‹ Italie méridionale, Sicile, Sardaigne, Malte, Tunis, CorfouChapitre 61 sur 127 · De Sibari à Cosenza · texte numérisé non relu

De Sibari à Cosenza

09 kil., CHEM. DE FER, 611 1 h. »/« ^ 3 h. ; 8 fr. 05, 5 fr. 65 et 3 fr. »55, en expres.s 8 f r. 85, 6 fr. 20, 4 fr. 05. La ligne continue de Oo.-ienza à Pietrafltta, !i kil.; son prolongement jusqu'à Rogliano (p. 270) est à l'étude.

Sibari, station de la ligne précédente , v. p. 264. — 10 kil. Cassutio al Jonio, station pour Cassano (hôt. Elena), ville de 6842 hab., située à 10 kil. au N. (dilig. en 2 h. 72) ^^ V^^ po.ssède un château fort, sur un haut rocher, ainsi que des eaux thermales. \'ue splendide du château sur les vallées du Coscile et du Craii (p. 264), sur les hauteurs calcaires nues et sauvages des environs et sur le mont Pollino (p. 264). La Torre di Milo est, dit-on, l'endroit d'où fut lancée la pierre qui tua ï. Annius Milon, lorsciu'il assiégeait pour Pompée la ville de Cosa.

16 kil. Spezzano-Castrovillari, deux localités, la première :\ 7 kil. au S., la seconde à 17 kil. au N. de la gare (p. 257). — ■ 24 kil. Tarsia. — 30 kil. S. Marco -Roggiano. Le chemin de fer atteint la vallée du Crati, qu'il remonte en traversant plusieurs de ses affluents. Stations: Mo)tgrassauo-Cervicati, Torano - I^attarico, Aeri-Bisignano, Mont alto -Rose. — 62 kil. Rende -S. Fili. Une route magnilique conduit à l'O. à Paola (p. 272; serv. autom. de Cosenza, v. p. 269), par les ramihcatious des Apennins de la Calabre. beaux bois de châtaigniers en deçà du col (950 ni.).

69 kil. Cosenza (383 m.; hôt.: Alb. Vetere, près du théâtre, avec vue, ch. 2 fr. 50 à 3; Excelsior, corso Telesio, ch. 2 fr. à 2.50),

COSENZA. II- R- ^i- 269

ville de 13841 hab., dont beaucoup de riches propriétaires fonciers, la Consentia des anciens, jadis capitale du Brutium (p. 206), auj. chef-lieu de province et siège d'un archevêché. Elle a beaucoup souffert des tremblements de terre de 1783, 1854, 1870 et 1905. La ville, dominée par un château, est située sur le versant N. d'une colline qui sépare le Crati du Busento avant leur jonction.

C'est à Cosenza que mourut, en 410, Alaric, roi des Visigoths, qui après le sac de Rome, traversa l'Italie mérid. pour passer en Sicile. Son corps et ses trésors furent, comme le rapporte une légende qui n'est pas sans fondement, ensevelis dans le lit du Buxentius, le Busento actuel. On en cherche la place à l'embouchure même du Busento dans le Crati, non loin de la gai'e, là où se trouve maintenant le «pont Alerico», ou à env. ^l^ d'h. en amont.

La cathédrale goth., construite sur le modèle d'églises de la Champagne, a été consacrée en 1222 en présence de l'empereur Frédéric II et récemment restaurée; elle renferme le tombeau d'Isabelle (m. 1270), femme de Philippe III de France, par un artiste français, et celui de Louis III d'Anjou (m. 1435). — Dans la partie haute de la ville, près de la, pî'éfecture et du nouveau théâtre, jolie promenade où s'élève, depuis 1879, le monument des frères Bandiera et autres patriotes qui prirent part au soulèvement de la Calabre en 1844; il est complété par une statue de la Liberté par Gius. Pacchioni, de Bologne. Plus loin, quelques bustes: à dr., celui du philosophe Bernardin Telesio (m. 1588); à g., ceux de Garibaldi, de Cavour et de Mazzini. — Un joli sentier part de la promenade et remonte la vallée du Crati dans la direction du château (385 m.), dont les murs de 3 m. d'épaisseur n'ont pu résister aux fréquents tremblements de terre (v. ci-dessus). Belle vue d'en haut. On peut en revenir par la vallée du Busento; toute la promenade demande 1 h.

