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I riiiloinelri
De Païenne à Trapani. CALATAFIMI. III- K- 26. 337
du golfe de Castellammare que bornent la Punta di Raisi à l'E. et le cap S. Vito (p. 350) à l'O. — La voie parcourt de grandes dunes, le long de la mer, et atteint l'embouchure du Fiume S. Bartolomeo, formé du Fiume Freddo et du Fiume Caldo.
73 kil. Castellammare del Golfo (buffet). La ville, jadis port de Ségeste, est située au bord de la mer, à l'O.; elle compte 20665 hab. et fait encore un grand commerce (voit, de la gare en ville en 20 min., «un posto» 40 c; hôt. : Jolanda, Tre Stelle, ch.l fr.). — Pour Ségeste, v. ci-dessous et p. 338.
La voie s'éloigne de la côte et tourne au S. pour remonter la vallée du Fiume Freddo, le Crimise des anciens. — Trois tunnels.
80 kil. stat. Ségeste. Bien que tous les trains ne s'y arrêtent pas (v. p. 336), c'est pourtant d'ici que l'excursion aux ruines (v. cidessous) est le plus commode. La route à l'E. monte à Alcamo, distant de 6 kil.
83 kil. Alcamo -Calatafim,i. La gare (buffet très modeste) est entre les deux localités. Service autoni. pour Alcamo (6 kil. au N.-E.); voit, et onin. pour Calatafimi (9 kil. au S.-O.; montée en 2 h., 2 fr. la place). Pour Ségeste, v. ci-dessous et p. 338.
Alcamo (255 m.; Alb. e Ristor. Sicilia, ch. 1 fr. 50 à 3, bon), ville de 51 146 hab., d'origine arabe, a encore un caractère étranger. Ce fut seulement Frédéric II qui remplaça, en 1233, après une émeute, la population sarrasine par des chrétiens. Bâtie sur l'emplacement de l'anc. Longaricum, la localité présente çà et là quelques constructions et œuvres d'art du moyen âge et de la Renaissance, telles que le château fort qui sert de prison, le portail de l'église S. Tommaso (xiv« s.), puis des sculptures d'Ant. Gagini et de son école à la cathédrale, la Madrice (xvn« s.), le vieux campanile de celle-ci, d'autres sculptures à S. Francesco d'Assisi, des figures en stuc de Giac. Serpotta à S. Chiara et cà la Badia Ntiova, et une Vierge de Ruzulone (?) dans l'église S. Maria del Gesù. La montagne qui domine cette ville au S., et d'où l'on découvre une vue admirable, est le mont Bonifato ou délia Madonna delV Autu (Alto; 825 m.). La maison qu'on dit être celle de CiuUo d'Alcamo, poète sicilien du xni« s., est d'une date plus récente.
Calatafimi (310 m. ; gîte médiocre à l'auberge de Samuel Butler, via Garibaldi, ch. 1 fr. 50, faire prix), dans un site élevé, est une ville de 11374 hab. Hors de ville, à l'O., un sentier commode conduit sur la colline où il y a un vieux château (340 m.). Beau coup d'œil sur le temple de Ségeste et les montagnes environnantes. — Le champ de bataille de Calatafimi, où Garibaldi remporta sa première victoire sur les troupes napolitaines, le 15 mai 1860 (p. 291), est à 3 ou 4 kil. au S.-O.; on y a érigé un monument en 1892.
Les ruines de Ségeste ne sont pas loin de la route qui relie Castellammare à Calatafimi et sur laquelle débouche à mi-chemin la
338 llIlt'Jb: SEGESTK. De ralermc
route (|ui vient de l;i stat. de Ségeste. En cas d'arrêt du train à cette dernière station {v. p. 33G), c'est de là ([u'il est préférable de visiter les ruines. On n'y trouve des voitures que pendant la saison des voyaj^es, tandis (|u'il s'en trouve presque toujours aux deux autres points de départ, les stations de Castellainniare et d'Alcamo-Calatalinii. Pour éviter des contretemps, on commandera sa voiture la veille par l'entremise de l'hôtelier.
