Histoire de la civilisation et des arts
Presque tous les peuples qui ont habité ou gouverné la Sicile pendant le eours des siècles, y ont laissé des témoignages de leur aptitude artistique; l'influence locale s'est cependant fait sentir à tel point ([ue leurs œuvres portent toutes l'empreinte d'un cachet particulièrement sicilien.
Les restes de la civilisation des Sicules, qui a précédé celle des Grecs, ont été étudiés méthodiquement par Paolo Orsi (p. 432), dès 1891. Les objets trouvés ont été réunis au musée de Syracuse. On y distingue env. quatre époques: celle des aborigènes, dont on trouve des instruments en silex et en os et plus tard seulement des poteries grossières; puis Vépoque des Sicanes (v. p. 286), où le bronze apparaît comme métal précieux; de modestes objets importés alors rappellent ceux trouvés à Hissarlik-Troie (iii« millénaire). Ensuite vient une première ijériode des Sicules dans le sens restreint du mot: une importation plus riche d'armes et d'instruments en bronze et de poteries lines y trahissent de fréquents rapports avec la civilisation dite de Mycènes. Dans la seconde période des Sicules, le fer établit déjà son règne dans le pays; elle correspond à peu près à l'époipie du style linéaire en Grèce. — Il ne subsiste guère de restes de constructions de ces époques. Les légères cabanes des Sicules ont entièrement disparu. Ils déposaient les morts ou plutôt leurs ossements dans de simples grottes creusées au bord de la montagne, comme on en voit, parfois précédées d'un petit mur cyclopéen, dans les villes souterraines (v. p. 373); ce n'est que plus tard qu'ils enfermèrent les corps dans des chambres rectangulaires. — C'est aux Phéniciens que remontent les ruines de Motye, les énormes murs cyclopéens du mont Kryx et probablement aussi les constructions polygonales bien bâties du château de Cefaln.
J /époque grecque nous a laissé des monuments bien plus considérables que ses devancières. Les métopes de Sélinonie, du style archaïque, forment la transition à la sculpture grecque. La civilisation et l'art importés de Grèce en Sicile arrivent en même temps dans les deux pays à leur plus haut degré de développement. Ce que l'art grec a produit de plus beau et de plus grand en <'ait de TKMi'LKS se trouve en jjartie en Sicile; tels sont: le temple d'Apollon à Sélinonie, de 110 m. 30 de long sur 50 m. 10 de large (sans les degrés), et le temple de Jiqnter à Giryenti, de 101 m. IG de
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long sur 44 m. 01 de large. Le Parthénon d'Athènes n'a que 69 m. 51 sur 30 m. 86, le temple de Jupiter à Olympie 64 m. 10 sur 27 m. 66; celui d'Apollon à Phigalie 38 m. sur 14 m. 30 et celui de Diane à Ephèse 117 m. 50 sur 56 m. 90. Outre les temples en ruine de Girgenti, de Ségeste, de Sélinonte et de Syracuse, on admire encore aujourd'hui les théâtres grecs de Syracuse, de Taoï'mine, de Ségeste, de Tyndaris, de Palazzolo et de Catane; ils ont été, il est vrai, reconstruits par les Romains, mais l'ordonnance de ces édifices est restée grecque. Les fortifications de Vépipole de Syracuse sont au nombre des mieux conservées parmi les constructions grecques de ce genre encore existantes. Mais nous n'avons plus, en Sicile, que peu de sculptures grecques, comparativement à ces restes d'architecture; les seules importantes sont les métopes moins anciennes de Sélinonte, conservées au musée de Palerme, et quelques sculptures de Syracuse. En fait de bronzes, on n'a découvert que peu de chose, malgré la célébrité qu'avait acquise dans ce genre, selon la tradition, Périlaiis d'Agrigente. En revanche, la Sicile a fourni un grand choix des plus belles médailles de l'antiquité; on y trouve aussi partout de très beaux vases.