De Cosenza a Paola, serv. autom. par Rende -S. Fili (v. p. 268; chem. (le fer projeté), t. les j. à 2 h. du s., de Paola à 9 h. '/* du m. en 3 h., ij fr. 25; voit, h 1 chev. 15 fr. env. — Dilig. pour Amantea, v. p. 272.

A l'E. de Cosenza s'élève la Sila, sorte de plateau de terrain primitif d'une superficie d'env. 3300 kil. carr. ; c'est un bloc de gneiss traversé par d'énormes masses granitiques, entrecoupées, particulièrement sur ses bords, de rivières presque à sec, mais remplies d'éboulis et de croupes arrondies, dont la plus élevée, le Botte Doiiato, mesure 1930 m. de hauteur. La Sila, escarpée du côté de la vallée du Crati, s'abaisse lentement vers le golfe de Tarente. Les forêts, qui dans l'antiquité fournissaient aux Athéniens et aux Sicules du bois pour leurs constructions navales, ne se sont conservées qu'en partie; elles ont été remplacées par de vastes pâturages. Les neiges n'en disparaissent qu'en mai ou en juin. La meilleure époque pour voyager dans cette contrée très peu fréquentée, est de juillet en uct.; le Club Alpbio Silano h Cosenza donne tous les renseignements et toutes les recommandations nécessaires. — De Cosenza, une route de voit. (70 kil.; serv. autom., t. les j., sauf en hiver, en 5 h., prix 10 f r. ; voit, à 2 chev. env. 35 fr.), intéressante surtout jusqu'à la première « cautoniera», conduit par Spezzaiw Grande (800 m.) à S. Giovanni in Fiore (1050 m.; gîte chez la veuve Rotelli, très simple), village romantique, où l'on voit de beaux costumes de femmes.

270 JI. R. 2ï. ROGLTANO.

. ; ô à G h., avec guide ;

puis

De IJi, on peut gravir au S.-O. le Montenero (1881 m.; ô à G h., av de préférence à cheval), en traversant le lit de ï'Ai-vo (Albo), pm» eu suivant ses rives escarpées et rocheuses et plus loin à travers de belles forôts de hêtres; au sommet, vue sur les deux mers. La route continue jusqu'à Cotrotie (p. 265; diligence en 12 h.) par S. Severitia (326 m.)-

La ROUTE DE CosENZA A Pizzo (t. les j., diligciice autoiu. qui part à 7 h. •/» du m. et mène en ^j^ d'h. à Rogliano, en 6 h. à Tiriolo et en 7 h. à Catauzaro, v. p. 266; cheni. de fer jusqu'à Kogliano projeté, v. p. 268) monte lentement, à travers un pays bien cultivé. Des deux côtés, les montagnes sont couvertes de chênes et de châtaigniers.

19 kil. Rogliano (670 m.), ville de 3449 hab., sur une hauteur, jouit d'une vue admirable sur la contrée fertile et les montagnes qui l'entourent, au-dessus desquelles on voit s'élever, à dr., la cime du mont Cocuzzo (p. 272). De là, on descend dans la gorge du Savuio, le Sabatiis des anciens; puis la route monte en serpentant le long d'une arête escarpée et passe par Carpanzano, Cor ad (45 kil.), iSoveria Mannelli, d'où un chemin de voit. (serv. autom. en 2 h.) mène à dr. à la stat. de Nicasiro (sur la ligne de S. Eufemia à Catanzaro, p. 273), puis par des gorges et une forêt.