L'excursiou complète, y compris le temps d'arrêt pour voir les ruines, demande à partir de la stat. de Sépceste, en voit. 4 h. à 5 h., à pied env. t! h. ; de la stat. de Gastellamniare, en voit. env. 7 h. ; de la ville de Calatafinii -i à 5 h. en voit., 5 à (> h. à pied; do la gare de Calatafimi 3 à 4 h. de plus. — Les voiTUKES ne vont pas plus loin que le passage de la Gagpera (v. p. 339; de là, encore 35 min. jusqu'au temple), à 7 kil. 5 de la station de Ségeste, à 15 kil. 250 de la gare de Castellanimare, à 4 kil. 5 de la localité de Calatafimi, à 13 kil. 5 de la gare d'AIcamo -Calatafimi. Les prix (s'entendre à l'avance!) sont les suivants: chez Griov. Albertini à Castellammare, pour la course de la gare de Castellammare et retour, „baroccino'' à 1 chev., 1 pers. 5 fr., 2 pcrs. 9 fr. ; à 2 chev., 2 ou 3 pers. 15 fr. ; de la station de Ségeste, „baroccino" ô fr., à 2 chev., 2 pers.. 9 à 10 f r. ; chez Franc. Magro-Lucido ou Léon. Denaro à Calatafimi, de la gare d'AIcamo -Calatafimi et retour, à 1 chev., 1 ou 2 pers. 10 fr. ; à 2 chev., 3 ou 4 pers. 15 fr. ; de la station de Ségeste, à 1 chev. 8 fr., à 2 chev. 12 fr. ; de plus, chaque fois un pourb. Aux gares, on trouve souvent des voitures d'occasion meilleur marché. — Les piétons descendent à la station de Ségeste (vin chez le garde-voie); si le train ne s'y arrête pas, ils s'y rendront de la gare d'AIcamo -Calatafimi en longeant la voie pendant •''/4 d'h. — Les agences de voyages à Palernie (p. 301) organisent pour sociétés des excursions (env. 25 fr. par pers.) en utilisant le train jusqu'à la stat. de Ségeste ; dans ce cas, toutes les voitures disponibles sont ordinairement retenues d'avance. Automobiles de Palermc, v. p. 301.
La route qui part de la station de Ségeste décrit une courbe à l'O. et rejoint au bout de 2 kil. la route de Castellammare (v. ci-dessous; à 7 min. au N.-O., sources sulfureuses). En suivant cette dernière vers le S.-O., on aperçoit bientôt à dr. sur la hauteur le temple qui, il est vrai, ne se détache qu'indistinctement de la paroi de la montagne. A 3 kil. du ])oint où les deux routes se rejoignent, on trouve un bon puits; 1 kil. 5 plus loin, un peti't pont d'où l'on descend vers la rivière en face d'une colline rocheuse; encore Ikil. plus loin, le passage de la Gaggera décrit p. 339.
La route de voit, qui part de la gare de Castellammare et d'où se détache, 1 kil. plus loin, à dr., une route directe conduisant ;i la ville, rejoint, 2 kil. au delà, la grand'routc de Castellammare à Calatafimi. Là où celle-ci franchit la gorge profonde du Fiitme Caldo, VHelhesos de l'antiquité, à une distance d'env. 9 kil. de la gare, on rencontre six sources thermales sulfureuses, déjà reconnaissables à leur odeur, qui jaillissent au bord et dans le lit de la rivière; c'est là qu'étaient les anciens thermes de Ségeste. — 750 m. plus loin débouche à g. la route qui vient de la station de Ségeste (v. ei-dessus).