Les Grecs de Sicile ont aussi contribué pour une bonne part au développement de la littérature. Stésicliore d'Himera (vers 550) perfectionna le chœur antique en ajoutant l'épode à la strophe et à l'antistrophe. Eschyle séjourna longtemps en Sicile et mourut à Gela (456). Pindare y reçut l'hospitalité, de même que Sapho, et il chanta les triomphes des Siciliens à Olympie. Simonide, qui vint également en Sicile, composa l'inscription pour l'ex-voto de Gélon après la bataille d'Himera, en 480. Phurmis, auteur de comédies et employé au service de Gélon à Syracuse, inventa les coulisses; Epicharme (480), Sophron (460) et plus tard son fils Xénarque se distinguèrent également dans le genre comique. Et à l'époque de la décadence, le sentiment poétique y était encore tellementJlif, qu'un nouveau genre de poésie y prit naissance , le genre idyllique, dont l'inventeur et le modèle incomparable fut Tliéocrite, de Syracuse.
Les Siciliens eurent de tout temps des dispositions marquées pour les études philosophiques. Pythagore y trouva des partisans; Xénophane de Colophon, fondateur de l'école d'Elée, mourut très âgé à Syracuse, où Platon vint trois fois, un siècle plus tard. Enipédocle, d'Agrigente, passe pour un des plus profonds penseurs et fut en même temps homme d'Etat, médecin, architecte et rhéteur. La Sicile eut, en outre, quantité de médecins illustres: Pausanias, Acron, au v^ s.; Ménécrate, auiv^ s. Entre autres historiens remarquables, nous citerons: Antiochtis et Philiste de Syracuse, Timée de Taormine, Dicéarque de Messine, et enfin, sous Auguste, Diodore d'Agyrie, dit de Sicile, qui écrivit la Bibliothèque historique, dont une partie nous est parvenue. Rhéteurs fameux : Corax, Tisias,
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le niaitre d'Isocrate, de (jurgias et de Lysias, et surtout Gm'c/ias lui-niênic, qui était de Leontiuoï. Le célèbre orateur Lysias était lils d'un Syracusain. l'aruii les niathéniaticiens et les mécaniciens, on distingue surtout Arcliimèdc. Hicétas de Syracuse enseigna le premier que la terre tourne et que le soleil est immobile.
J^a décadence vint avec la domination romano - bjrzantine. Cependant les Romains élevèrent ici comme ailleurs des constructions remarquables dont il subsiste encore des restes, surtout des ruines d'amphithéâtres, de théâtres et d'aqueducs. La cupidité de Verres et d'autres gouverneurs priva la Sicile de bien des trésors artistiques. Les chrétiens utilisèrent pour leur culte les catacombes et les anciens temples; il ne reste qu'une seule église byzantine, près de Malvagna. La décadence complète de la Sicile nous est prouvée par l'absence totale d'écrivains remarquables jusqu'au milien de l'époque musulmane, bien qu'elle ait eu une multitude de prêtres et de moines. Théophane Cérameus et Pierre Siciilus, l'historien des Manichéens, méritent seuls d'être mentionnés. Le voyageur St Siméoii, de Syracuse, mourut à Trêves.
Les Arabes apportèrent une nouvelle vie dans l'île. Nous parlons plus loin de leur influence sur l'architecture en Sicile (v. p. 295) ; mais ils firent également époque pour l'histoire et la géographie. Edrisi, le plus grand géographe du moyen âge, acheva son grand ouvrage sous le règne de Roger II. Le poète mahométan Ihn Homdis était de Sicile. De plus, la domination arabe a laissé des traces profondes dans le caractère du peuple, auquel elle a imprimé un certain sérieux qui le distingue des populations di' l'Italie méridionale. Cette influence est encore manifeste dans les chants populaires du pays, tous empreints du charme rêveur et mélancolique des Orientaux.
