II. R
Elle recourut à des étrangers, aux Spartiates et aux Epirotes, pour faire la guerre aux Lucaniens ; elle appela contre les Romains le roi Pi/frhus (281), dont le général 3Iilon trahit la ville. Tarente s'allia à Annibal dans la deuxième guerre punique et fut prise en 209 par Fabius Maximus Cunctator. 30000 hab. furent alors vendus comme esclaves. En 123 av. J.-C, les Romains y établirent une colonie (Colonia Neptttnia), à côté de laquelle la république grecque continua à exister. Sous Auguste, c'était encore, comme Naples et Reggio, une ville où dominait la population grecque, et prospère par son industrie et son commerce: «Ille terrarum mihi praeter omnes angulus ridet» dit Horace (Odes, ii, 6). Ensuite, elle fut complètement romanisée. A partir de Justinicn, elle appartint avec tout le Sud à l'empire d'Orient. Entièrement détruite par les Sarrasins, en 927, elle fut rebâtie par Nlcéphore Fhocas en 907, et la langue grecque y domina de nouveau. Robert Guiscard s'en empara en 1063 et la donna à son fils Bohémond. L'empereur Frédéric II y bâtit plus tard un château, dit Rocca Impériale. Philippe d^ Anjou, fils de Charles II, devint en 1301 prince de Tarente. Napoléon I»>' donna le titre de duo de Tarente au maréchal Macdonald.
La gare se trouve dans le faubuiirg (borgo) N.-O., où sont les entrepôts des maisons de commerce et où l'industrie commence à se développer.
Va^niT ADebes.Xeipziô
La ville proprement dite (città) occupe l'emplacement de l'anc. acropole de la ville antique, sur un rocher au bord de la mer, dans un site magnifique. La population est ici exceptionnellement coni-
262 II- H- SO. TARENTE. I^f NnpJes à Brimlùi.
pacte. Trois rues parcourent la ville dans le sens de la longueur. Le long du Mare Piccolo s'étend la via Garihaldi, habitée surtout par des pêcheurs, qui ont conservé dans leur langue beaucoup de termes grecs, souvent incompréhensibles aux autres ïarentins. De là partent ([uantité de ruelles très étroites retombant dans la via di Mezza, et dont quelques-unes montent au delà jusqu'à l'étroite rue principale dite via del Duomo ou via Maggiore, bordée de nombreux palais anciens de la noblesse. Le long du rivage (Mare Grande), le corso Vittorio Emanuelt ofl're une vue dégagée sur tout le golfe et les montagnes de la Calabre; c'est une belle promenade, surtout le soir
La cathédrale, S. Caialdo, fondée au xi« s., est en partie modernisée. Les vieilles colonnes de l'intérieur ont encore des chapiteaux antiques ou du moyen âge. La chapelle du saint, un Irlandais, à dr. du chœur, construite dans le style baroque, est richement décorée de mosaïques et de sculptures. A côté de l'entrée de la sacristie, à dr., une plaque funéraire à la mémoire de Philippe de Tarente. Sous le maître-autel, la vieille crypte. — Le château, à l'extrémité S., et le reste des fortifications de la ville datent de Ferdinand d'Aragon et de Philippe II d'Espagne
Les restes de la ville antique sont peu importants. Les plus considérables sont ceux d'un temple dorique consacré peut-être à Neptune , deux moitiés supérieiires de colonnes cannelées imposantes devant la rampe de l'oratoire de la Congrega délia Trinità, presque à l'extrémité E. de la strada Maggiore, à droite. Les proportions énormes des colonnes et le peii de largeur de l'entrecolonnement font placer ce temple parmi les plus anciens que l'on connaisse de ce style, c.-à-d. au commenc. du vi« s. av. J.-C. — Sur le pont qui relie l'île à la terre ferme au N., près de la Porta di Napoli, passe un aqueduc du temps des Romains, nommé il Triglio; il avait une longueur totale de 15 kil.
La porte du S.-E. s'appelle Porta di Lecce. Le canal, large de 75 ni., qui sépare ici le rocher de la ville du continent, est navigable aux plus grands vaisseaux de guerre. Il est traversé par un pont tournant en fer («Ponte Girevole»). La marée s'y fait sentir comme en peu d'autres endroits de la Méditerranée.
Il s'est construit sur la terre ferme, au S.-E., une ville neuve, dite città Nnova, là où était la partie principale de la ville de l'antiquité.
Le MusÉK (pi. ]), piazza Archita, à g., dans l'anc. couvent S. Pas([uale, est surtout riche en antiquités trouvées à Tarente et aux environs. Conservateur, le Dr Quagliati.
Daus la cour: graud.s vaisseaux d'argile, urues fuuéraire::', sareophagos, lestes architectuniques. - Au rez-de-chauaaée : armes, ustensiles, vases lie la population qui a précédé la période grecque, âges néolithique et du bronze; deux mosaïques romaines. — Au l<"éta(fe: trouvailles provenant de tombeaux antérieurs à l'épocjne greeque. Dans la 2» salle:
De Naples à Brindisi. TARENTE. H- R- 20. 263
vases d'argile archaïques grecs, en partie revêtus des signatures des artistes. Dans les .salles suivantes: vases à figures rouges (ve-ni» s.), entre autres deux belles amphores du milieu du v» s. ; ivoires, bronzes, verres; terres cuites et bas-reliefs votifs hellénistiques (combats de terre et de mer entre les Hellènes et les barbares), statuettes; deux belles têtes de marbre, l'une de femme de la fin du y« s., l'autre d'homme du m» s., av. J.-C. ; collection de monnaies.
Au même endroit, le grand Palazzo degli Uffici (1896) comprend le tribunal, des écoles et des bureaux. Au S.-E., la piazza Anfiteat.ro (place de l'Amphithéâtre), avec un marché couvert, où était l'amphithéâtre antique. Tout droit à l'E., Varsenal, qui a des docks de 200 m. de long et 40 de large. Au Mare Piccolo, au N. de la villa Beaumont-Bonelli (très intéressante à visiter ; pourb.), se trouvent des monceaux de coquillages de pourpriers, qui ont été utilisés dans l'antiquité (v. p. 260). — Oii voit de là le poissonneux Mare Piccolo, qui est partagé en deux par les promontoires de Pizzone et de la Punta délia Penna.
Le poisson y entre avec la marée, en passant sous le pont du S., et est pris au retour dans de grands lilets. On n'en compte pas moins de 93 espèces. Il s'en exporte au loin. Il y a aussi de grands parcs à huîtres et à autres mollusques appelés cozze (les meilleurs, coccioli). Les bancs de mollusques sont entourés de pieux. On s'y fait conduire en barque (1 fr. 50 l'heure), pour y manger des moules et des huîtres fraîches (faire prix d'avance : env. 50 c. la douzaine ; emporter du pain).
On a mis au jour à Solito, à 1 kil. 5 à l'E. de l'église S. Francesco, une grotte de basiliens, dite Ùripta del Redentore, décorée de fresques anciennes.
On trouve entre Tarente, Brindes et Otrante la tarantule {taraiitola, lycosa tarantula), araignée longue de 25 à 37 mm. dont la piqûre était regardée autrefois comme venimeuse et capable de déranger l'esprit. Cette prétendue maladie se guérissant par la musique et la danse, il en résulta qu'on se livra avec frénésie dans le sud de l'Italie, pendant les xv«xvTi» s., à la danse appelée pour cette raison la tarantelle.
De Tarente à Bari, v. p. 247.
La voie contourne le Mare Piccolo, et prend ensuite à l'est. — 329 kil. Monteiasi- Montemesola. — 335 kil. Grottaglie. Nombreuses grottes et fabriques de poterie. — 350 kil. Francavilla Fontana. Ligne de Lecce, v. p. 251. — 355 kil. Oria (165 m.), r Uria des anciens, prétendu lieu d'origine des Doria, dans un beau site; formidable château de 1227, nombreux palais et un petit musée au Palazzo degli Uffici. — 364 kil. Latiano. — 372 kil. Mesagne. — 386 kil. Brindisi (p. 248).
De Métaponte à Reggio: 430 kil., chem. de fer en 11 à 14 h.; 47 fr. 65, 32 fr. 35 et 20 fr. 85.