Si l'on vient de Calatafimi, on quitte la ville du côté N. (le château, p. 337, reste à g.) et on suit la route de Castellammare en descendant la belle vallée bien arrosée, où l'on aperçoit bientôt à g.,
à Tmpani. SEGESTE. ///• ^. 2b: 339
par une brèche de la montagne, le temple situé sur la hauteur. Au bout d'env. 40 min., la route traverse un ruisseau qui, un peu audessous du Torrente Pispisa, va se jeter dans la Fiumara Gaggera, une des sources du Fiume Caldo. A 50 min. env. de Calataiimi, 4 min. après la maison que des toiles métalliques protègent contre la malaria, au delà d'un autre petit pont que franchit la route et où il faut quitter la voiture, un large sentier descend à g. en 3 min. à la Fiumara (après une forte pluie, ou ne peut la franchir qu'à dos de monture ou par la passerelle qu'on trouve 1 kil. en amont; de là, un sentier mène au N. à la via del Tempio à travers des propriétés particulières). De l'autre côté, un chemin étroit, dit via del Tempio (monture agréable par un temps pluvieux), mène directement en 25 min. sur la hauteur, à une ferme où demeure le gai'dien (bonne eau; pain et vin). De là au temple, v. ci-dessous (au gardien, 1 fr. pour la conduite).
Ségeste, VEgesta des Grecs, une des villes les plus anciennes de l'île, paraît avoir été fondée par les Elj'miens. C'est ce qui occasionna des guerres continuelles entre elle et les Grecs, quoiqu'elle eût pris avec le temps les mœurs de ceux-ci.
Les Grecs ont cru que les habitants d'Egeste descendaient de Troyens qui vinrent s'établir dans le voisinage , au bord des sources thermales situées près du Fiume Caldo (v. p. 338), et se confondirent avec les Elymiens, mais la critique moderne conteste le fait. Ce n'est d'ailleurs que plus tard, sous la domination romaine, que la légende de la fondation de la ville par Enée prit naissance. Ses habitants, menacés par ceux de Sélinonte, appelèrent les Athéniens en Sicile en 416 av. J.-C, puis, après la défaite de ceux-ci devant Syracuse (p. 429), les Carthaginois, qui détruisirent Sélinonte en 409 (v. p. 342). Plus tard, Ségeste embrassa la cause d'Agathocle, mais, en 307, elle fut victime de la cruauté du tyran, qui, au retour de sa malheureuse expédition en Afrique, chercha à rétablir son autorité en Sicile par de terribles représailles. La plupart des habitants furent mis à mort et remplacés par de nouveaux colons, et la ville porta désormais le nom de Dicéopole. Dans la première guerre punique, les habitants prirent parti pour les Romains et rendirent à leur ville son ancien nom de Ségeste, celui d'Egeste prêtant à équivoque (egestas, pauvreté). En récompense de leur fidélité et par égard aux traditions troyennes de leur cité, les Romains relevèrent celle-ci, ce qui n'empêcha pas Verres de lui enlever la statue en bronze de Diane, que les Carthaginois avaient autrefois emportée en Afrique et que Scipion l'Africain lui avait rendue.
De la ferme mentionnée ci-dessus, on monte en 10 min. au '"*TEMPLE, situé en dehors de la ville antique, à l'O., sur une colline de 304 m. de hauteur, un des monuments les mieux conservés de la Sicile, et qui, au milieu d'une contrée désolée, dans un admirable cadre de montagnes, fait, par les lignes simples et imposantes de son architecture, une impression profonde. Cet édifice, qui ne fut jamais achevé, repose sur 36 colonnes doriques (6 de front) qui supportent encore tout l'entablement et ses frontons; elles sont sans cannelures, et les degrés du soubassement montrent encore des pièces qui ont servi à les transporter; la cella n'est pas même commencée. Le temple date de la seconde moitié du ¥•> s.