71 kil. Tiriolo (660 m.; hôt. tenu par Oritelli), ville de 4267 hab., sur une hauteur, à la ligne de partage des eau.\ entre le Corace, qui se jette dans le golfe de Squillace, et VAinato, qui coule vers celui de S. Eufemia, l'auc. Sinus Tennams. Le nom de Tiriolo rappelle celui de VAge?' Tannanus; on a trouvé ici beaucoup d'antiquités, des médailles, etc. Les femmes y portent de beaux costumes. La vue sur les deux golfes est fort belle du haut du mont di Tinolo (env. 20 min.) où se trouvent les ruines d'un château et une station météorologique.

La route de Keggio franchit les hauteurs (où se détache la route de Catanzaro, situé à 18 kil. au S.-E.), traverse l'Amato, près, de la stat. de Marcellinara sur la ligne de S. Eufemia à Catanzaro (p. 273) et suit quelque temps la rive dr., puis la rive g. de la rivière. On voit presque continuellement les baies de Squillace et de S. Eufemia, qui sont à peine à 30 kil. l'une de l'autre.

On passe ensuite par Casino Cfnricux) et le plateau de Maida, où les Anglais, alliés des Bourbons, sous J. Stuart, battirent en 1806 les Français sous liégnier, qui durent évacuer la Calabre. On traverse une plaine fertile, mais nKalsaine, en longeant à la fin le chein. de fer. — 121 kil. Pizzo, p. 273.

22. De (Naples) Battipaglia à Reggio (Messine) le long de la côte.

400 kil., CHEM. DE FEB, en 11 il 14 h.; 45 fr. 15, 30 fr. 85, 19 fr. 95. — De Naples: 473 kil. en 13 à 16 h.; 51 fr. 35, 34 fr. 56, 22 fr. 40. Correspondance directe pour la Sicile et surtout de là, au retour, à Villa S. Giovanni (et non à Reggio). Billets directs pour Messine, Palerme, etc., comprenant la traversée du détroit. — Wagon-restaiirant (p. xv) dans un seul train; les buffets sont partout médiocres; il est prudent de se munir de provisions. Wagon-lit à l'express du soir (peu agréable): billet de l'o cl., plus 18 fr. de supplément (Rome -Syracuse, 29 fr. 30 de suppl.). — Train de luxe (wagons français) en correspondance avec les trains de luxe d'biver Berlin ou Paris -Rome -Naples (v. p. 2), janv. à avril (1912), de Naples à Palerme le vendr. et le dim., de nuit (701 kil. en 18 h.; 66 fr. 15, plus 31 fr. 35 de supplément); jusqu'à Giardini-Taormina le mardi, de nuit (518 kil. eu 14 h.; 55 fr. 05, plus 23 fr. 10 de supplément); mêmes conditions en sens inverse, v. p. 376.

Les travaux d'art admirables de la ligne de chem. de fer qui longe la côte occid. de la Calabre augmentent encore l'intérêt d'un voyage à travers cette contrée riche eu beaux paysages ; malheureusement les trains express circulent tous de nuit. Les montagnes se rapprochent beaucoup de la côte et sont escarpées ; nombreux tunnels ; sur les versants, vieilles villes et châteaux en ruine. La population porte encore souvent un costume aux couleurs voyantes. Le sol produit du blé, du vin, des oranges, des figues, des olives, des fruits des cactus (p. 284), qui forment autour des plantations des haies épineuses. De nombreux ruisseaux au cours torrentiel, en temps de pluie, mais ordinairement à sec, se précipitent des montagnes dans la mer et ont nécessité la construction de hauts viaducs. La voie offre de beaux coups d'œil dans leurs gorges, et à partir du cap Vaticano, on a la vue des montagnes de la Sicile et de l'Etna.

