I. Le parais Royal kt i,a cathédrale
Au S.-O. de la ville, à rextréniité du corso Vittorio Emanuelo, s'étend la grande tiazza dklla Vittoria {place de la Victoire; pi. B2; p. 306). C'est ici que se trouve, sur une éniinence couronnée jadis par la citadelle antique, le
*Palais Royal {Palazzo Reale; pi. Bl). Ses fondements sont d'origine arabe; Robert Guiseard, le roi Roger, les deux Guillaume, Frédéric 11 et Maini'roi on construisirent les différentes parties, qui furent encore modifiées dans les siècles suivants, de sorte qu'il n'y a plus que la tour du milieu, avec ses arcs brisés (Torre S. Ninfa ; p. 305), la Joharia (en arabe « la brillante ») attenante à g. et du même genre, et la chapelle Palatine qu'on ne voit pas du dehors, qui rappellent l'époque des Normands. A son aspect extérieur, on reconnaît encore la destination primitive de cet édifice, qui était une forteresse.
La porte tout à fait à g. donne entrée dans la cour, qui est entourée d'arcades (déposer cannes et parapluies chez le portier; guide inutile, 50 c). On tourne immédiatement à g., on monte l'escalier et prenant à dr. au l®"", on s'engage, encore à dr., sous les arcades ([ui conduisent à la
**Chapelle Palatine (Cappella Palatina), construite en 1132 par le roi Roger 11, dans un mélange des styles arabe et normand, et dédiée à St Pierre. Ses mosaïques en font une des plus belles chapelles du monde, un joyau artistique du moyeu âge. Entrée libre de 7 h. à 10 h. 72 *lu mat., de cette heure à 4 h. du s. (le dini. à 3 h.), pourboire; c'est le matin qu'elle est le mieux éclairée.
Le VESTIBULE, orné de fresque.s et de mosaïques moderne.s, est le reste d'un portique qui entourait auparavant toute la chapelle. Six colonnes» sur sept, sont en granit d'Egyj)te. A g. se voit, au mur, une iuscription en latin, eu grec et en arabe relative k une horloge faite en 1142.
L'iNTÉKiKUR forme nue basilique à trois nefs, dont le transept est une construction byzantine de iilan rayonnant; le tout, y compris l'aoside, a une longueur de 33 m. et une largeur de 13 m. Les arcades arabes sont suiiportccs par dix colonnes antiques de granit et de cipolin, hautes de 5 m. Le chojur est exhaussé de cinq degrés et la croisée surmontée d'une coupole de 18 ni. de haut, jiercée de 8 fenêtres étroites et couverte d'inscriptions grecques et latines. La net a un beau plafond arabe en bois, relié aux parois par des vofttes à stalactites au-dessous desquelles court une inscription en coufique ou vieil arabe. A dr., une chaire, d'où l'on a un beau coup d'ieil sur toute la cliapelle, et un candélabre en marine de 4 m. 50 de haut, ouvrage normand du su» s., les quatre figures du haut ajoutées seulement plu» tard. Les stalles, de style goth., sont modernes. — Le pavé est formé de pierres de couleur.
Les MURS sont couverts île mosiiïijiieii de verre sur fond d'or, en partie restaurées, d'une splendeur tout orientale, dont les sujets sont empruntés à l'Ancien Testament, à la vie de J.-C. ot ii celles de St Pierre et de St Paul. Les plus vieilles, celles du chceur, remontent au toni|is de Roger,
Observatoire. PALERME. TII. R. 24. 305
sauf la "Vierge, restaurée de nos jours. Le Christ présente le type qui se retrouve dans toutes les mosaïques normandes et particulièrement dans celle de Cefalù (p. 378). Les autres sont de diverses époques postérieures, les moins anciennes au-dessus du trône royal, en face du maître-autel, avec les armes d'Aragon et celles de Savoie. — La sacristie, à porte en bronze avec ornements archaïsants de l'époque normande, à g. de l'entrée de la chapelle, renferme les archives, intéressantes par les chartes grecques, latines et arabes qu'elles possèdent. Dans une seconde pièce à g., fermée par une porte ancienne en fer forgé, se trouve le trésor, oii l'on remarque surtout plusieurs cassettes byzantines et arabes (xo-xiv» s.) en ivoire et un ostensoir émaillé de IfiOO environ.
Sorti de la chapelle, on monte le petit escalier à l'angle S.-O., jusqu'aux arcades du second étage, puis on prend à g. jusqu'au corridor. La première porte à dr., avec l'inscription E. Osservaforin, est l'entrée de l'observatoire (toujours accessible), qui se trouve dans la tour normande /S'. Ninfa (p. 304), dite autrefois Torre Pisana. C'est ici que Piazzi a découvert la planète Cérès, en LSOl.