Métaponte, v. p. 259. — Ou traverse ensuite le Basento (p. 258) et on longe plus loin le golfe de Tarente. Le pays, autrefois fertile, s'étant dépeuplé, est devenu marécageux et n'est guère cultivé. Les champs, ensemencés en automne par les populations descendues des montagnes et qui reviennent moissonner en juin avant l'époque des fièvres, restent ensuite plusieurs années eu jachère, nourrissant
2G4 II H- 20. SIBARI. De Mëtaponte
seulement en hiver des troupeaux de moutons qui fuient au printemps les bas- fonds pestilentiels. Les plantations d'eucalyptus faites sur cette ligne, surtout aux environs de Métapoute, à toutes les stations et près de nombreuses maisons de garde, sont sans eU'et •contre la malaria (v. p. 20G). Les torrents (liumare, v. p. 284) ont été endigués lors de la construction de la voie. Les nombreuses tours de guet de cette contrée rappellent que la côte était infestée par les pirates au moyen âge, ce qui explique aussi pourquoi les localités sont loin de la mer.
8 kil. S. Basilio - Pisticci. Puis ou traverse le Cavone. — 16 kil. Mo/dalbano lunico. On passe ensuite YAgri, VAciris des anciens. — 22 kil. Policuro; dans le voisinage se trouvait la ville grecque à'Htraclée, fondée par Tareute en 432 av. J.-C. et on Pyrrhus remporta, en 280 av. J.-C, sa première victoire sur les Komains, grâce à ses éléphants.
Ensuite une forêt (Pantano di Policoro), d'une végétation des plus luxuriantes, composée de myrtes, de lentisqnes, de lanriersroses, etc. 32 kil. Nova iSiri, stat. avant laquelle on traverse le iSinni (p. 257). La voie se rapproche de la mer. — 3G kil. Rocca Impériale. La contrée devient accidentée. — 42 kil. Montegiordano. — 50 kil. Roseto-Capo Sptdico. A g., au bord de la mer, des ruines singulières (Torre lioseto).
C'est d'ici jusqu'à Rossano que le trajet est le plus intéressant et la vue le plus magnifique: à dr., le mont Pollino aux flancs escarpés et aux sommets couverts de neige jusqu'en juin, s'élevant à 2271 m. d'alt. dans sa partie la plus haute, la Serra Dolcedorme ; au delà, la grande vallée du Crati, fermée dans le fond par les flancs boisés de la Sila (p. 269). — 55 kil. Amendolara. — 65 kil. Trebisacce. — 75 kil. Torre Cerchiara.
80 kil. Sibari (buttet passable, avec ch.), nommé auparavant Buffaloi'ia, doit son nom actuel à la Sybaris des anciens (v. cidessous). Ligue de Coaeuza, v. K. 21. Contrée infectée par les lièvres.
On traverse ensuite le Crati (v. p. 206), le Crathis des anciens, rivière sur laquelle, à euv. 2 kil. eu ajnont, était la molle Sybaris, fondée en 720 av. J.-C. par des Achéens et des ïrézéniens, et ilétruite par les habitants de Crotone en 510.
A euv. G kil. au S.-U. d'ici, et à 7 kil. à l'E. de Terranova di Slbai-i, sur la route de (17 kil.) la statiuu de Corigliauo (v. ei-dessous), quelques ruines iusiguitiautes, euimues sous le nom de <»le Muraglie», désigueut l'emplacement de Thurii, colonie des Sybarites fugitifs, où Athènes envoya des colons, en 443 av. J.-C, et parmi eux le célèbre historien Hérodote. Thurii devint bientôt florissante grâce à la législation que lui donna Charoudas. Elle s'allia aux Uomaius en 282 et fut protégée par V. Fabricius contre les attaques des Lucaniens, mais pillée par Auuibal en 204 av. J.-C. Elle reçut une colonie romaine en lyS, sous le nom de Uopix, et déchut entin pour disparaître sans presque laisser de traces.
94 kil. Cwigliano Calabro. La ville, forte de 15379 hab., est à 4 kil. au S., sur les hauteurs (219 m.).