Jusqu'à Battipaglia (73 kil.), v. p. 187-194; de là à Psestum (21 kil.), V. p. 194-195. ~ 26 kil. (de Battipaglia) Ogliastro Cilenfo, stat. à 10 kil. au N.-O. du village de ce nom, situé sur une hauteur à g. — 30 kil. Agropoli (hôt., faire prix: Alb. del Sud, au bord de la mer, à >/4 fl'li- de la gare; Alb. Chiariello); on quitte la côte, qui s'étend au S. -0. jusqu'à la Punta Licosa, terminant l'hémicycle du golfe de Salerne; puis on passe à l'E. du mont Stella (1130 m.). Nombreux tunnels, avant et après la stat. suivante. — 36 kil. Torchiara. — 42 kil. Rutino. Viaducs et pont sur VAlento, l'anc. Haies. — 47 kil. Omignano. — 51 kil. Casfelnuovo Vallo. — 54 kil. Casai Velino. On regagne la côte. — 61 kil. Ascea.

A 3 kil. au N.-O., à l'extrémité 0. d'une langue de terre montagneuse, près de C'astellamniare di Veglia ou délia Bruca et de l'embouchure de l'Alento, se trouvent les restes insignifiants de la ville d^Mée ou Velia, fondée en l'an 536 av. J.-C. par les Phocéens expulsés d'Alalie en Corse. C'est ici que florissait de 540 à 460 l'école éléate sous les philosophes Xénophane, Parménide et Zénou.

On côtoie ensuite la mer, que l'Alento jaunit au loin. Belles vues, en arrière et en avant, .sur le cap Palinure. — 68 kil. Pisdotta. On rentre dans les terres, en contournant le mont Bulgheria (1224 m.). — 76 kil. ,S^. Mauro la Bruca. — 80 kil. Centola. Viaduc sur la profonde vallée du Mingardo. La localité et son château en ruine s'étagent sur le versant de la montagne. — 85 kil.

272 II- Ji- 23. PAOLA. I>e Battipaglia

Celle di Halyheria. — 93 kil. Turre Orsaia. On voit bientôt le golfe de l'olicastro , le Sinus Lmis des anciens. — 97 kil. Policastro, où l'on se retrouve au bord de la nier, est une petite ville jadis puissante, détruite par Robert Guiscard en 1055 et par les Turcs en 1542; elle ne compte plus que 530 hab. — 100 kil. Capitello. — 103 kil. Vibonati. — 107 kil. Sapri (Alb. Garibaldi, tenu par Laprega, ch. 1 fr.), petite ville commerçante de 2923 hab. D'ici à S. Eufemia, les montagnes s'avancent jusqu'au bord de la mer, et la voie passe continuellement sous des tunnels et sur des torrents. — 113 kil. Acquafredda. — 119 kil. Maratea. — 131 kil. Praia d'Aieta-Tortora. Au delà de l'raia (Alb. délie Grotte), une vaste grotte consacrée à la Vierge. Plus loin, on dépasse les petites Isole di Dino, où se trouvent une grotte à stalactites et une grotte «bleue». — 137 kil. Casaletto. — 143 kil. Scalea (Alb. Florio). On traverse le large lit et les bas-fonds du Lao. — 149 kil. Verbicaro- Orsomarso, deux petites villes dans l'intérieur des terres, la première à 15 kil., dominée par le mont Pellegrino (198G m.), la seconde à 13 kil. — 152 kil. Grisolia. — 15G kil. Cirella- Maierà. A dr.. Vile de Cirella. — 159 kil. Diamante, dans un beau site, sur les rochers au bord de la mer, comme les stat. suivantes. Au-dessus, le Montea (1784 m.), dernière cime calcaire des Apennins napolitains, après laquelle viennent les montagnes de la Calabre (p. 206). — 167 kil. Belvédère Marittimo. Nombreux tunnels dans le cap Bonifati. — 182 kil. Cetraro; la population vit surtout de la pêche aux anchois. — 185 kil. Acquappesa. — 188 kil. Guardia Fiemontese, sur une haute montagne; eaux thermales. — 195 kil. Fuscaldo.

201 kil. Paola (hôt. : Kegina d'Italia, près de la gare, assez bon, faire prix d'avance). La ville (94 m.; hôt. Leone), de 9425 hab., magniliquement située, dans une gorge et sur les flancs d'une montagne, fait un grand commerce d'huile et de vin. On y monte en 20 min. de la gare par un chemin carrossable qui se bifurque dans le haut: à dr. , la route de Cosenza (dilig., v. p. 269); î g., un chemin de croix menant en '/g h. au couvent de St François (v. cidessous), construction du xv« s., agrandie d'un cloître goth. au xvu", dans un site pittoresque au-dessus d'une gorge. Paola est le lieu de naissance de St François de Paule (1416-1507), fondateur de l'ordre mendiant des minimes.