On monte deux escaliers et l'on se trouve à la porte où est le gardien (50 c). Du toit plat, on jouit d'un *panobama admirable: aux pieds du spectateur s'étend la piazza dclla Vittoria; au-dessus de son angle g., la cathédrale; devant celle-ci, le palais archiépiscopal; à dr., le commencement du corso Vittorio Euianuele et l'église S. Salvatore. Au 2« plan, à g., le port et le mont Pellegrino; à g. encore, à l'arrière -plan, le groupe des montagnes du cap Gallo; plus bas, au premier plan, la Porta Nuova; plus loin à g., au 2« plan, la Zisa, édifice jaunâtre, à l'arrièreplan, les monts Billiemi ; à g., la cime pointue du C'uccio, auquel se rattache, à g., la montagne de Monreale; on peut suivre de l'oeil la route qui y conduit de la Porta Nuova. Plus à g., encore aux pieds du spectateur, le jardin du palais; au-dessus, la piazza dell'Indipendenza, avec son obélisque. Plus à g., au S.-E., au !«>■ plan, les cinq dômes de S. Giovanni dcgli Eremiti ; au-dessus, au* 2» plan, le bois de cyprès du cimetière, et dans le lointain, au pied du haut mont Grifone, S. Maria di Gesù; plus loin à g., le Catalfano, faisant saillie dans la mer, et sur l'isthme à dr. de cette montagne, Bagheria.
Au bout du corridor déjà mentionné, un gardien introduit les visiteurs (pourb. 50 c.) dans les salles du palais, parmi lesquelles on remarque, dans la Joharia ou partie normande du château, la Stanza di Ruggero aux murs décorés de marljre et de mosaïques du temps (l'aigle d'Allemagne au plafond trahit une restauration ultérieure), et une salle avec les portraits des vice-rois. Beaux coups d'œil du haut des balcons.
Le palais était flanqué de portes fortiliées: à g. s'élevait jadis \9, Porta di Castro; à dr. (N.) se trouve encore la Porta Nuova, bâtie en 1460 et reconstruite en 1535; c'est par là que passe la route menant à Monreale (v. p. 328). La partie supérieure de cette dernière peut se visiter du palais; on y conserve divers souvenirs de Garibaldi ; la vue ne le cède guère à celle de l'observatoire (v. ci-dessus).
Au delà de la Porta Nuova est la piazza dell' Indipendenza (pi. B 1), ornée d'un obélisque (tramways, v. p. 300). La via délia Colonna Rotta, immédiatement à dr., conduit à la Zisa (p. 325). De l'antre côté de la place, le Parco d'Aumale (pi. AB 1), autrefois Villa d'Orléans, habité par Louis-Philippe durant son exil. On
30fi JJI h\ 24. PAîiERME, S. Giovanni.
peut visiter le beau jardin (pourb.) (jui renferme une vaste plantation d'orangers.
Dans l'angle de la piazza délia Vittoria, presque vis-à-vis de l'entnk' du palais, est un vu)7ininenf (le Philippe V (pi. B 2), érigé en 18.5() à la place dt; celui de JMiilippe IV détruit en 1848.
*S. Giovanni degli Eremiti {St-Jean-des-Ey-mites ; pi. A B 1-2), l'église en ruine la j)lus originale de Palerme, est près delà. On descend l'escalier à côté du monument et on prend à dr. la via del Bastione a Porta di Castro. C'est une dos églises normandes les plus anciennes (1132), (|ui, par sa construction, a un aspect tout :\ fait oriental. Elle a cinq dômes, sans ornement, mais qui varient de grandeur et d'élévation; les deux principaux reposent directement sur la grande nef; le troisième surmonte le bra-s uiérid. du transept; celui du chœur aune base carrée; le cinquième, au-dessus du croisillon N., couronne la tour. Entrée, par la porte du jardin, de 9 h. à 4 h., le dim. de 10 h. à 4 b. (1 fr. ; gratuite le dim.).
L'intérieur est eu forme de croix égyptienne (T), à trois absides, la grande nef divisée en deux carres par une arcade brisée. — Du côté S. sont les restes d'une petite mosiiuée, divisée en deux nefs par cinq colonnes, et un petit portique conduisant à une cour carrée. Les Normands firent du tout un lieu de sépulture pour le personnel de la cour. On y voit des restes de fresques du xii" s. — De l'autre côté, un ci^oîtkk, un peu moins ancien que l'église. De fort jolies arcades, dans le genre de celles de Monreale et assez bien conservées, entourent un charmant jardin, d'où on a la meilleure vue sur les dômes.
Toute la moitié orient, de la piazza délia Vittoria est décorée de parterres (entrée au N.-E.^; on y a mis au jour en 1905, comme déjà en 1869 (v. p. 316), des restes de maisons romaines pavées de mosaïques.
A Î'E. de la place, en face du palais Royal, le palais Sclafani (pi. B2), construit en 1330, transformé en hôpital au xv*s. (Spedale Grande), sert maintenant de caserne. L'extérieur présente des restes de décoration à I'E. et au S. Sous les arcades de la 2« cour de dr. se voit une superbe fresque de la seconde moitié d'n XV s. , le Triomphe de la M(rrt, due à un peintre flamand qui aurait séjourné ici pendant une maladie (v. p. 297). Clef à la Martorana, p. 309; meilleur moment pour la visite, à 2 h. après midi; ])0urb. 1 fr.
