des fresques des xif-xiv^ s. (entre autres un Jugement dernier) qui trahissent encore fortement l'influence de l'art byzantin. — 8 kil. Galatina (Alb. Vittoria); S. Caterina, église romane construite vers 1384, édifice à trois nefs très remarquable, a des peintures murales par Franc. d'Arezzo (1435). — 15 kil. Gcdatone. — 18 kil. Nardô, l'anc. Neretitm des Salentins, auj. siège d'un évêché. Embranch. sur Novoli, v. ci-dessus; sur Gagliano et Tricase, p. 252. — 26 kil. Satinicola. — 29 kil. AlezLo, l'anc. Aletium.

35 kil. G-allipoli (omn. 15 c. ; hôt. : Vittoria, Cavour, Dandolo), port de mer de 10 399 hab., bien située, sur une île rocheuse du golfe de Tarente, qu'un pont relie au nouveau faubourg très étendu qui s'est développé sur la terre ferme. C'est l'anc. CcdiipoliB ou Anxa, dont on attribuait la fondation au Lacédémonien Leucippe et aux Tarentins. Près du pont, une fontaine antique restaurée. La cathédrale est un édifice remarquable du XVII» s. Le commerce d'exportation en huiles et en vins est très important. — Bateau à vapeur pour Bari, Brindisi, Tarente, etc. Chemin carrossable pour le cap de Leuca, v. p. 252.

296 kil. Corigliano d'Otranto. — 301 kil. Maglie; embranch. sur Tricase et Gagliano, p. 252. — 307 kil. Bagnolo del Salento ; 309 kil. Cannole; 314 kil. Giurdign ano ; dans les environs, nombreux dolmens et menhirs (pietrahtta), monuments dont on ne retrouve guère d'exemple en Italie, en dehors des Fouilles (v. p. 244, à Bisceglie).

320 kil. Otrante, eu ital. Otranto (omn. 20 c. ; hôt. chez Franc. Penna et chez fcjaverio De Vitis), VHydrus des Grecs, VHydruntum des Romains, est souvent mentionnée dans l'antiquité comme l'endroit d'où se faisait la traversée d'Italie à ApoUonia en Epire. Florissante au moyen âge, détruite par les Turcs en 1480, Otrante ne s'est plus relevée; aujourd'hui, c'est une ville de pêcheurs de 2295 hab. dans un beau site, siège d'un archevêché, avec un château à deux tours, construit par Alphonse d'Aragon et fortifié plus tard par Gharles-Uuint. Du haut des remparts de ce château , on découvre, par un temps clair, la côte d'Epire avec ses montagnes. La cathédrale (SS. Annunziata) a encore des colonnes provenant d'un

252 II- R- is. CASINE DI LEUCA.

temple de jMincrve (|iii était non loin de la ville, près du village de S. Xicola, et un curieux pavement en mosaïque avec des représentations riches en ligures des mois et de héros (116G). La crypte, qui a de beaux cliapiteaux, date peut-être du xi** s. Dans une rue latérale, située dans le haut, la petite église IS. Pietro, anc. construction de plan rayonnant, avec fres(iues byzantines.

Le CAT DK Leuca, extrémité S.-E. de l'Italie, est desservi depuis 1911 par uuo ligne de ehein. de fer qui part de IHaylie (p. 251), et décrivant un vaste eircuit par Triease et Gagliaiio, aboutit k Nardd (p. 251). 4kil. Mitro Ltccene; B kil. SaimHca. — 10 kil. l'Oj/yiardo (aub.). — 15 kil. Sjpongano. A 1 h. à l'E.-S.-E., dans un site pittoresque, au-dessus d'un port découpé dans le roc comme une gorge, s'élève Castro (99 m.), avec de vieilles fortifications; c'est le Custrum Miiiei-vx, le premier endroit de la cote d'Italie qu'Euée aperçut, selon le récit de Virgile. — 19 kil. Andrano. — 2(j kil. Trieuse (97 m.; Alb. Italia); à 3 kil. à l'E., Porto di Triease, colonie de villas et entrepôt de tabacs. — 30 kil. Tiggiaiio. — 32 kil. Alessano- C'orsano. — 37 kil. Gagliano Leuca (144 m.). A 7 kil. au S., Casine di Leuca (gîte chez le barbier Micb. Pirelli), colonie de villas fréquentée eu été. A l'E. ('/a h. par la route carrossable; '/i d'h. par le chemin ^les piétons), le cap de Leuca (Capo S. Maria di Leuca), qui doit son nom à ses rochers de calcaire blanc. C'est le Promotdorinrii lapygium ou Sallentimim des anciens, non loin duquel se trouvait l'antique Leuca. Dans l'église S. Maria di Leuca, une Vierge miraculeuse (S. Maria de Finibus). Du phare, où l'on peut monter (59 m.), on a une vue magnitiquc; quand le temps est clair, on distingue les monts Acrocéraunicns d'Albanie. Sur la hauteur à l'O. de Casine di Leuca, une station de signaux fermée au public. Plus loin, la Puiita Ristola, l'extrême pointe S. des Fouilles. Promenade intéressante en barque jusqu'à Porto di Triease (v. ci-dessus; à 4 rameurs, en 3 à 4 h., prix 15 à 20 fr.), en longeant la eôte aux rochers sombres et grandioses, que couronnent quelques localités et des tours de guet normandes et espagnoles.

39 kil. Morciano- C'astrignano. Près de là, Patù et sa coustruction mégalithique de Centopietrc. A 1 kil. à l'O. de Patù, près de l'église de la Madonna Vercto, les ruines de Veretum. — 48 kil. Presicce (maigre aub. tenue par Salv. San Cesario). — 55 kil. Ugento (108 m.; Alb. Urecucci, assez bon), l'ane. Usentum, auj. siège d'un évêché. — 62 kil. Casaraiio. — 66 kil. 3Iatino. — 68 kil. Parabita. — 71 kil. Tuglie. — 78 kil. Secli. — 83 kil. Galutone (p. 251). — 86 kil. Nardù (p. 251).

19. De Foggia à Gioia del Colle ou à Potenza, par Rocchetta S. Antonio.

De Foggia a Uioia del Colle par Rocchetta S. Antonu", 190 kil., chem. de fer en 7 à 8 h., 1" cl. 13 fr. 50, 3» cl. 6 f r. 50.

La ligne traverse d'abord le Tavoliere (p. 231) pour suivre ensuite le bord occidental des Marge, c.-à-d. la partie la plus élevée du plateau crayeux des Pouilles, tout aussi pauvre en eau, mais mieux cultivé. — Foggia, v. p. 230. De là à Cervaro (9 kil.), v. p. 237. — 18 kil. Ort/owo, jadis Herdoniiv, avec des ruines antiques. — 31 kil. Ascoli 8atriunu (Alb. di Koma, propre), k '/a h. de la stat. (omn. tJO c), dans un site délicieux (410 m.), V Ane. Ausculum, oii l'yrrhus remporta, en 27it, une victoire sur les Romains. — 39 kil. Candela.

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