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à TraiMHi. MAZARA. III- R- 26-. 345
Au delà de Castelvctrano, le chemin de fer entre dans des landes qui s'étendent jusqu'à Mazara. — 129 kil. Campobello. A 3 ou 4 kil. au S.-O. sont les grandes carrières de pierre qui ont fourni les matériaux de construction des temples de Sélinonte et qu'on appelle maintenant Rocche di Cusa ou Cave di Campobello. La *visite de ces carrières demande env. 3 h. eu voit, de Castelveti-ano (p. 340). La dépense est moins grande en prenant le chem. de fer jusqu'à la station de Campobello, d'où l'on peut visiter les carrières à pied en 2 h. i/g à 3 h. (pour le chemin de piétons de Sélinonte, v. p. 344). La route do voit, («strada Marina», la première à dr. après l'église, à 1 kil. de la gare) mène au S. à la Casa Ingham, à 2 kil. 5 de Campobello; un peu avant, on voit à g. en plein champ, sur le chemin de Sélinonte, un tambour de colonne, abandonné lors de son transport. En se dirigeant à l'O. à partir de la Casa Ingham, on passe devant la Casa Florio et, au bout de 10 min., on arrive à une grande parcelle de terrain entourée d'une clôture dont la partie N. court le long des carrières antiques. — Ces carrières offrent un intérêt tout particulier, parce que les travaux ont dû être subitement interrompus à la prise de Sélinonte par les Carthaginois, l'an 409 av. J.-C, et n'ont jamais été repris depuis lors. On y reconnaît les différentes phases de l'extraction. Ici c'est une entaille circulaire, là elle est devenue une petite tranchée autour du tambour de colonne tenant encore au rocher; là enfin le travail est terminé et le tambour n'y est plus. Dans le fond des carrières, de nombreux tambours sont prêts à être enlevés; quelques-uns même gisent un peu plus loin sur la route de Sélinonte; ils ont 2 m. 50 à 4 m. de longueur et 3 m. à 3 m. 50 de diamètre; d'autres (dans la partie 0.) ont les mêmes dimensions que les colonnes du temple G, resté inachevé; ils lui étaient donc destinés.
134 kil. S. Nicola. A dr., au N., se voit le mont S. Giuliano. On traverse ensuite la Délia.
143 kil. Mazara, — Hôtei.s (]>. xix): Mb. Centrale (ch. 1 fr.), avec un bon re.staur.; Stella. — Bat. a vap. pour Sciacca, v. p. 351; pour Tunis, p. 472; embarq. ou débaïq. souvent difficiles, 60 c. avec les menus bagages.
Mazara, nommée officiellement Mazzara del Vallo, est une ville de 17615 hab. et le siège d'un évêché. L'antique Mazara, colonie de Sélinonte, fut comme la métropole détruite en 409 par Annibal Gisgon. Au moyen âge, en 827, les Arabes abordèrent au S. de Mazara, à Eâs el-Belât (Panta di Granitola), pour faire la conquête de l'île. C'est ici que résidait le comte Roger; il construisit ou renforça en 1073 le château dont on voit les ruines dans l'angle S.-E. de l'ancienne enceinte qui entourait la ville en forme de carré. Il fonda aussi la cathédrale, qui subit maintes transformations au XVII® et au xx« s.; elle renferme aux deux entrées
34(i III- /?• 2tf. MARSALA. De Païenne
N. et S. trois sarcophages antiques (Combat d'Amazones; Chasse an sanglier; Knlèvemont de Proscrpinc, fortement restauré) et, au maître-autel, une Transfiguration par (iagini; dans une cliapelle, le sarcophage de rôvèque Alontapcrto (1485) par Dom. