‹ Italie méridionale, Sicile, Sardaigne, Malte, Tunis, CorfouChapitre 64 sur 127 · I. La ville moderne, 431. — II. La ville antique, partie · texte numérisé non relu

I. La ville moderne, 431. — II. La ville antique, partie

de l'O., partie de l'E., 434. — III. Temple de Jupiter Olympien et Cyané, 441.

Baedcker. Italie méridionale. 15» éd. 18

280 liA SICILE. Plan de voyage.

Plan de voyage. - La saison la plus avantageuse, en général, pour visiter lu Sicile, l:i «perle des îles», est celle qui s'étend de la niituars au nuii.s de mai, ou du commeuc. d'octobre jusqu'en novembre (v. p. x); au mois de janvier le temps est souvent aussi très constant (v. p. 282 et suiv.). Au printemps, l'ascension de l'Etna ne peut s'effectuer qu'avec peine; elle est plus agréable de la mi-août à la mi-octobre, lorsque les premières pluies d'automne sont venues purifier l'atmosphère; mais la plupart des grands hôtels sont fermés du mois de juin au 1" octobre.

Voici le ri-AN qu'on pourra suivre pour voir les principales curiosités de l'île EN 15 a 20 jours: Païenne, .S jours; partie occid., avec Ségeste, Séliuonte, Campobello, AMarmIa, Trapani, 4 à 5 jours (2 à 3 seulement en supprimant les 2 dernières localités); de Palerme à Cefalù par Termini, retour par Termini et Roccapalumba jusqu'à Gii-genti, 1 jour '/, h 2 jours ; Girgeidi, 1 jour; de Girpenti k Catauc par Castrogiovanni, 1 jour '/»; Catatie et VEtna, 2 jours '/«; tiijracvse, 1 jour '/»; Taormine, 1 jour; Messine et excursion à Reggio ou à Palini, 2 jours.

Mais ]>our avoir une idée plus que superfi.cielle de la Sicile, un voyageur persévérant a besoin d'au moins un mois. Voici comment se partagerait ce temps: Palerme, 4 ou 5 jours; de là à Messine par Cefalii, Tyndaris et Milazzo, 2 jours; Messine avec les excursions ci-dessus, 2 où 3 jours; Taormine, Ijour; C'afane et V Etna, .S jours; Syracuse, 2 ou 3 jours. Do Syracuse à Girgenti par Castrogiovanni et C'altanisetta eu 2 jours (ou en 1 jour par le bateau à vapeur) et 1 jour à Girgenti. Retour à Palerme et dans la partie 0. de l'île: Ségeste, (JaMelvetrano- Sélinonte, Camjwbellu, Marsala. Trapani et VEryx, 5 à t; jours.

Si l'on ne dispose que d'uNB semaine pour visiter la Sicile, on se bornera aux points suivants: Palerme (et Monreale; 2 jours), capitale de l'île tout entourée des bosquets d'orangers de la ^•. Conque d'Or», remarquable par les brillants restes artistiques de l'époque des Normands et des Sarrasins; Girgenti (1 Jour), intéressante par ses temples grecs bien conservés et les vastes ruines d'autres édifices éparpillées sur le sol; Si/racuse (1 jour), bien connue par son immense théâtre antique et ses latomies semblables à des oasis; Taormine (1 jour), on face de l'Etna, un des plus beaux points de l'Italie.

Il y a un service quotidien entre l'Italie et la Sicile par les bacs à vapeur qui fout la traversée entre Villa S. Giovanni et Messine, en correspondance avec les trains express de Naples à Reggio (K. 22) et ceux de Messine à Palerme (R. 32), ainsi que par les bacs circulant entre Reggio et Messine et par les bateaux de Naples à Palerme (R. 23). Voir aussi p. 301. Certains bateaux font plusieurs fois par semaine le service entre Naples et Messine (v. p. 277 et 386), mais les retards sont fréquents. De plus, 2 fois par mois des bateaux allemands font le trajet entre (Gênes) Naples et Catane. La course par nier de Naples à Palerme, Messine on Catane est comprise dans l'itinéraire des billets circulaires internationaux , mais non dans le tarif italien (p. xvi) ou le tarif différentiel.

