Histoire politique, t
I™ pÉRioDK. — La mythologie grecque peuplait la Sicile de Cyclopes, de Uéauts, de Lestrygons, <le Lotophages, etc. La population autochtone, telle que les fouilles nous la font connaître, semble être un rameau de la grande famille ibéro-libyenne qui se répandit d'Afrique sur les îles et les côtes de la Méditerranée occidentale. Les Sicanes vinrent peut-être déjà dans le m* millénaire. Ils habitèrent d'abord l'K. de l'île, mais aux temps historiques, ils n'occupaient plus que l'O., de la mer Tyrrhénienne (Hyccara) h celle de Libye (Agrigente).
La moitié E. de l'île fut occupée dès avant l'an 1500 av. J.-C. par les Sicules. Leurs villes les plus importantes se trouvaient à la pointe S.-E. de l'île, au milieu de la moitié orientale, surtout dans la vallée du Symœthus, et sur la côte septentrionale; c'étaient: Hybla tnéridionale, Menai (Mineo), Morgantium, Hyhla septentrionale (Paternô), Centuripe, Agyrium (Agira), Assortis (Assoro), Ahmtium (S. Marco), Agatkyrmoit (près du cap d'Orlando), etc. Aux Sicules se joignirent les Phéniciens, venus de l'E., qui s'établirent partout sur les côtes, et les Elyniiens, d'origine inconnue et dont les principaux établissements étaient Ségeste, Eryx, où se trouvait le sanctuaire d'Aphrodite, et Entella.
Au viii^ s. av. J.-C. vinrent les Grecs, Doriens et Ioniens simultanément. Naxos fut fondée en 735 av. J.-C. par l'Ionien Théoclès de Chalcis ou d'Athènes, Syracuse l'année suivante par Archias de Corinthe, un Dorien, et Mégare Hyhléenne en 728 par Lamis de Mégare, autre Dorien. Les progrès des Ioniens, auxquels appartenait aussi Zaïicle, plus tard Messana, fondée dès le vm« s., consistèrent surtout dans la fondation de Leontini et de Catane (729). Les Doriens prirent possession de la côte méridionale par la fondation de Gela (689; Terranova), due aux Rhodiens et aux Cretois; par celle de Sélinonte (628) , due à des colons de Mégare , et par celle iVAcragus (Agrigente; 582), colonie de Gela. Ils s'emparèrent en outre de tout l'angle S.-E. de la Sicile par la fondation des colonies syracusaines d^Acrœ (664), de Casmenœ (624) et de Camarina (599). Sur la côte N., il n'y eut que celle iVHimera (648), colonie mixte, en majeure partie ionienne. Les progrès des Grecs en Sicile s'arrêtèrent à l'occupation des îles Lipari (580 av. J.-C), et alors commença la réaction des Sémites.
A l'apparition des (trecs, les Phéniciens s'étaient retirés sur trois points: à Solus (Solunte), h Panormos (Palerme) et à Motye. Alors ils se mirent sous la protection des Carthaginois, et les Grecs
t) Voir Preeman, Hisfory of Sidly (4 vol., Oxford 1891-1894); Holiii, Geschichte Siciliens im Altèrtum {S vol., Leipzig 1870-189t\).