Los progrès de l'île furent encore plus brillants sous la dominaflbn des Normands. Leurs princes et les chefs de leur noblesse se sont immortalisés par la construction de nombreuses cathédrales (v. p. 296). Ils faisaient venir des savants pour l'éducation de leurs enfants, ainsi Pierre de Biais et d'autres. De même que les Arabes avaient eu le grand mérite d'introduire en Sicile la culture des plantes commerciales, les «agrunii» (v. p. 284), le coton, le sumac, etc., de môme les princes normands y protégèrent la sériciculture, et une école de tissage fut même établie par eux dans le palais royal, ainsi qu'une école de mosaïque. Le règne brillant des Hohenstaufen, en la personne de l'empereur Frédéric II, tit faire des progrès remarquables à la législation, aux sciences et aux arts. C'est à sa cour, à Païenne, que l'italien devint une langue littéraire. Ses fils, ses conseillers et lui-même s'exercèrent à faire les pren.ières poésies italiennes. Nous en avons de th'édéric II, de Mcànfroi, iVKiizio, de Ciullo d'Alcamo, de Piei're de Vineis, de Guidi> délie Coloime, de lacopo dn Lentini, etc. Mais cet éclat ne fut que de
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courte durée ; il se perdit dans les dissensions des siècles suivants ; les chroniqueurs mêmes trahissent cette décadence; les bonnes chroniques siciliennes du xiii'' s., de Hugues Falcaiidus, Bartli. de Neocastru, etc., sont remplacées par des ouvrages qu'on a peine à lire. La renaissance des études classiques vint enfin réveiller l'intelligence assoupie en Sicile. Messine surtout se distingua à la fin du xv" s. par la protection qu'elle accorda aux études grecques; Constantin Lascaris y fut professeur. Le xvi"^ s. produisit le savant et laborieux créateur de l'histoire et de la topographie sicilienne, Thomas Fazello, de Sciacca (m. 1570). Son ouvrage fut complété par Maurolycus, de Messine.
L'absolutisme éclairé des Bourbons provoqua au xvin« siècle une grande activité scientifique en Sicile, surtout en ce qui concerne l'histoire et les antiquités locales, dont s'occupèrent activement la noblesse et le clergé. La poésie se releva également. Les chansons anacréontiques de Giovanni Meli de Palerme (m. 1815), en dialecte sicilien, étaient populaires avant d'être imprimées.
Dans la musique, la Sicile a été illustrée de nos jours par Vincenzo Bellini (p. 412).
Nous avons parlé en détail dans l'introduction de l'art antique en Sicile, notamment des sculptures de Sélinonte (v. p. xxxiii et suiv.); nous ajouterons maintenant quelques mots à propos des monuments du moyen âge et des époques suivantes dans cette île.
Dans leur architecture, les monuments du moyen âge eu Sicile, surtout à Palerme, la capitale, portent l'empreinte la plus évidente des vicissitudes politiques subies par le pays, des dominations byzantine, arabe et normande. Ils ott'reut un singulier mélange de styles, que blâment sans doute les puristes, mais qui charme l'amateur sans préjugé. L'élément arabe en forme le fond. Nous savons que, même après la conquête par les Normands, les habitants d'origine arabe se distinguèrent encore par leur civilisation, et que les vainqueurs ne trouvèrent rien de mieux que de les employer au service de la cour, dans l'administration du pays et surtout pour les choses du* domaine des arts. La civilisation arabe ne découlait pas toutefois d'une source unique; il s'y était mêlé beaucoup d'influences byzantines, et il ne faut pas nous étonner par conséquent d'en retrouver les traces même dans les monuments de la Sicile au XII® s. C'est au style byzantin qu'est emprunté le plan de beaucoup d'ÉGLisEs de Palerme: un carré, avec quatre colonnes au milieu, surmontées d'une coupole. Cette forme y fut-elle importée directement de Coustantinople après le triomphe du christianisme, ou les Arabes l'avaient-ils déjà adoptée dans la construction des oratoires qu'ils élevèrent, par exemple, de tous les côtés à Palerme (un voyageur arabe du x« s., Ibn Haukal, en porte le nombre à plusieurs
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centaines); c'est ce qu'on ne saurait préciser, mais la seconde supposition est plus probable. Quoi qu'il en soit, si le plan de beaucoup d'églises est byzantin, comme ceux de Martorana, de S. Cutaldo et de S. Antonio, à Palerme, ou roman, comme celui de l:i cathédrale de Monreale, ceux de S. Spirito et de (juclques églises abbatiales à Palerme et celui de la cathédrale de Cefalù, ce sont les Arabes qui ont importé dans l'île l'arc lancéolé (gothique arabe). Ils ont emprunté cet arc aux Egyptiens et l'ont employé dans toutes leurs constructions, de même qu'ils ont apporté aussi d'Egypte l'habitude de parsemer les plafonds de petites portions de voûte en pendentifs, ressemblant à des stalactites, et d'orner les frises d'inscriptions. — Si l'architecture religieuse n'a pu se soustraire à l'influence du style arabe, l'architecture civile a marqué entièrement les PALAi.s du même cachet oriental dont la cour des princes normands était empreinte. Malheureusement, des nombreux palais qui entouraient Palerme au xii« s., il n'y a plus, pour nous en donner une idée, que la Zisa et la Cuba, ainsi que les restes des châteaux de Mimnermum et de la Favara, de sorte qu'il faut un grand etfort d'imagination pour se représenter la magnificence de ces fameux édifices.