La Mort saute triomphante par-dessus le pape et le roi; ses traits viennent précisément de frapper une grande dame et un jeune homme dans une joyeuse société à dr., tandis qu'à g. les pauvres et les mallieureux implorent en vain leur délivrance. Parmi ces derniers ligure l'artiste, avec son pinceau et son a|>pui-ntaiu.
Les connaisseurs feront suivre la visite du palais de celle de Vliicoroitata (p. 307), des catacombes (n. :ia5) et de l'égl. dello Spaaimo (p. 814) qui pour d'autres n'ont guère d'intérêt. Clef :'i la Marturaua.
Sur la place, au N., est le palais archiépiscopal (pi. C 2), (|ui date en majeure partie du xvi* s. La fat,'ade est du côté de la cathédrale; on y remarque, près de l'angle orient, de l'édilice, une niagnilique fenêtre goth., reste de la construction du xv" s.;
Oafhédral&. PALERME. III- R- 24. 307
le balcon style renaissance, du côté du cours, a été décoré par les Gagini.
Au coin N.-E. de l'archevêché, dans la via Bonello, un hospice, Ospe- DALE PEK 1 CosvALESCENTi E PEi Sacerdoti, dont la chapelle possède une Pietà de Marcello Venusti et est décorée de stucs par Giac. Serpotta et son collaborateur Dom. CaëtelU (1698); entrée à dr. par la salita Ospedale di Convalescenza. Vers le N., en face de l'angle occid. de la cathédrale, les ruines de la Cappella deW Incoroiata, avec une chapelle normande et des fresques du xiv» s. La clef est à la Martorana ; v. p. 30G. A l'O. s'étend la piazza Dom. Peranni (pi. C 1-2) qui, jusqu'au xvi» s., était un marécage plein de papyrus et portait encore récemment le nom de Papireto.
La PIAZZA DEL DuoMo (pi. G 2), formant an vaste rectangle, est entourée depuis 1761 d'une balustrade en maçonnerie, avec 16 grandes statues de saints. Au milieu, sur un soubassement triangulaire, se trouve une Ste Rosalie de 1744.
La *catliédrale, VAssunta {Duomo, pi. C2), fondée par l'archevêque Walther of the Mill (Gualterio Offamilio) sur l'emplacement d'une anc. église transformée en mosquée et rendue plus tard au culte chrétien, a été consacrée en 1185 et restaurée depuis lors, chaque siècle k son désavantage. Le beau porche du S. a un large fronton de 1450. La porte est de 1425. Le côté E., aux ornements noirs restaurés, a le mieux conservé le caractère primitif de l'édiiice. La plus belle partie est la façade occid., érigée de 1300 à 1359, où se trouve le grand portail, avec ses deux tours. Deux élégantes arcades au-dessus de la via Bonello relient cette façade au vieux campanile qui, daïis le bas, date du xii'= s., mais qui a été aussi restauré. L'édifice, malheureusement défiguré par un dôme construit de 1781 à 1801 par l'architecte florentin Fernando Fuya, malgré l'opposition des Siciliens, a été également modernisé, c.-à-d. gâté à l'intérieur par le même Fuga qui n'a pas tenu compte des anciennes niches en construisant les nouvelles absides latérales au milieu du transept.
L'intérieur de la cathédrale (entrée par la porte principale ou par celle du N.) est visible toute la journée, la sacristie et la crypte de préférence de 7 h. à 11 h. du matin. — Le bas côté de dr. (à g. du portail S.) renferme les *toinbeaux des rois, où reposent, sous des baldaquins en forme de temple, dans de magnitiques sarcophages de porphyre faits pour le roi Roger et qui étaient d'abord dans la cathédrale de Cefalù: à g., l'empereur Frédéric II (m. 1250); à dr., sou père Henri VI (m. 1197); derrière, à g., le roi Roger (m. 1154) et à dr., l'impératrice Constance, sa fille; dans une niche ii g., Guillaume, fils de Frédéric III d'Aragon; dans le sarcophage antique avec des scènes de chasse, au mur de dr.. Constance d'Aragon, femme de Frédéric II. Les cercueils royaux furent extraits eu 1781 d'une chapelle à côté du chœur, transférés ici et ouverts. Les corps de Roger, de Henri VI et de Constance étaient très décomposés, celui de Frédéric II très bien conservé. On trouva encore deux autres corps dans son sarcophage, l'un celui de Pierre II d'Aragon, l'autre probablement de son épouse; celui de l'empereur, enveloppé de vêtements arabes, avait la tête ornée de la couronne ; à côté de lui étaient le globe et le glaive.
Dans la chapelle à g. des tombeaux, au mur de g., une Ste Cécile (Ste Barbe, avec la tour?), très remarquable, avec un bel ange jouant du luth, attribuée autrefois à ^m<. Crescenzio (v. p. 297), mais due probablement à un Italien du Nord.
Bas uOté de g. 2<: chap., l'Assomption, partie d'un ouvrage en marbre d'AïU. Gagini, dont le reste, des bas-reliefa, est dispersé dans l'église. —
308 III R- 24. PALERME. Corso Vitt. Eman.
4« pilier, graud bénitier du xv« s. (par Duiu. G-aglui et Frauc. Laurana?). — 7" cliap., litatiie de la Vierge par Fr. Ixiuraiia, de Dalmatie (1-169). — 8»chap. (trauaept), bas-reliefs avec scènes de la Passion, par Gagini (1477).