Les CHKMiNS i»K l'KK dc Sicilc sont eu tous points semblables à ceux de l'Italie mérid. (v. p. xiv). A part les ligues secondaires de Corleonc et de l'iCtna, toutes les autres sont comprises dans le réseau des billets circulaires (v. p. xvi) ; elles forment un district spécial pour les billets d'abonnement (v. p. xvi), ont les trois classes dans tous les trains express et omnibus (à l'exception des trains dc luxe de la

Géographie. LA SICILE. 281

saison d'hiver) et de plus, dans les trains qui les comportent, des wagons directs, comme aussi dans quelques-uns des wagons-salons servant la nuit de wagons-lits, enfin des wagons-restaurants sur les parcours Messine -Catane, Catane-Roccapalumba-Palerme et Palerme -Messine. Voir VOrario ufficiale (p. xiv) et le petit Orario délie Ferrovie Sicule (10 c).

Géographie et statistique.

La Sicile, la Sikelia ou Trinacria des Grecs, la plus grande île de la Méditerranée et la plus intéressante au point de vue historique, de 25 738 kil. cari', de superficie et une population de 3 529799 hab. en 1901 (3523853 en 1898), est un morceau détaché des Apennins. Comme cette chaîne de montagnes, elle tourne vers la mer Tyrrhénienne son côté escarpé, la côte nord, où apparaissent les roches et les formations les plus anciennes, calcaire du trias, gneiss et granit, avec de nombreuses baies et des promontoires pittoresques, tels que les masses calcaires du mont Pellegrino et du mont Catalfano, sur la baie de Palerme, et avec les plus hautes montagnes, après l'Etna: le Pizzo delV Antenna (1975 m.), couvert de neige la moitié de l'année; le mont Salvatore (1910 m.), dans les Madonie; le mont Sori (1845 m.), dans les Nébrodes; la, Mocca Busambr a (1615 m.), déjà plus dans l'intérieur, au S. de Palerme, et le mo7it S. Giidiano (751 m.), l'Ery-v des anciens, masse de calcaire jurassique isolée tout à fait à l'ouest. Cette chaîne du N., qui forme la ligne de partage des eaux, a derrière elle et en partie dans les intervalles, la même formation tertiaire qui borde les Apennins depuis le Piémont jusqu'au golfe de Tarente et qui ne manque qu'en Calabre, ou elle s'est enfoncée dans la mer Ionienne; c'est un large PLATEAU qui s'abaisse lentement vers la partie peu profonde de la Méditerranée du côté de l'Afrique et dont les eaux s'écoulent, comme dans la chaîne du continent, par des vallées larges et plates. L'érosion et la dcnudation ont fait de la roche tendi'e un chaos de collines arrondies; il n'est resté qu'un petit nombre de couches plus dures, de 1000 m. d'altit. et au-dessus, où sont des villes primitives comme Castrogiovanni (Enna), Calascibetta, etc. La côte MÉRiD., peu escarpée et presque droite du N.-O. au S.-E., n'a ni promontoires ni baies. Jusqu'à l'époque diluvienne, le plateau rejoignait la Tunisie. Les ossements d'éléphants et d'autres grands animaux qui se trouvent en quantités énormes dans les grottes de la Sicile et de Malte, prouvent que le pays avait le caractère africain durant cette période. La Sicile n'a été séparée de l'Afrique que par les mouvements de terrain qui ont fait des diverses parties de la Méditerranée une seule nappe d'eau. Nous avons des restes du sol qui s'est alors affaissé et où il y a des preuves du séjour de l'homme à cette époque, dans l'archipel de Malte, plat et

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morcelé, dans l'île de Lcuiipediisa, encore plus plate, et dans les îles EgadeSfk l'O. de la Sicile, d'où l'on aperçoit, par un temps clair, les montagnes de la côte d'Afrique distante de 150 kil. seulement.