340 ///■ R- 26'. CASTELVETKANO. ^^« Pulerme à Trapani.
fc!a longueur, y compris les degrés, est de Gl m. 15, sa largeur de 2G m. 30. Ses colonnes ont '.) ni. 30 de hauteur avec les chapiteaux, sur 1 ni. yO de diamètre à la base, et elles sont éloignées l'une de l'autre de 2 m. 50. Les architraves ayant commencé à céder, on en a relié une partie par des barres de fer. Sur le derrière, l'entablement dorique, avec ses gouttes, est bien conservé.
Un sentier qui part du temple dans la direction du S.-E. conduit en 25 min. env. à la ville proprement dite, située sur le mont Varvaro. Le *théâtre qui s'y trouve est remarquable; la vue y est magnifique: en face, par delii la scène, le mont Inici (1064 m.); à g., le mont Sparagio (1129 m.); à dr., le Bosco di Calatafimi et le Fiume Caldo avec les thermes de Ségeste (p. 338), la ville d'Alcamo et le golfe de Castellammarc. Le diamètre du théâtre, qui est taillé dans le roc, est de G3 m., celui de la scène, de 27 m. 60, celui de l'orchestre, de 16 m. 50. Les gradins sont divisés en sept secteurs (cunei); la vingtième rangée, devant le palier, a des dossiers. A la paroi antérieure de la scène, restes de deux Satyres de l'époque romaine; près de là, restes de maisons avec pavements en mosaïque grecs et romains. — A dr., à côté de la scène, un sentier, assez escarpé à la fin, descend en 6 min. env. à la maison du gardien.
Suite de la ligne de Trapani. — 94 kil. Gribellina. — 104 kil. S. Ninfa-Salemi, stat. desservant deux villes assez éloignées. A 6 kil. 5 à rO., sur la hauteur (442 m.), Salemi, ville de 10759 hab., l'auc. Halikyœ, est dominée par un château eu ruine. La voie traverse plusieurs hauteurs par quatre tunnels. La contrée est ensuite plus uniforme, mais elle s'anime à l'approche de Castelvetrano.
120 kil. Castelvetrano. — Voitures de la gare en ville: une place («uu postu"), ôO r. — HôTKy.s (faire prix; v. p. xix): Alb. Bixio, piazza Principe di Napoli (cli. 2 (r. li 3.50), Alb. Palenno-Selinutite (cli. 2 fr. 50), tous deux avec restaur. — Voitukks (à 2 chev.) chez Lombardo, pour Séliuonte ou les carrières de Campobello, euv. 10 à 20 fr. aller et retour, pour 1 il 4 personnes; pour Sciacca, 40 fr. (examiner tout d'abord la voit.).
Si l'on a peu de temps, ou visitera, k condition de partir do bonne heure (chem. de fer, p. 341), le matin Séliuonte et à midi les carrières antiques de Campobello (en voit, de Castelvetrano aux carrières, v. p. 345, ou à pied directement de Sélinonte à Campobello, p. 344), i)our prendre le train du soir de Campobello il Trapani. Emporter des provisions! — En automobile (v. p. 301), la distance, du passage de la Gaggera (p. 339) à Castelvetrano, est de 45 kil.
Castelvetrano (190 m.) est une ville de 21 507 hab., sur un plateau fertile qui appartient aux ducs de Monteleone-Pignatelli et dont les habitants jouissent par baux héréditaires. Vaste panorama du haut du campanile, à côté du palais JVlonteleone. L'église /S', iiiovanui, qu'il faut se faire ouvrir, renferme une statue de St Jean- Baptiste par Ant. Qagini, de 1522. S. Domenico (clef à l'hôtel de ville) est riche en ligures de stuc et en légendes d'Ant. b'errara (1577); elle possède aussi une Vierge en marbre par Dom. Gagini. Au
Porto iJSmprdorle *
De Pcderme à Trapani. SELINONTE. III- R- 26. 341
collège, petit musée (Museo Municipale) d'objets antiques provenant de Sélinonte, entre autres une statuette archaïque d'Apollon en bronze, et des terres cuites intéressantes. — A3 kil. 5 à l'O. de Castelvetrano se trouve l'église normande de S. Trinità délia Délia, du xii^ s., auj. l'estaurée, propriété de la famille Saporito. De Castelvetrano, Va h- de chera. de fer mène à (11 kil.) Partanna (407 m.; Alb. Centrale), ville de 14 227 habitants.