Chœi^k. Statues des apôtres par Gnyini; belles stalles. — A dr.. la chapelle Ute-Rosalie^ où la sainte (v. p. 326) repose dans un cercueil d'argent pesant env. 650 kilugramnies, qu'on ne montre que le 11 janvier, du 15 au 21 juillet et le 4 septembre.
A l'extrémité du bas côté de dr. est la sackistie, où l'on montre un bonnet de Constance d'Aragon, retiré de son cercueil au xvi" s., un morceau du vêtement de Henri VI , un uiaguifitiue palliuni espagnol et une statue de la Vierge (1503) par Ant. Gugiiii. On donne 30 ;\ 50 c. au bedeau.
La CKYPTE, sous le chœur, mérite d'être vue (30 & 50 c. au bedeau qui ouvre). Elle renferme dans des sarcophages antiques et du commenc. de l'époque chrétienne les dépouilles mortelles des archevêques, entre autres celle de Gualterio Offamilio (m. 1190; p. 307); colle de Paterno, protecteur d'Aut. Gagini qui a fait sa belle statue, et celle de Frédéric d'Autioche, frère de deux archevêques (m. 1305, gisant du xvi« s.).
La principale artère de la ville, dite corso ou via Vittorio Emanuele, et nommée Cassaro par le peuple jusque dans ces derniers temps (de l'arabe «kasr», château), doit sa forme actuelle au vice-roi espagnol don Piei're de Tolède (v. p. 48). En le suivant au N.-E. du côté de la mer, on passe immédiatement à g. à l'anc. Collegio Massimo des jésuites (pi. C2-3); il renferme actuellement la bibliothèque nationale (env. 200000 vol. et 1532 manuscrits, dont plusieurs arabes et grecs de grande valeur), ouverte tous les jours de 9 h. à 3 h., et le lycée Victor-Emmanuel.
Plus loin sur le cours, à dr., S. Salvatore (pi. C 3), riche construction d'Amato (1682). L'intérieur présente un espace ovale, avec trois grandes niches et une coupole remplie d'anges et de saints, les murs tout couverts de chérubins, de rinceaux et d'arabesques en marbre de couleur. L'elfet de lumière est particulièrement beau.
Un peu plus loin à g., le palais Gerad (Casino Nuovo, p. 299), et eu face de la piazza Bologni, le palais Belmonte, aujourd'hui palais Riso, construit en 1790 par Marvuglia. — Une petite rue'à côté conduit à la chiesa del Cancellieiie (pi. C 3), fondée en 1171 par Matteo d'Aiello et transformée en 1590. Dans la 1" chap. de g., une Adoration d'Ant. da Saliba, de 1490.
Sur la petite i'iazza Bdlugni (pi. C 3), où eurent lieu des autodafés de l'inquisition, est une statue disgracieuse de Charles-Quint, par Livolsi (l(î30). Là se trouve \xposte, dans l'âne, église S. Nicola. A ro., le palais Villafranca.
II. Quartiers du S., des Quattro Canti a la gare priniipai.k.
A 10 min. à l'E. du palais (p. 304) et à 150 pas au delà de la piazza Bologni, ou arrive aux Quattro Canti (pi. C 3), petite place octogone uomniée aussi piazza Viylie^tia, à l'intersection du curso Vittorio Emanuele (à l'E., vers la mer, les n"» 317-1, à dr.,
Via Maqueda, paHie S. PALERME. ^^^- ^- 24. 309
et 318-2, à g.) et de la via Maqueda (au S., dans la direction de la gare principale, les n"» 190-2 et 201-1), au centre de la ville. Les façades des quatre bâtiments qui bornent la place sont ornées de colonnades et de statues représentant les saisons, des rois d'Espagne et les saintes de Palerme. Cette place a été créée en 1609 par le marquis de Villena, vice-roi espagnol. — Dans l'angle S., S. Giuseppe de' Teatini (pi. 0 3), du commencement du xvii« s., est une basilique à colonnes de proportions colossales et surchargée d'ornements. Les anges de style baroque qui tiennent un bénitier sont de Marabitti, les fresques de Tancredi et de Borromans. L'église basse, la Madonna délia Providenza, est aussi curieuse à voir. Pour la partie E. du corso Vitt. Emanuele, v. p. 811.
Passant devant l'église, on prend à dr. la via Maqueda, qui traverse de ce côté un des quartiers les plus intéressants de la ville.
A g. s'étend la piazza Pretoria (pi. G 3), décorée d'une grande fontaine, faite vers 1575 pour une villa, par les sculpteurs florentins Camilliani et Naccherino. Au S., le Palazzo délia Città ou palais Municipal.
Dans la cour, statues d'un Couple romain; à g., sur le palier de l'escalier du fond, un Génie de Palerme, du xv» s. ; au !«■ étage, une belle statue grecque dite Antinous ou Apollon (30 c. de pourb.).
Sur la même place, à l'E., une porte latérale de S. Caterina (pi. C 3-4), église de la fin du xvi« s., dont l'intérieur est richement décoré dans le stj'le baroque.