206 kil. >S. LiuAdo. — 214 kil. Fiumefreddo Brusio, sur une hauteur, entre deux gorges, avec un château en ruine. — 218 kil. Longobardi. Deux galeries sous des torrents. — 223 kil. Belmonle Calabro. A l'arrière-plan se dresse le mo7d Cocuzzo (1542 m.), qui relie au massif de la Sila (p. 269) l'étroite chaîne côtière que la voie longe depuis le Montea (v. ci-dessus). — 226 kil. Amantea, l'anc. Clampetia du Hrutium. Les Français s'en emparèrent en 1806 malgré une défense opiniâtre. Dilig. pour Cosenza en 11 h. ; 7 fr. 70.

à Reggio. PIZZO. U- R- 22. 273

— 234 kil. Serra -Aiello. On franchit le Savuto (p. 270) et l'on atteint la plage qui borde le golfe de S. Eufemia. — 240 kil. Nocera Terinese. — 246 kil. Falerna. — 254 kil. S. Eufemia Marina. A 1 kil. an S. de la localité se voient les restes de S. Eufemia, abbaye de bénédictins fondée par Robert Guiscard et détruite par le tremblement de terre de 1638.

258 kil. S. Eufemia Biforcazione (buffet; gîte chez Salv. Mazzocca).

De s. Eufemia a Catanzabo: 47 kil. de chem. de fer, en 2 h. ; 5 fr. 50,

3 fr. 85 et 2 fr. 50. — 6 kil. Sainbiase; bains sulfureux. — 9 kil. Nicastro (Alb. Unione), sur le versant de la montagne. Il y a eu là un château où l'empereur Frédéric II tint prisonnier son fils aîné Henri, qui s'était révolté contre lui en 1235. Ce prince se noya en 1242 dans le Savuto ' près de Martorano et fut inhumé à Cosenza. (Pour Cosenza par Soveria Mannelli, v. p. 270.) — 15 kil. FeroMo Antico. — 25 kil. MarcelUnara; costumes populaires intéressants. (Pour Tiriolo, v. p. 270.) — 30 kil. Settingiano. — 33 kil. Corace. — 38 kil. C'atansaro Sala (p. 266). — 41 kil. S. Maria. — 47 kil. Catanzaro Mariiux.

La ligne de Reggio contourne ensuite le golfe de S. Eufemia.

— 265 kil. S. Pietro a Maida - Maida. — 268 kil. Curinga. — 276 kil. Francavilla - Angitola.

284 kil. Pizzo (hôt. : Alb. Centrale, sur la place), ville de 9172 hab., à 20 min. de la gare, sur un rocher de grès au bord de la mer. Sur la place, le vieux château délabré où le roi Murât de Naples a été fusillé le 13 oct. 1815, cinq jours après son débarquement. Hors de la ville, un monument des partisans des frères Bandiera (v. p. 269).

— 287 kil. Monteleone- Porto S. Venere; la ville de Monteleone (556 m.; hôt.: Italia; Vittoria; Centrale), avec 10066 hab. et un vieux château bâti par Frédéric II, est à 11 kil. dans l'intérieur des terres (serv. autom. 5 fois par j.); c'est VHipponion des anc. Grecs, la Vibo Valentia des Romains. Elle a eu beaucoup à souifrir des tremblements de terre de 1783 et de 1905 (v. p. 266).

Sur la route de Monteleone à Rosarno (35 kil.; dilig. 1 fois par j. en

4 h. 1/41 jusqu'à Mileto en 1 h. ^U; serv. autom. projeté) se trouve Mileto (hôt.: Prussia, Roraa), ville de 3437 hab., jadis séjour favori du comte Roger de Sicile, et lieu de naissance de son fils, le roi Roger. On y voit encore, à 2 kil. vers l'E., des ruines de l'abbaye de la SS. Trinità, qu'il fonda et où il fut inhumé avec sa première femme Eremberge dans deux sarcophages antiques qui sont au musée de Naples.