Excursion de Castelvetrano a Sélinonte. La ligne de Castelvetrano à Sciacca (v. p. 351) a été ouverte en 1910 jusqu'à Sélinonte (13 kil. en V^ h., 1 fr. 25, 60 c, ail. et ret. 1 fr. 85, 85 c). Pour le moment, il n'y a que 3 trains par jour, à l'aller comme au retour, si bien qu'il est souvent préférable de prendre une voiture (p. 340; 1 h. ^4 à 1 h. '/a! ^^ course à pied, peu agréable, demande 2 h. '/g)- La visite des ruines demande de *2 à 4 h. Provisions de bouche, v. p. 340. — La ligne se détache de celle de Trapani au S.-E. de Castelvetrano et descend lentement vers la mer à. travers une contrée fertile, mais assez uniforme, égayée çà et là de quelques chêneslièges. La halte de Sélinonte est sur le chemin carrossable, à 5 min. à l'E. de la colline orient, que couronnent les ruines des temples. — Le chemin des voitures suit d'abord la route de Sciacca, traverse la ligne de Trapani à l'angle S.-E. de Castelvetrano, puis, 500 m. plus loin, la voie de la nouvelle ligne qu'il longe ensuite à g. pour passer à 2 kil. 5 de là le Modione entre deux moulins; 5 kil. plus loin, il continue tout droit vers le S., tandis que la route tourne à g. (v. p. 351) et qu'à dr. un autre chemin carrossable mène dans la campagne; la route de voit, de Sélinonte tourne enfin à dr. à 3 kil. 5 de cet endroit vers les ruines des temples sur la colline à l'E. (p. 344), où est la Casa Florio (bon vin). L'acropole est sur la colline à l'O. La vallée qui la précède est marécageuse en temps de pluie, et on ne peut alors la traverser que par le chemin de voitures.
On posera pour condition que la voiture ira jusqu'à l'acropole, qu'on visitera d'abord et d'où l'on se rendra, si l'on en a le temps (env. 1 h.) et la force, à la nécropole à l'O. au «lelà du Modione (p. 343); ensuite on ira voir les temples de la colline à l'E., où la voiture attend à la Casa Florio. Si l'on est venu par le train, on fera la visite dans le même ordre (si l'on veut aller à pied de la nécropole à l'O. du Modione à Carapobello, comme il est indiqué p. 344, on commencera par la colline de l'E.). Un guide est tout à fait superflu, vu que tout est ouvert et que la carte ci-contre permet de s'orienter; il y a du reste, dans les ruines de la colline de l'E., grâce à M. Salinas, directeur des fouilles (V. p. 316), un sentier qui mène aux diverses curiosités. — On trouve un gardien (custode dei monument!) près des temples à l'E. ou à l'acropole où il y a, dans la Casa délia Commissioue (Torre di Polluée), une chambre (sala dei visitatori) avec des plans de Sélinonte à la disposition des visiteurs. Pas de restaurant ni de logement pour la nuit. — Voir Hulot et Fougères, Sélinonte. Reconstitution d'une ville grecque en Sicile (Paris 1910; liOfr.).
34'i ///. K. 2fi. SELINONTE. De Palerme
*Sélmonte a été fondée en G28 par une colonie de Mégare- Hybléenne, sous rumuiilus. C'était la colonie la plus occidentale des Grecs en Sicile, l'ainniilus construisit sa ville sur une colline de 47 m. de haut, au bord de la mer, à l'E. du fleuve Sélimis (Modione); elle s'étendait bientôt sur le plateau contigu au N., vers l'intérieur des terres. En face, à l'E., est une colline séparée de la première par une vallée marécageuse, dite Gorgo di Cotone ou Gorgo Galici, au dessèchement de laquelle travailla Einpédocle. Il se forma là au vi"^ s. une enceinte sacrée, dont les habitants de Sélinonte construisaient les temples, lorsque Annibal Gisgon ruina la ville pour toujours, en 409.