Au delà du palais Municipal, la petite piazza Bellini d'où l'on monte un escalier pour voir deux églises normandes, auj. restaurées, ouvertes t. les j. de 9 h. à 4 h. (1 fr. ; le dim., entrée libre). La plus petite, S. Cataldo, commencée en 1161, a des fenêtres et des niches feintes, de tracé brisé, une frise avec inscription arabe et, au-dessus, une galerie peu élevée à dentelures arabes et trois coupoles byzantines surélevées; à l'intérieur, trois absides, un vieil autel, un vieux pavement en mosaïque et six colonnes probablement antiques qui supportent les coupoles et les voûtes brisées.
La *Martorana (pi. B C 4), la plus grande de ces églises, a été fondée en 1143, par Géorgios Antiochénos, grand-amiral de Roger I«'; de là son nom ancien de S. Maria delV Ammiraglio. Le parlement de Sicile s'y assembla après l'expulsion des princes d'Anjou. Dans une construction attenante, la R. Suprintendenza dei Monumenti pour les provinces de Palerme, Messine, Girgenti, Trapani; clef pour le tableau du palais Sclafani, etc., v. p. 306.
L'église (entrée, v. ci-desaus), primitivement carrée, à trois absides et une coupole supportée par quatre colonnes, dans le style byzantin, avait été décorée d'excelleute.s mosaïques, probablement par des artistes grecs. Les religieuses du couvent fondé par Aloysia Martorana, qui la possédèrent à partir de 1433, la firent agrandir à l'O. L'abside du milieu fut remplacée en 168-4 par un chœur carré et l'anc. décoration du bas des murs fut enlevée en 1726. Le dôme du campanile fut aussi démoli à la suite d'un tremblement de terre. On a débarrassé l'édifice des additions
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qui le doiiguraieut, pour lui rendre autant que possible sa furme primitive; la vieille abside du milieu a été reconstruite en bois. Dans le portii|ue actuel, deux colonnes avec inscriptions arabes, un chambranle de porte en bois sculpté (xu» s.) et deux mosaïques, sans doute primitivelucut à la façade de l'église: à dr., le roi Uoger, couronné par le Christ; à ff., Gcorgios Antiochénos aux pieds de la Vierge; la tête et les mains de l'amiral sont seules anciennes, le reste est une mauvaise restauration du xvii» s. Un dessin moderne en couleurs au mur de g. montre comment était la décoration primitive. — Les deux étages inférieurs du beau campanile datent de l'époque de la fondation de l'église, les autres du xiii" s., semble-t-il.
De l'autre côté de la via Maqneda, se trouve l'Université (pi. C 3), qui compte env. 1300 étudiants et possède des collections d'histoire naturelle, dont les plus remarquables sont: dans la galerie de zoologie, la collection ichtycdogique; dans celle de paléontologie, les mammifères fossiles; dans celle de géologie, les beaux spécimens de soufre de la Sicile et les objets trouvés dans des grottes.
De la via dell' Università, en prenant à g. la via Pietro Amodei, puis à dr. la via del Ponticello, ou arrive à l'anc. église des Jésuites (pi. B 3), édifice somptueux achevé eu 1683. A côté, la bibliothèque communale, dont l'entrée est dans la rue de l'O., sous un portique dorique, renferme une très riche collectiou de manuscrits et de livres sur l'histoire de la Sicile (216000 vol., 3263 manuscrits) et une collection de médailles arabes; la salle de lecture, ouverte de 9 h. à 4 h., est au 1«'" étage. — Le vicolo S. Michèle Arcangelo conduit à g. (S.) à la piazza del Carminé, où s'élève la CHIESA DEL Carmine Maggioke (pi. B 3), églisc construite au xvii* s. On y voit dans la l'"« chap. de dr. un St André Corsini par Novelli, et dans la -l"^ de dr. une statue de Ste Catherine, de 1521.
Eu faisant quelques pas à l'O. dans la via dell' Albergheria, puis en prenant la seconde rue à dr., le vicoîo Piumetorto, on parvient à la petite piazza délia Paroccbia ail' Albergheria et à la via S. Niccolô d'Albergneria, où l'on découvre au N.-O. la tour normande de l'église S. Niccolù (pl. B 3). D'ici, on peut continuer vers le N. par la via Benfratelli, puis à dr. par la via S. Chiara pour arriver à l'église S. C'hiara (pi. B31, qui possède une Pietà de Novelli, et quelques pas plus loin, au Falazzo Raffadcdi, auc. Pal. Spéciale, du xv« s. — Revenu dans la via Benfratelli, on prend à l'O. la via Porta di Castro tpl. B 2-3), où l'on trouve à dr. une ruelle qui mène au Pahizso del Conte Federico, avec restes peu considérables du moyen âge.