Une route carrossable (dilig. 1 fois par j. en 7 h. 3/4; ou bien, de Mileto à Soriano, sentier à travers la montagne) mène au S.-É., à travers la montagne, de Monteleone à S. Gregorio, Ippoiia, Soriano et aux ruines étendues du couvent de dominicains de S. Domenico Soriano, puis à Serra S. Bruno (Alb. Belvédère), localité de 2070 hab., située dans la vallée de l'Ancinale à 800 m. d'alt. Une autre route conduit de là, à 2 kil. au S.-O., aux ruines grandioses du couvent de S. Stefano del Bosco, jadis très célèbre et détruit, comme celui de S. Domenico Soriano, par le tremblement de terre de 1783; St Bruno de Cologne, fondateur de l'ordre des chartreux , l'avait fondé en 1094 comme seconde chartreuse et l'a dirigé jusqu'à sa mort survenue en 1101.

296 kil. Briatico. — 307 kil. Parghelia. — 310 kil. Tropea (Alb. délia Stazione, tenu par Lamonaca), ville de 3632 hab., dans

274 II- R- 82. l'ALMl. l^e Batlipuglia

un site niagniliquc, sur un rocher au bord de la mer. C'est la Trapeia des anciens. — ;}17 kil. Ricadi. La ligue contourne le cap Vaticano (v. p. 271), où il y a un phare. Bien loin k l'O. se dessine la silhouette du Stromboli (p. 385). — 32G kil. loppolo. — 331 kil. Nicotera. On traverse ensuite la Mesima, la Medma des anciens. — 339 kil. Kosarno.

341) kil. Gioia Œ'auro (Alb. J5ucciarello), à dr. sur le rivage, localité presque déserte, a de grands entrepôts d'huile. On traverse ensuite sur un beau pont le Petrace, rivière poissonneuse connue des anciens sous le nom de Mélaure. — C'est ici que commence la zone de dévastation ravagée par le tuemblement de tekke de 1908 (v. p. 387); les dégâts causes par le cataclysme sont immenses, la plupart des localités ont été anéanties sur une étendue de 60 kil. au S.-O., jusqu'à Castroreale (p. 381) au S.-O. de Messine. On voit bien çà et là des maisons, des façades, des toitures restées debout, mais en s'approchant, on reconnaît bientôt que tout est inhabitable. Jusqu'ici, on s'est abstenu de reconstruire en pierre, la population habite dans de légers baraquements en bois. — Une seconde zone, moins éprouvée, mais où l'on rencontre encore de toutes parts des bâtiments à demi effondrées, s'étend encore à 40 kil. au N. et au S.. de Pizzo (p. 273) jusqu'à Riposto (p. 403) à l'E. de l'Etna.

358 kil. Palmi. — La gare est à 4 kil. de la ville, où l'on monte à g. par la route en 40 min. (voit, à 1 chev. 1 fr.), mais il y a un chemin plus court pour les piétons. La .ville (250 m.), fondée au xv^ s., fut en grande partie détruite, une première fois par le tremblement de terre de 1783, une seconde fois par celui de 1908 qui coûta la vie à 1734 hab. sur 10000. Elle est entourée de superbes plantations d'orangers et de vieux oliviers et offre de charmants points de vue sur la côte et la Sicile, notamment à\\ jardin public.

La ville est à mi-hauteur du *moiit !Elia (579 ni.), qu'on gravit en

1 h. Va cnv., à travers de beaux bois d'oliviers. Suivre d'abord le corso Umberto I jusqu'à la place avec ses huit fontaines, puis, laissant à g. celles-ci, continuer entre des murs jusqu'à la forêt d'oliviers où, dès l'entrée, on prend le sentier à g., et à dr. à la sortie. Du sommet, vue grandiose sur les côtes de Calabro et de Sicile: au premier plan, Messine; à l'arrièreplan, l'Etna et les îles Lipari. — On peut redescendre en 20 min. sur la route de Palmi à Baguara et gagner de là Bagnara (v. ei-dessous) eu

2 h. -'/i (moins par les raccourcis).