La Sicile a été aussi séparée du continent à la lin de la périoile tertiaire. D'énormes crevasses, rayonnant de la dépression tjrrhénienne, transformèrent en îles l'Apennin méridional. Un soulèvement quaternaire, encore bien reconnaissablc dans les terrasses de la Calabre, surtout à l'Aspromonte, y ferma bien les détroits peu profonds, mais celui de Messine perdit seulement de sa profondeur et de sa largeur, et la Sicile resta une île. Des révolutions volcaniques y soulevèrent le cône tronque de VEtna, de 145 kil. de circuit et 3270 m. d'altit. et déterminèrent aussi la conliguration de la partie S.-E. de l'île, où les monts Hybléens sont groupés autour du mont Latiro (985 m.). D'autres foyers volcaniques se sont encore manifestés en dehors de la Sicile, au N. et au S.-O., et ont donné naissance aux lies Lipari, Linosa et Pantelleria.

Colonisation. Au point de vue économique, la vie a toujours été localisée en Sicile sur les côtes. Toutes les grandes villes, presque toutes les villes importantes dans l'histoire y sont des ports. La côte orientale, tournée vers la Grèce, a été la principale dans l'antiquité. C'est là que sont situées Syracuse, Catane et Messine; la première, jadis foyer de la civilisation grecque, a conservé un rctiet de sa première grandeur; les deux autres ont encore de l'importance. La côte méridionale fut aussi toutefois très prospère alors, comme le prouvent les temples de Girgenti et de Sélinonte. Les guerres enti'c les Grecs et les Carthaginois se terminèrent par la domination de ces derniers à l'O. de l'île, jusqu'à l'arrivée des Romains, qui plus tard partirent de là pour conquérir le nord de l'Afrique. Les Arabes vinrent de leur côté d'Afrique s'emparer de la Sicile. Puis ce furent les Normands, qui en rattachèrent de nouveau l'histoire à celle du continent italien, et la vie se porta dès lors vers la côte septentr., avec Païenne pour capitale. Tandis qu'il y a là plus de 1000 hab. par kil. carr., jusqu'à une altit. de 50 m., et encore 376 aux environs de l'Etna, il n'y en a plus que 100 dans l'intérieur et 75 sur la côte sud. La population est en général concentrée dans les villes et dans les grands bourgs; il n'y a que peu de villages; le paysan même vit d'ordinaire à la ville, assez loin de ses travaux.

Le climat de l'île est à bon droit célèbre depuis l'antiquité. Cicéron, qui fut questeur en Sicile, dit, sans beaucoup d'exagération, (juc le temps n'y est jamais assez mauvais pour que le soleil ne s'y montre au moins une fois tous les jours. L'hiver, bien (|ue fort sujet aux vents, y est cependant très doux surtout sur les côtes, si bien que les personnes faibles et les malades s'y rendent de plus en plus nombreux; à Taormine, l'aftluence des étrangers est déjà grande dans la seconde moitié de janvier. La température moyenne est

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alors d'env. 11° C; les pluies y sont fréquentes, comme en décembre, mais il n'y fait froid qu'exceptionnellement la nuit, presque jamais le jour. C'est en hiver que mûrissent les mandarines (nov.), les oranges (janv.) et autres «agrumi» (p. 284); en février, les amandiers, pêchers et autres arbres fruitiers se couvrent de fleurs. D'autre part, la chaleur de l'été n'est pas excessive, juillet et août ne comptent même que 25 à 27° C. en moyenne. La température varie peu du reste dans toute l'année. Ce n'est que par un violent siroco qu'on observe parfois en été jusqu'à 40° de chaleur, mais ces tempêtes ne soufflent au plus que 12 jours dans l'année et encore le plus souvent dans la saison froide, particulièrement en avril. Elles se font surtout sentir sur la côte N., parce que c'est en descendant des hauteurs que le siroco, comme le fœhn des Alpes, acquiert surtout sa grande chaleur et sa grande séchei'esse.