Le Museo Etnografico Siciliano, via Maqueda, 53, fondé eu 1909 par le prof. Gins. Pitre (piazza S. Oliva, 35), le principal promoteur des études ethnographiques en Sicile, sera ouvert eu 1912; il renferme dans ses cinq salles des collections d'ustensiles de ménage et de travail, des mariuiinettes, des costumes du pays, etc. La via Maqueda prend lin à la rmia S. Antoiiiiio (pi. A4), auj. disparue. Au delà, à g., la gare principale (pi. A4; tramway, p. 300), précédée d'un monument de Victor-Emmanuel II par Civilctti
Entre les Quattro Canti et la Porta S. Antonino se détache à g. de la via Maqueda la via Divisi (pi. B 4), qui mène à S. Maria di
Corso Vitt. Em., partie E. PALERME. ^-f-f- S- 24. 311
Tutte le Grazie, petite église goth. du xv^ s., et plus loin à la piAzzA DELLA RivoLuzioNE (pi. B 4), jatlis le Vieux Marché («Fiera Vecchia»), où commença la révolution de 1848. La, statue du Génie de Palerme, enlevée par les Bourbons en 1849, y a été replacée par le peuple en 1860. — Au N., au delà des places S. Carlo et Aragona (à g.), la PIAZZA DELLA Croce de' Vespri (place de la Croix-des- Vêpres); la colonne de marbre, au milieu, surmontée d'une croix et qu'entoure une grille formée de lances et de hallebardes, est une reproduction de celle qui fut érigée en 1737 à la mémoire des Français qui auraient été inhumés ici après le massacre de 1282. L'original est au musée (p. 319). Une inscription dans le coin, à côté d'une colonne du xv"^ s. engagée dans le mur, indique le palais St-Bemy, habité alors par le compagnon de Charles d'Anjou ainsi nommé, qui y fut, dit-on, assiégé.
De la piazza délia Rivoluzione, la via Garibaldi (pi. B 4) se dirige vers le S.; dans cette rue à g., \g palais Aiutamicristo, bâti en 1490 par Matteo Carnevale; il n'a plus d'ancien que la porte (n» 37) et le côté 0. de la cour (entrée par le n» 19; léger pourb. au portier). La première rue latérale conduit à \a piazza délia Magione (p. 314) ; au bout de la via Garibaldi était autrefois la Porta Garihaldi (pi. A 4), par où le héros populaire iît son entrée le 27 mai 1860.
IIL Quartiers de l'E., des Quattro Canti a la Marina.
En continuant de suivre le corso Vittorio Emanuele (p. 308, 309) du côté de la mer, au delà des Quattro Canti, on trouve à g. S. Matteo (pi. C4), qui possède un beau tableau de Novelli, la Vierge et Ste Anne, dans la 4« chap. à g., et des statues de Serpotta. Plus loin, à g., \a. piazzetta Marchese Arezzo, où était encore au xvi"^ s. la porte de Mer de la vieille ville, et d'où part à g. la salita di S. Antonio. Au bout de cette dernière se voient, à g., des constructions intéressantes du moyen âge, entre autres la Casa Normanna qui a huit fenêtres gothiques (n»^ 24-30). — Immédiatement après, dans la via Roma, qui débouche à g. (v. ci-dessous et p. 316, 323), l'église S. Antonio (pi. C 4) à dr., construction de plan rayonnant du commenc. du xiii<= s. Originairement du style byzantin, comme la Martorana et S. Cataldo (p. 309), mais reconstruite plus tard dans le style goth. flamboyant, cette église a été restaurée et fortement modernisée après le tremblement de terre de 1823.
La large via Roma, percée de 1895 à 1909 à travers les étroites ruelles où la vie populaire bat son plein (v. p. 302), s'étend jusqu'à la via Ingham. A côté de S. Antonio, on entre à dr. dans la via Argentcria où l'on remarque à g. (n" 31) l'intéressante façade renaissance de S. EidaUa dei C'atalani, et qui mène à la piazza Garaffello (pi. 0 4) pleine d'animation, dont le no 16, l'anc. Loggia dei Genovesi, est décoré sur le devant d'un buste de Charles-Quint.
Plus loin, sur le cours, on arrive à dr. à une rue transversale, la via Aless. Paternostro, qui conduit à S. Francesco d' Assis! Bsedeker. Italie méridionale. 15» éd. 20
312 Iir.li.24. PALERME. Corso Vitt. Eni.,jwrtie. E.
(pi. 0 4; «le 1277), sur la place du iiiêinc nom. Le f^rand portail •le la faijade ()., de 1302, est encore construit dans la manière romane, en retrait, avec colonnes et ornementation zigzaguée; audessus, une jolie rose. L'intérieur modernisé a tles fresques endommagées de Niivelli, des bas-reliefs pleins de vigueur par Fr. Laurana (14()8), représentant des pères de l'Eglise et des évangélistes, ces derniers probablement par un de ses collaborateurs, Pietrn da Boni aie, sept statues en stuc par Giac. Serpotta (1723) et dans le chœur, de riches stalles par Œgli (m. 1534). — Au sortir de l'église, on se dirige à dr. dans la via ImmacolatcUa, où se trouve, au n» 5, I'oratoire de St-Laurent (S. Lorenzo). On entre dans la cour pour monter un escalier à g. et frapper à la porte. En général, on n'y trouve quelqu'un que le matin, vers 8 h., et l'aprè.s-midi, vers 3 h. Cet oratoire possède d'excellentes sculptures en stuc par Serpotta, une Nativité par le Caravage et des bancs incrustés et sculptés du xviii* s. La via Immacolatella aboutit à la via del Parlamento, on est l'anc. couvent de S. Fra7icesco, siège du Parlement sicilien en 1848. — Plus loin dans la via A. Paternostro, à dr., n" 48, le palais Briuccia, auparavant Cattolica, qui a une belle cour.