à Eeggio. COTRONE. //• Ji- 20. 265
108 kil. Rossano. La ville (liôt. : Vittoria, Roma) de 13354 hab., également sur les hauteurs (297 ni.), est à 6 kil. de distance par une route carrossable, bordée de rochers rougeâtres et de bosquets d'oliviers. Elle a des carrières de marbre et d'albâtre et oli're une vue admirable sur le mont Pollino (p. 264) et la presqu'île des Rouilles, particulièrement belle du haut de la terrasse qui se trouve au milieu de la via Garibaldi. Rossano, ville natale de St Nil (910), est siège d'un archevêché dont la bibliothèque possède un précieux manuscrit des Evangiles selon St Matthieu et St Marc, sur parchemin pourpre, avec nombreuses illustrations (vi* s.). L'église S. Pietro est une construction byzantine de plan rayonnant et à cinq coupoles.
Puis on côtoie la mer à travers une contrée montagneuse, et on franchit le Trionto. Stations: Mirto-Crosia, S. Giacomo-Calopezzati, Pietrapaola, Campana, Cariati, Crucoli, Cirb, Torre Melissa. Beaux oliviers jusqu'à Mirto; après, des pâturages entrecoupés de temps à autre, lorsque la ligne se rapproche des collines, de vignes et de plantations d'oliviers et de iîguiers. — 176 kil. Strongoli. La localité misérable, à 10 kil. de la gare, sur une saillie escarpée (341 m.), est l'ancienne Petelia, fondée, selon la tradition, par Philoctète.
192 kil. Cotrone (hôt. : Concordia, piazza Vittoria, avec bon rest.; Centrale e Pitagora, bon; voit. 50 c), port prospère de 7917 hab., situé sur une langue de terre, est la célèbre colonie achéenne de Crotone.
Foudée eu 710 av. J.-C, Crotone deviut bientôt assez puissante pour mettre sur ])ied une armée de 100000 liommes contre Sybaris qu'elle détruisit eu 510. Rajûdemeut décime de sa grandeur, elle fut battue par les Locrieus (v. p. 267) au bord du Sagras et fut même prise en 299 par Agathucle, tyran de Syracuse. A l'apogée de sa prospérité, Crotoue fut le séjour de Pytbagore, qui .s'y enfuit de Samos pour écbapper au tyran Polycrate, y réunit ses disciples en 540 et y fonda nue ligue; il en fut toutefois expulsé (v. p. 259).
Sur le chemin de la gare se voient des magasins qui servent d'entrepôts pour les produits de la contrée, tels que oranges, olives, bois de réglisse, qu'on expédie au loin. Visite intéressante au vieux château, achevé sous Charles-Quint, et dont la plus haute tour otfre une belle vue; s'adresser à un officier ou à un sous-officier. Jolie promenade par la strada Margherita jusqu'au port.
A env. 12 kil. au S.-E. s'élève le cap Colonne ou cap Nau (chemin de Cotrone, 2 h. '/j, très fatigant; barque, (5 à 10 fr.). En doublant ce promontoire orageux, qui se perd en «'abaissant dans la mer, on a le regard longtemps attiré par une colonne dorique isolée, haute de 8 m. 29, sur un énorme soubassement et dominant de beaucoup les quelques constructions modernes qui l'environnent; c'est tout ce qui reste du temple de Junon iMcinienne, autrefois la divinité la plus vénérée dans les environs du golfe de Tarante. Son culte fut remplacé par celui de la 3Iadonna del Ca%)0, dont l'église, à côté du temple, est un pèlerinage où les filles de Cotrone, les « verginelle», se rendent nu-pieds tous les samedis.
Au delà de Cotrone, la voie ferrée se fraye un chemin vers l'intérieur à travers les collines du cap Rizzuto. — 199 kil. Pudano. Bœdeker. Italie méridionale. 15« éd.
2t)G //. R. 20. CATANZARO. ^e Mëtapoute
Plus loin, un tunnel de 2G00 m. — 20i> kil. C'utro. — Suivent alors sur la côte ilu .yoZ/'c de Squilldce les stations d' Isola Capo Rizzuto, Roccaheriiarda, JioUnccUo, Cropaiii, Sellia, Sititeri e Crichi.
252 kil. Catanzaro Marina (bulllt). A env. 2 kil. au S.-O. se trouvent les ruines de l'abbaye de lioccella. — De la Marina, un enibrancli. ({lour S. Eufeniia, v. p. 273) mène en 20 min., par *S'. Maria, à Sala (l) kil.; 1 fr. 05, 75 et 50 c.); de là, la Tramvia Automotofunicolare monte comme funiculaire à l'extrémité S. de Catanzaro, et continue comme tramway à travers la ville jusqu'à son extrémité N. (ail. et ret., 1™ cl. 70 c, 2« cl. 45 c, course en ville 10 c.).
Catanzaro. — Hôtels: Brezia (cli. 1 fr. 50 à 3), Centrale (35 ch. de 1 fr. 50 à 3), tous deux corso Vittorio Eniauuele, avec rostaur., et bons; l'ittria. — Vafé dd Genio, au delà de la place, sur le cours.
Voitures: à 1 chev., de la gare en ville (t kil.) 1 fr. 20, à 2 chev. 2 fr., de nuit 1 fr. 50, 2 fr. 50; dans l'intérieur de la ville 1 fr. 50. — Serv. AUTOM. t. les j. à 8 h. du ni. pour Coseuza par Tiriolo, en sens inverse à 7 h. du m., v. p. 270, en 7 h. ; 11 fr. 80. — Mulet: 3 à 5 fr. par jour.
Catanzaro (343 m.), ville de 22799 hab., chef-lieu de la province du même nom, a des manufactures de velours et de soieries et de riches plantations d'oliviers. Belles vues du campanile de la cathédrale, de la via Bellavista au S. de la ville, et du joli jardin public (Villa Margherita) à l'E. Le château remonte au temps de Robert Guiscard. Dans le voisinage, un petit musée provincial (clef à la préfecture , pas toujours disponible). Il comprend quelques médailles, des vases et autres antiquités, en particulier un cas([ue de ïiriolo et une petite statue d'Ksculape; puis quelques tableaux, une Lucrèce par un Vénitien, une Vierge par Antonello da Saliba (1508), etc. L'église del S. Rosano possède un bon tableau de l'école vénitienne du xvi« s., la Vierge et St Dominique. — La ville est bien située, mais le climat en est assez rude et la neige n'est pas rare en hiver. Elle est habitée par quantité de familles riches; le dimanche et les jours de marché, on rencontre beaucoup de femmes qui portent le magnifique costume de la Calabre.
En sept. 1905, la province de Catanzaro a été désolée par un TKKMiu-KMKNT UK TEURK qui lit des dégiits considérables dans 91 communes et causa la mort de plus de 450 personnes; les provinces voisines Cosenza et Keggio ne furent pas épargnées, 77 comniune.s de la première et 50 de la seconde subirent de grands ravages. Deux ans plus tard encore, le 23 oct. 1907, les districts de Pizzo, Tropea, Monteleone et les localités qui recouvrent les hauteurs marneuses et mollassi(|ues au S. de (rerace furent gravement endommagés, Eerruzzano et Brancaleone (p. 2(>8) même détruits.
258 kil. Squillace (344 ni.), l'ancien Scolacium ou Scylnduvi, petite ville située à 8 kil. de la station, sur un rocher presque inaccessible, est visible à dr. déjà avant l'arrivée.
Scyhuiuui était la patrie de Vaggiotloie, né en 480 apr. J.-C, secrétaire
à Reggio. GERACE. H- R- 20. 267
du roi Théodoric lo Graud; il a'y retira après la mort de sou maître, s'y occupa d'ouvrages savants et y mourut en 576. — C'est au N. de Squillace que l'empereur Othon II fut battu, en 982, par les Arabes venus de Sicile. Il s'échappa et gagna Rossano (p. 265) en bateau, mais mourut bientôt après à Rome, en 983.
Viennent ensuite deux tunnels percés dans le promontoire. Stations: Montauro , Soverato, S. Sosfene, S. Andréa, Badolafo, S. Caterina, Gruardavalle , Monasterace-Stilo (quelques usines dans le voisinage), Riace; Stilo (de la gare, dilig. en 3 h.) a une église, dite Cattolica, qui, comme les églises S. Pietro à Otrante et à Rossano, est une construction byzantine de plan rayonnant. — 312 kil. Caulonia. La rivière qu'on rencontre ici, VAllaro, passe pour le Sagras des anciens, sur les rives duquel 130000 Crotoniates furent, dit-on, battus par 10000 Locriens (v. p. 265). La colonie achéenne de Caulonia, où Pythagore chercha un refuge après son expulsion de Crotone, se trouvait plus près de la mer, sur les hauteurs entre AUaro et Precariti. On y a mis au jour, au mois de mai 1911, les ruines d'un temple grec.