En fait d'ÉGLiSES gothiques, la Sicile ne possède rien de très remar(|uable: à Palerme, S. Francesco et S. Agostino: à Messine, la cathédrale, détruite en grande partie depuis 1908. Il n'y a de curieux {|ue la persistance de ce style et des motifs du moyen âge en général, jusqu'à une date avancée dans la période de la Renaissance. Mais il existe encore, surtout à Palerme, de beaux spécimens de l'architecture civile de la fin du moyen âge. Le xvn» s., par contre, a vu naître quantité de constructions du style baroque, de vastes dimensions et d'une richesse de décoration presque excessive.
Dans la sculpture proprement dite, le moyen âge a produit peu de chose; les principaux ouvrages en bronze que l'on y rencontre (portes à Monreale) sont dus à des artistes étrangers. L'art décoratif, par contre, favorisé par la nature friable du marbre et du calcaire du pays, qui, fraîchement extraits, ne durcissent que lentement à l'air, s'est de bonne heure servi de la plastitjue pour atteindre un plus parfait développement. Les chapiteaux et certains fûts de colonnes dans le cloître de Monreale comptent parmi les plus beaux ouvrages de ce genre en Italie. Mais on admire surtout la beauté des sculptures en bois, quelquefois avec arabesciues, qui s'y voient encore souvent (v. p. 320). Les progrès considéi'ables dans les procédés techniques en Sicile ne nous sont pas seulement attestés par les cercueils en porphyre des princes normands et des empereurs, dans la catliédrali' de Palerme, mais encore parles nombreux oin rages incrustés en marbre du xii' s. Les revêtements des murs ilaus la chapelle Palatine et à la Martorana, les mosaï(}ues ornementales «lu cloître de AfuweaZe rivalisent avec ce que les artistes romains, y coni-
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pris les Cosmas, ont produit de mieux dans ce genre. La mosaïque PITTORESQUE fut aussi particulièrement cultivée au xii* s. Les mosaïques de la cathédrale de Cefalù et de la chapelle Palatine, celles de la Martorana et de Monreale, conservées grâce à de nombreuses restaurations, ne sont pas toutes de la même valeur, mais celles même dont la composition est moins fraîche prouvent une main si exercée, un art si consommé, qu'il faut les attribuer à de véritables artistes. Ces artistes n'ayant pu se former sous la domination arabe, nous sommes forcés de supposer que les mosaïques sont dues à des peintres byzantins, qui furent appelés dans le pays et y firent école.