Pins loin, sur le corso Vittorio Emanuele, s'ouvre à dr. la piazza Jfarina (v. ci-dessons); à g., le palais des Finances (pi. C4-5), et en face la fontaine du Garaffo, par Amato (1098). Au coin de la via di Porto Salvo, S. Maria di Porto Salvo, église renaissance fondée en 1524 et raccourcie en 1581. Au commencement de la petite rue latérale qui descend à la mer et mène à la Cala, petit port protégé à l'E. par une jetée, se trouve la petite église S. Maria délia Catena (pi. C 5), ainsi nommée à cause de La chaîne qui fermait jadis le port. Elle a été reconstruite au xvi^ s. sur les fondements d'une église plus ancienne; son charmant porche, d'où l'on jouit d'une vue intéressante sur le port, présente les arcades surbaissées propres à la transition du goth. à la Renaissance. L'intérieur est également remarquable par ses colonnes de marbre, ses gracieux chapiteaux et ses arcades en plein cintre on brisées.
A l'extrémité du cours, à dr., la piazza S. Spirito (pi. C 5); à g., Vhospice des enfants trouvés (pi. CD 5, auj. Asilo per gli Eniigranti), qui porte le même nom et fut reconstruit en 1608. — La Porta Felice (pi. C 5-6), au fond de la place, doit son nom à Felice Orsini, femme du vice-roi Colonna. C'est une jolie construction de stj'le baroque, commencée en 1582 et à laquelle on a ajouté en 1644, du côté de la mer, les fontaines et les statues qui ne contribuent pas à l'embellir. 1/escalier à dr. de la place conduit à la terrasse Mura dei Cattiii devant le palais Butei'a (vues).
La PIAZZA Marina (pi. C 5) est pres(iue entièrement occupée par le *Jardin Garibaldi, dont les arbres superbes rappellent les tropiques. Dans l'angle S., l'église /S'. Maria dei Miraeoli, de
Piazsa Marina. PALERME. ///■ ^-24 31 3
1547. En face, à l'E., le palais Chiaramonte, noiiimé d'orrlinaire la Steri (ïïosterium), construit à partir de 1307 par la famille la plus paissante de la ville au xiv® s. Après l'exécution d'André Chiaramonte, en 1392, le palais fut assigné aux tribunaux. Plus tard, habité par les vice-rois, et, à partir de 1600, siège de l'inquisition, il est redevenu de nos jours le palais des tribunaux (Palazzo dei Trihunali).
Une des salles a con.servé son plafond en bois peint de 1.S77 à 1380 par Simone da Corleone et Cecco di Naro, curieux spécimen du mélange des styles byzantin et arabe, tant dans le sujet que dans sa représentation, avec des essais naïfs d'une manière purement sicilienne (tel que le prétendu St Georges); on en voit une partie dans le corridor toujours accessible au public, d'où l'on voit aussi une m;ignifique fenêtre normande à trois baies, pratiquée dans la paroi de la salle donnant sur la cour.
Eu passant par la porte de dr. du palais («dogana», douane), on arrive dans la belle cour et à la chapelle, S. Antonio Ahhatc, dont la façade est restaurée.
Au S. de la place est \q palais S. Cataldo, construction moderne à g. de laquelle le vicolo Palagonia conduit au vieux palais situé derrière, bel édifice du commencement de la Renaissance, dont on ne voit de la ruelle que quelques fenêtres.
De l'angle S.-E. de la place, on arrive par la via Quattro Aprile à la VIA Alloro et au couvent de la Gancia (pi. BC 5), connu comme le centre de l'émeute fomentée par Francesco Riso le 4 avril 1860.
L'ÉGLISE qui en dépend date du xv s. Dans la 2» ehap., à dr., la Vierge de Monserrato par Ant. da Palermo (1528). Après la 5» cbap., la chaire, ornée de sculptures (la Résurrection du Christ et les Evangélistes), et aux piliers du chœur deux demi -figures (l'Annonciation) par Ga(/ini. Le chœur a de belles stalles. A côté, à g., un Mariage de la Vierge par Vinc. di Paria. Se chap. à g., St Pierre d'Alcantara par Noi^elU.
Plus loin, à l'E., via Alloro, le palais Ahbatelli, de 1495, particulièrement bien conservé à l'extérieur, avec tour crénelée et portail goth. curieusement décoré; il sert maintenant de couvent aux religieuses de la Pietà. Au bout de la rue, l'église de la Pietà (pi. C 5), construction baroque de 1680. — La salita délie Mura dei Cattivi, en face, conduit à la terrasse qui s'étend devant le palais Butera (p. 312).