318 kil. JRoecella lonica, ville de 6338 hab. ; la partie ancienne, avec un château en ruine, occupe un site pittoresque sur un rocher escarpé. — 325 kil. Gioiosa lonica, ville de i)072 hab. Non loin de la stat., un petit amphithéâtre antique. Le caractère imposant du paysage rappelle la Grèce. — 329 kil. Siderno Marina.
335 kil. Gerace. La gare est dans la ville basse ou Marina (Alb. Locri, via Garibaldi, assez bon, ch. 1 fr. 50 à 2 fr.). La ville haute (479 m.) de 5650 hab., sur le versant d'un haut contrefort des Apennins, est à 9 kil. de la gare (dilig., 2 fois par j., en 2 h. '/a à la montée et 1 h. '/jj au retour). Dans la cathédrale, qui était primitivement romane (2« moitié du xii« s.), il y a des colonnes antiques. — A3 kil. au S.-O. de la gare s'étendait, du pied de ses trois collines escarpées à la mer, la célèbre colonie dite Lokroi Epizephyrioi, fondée en 683 av. J.-C, dotée d'une excellente législation par Zalcucus (664) et i-enommée pour sa richesse et son amour des arts, comme Pindare et Démosthène le reconnaissent à sa gloire. Des fouilles faites par M. P. Orsi (p. 432) de 1889 â 1890, près de la Torre di Gerace, tour de guet du littoral détruite par le tremblement de terre de 1908, à 1 kil. avant la station de (340 kil.) H. Ilario, ont mis au jour les fondements d'un temple du v" s. av. J.-U. et d'ordre ionique, ce qui est une exception (produits des fouilles exposés à Naplcs, v. p. 6S, 69); depuis lors, on a, en 1910, constaté la présence d'un mur d'enceinte, d'un petit temjjle de Minerve, d'un sanctuaire de Perséphone et d'une nécropole antérieure à l'époque grecque.
Un chemin carrossable conduit de Gerace, par de superbes forêts et par l'Aspromonte (p. 276), à (23 kil. 5) Cittanova. Ou a du col (953 m.) une vue magnifique sur les deux mers. Ensuite ou peut gagner Qioia Tati.ro (p. 274; 21 kil., dilig. tous les j. en 3 h.) par Radicena.
268 11- H- 2t. COSENZA.
Stations : Ardorf ; Bovalino ; — Biunœituvv. Tunnel. — 368 kil. Brancaleone (v. p. 266). On double ensuite l'extrémité S.-E. de la Calabre, le cap Spartivenio (stat.; 374 kil.), la proinuiiturium Herculenm des anciens. — Ensuite Palizzi, que iirécède un tunnel. La voie tourne complètement à l'O. et plus loin presque vers le N. D'ici à Pellaro, on voit à dr. des rochers dénudés et des collines do sable, et l'on remarque les larges lits pierreux des torrents, qui en été sont à sec et souvent remplis de lauriers-roses. Suit un tunnel. — 387 kil. Bova. Puis Amendolea et Melito. Au delà, à dr. sur la hauteur, le village et le groupe de rochers de Peiitedattilo.
408 kil. Saline di Reggio. On est toujours en vue des côtes et des montagnes de la Sicile, et on contourne le Capo dell'Armi (tunnel), le promontorimn Leucopetrs- des anciens.
413 kil. Lazzaro. — 419 kil. Pellaro où le tremblement de terre de 1908 (v. p. 274, 387) enleva le sixième de la population. — 424 kil. S. Gregorio. Contrée bien cultivée: plantations de berganiotiers, dont les citrons fournissent l'essence de bergamote. — 430 kil. Reggio CenU-ale. Plus loin, par la stat. de Succursale, à celle de Porto (p. 275) on l'on trouve le bac à vapeur pour Messine, v. p. 394.