Les luttes des Sélinontais avec les Sége.stains, leurs voisins, amenèrent l'intervention des Athéniens en 415 av. J.-O. et six ans plus tard celle des Carthaginois dans les ati'aires de la Sicile. Annihal Gisgon, allié de Ségeste, attaqua la ville à la tète de 100000 hommes. Les secours de Syracuse arrivèrent trop tard; KîOOO habitants furent massacrés, 5000 emmenés en Afrique, 2C>00 seulement parvinrent à se sauver à Agrigente. Depuis, Sélinonte ne s'est plus relevée. Hermocrate, patriote banni de Syracuse, y amena une colonie en 407, mais elle ne put jamais reprendre de forces sous la domination de Carthage. Elle fut définitivement détruite dans la première guerre punique, et ses habitants emmenés à Lilybée, l'an 250 av. J.-C. L'emplacement de la ville resta presque abandonné, k cause de sa situation malsaine. A l'époque chrétienne , des ermites y établirent leurs cellules entre les temi)les. Les mahométans l'appelaient Rahal el-Asnam, c'est-h-dire «village des idoles»; ils y résistèrent au comte Roger. Jusque dans ces derniers temps, le peuple donnait^ Ji ces ruines le nom de «Pilieri dei Giganti» (piliers ou gibets des Géants). Les temples ont dû s'écrouler par suite de tremblements de terre, à une époque inconnue, et ont été peu à peu recouverts par le sable. L'ache sauvage (en grec sélinon), dont l'image se trouvait sur les monnaies de la ville, croît encore partout sur ses ruines. C'est ici que les métopes qui sont au musée de Palerme (p. 317, 318) ont été découvertes en 1822 et 1892. Le gouvernement italien a fait entreprendre des fouilles systématiques.
La COLLINE DE l'O., sur laquelle était la ville primitive, dite Vao'opole, était complètement entourée de murs, qui furent détruits l'an 409 av. J.-C, mais rétablis dans l^ur partie supérieure en 407 avec les débris d'autres constructions. Deux rues principales traversaient ce quartier de l'E. à l'O. et du S. au N. , et dans ces rues débouchaient à angle droit des rues latérales. C'est au point de croisement des rues jjj-incipales que se trouvent, à l'E., les ruines les plus importantes de l'acropole, c.-à-d. quatre temples orientés à l'E. Pour l'époque de leur fondation, v. p. 344. Les trois plus grands étaient entourés de portiques. On ne sait à quelles divinités ils étaient consacrés. Celui du S. est désigné comme temple A; il avait 6 colonnes :\ l'E. comme à l'O. et 14 sur chacun des côtés. Au S. de ce temple se trouve le fondement d'un édifice de destination inconnue qu'on nomme O. De l'autre côté de la run dirigée de l'E. à l'O., le petit temple appelé temple B qu'il faut reconstituer sans colonnes avec vestibule ionique ou dorique. Plus loin, le temple C, le plus ancien de Sélinonte (métopes, v. p. 317), i\ pour-
à Trupani.
SELINONTE.