En prenant à la Pietà la via Torremuzza, ou va à l'église S. Teresa, sur la piazza dblla Kalsa (pi. B 6), dont le nom, de l'arabe «el-Khalisa» (la pure), était celui du quartier. A l'E. s'élève le palais Forcella, maintenant pal. Baucina, avec la Porta dei Gred (pi. B 6), ainsi nommée à cause des Grecs qui habitaient le faubourg au moyen âge.
A g. de S. Teresa, la via S. Teresa mène à la piazzetta dello Spas:imo (pi. B 5), où l'on remarqua à dr., au coin de la piazza délia Vittorla allô Spasimo, l'angle d'un palais de la Renaissance commencé en 1542; au rez-de-chaussée est la vieille petite église de S. Maria dellaVittoria (pi. B 5). On montre, dans la 1 ■"« chap. à dr., la porte par laquelle Robert Guiscard pénétra dans la ville (ouverte
314 m. n. 24. PALERME. Marina.
spuleiiient jusqu'à 8 h. du mat.; 1 fr. de pourb. au bedeau pour découvrir l'autel). — Plus haut, à g. de la piazzetta, on aperi^ioit l'énorme arc de l'église S. Maria dello Spasimo (pi. B5; entrée, quebiues pas pluS loin, au commencement de la piazza Vitricra, à g., par le Cortile Belle Arti; clef à la Martorana, v. p. 306, au pal. Sclafani), commencée en 15(H5, mais plus tard partiellement démolie. C'est pour cette église que Raphaël a peint son Christ portant la croix, maintenant à Madrid; le couvent dont dépendait l'église est actuellement un hôpital. — En passant par la petite piazza Vitriera, on se rend, plus loin vers le S.-O., à la piazza della Magione (pi. B 5), vaste étendue d'un aspect assez désolé. C'est 1:\ que se trouve, au débouché de la via Castrofilippo, à g., l'église de la Magione fondée en 1161 par Matteo d'Aiello, pour les cisterciens, et donnée en 1193 par Henri VI à l'ordre Teutonique. On arrive à l'entrée, gâtée par un portique moderne d'ordre dorique, en poursuivant plus loin à g. (0.) par le vicolo Magione. Lors d'une restauration faite à la fin du xix® s., on a découvert des traces d'un plafond en bois peint, datant du xii« s. Dans le bas côté de dr., des dalles de pierre désignent les tombeaux de chevaliers de l'ordre Teutonique, du xv« s.
La *Marina, quai nommé aussi Foro Italico et officiellement Foro Umberto I (pi. CB6), au S., le long de la mer, à partir de la Porta Felice (p. 312), offre une niagnilique promenade, avec de très belles vues au S. jusqu'au promontoire du mont Catalfano et au N. sur le mont Pellegrino. Dans la bonne saison, c'est le rendez-vous du monde élégant de Païenne, qui s'y presse chaque jour pour le corso de 6 h. et le concert de t> h. du soir.
A l'extrémité S. du quai, la *Villa Giulia ou Flora (pi. B A6; entrée, via Lincoln, qui conduit à l'O. à la Porta S. Antonino) est un des plus beaux jardins publics de l'Italie, créé en 1777, considérablement agrandi et embelli en 1872. Des arbres tels que l'oranger, le citronnier, l'erythrina corallodendron, le cercis siliquastrum, etc., y embaument l'air, au printemps, du parfum de leurs fleurs. Deux lions de marbre (1904) décorent le portail principal du côté du Foro Umberto. En face de l'entrée de la via Lincoln, au bout du jardin, un monument élevé aux frères Canaris, les héros grecs modernes, par Ben. Civiletii, l'œuvre la plus considérable de l'école actuelle de Palerme. Le chansonnier Giov. Meli (p. 295) y a aussi un monument insignifiant, qui se trouvait autrefois sur la piazza della Kalsa (p. 313).
On visitera aussi avec intérêt, derrière la Flora, le *jardin botanique (pi. AB6), qui est fort riche. 25 à 50 c. au jardinier.
Outre une belle alitée de dattiers et de cycas reroliita, il y a eiioi>re d'autres dattiers remarquables, diverses variétés de cocotiers, de beaux spécimens de lataitia borbonica, de cori/pha aiiiftralig et de musa eimete; au fond ilu jardin, tout un plant de bananiers, îles bambous atteignant jusiiu'ii 15 m. de hauteur, de beaux strétitzia, wigamiia, jthilo-
Via Maqueda, paHie N. PALERME. I^^- ^- 24. 315
dendron pertuaum, des Tnyrtacées australiennes de toute espèce, un cannelier (cimiamomum ceylanicum), des mélaleuques, etc. ; une belle collection de méseinbryauthèines ; dans la serre chaude, deux caféiers (coffea arabica) et de magniliques bougainvilles, couverts de fleurs en mars et en avril ; ils prospèrent du reste à Palerme dans les endroits abrités. Dans un bassin, des touffes de papyrus.
Le tramw. qui passe à l'E. de la Villa Giulia continue jusqu'à la gare du chem. de fer de Corleone (p. 352) et plus loin jusqu'à Romagnolo (bains de nier, p. 300). Le chemin, qui de là longe la côte dans la direction de l'E., offre une promenade agréable surtout le matin ou par une grosse mer, tout en permettant de jouir d'une vue admirable.