La région qui s'étend jusqu'à Reggio, couverte de bois de châtaigniers et d'oliviers et où l'on a toujours de belles vues sur la mer et la côte, est une des plus belles des bords de la Méditerrannée. La voie contourne le mont Elia (v. ci -dessus) et redescend. — 368 kil. Bagnara (Alb.-Tratt. dei Fiori, baraque dans la localité en ruine, assez bon). — 373 kil. Favaz'dna.

377 kil. Scilla, la Scylla de l'antiquité, était jusqu'au mouieut de sa destruction (1908) une petite ville florissante de 5042 hab. adonnés à l'élevage des vers à soie et à la culture de la vigue. Le château,

à Eeggio. REGGIO. H- R- 22. 275

à la pointe de l'étroit proDioiitoire qui porte la ville haute, était autrefois propriété des princes Ruffo di Scilla.

Le rocher de Scylla, qu'Homère nous dépeint dans son Odyssée comme un monstre marin rugissant et dévorant tout, et qu'on représentait sous les traits d'une jeune fille à corps de loup et queue de dauphin, est cousidéré par les poètes, avec Charybde qui lui fait face, comme pernicieux à tous les navigateurs. L'origine de cette légende est due non seulement aux vents violents qui désolent le détroit, mais aussi aux courants de haute et de basse marée qui, alternant de 6 en 6 h. du N. au S., occasionnent encore aujourd'hui de forts tourbillons sur le promontoire de Scylla et en d'autres endroits. Le plus dangereux n'est cependant pas en face de Scylla, mais bien plutôt près du croissant du port de Messine, à 14 kil. au S.-O. Voir p. 391.

383 kil. Cannitello, localité détruite en 1908, ainsi que 386 kil. Villa S. Giovamii, tandis que le petit village de Pezzo, situé entre deux, a peu souffert du cataclysme. Villa S. Giovanni est l'endroit d'où partent pour Messine, située presque en face, les bacs à vapeur (ferry boats) en correspondance avec les trains. Les express conduisent leurs voyageurs jusqu'à l'embarcadère (Stazione Porto) où sont transbordées les voitures directes pour la Sicile (v. p. 271, 394).

390 kil. Catona. En face. Messine (p. 386). Pays très fertile; orangers, grenadiers, palmiers et aloès. — ■ 392 kil. Gallico. — 394 kil. Archi- Eeggio. — 397 kil. S. Caterina-Reggio. — 399 kil. Reggio Succursale.

400 kil. Reggio. — Gares: Reggio Centrale, à l'extrémité S. de la ville, Reggio Succursale, près du centre, et Reggio Porto, à 1 kil. env. au N. de la Succursale, près de l'embarcadère des bacs à vapeur.

Hôtels (p. XIX): Baraccamento Hôtel Centrale, au-dessus de la ville, à l'extrém. S. de la strada Reggio Campi (p. 276), construction en bois à un étage (67 ch. de 3 à 5 fr.), avec bon restaur., omn. 1 fr. 50; H. Fratelli Spadaro, à 5 min. de Reggio Succursale (ch. dep. 2 fr. 50), avec restaur. et omnibus.

VoiTUKBS : pour la strada Reggio Campi, à 1 chev. 1 f r. 20, à 2 chev. 2 fr., menu bagage compris; pour le port, 1 fr. 50, 2 fr. 25; petite course, 60 c, 1 fr. 05; l'heure, 1 fr. 95, 3 fr. 15; chaque Va h- suiv. 75 c, 1 fr. 05.

Bac a vapeur pour Messine, v. p. 394.