Plus tard, après l'extinction de la dynastie normande, l'art plastique reste en Sicile bien au-dessous de ce qu'il est sur le continent. Il ne s'y développe pas non plus d'une manière continue durant la Renaissance, au point de produire des œuvres originales; il suit plutôt lentement et comme à regret l'impulsion donnée par Rome et par Naples. Cependant il ne faut pas oublier qu'on ne connaît pas encore toutes les œuvres dispersées dans le pays. Comme sculpteurs faisant époque à la Renaissance, il faut nommer les Gagini, qui ont travaillé le marbre pendant trois générations. Le sculpteur lombard Domenico Gagini (m. 1492) exerça son art en Sicile dès l'année 1463; c'est à son 'a.ln Antonello Gagini (1478- 1536) et à ses petits-fils qu'on attribue tout ce qu'il y a de remarquable à Palerme comme ouvrages en marbre du xvi'' s. Giacomo Serpotta (1655-1732), imitateur du Bernin, qui contribua à l'avènement du style rococo, créa aussi à Palerme quantité d'œuvres en stuc fort jolies, bien que maniérées.
L'histoire de l'école de peinture de Sicile n'est pas encore bien connue, malgré les recherches assidues des écrivains du pays. Les débuts de l'art national remontent au xiv* s., mais ils se bornent généralement à l'imitation des modèles de l'Italie septentrionale. Ce n'est qu'au xv" s. qu'on vit naître des œuvres importantes, lorsque des peintres siciliens allèrent étudier dans les Pays-Bas ou que des artistes flamands et hollandais importèrent leur manière en Sicile. Le grand «Triomphe de la Mort» du palais Sclafani (p. 306) à Palerme est dû à un peintre flamand. Autrefois, on attribuait cette fresque, ainsi que la Ste Cécile de la cathédrale, une Vierge avec des saints au musée et les dessins qui ornent les murs d'une chapelle latérale de S. Maria di Gesù (p. 332), au peintre national Antonio Crescenzio, mais il faut le placer à une époque beaucoup plus tardive. On ne peut mentionner de lui que les copies insignifiantes du «Spasimo» de Raphaël. Les peintres des tableaux mentionnés sont inconnus. Les dessins de S. Maria di Gesù rappellent, il est vrai, les compositions flamandes, mais la Ste Cécile a été plutôt inspirée par celles de l'Italie septentr. Tommaso de Vigilia et Antonello du Messina, les deux bons peintres nationaux de la seconde moitié
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du xv« s., subissent aussi l'influence étrangère. Il n'y a en Sicile que le musée de Messine qui possède une œuvre authentique du second (peu endommagée en 1908), qui s'est approprié, dit-on, la manière flamande en étudiant dans les Pays-Bas, mais qui passa la fin de ses jours :i Venise. Le musée de Païenne possède de belles fresques du premier, Tomniaso de Vigilia, dont les œuvres révèlent des influences italiennes à côté de celles des Pays-Bas. Les remarques faites à leur égard s'appliquent aussi à leurs contemporains moins importants: Antfmello da Saliba, dont il existe encore plusieurs tableaux à Palerme, Pietro Jiuzulone et Riccardo Quartararo. — Au xvi'' s., c'est Vincenzo di Pavia, surnommé Ainemolo, qui est à la tête des artistes palermitains; il est aussi connu sous le nom de Vincenzo il Romano et passe pour avoir été l'élève de Polidoro Caldara. Presque toutes les églises de Palerme se vantent de posséder des œuvres de sa main, dont on pourrait faire une longue liste. Il y a beaucoup d'inégalités dans ses productions, nombre de tableaux qui lui sont attribués ne sont pas de lui, et il y en a aussi auxquels ses élèves ont travaillé. Ce qu'il a fait de mieux, c'est l'Ascension et la Descente de croix du musée, et un tableau plein de vie dans une chapelle latérale de g. à S. Domenico. — Au xvii*- s., Pietro Novelli (1603-1(547), dit il Munrealese, se distingue par un talent plein de fraîcheur. Il se rattache à l'école napolitaine, à l'intiuence de laquelle il doit la vivacité de son coloris et l'expression énergi(|ue de ses têtes. En dehors de Palerme, il y a encore de lui un St Benoit, tableau intéressant dans l'escalier du couvent de Monreale. Quelques-unes de ses tigures de moines rivalisent avec ce que les réalistes italiens ont produit de mieux. Au xvm" s., l'art tomba dans les excès en Sicile encore plus qu'en d'autres pays.