La Sicile, située par 38° de latitude, se trouve par conséquent, en hiver, au N. du maximum barométrique subtropical, qui est alors à l'E. de l'Atlantique, aux îles Canaries. La Méditerranée a encore à cette époque, jusque dans ses plus grandes profondeurs, une température d'env. 13° qui réchaufl'e ses rives. Il règne toujours sur sa surface une pression atmosphérique relativement basse, avec tendance à dépressions locales. Le bassin de la Méditerranée a donc au S., env. jusqu'au 40° de latitude, pour les mêmes raisons que le centre et le nord de l'Europe durant toute l'année, des vents variables en hiver, parmi lesquels dominent ceux de l'O. et du S.-O.; soufflant des basses latitudes, de la mer chaude contre la terre plus froide, ils amènent forcément des pluies, en général de courtes averses, suivies immédiatement de soleil. En été, la zone des hautes pressions se déplace d'env. 10° vers le N., jusque dans le voisinage des Açores. Le sud de la Méditerranée est alors lui-même au S. de la ligne de partage des vents et la Sicile est atteinte par les vents du N., qui, passant sur la mer relativement fraîche pour souffler sur des terres très chaudes, ne peuvent produire que de légères ondées. Ce n'est qu'en septembre que surviennent des giboulées isolées, puis ce sont des pluies, surtout en décembre, qui cessent dès le mois de mai. L'année se divise ainsi en deux moitiés presque égales, l'une pluvieuse, l'autre presque sans pluie.

La culture du sol dépend en très grande partie de ces variations climatériques. La sécheresse dure longtemps, surtout dans l'iNTÉEiEUR de la Sicile, où le déboisement très avancé rend les conditions encore plus défavorables, car les bois ne couvrent plus qu'env. 4'*/q du sol de toute l'île, y conij^ris les montagnes. Depuis des milliers d'années, on y cultive presque uniquement le blé, puis les haricots et autres légumineuses ; la culture fourragère est nulle, les animaux n'étant pas nourris à l'étable. Le pays ressemble par conséquent dès le mois de juin à un steppe brûlé par le soleil, surtout dans les régions où le sol est bouleversé par des mines de soufre.

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La production est en entre médiocre, ne dépassant pas 11 hectol. de blé à l'hectare, par la raison que le sol est entre les mains de gros propriétaires (|iii vivent dans les grandes villes, que la culture est conliée par rciitreinise de fermiers généraux à de petits fermiers, qui n'ont qu'un bail court, un outillage primitif et qui végètent, qu'enfin on ne fume pas la terre et qu'elle se repose seulement par la jachère.

Le contraste est frappant entre l'intérieur de l'île et les tôtes, particulièrement celles du N. et de l'E. Là aussi, il est vrai, la plupart des cours d'eau sont à sec en été (v. la carte à la fin de ce livre, où ceux de ce genre sont marqués en brun et les autres eu bleu) ; leurs lits, dits tcyrrenii ou fiumare, ressemblent à des déserts pierreux; seule la vigne et certains arbres fruitiers, qui atteignent par leurs profondes racines la partie humide du sol ou se reposent en été, comme chez nous en hiver, sont capables de subsister alors sans soins particuliers; mais l'industrie de l'homme sait atteindre les plus petites veines d'eau à une grande profondeur sous le sable et les pierres, travailler la terre avec soin, plus à la houe qu'à la charrue , et transformer le pays en un vrai jardin. Ce qui y prospère avant tout, ce sont les «agrumi» ou auraiitiaeées importées des tropiques et qui demandent beaucoup d'eau: les citronniers qui portent des fruits presque toute l'année et sont cultivés de préférence sur les côtes septentr. et occid., les orangers et autres arbres similaires; on en compte 10 millions de pieds, les trois quarts de ce qu'en possède toute l'Italie; ensuite viennent les légumes de toutes sortes. Du golfe de Castellammare, à l'O. de Palerme, jusqu'au promontoire de Faro, près de Messine, de là à Catane et ensuite, à l'exception de la plaine découverte au S. de Catane, jusque près du cap Passero, ainsi que dans les monts Hybléens, tout le pays est couvert d'arbres fruitiers. Les haies de cactus («opuntia ficus indica»), qui entourent souvent les propriétés, fournissent abondamment eu septembre des fruits, couverts de piquants très fins, dont le peuple se nourrit volontiers. Aux aurantiacées s'ajoutent, dans les endroits non arrosés et sur les versants des montagnes, des bois d'oliviers, d'amandiers, de caroubiers et des plants de sumac, etc. Sur les versants de l'Etna, où il s'élève jusqu'à l'altitude de 300 m., l'oranger croît en abondance et produit les fruits les plus appréciés (surtout les sanguines); il a fallu y faire place presque à chaque arbre, dans la lave, à coups de pic ou de mine; plus haut, le manque d'eau s'oppose à sa culture. L'olii'ier y prospère jusqu'à 920 m. La irigne, qui s'élève jusqu'à plus de 1000 m. d'altit., occupe la plus graiule superficie notamment au S. et à l'E., où Riposto fait uue grande exportation de vin. Les? collines de l'O. ont aussi un grand vignoble, doui le produit, le «marsala», a une renommée universelle. Le nirisetier et Vamandier abondent encore dans les endroits plus élevés.

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Le pays le plus fertile eu fruits est la Conque d'Or (v. p. 302), près de Païenne, toute plantée d'oraugers, de citronniers, de néfliers du Japon, etc. C'est l'endroit où l'irrigation est le mieux développée, depuis le temps des Arabes, peut-être même des Romains. Non seulement on y emploie toutes les sources qui sortent du pied escarpé des montagnes calcaires voisines et dont la plus célèbre est le Mar Dolee, au mont Grifone, qui fournit 400 litres à la seconde, mais l'eau du sous-sol y est captée, comme en Arabie et en Perse, dans un vaste réseau de galeries. Près de 100 machines à vapeur pompent l'eau, tandis qu'à côté d'innombrables «norias» et puits ordinaires sont continuellement en activité. L'irrigation fait monter le produit net de l'hectare de 100 à 2000 fr. Toutefois, la fertilité du sol est telle que, même sans irrigation, trois sortes de plantes y prospèrent souvent côte à côte, l'olivier, la vigne et l'orge, par exemple.

Une grande partie de la population est adonnée au commerce. On pêche aussi en Sicile beaucoup de thons et de sardines (27 pêcheries de thon ; v. p. 457). Les mines de soufre y sont particulièrement importantes; on tire aussi du sol un peu de sel et d'asphalte. La Sicile est presque le seul pays du monde on le soufre se trouve en grande quantité à l'état pur. L'exploitation (v. p. 366) a constamment progressé depuis la crise de 1892 à 1895; elle s'étend du territoire de Caltanisetta à l'E. jusqu'à Girgenti à l'O. et rapporte près de 95'*/(, de la production totale de l'Italie (le reste se répartit entre la Romagne, les Marches et la Calabre); elle représente 79'*/(, de la production totale du globe. Néanmoins, le rendement a diminué par suite de la concurrence étrangère (v. p. 366) et la situation des mineurs au nombre de 38000 env. ne s'est pas encore améliorée. Ces conditions défavorables, jointes à la gêne de l'agriculture en général, due au système des grandes propriétés (v. p. 284), à la fermeture prolongée du marché français pour les vins, à la maladie d'innombrables arbres fruitiers et de vignobles, ont mis la Sicile, cependant si bien douée par la nature et malgré la frugalité de sa population, dans une situation économique bien misérable. De là une émigration toujours croissante, des troubles intérieurs qui ne cessent de se renouveler, et le réveil du brigandage, qui n'est du reste guère de nature à nuire à la sécurité de l'étranger (v. p. xin).

Bien que l'île ait étô pendant des siècles sous le joug de nations étrangères, le dialkcte sicilien s'éloigne moins de l'italien littéraire que la plupart des autres. Les modincatious les plus importantes sont: i mis pour e, u pour o, surtout dans les désinences et à la syllabe tonique (vidiri vedere, amuri amore), j pour a (jurnu giorno), v pour b {voi bue), dd pour II (chiddu quello), gg pour gl {fogghiu foglio), aut pour ait (autu alto), chi pour j)i {chioggia jjioggia), 7in pour nd {munnu mondo). Les lettres i, l, n, p sont fréquemment apostrophées au commencement des mots ('a la, 'un non, 'nsumiiM in somma), c, d redoublés (cci, ddigiiu degno, cca qua, cchiii più).

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