Le musée archéologique, au côté N. de la petite place, avec bains antiques, au pied de la strada délie Caserme, est resté intact. Jusqu'à la construction d'un nouveau local, les antiquités sont installées en partie ici même (marbres, inscriptions), en partie dans une baraque établie au jardin public (p. 276; terres cuites, vases, ustensiles), en partie enfin au palais Bellomo à Syracuse (p. 433).

Reggio, nommée Reggio di Calabria, pour la distinguer de Reggio nell' Emilia, chef-lieu de la province du même nom et siège d'un archevêché, avait été reconstruite avec de larges rues depuis le tremblement de terre de 1783; elle a partagé le sort de Messine en 1908 et n'est plus aujourd'hui qu'un monceau de ruines. Pas une maison n'a été épargnée, et ce qui est encore debout doit être démoli. De ses 35000 hab., 5000 ont trouvé la mort sous les décombres, le reste loge dans des baraques. Cependant la reconstruction

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de la ville à son ancienne place est chose décidée, au moins pour ce (jui concerne les rues principales qui courent à diô'érentes hauteurs à plat et parallèlement à la côte, avec leurs rues transversales qui dévalent vers la mer. La nouvelle ville prendra une plus grande extension au N., vers le port et sur la liautour, la construction de bâtiments à plus d'un étage étant rigoureusement interdite.

Le lihef/iiim des anciens, originairement colonie d'Eubée et peuplée en 723 av. J.-C. par des Messéniens fugitifs, prospéra rapidement, mais des guerres vinrent vite l'éprouver. Prise et détruite par Denys I"' de Syracuse en 387, et par les Romains en 270 av. J.-C, elle le fut encore par Totila, roi des Ostrogoths en 54!) apr. J.-C, par les Sarrasins en 918, par les Pisans en 1005, par Robert Guiscard en 1000 et enfin par les Turcs en 1552 et 1597.

Vers le S.-E., devant la ^are centrale, remise en état tant bien que mal, s'étend une vaste place occupée actuellement par des baraques en bois qui servent de casernes. Au milieu, une statue de Garibaldi. De là, le corso Garibakli va au N.-E. à travers des maisons en ruine dans lesquelles on a rouvert les magasins, et laissant à g. le jardin public, mène en 8 min. à la place de la cathédrale. A part les murs, revêtus d'une inscription tirée des Actes des Apôtres et rappelant le séjour de St Paul, les deux étages inférieurs de la tour de dr. sont tout ce qui reste de la cathédrale, basilique à piliers du xvii« s. Au-dessus de la cathédrale se montre encore le château (le côté S. date du xv« s.); près de là, la petite église normande dite degli Ottimati, décorée d'un beau pavement en mosaïque. — En montant, au N.-O. de la cathédrale, par la quatrième rue transversale à dr., on rejoint en 10 à 15 min. la strada JReggio Campi, auj. presque la plus animée de Reggio; elle est bordée de baraques , entre autres de deux petites églises provisoires et de l'hôtel Central (p. 275). De cet endroit, on a un coup d'oeil d'ensemble sur la ville en ruine, les constructions en cours et le détroit qui semble se fermer au N. — Le 3* quartier de baraques est au port, près de la gare succursale où l'on arrive de la gare principale par la large rue du quai, partiellement reconstruite.

Excursions. — Derrière Reggio s'élève l'Aspromonte, massif imposant couvert de bois. C'est la partie 0. du mont Sila des anciens, dont le sommet, le Montalto, atteint 1958 m. de hauteur. Les gens du pays appliquent ce nom à toute la montagne. La cime est couverte de hêtres, les flancs en partie de sapins. L'ascension de la montagne se fait de préférence de Bagnara ou de Palmi (p. 274): 3 h. de voit., jusqu'à S. Eufemia (T Aspromonte où l'on passe la nuit à l'Alb. Aspromonte (très primitif); le lendemain de bonne heure, à dos de monture, en 5 h. au sommet. Eni-

Sorter des vivres de Reggio. La vue sur la mer, les îles et la Sicile est e toute beauté.

Pour Scilla, v. p. 274. Au inotU Elia, par Palmi, v. p. 274.

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