tour (double à l'E.) de 6 colonnes sur 17, en partie monolithes. Ensuite vient le temple D, moins ancien que le temple C, à pourtour de 6 colonnes sur 13, mais à cella longue et étroite; les antes (p. XLviii) avaient la forme de colonnes ; devant l'angle S.-E. se trouve l'autel des sacrifices. L'acropole renferme encore les fondations de beaucoup d'autres édiiices, des maisons de date moins ancienne et des tombeaux avec des squelettes; les croix sculptées dans les architraves renversées prouvent que les maisons ont été construites par des chrétiens. — On a découvert au N. de l'acropole des restes des fortifications reconstruites en 407 par Hermocrate, avec des bastions ronds aux angles E. et 0., une tour semi-circulaire sur le devant {M, prétendu théâtre) et un fossé {«trineea b») où sont compris des chapiteaux et des triglyphes plus anciens. Les arches du pont qui traverse le fossé ne sont pas voûtées, mais couvertes d'assises eu encorbellement ; le passage e dans le mur
au N. de l'acropole a un plein cintre taillé dans un seul morceau de pierre. Il y a à l'E. un puits avec des tuyaux en terre cuite. On a trouvé dans le voisinage en 1892 les trois métopes mentionnées en dernier p. 318. Plus loin s'étendait la ville proprement dite, dont il subsiste seulement quelques restes de murs. — Plus loin encore vers le N., sur les hauteurs entre les maisons Galera et BagliazzOy se trouvait l'une des nécropoles.
L'autre nécropole était à l'O. du Modione, près de la maison Messana (ci-devant Gaggera), sur les flancs de la colline de Mmiicalunga. Au delà du Modione, on rencontre d'abord des restes des
Bœdeker. Italie méridionale. 15° éd. 22
■su m. i<- '■16.
SELINONTK.
De l'alerme
propylées (iv« s.) qui ont aussi servi de temple (probablement d'Hécate, d'après uno inscription), et formaient l'entrée de l'enceinte sacrée mise au jour depuis 1S91 ; dans cette enceinte, plusieurs autels (le plus j^rand, loniç de Ki m., entre les propylées et le temple), des stèles funéraires; plus haut, un temple tripartite du vi* s., sans colonnes, à corniche égyptisante, qu'une inscription a fait reconnaître comme le Megaron de Cérès; tout autour, on a découvert d'innombrables statuettes en terre cuite, etc.
De la nécropolo de Gaggera, ou va ii pied en 2 boune» licuies à Campobello (p. 345) par un sentier qu'indique le gardien, on montant au N.-O. sur la dune jii.s(iu'à la route («stradale») de Castclvotrano; on suit alors cette dernière dans la direction du N. jusqu'à l'endroit où se détache à g. un chemin qui Icjnge la ligne du télégraphe. — Avec un guide, on peut aussi suivre le chemin antique à travers des terres on culture; il mène à rO. tout droit aux anciennes carrières; v. la carte.
La t:oLLiNK i>E l'E. ne présente pas d'autres ruines que les *restes de trois temples à colonnes, épars dans les champs et encore imposants malgré leur écroulement complet. Le lemjile E, celui du S., à 6 colonnes sur 15, était dédié à Junon ; cinq de ses métopes sont à Palerme (p. 31H). — Le temple F, celui du milieu, à colonnes (6 sur 14, double rangée à l'E.) reliées par des clôtures de pierre, contenait les deux moitiés inférieures de métopes découvertes en 1822 (p. 318). — Le temple G, le dernier, qui est avec le temple de Jupiter à Agrigente et le Didyméo de Milet le plus grand qu'aient bâti les Grecs, était inachevé, ainsi que le pi-ouvcnt les colonnes (huit sur dix-sept) presque toutes sans cannelures. On y a trouvé une inscription qui le désigne comme un temple d'Apollon; le vestibule est d'une profondeur double et la cella à trois nefs a des colonnes intérieures monolithes. Un sentier, à l'E., traverse les parties les plus importantes du temple. D'après Puchstein et Koldewey, dont les données concordent à peu près avec celles de Benndorf, C, D ci F dateraient de la première moitié du vi« s., et la partie la plus ancienne de G, de la seconde moitié du même siècle; A ei E seraient du commencement, et le reste de G, du milieu du v« s. av. J.-C.
Voici les dimensions des temples, en mètres:
Longueur , avec les soubassem.
Largeur, idem .
Hauteur des col.
Diam. inf. d. col.
— sup. — —
Hauteur de l'entablomont . .
Entre-colonneni.
Long, de la colla Larg. de la colla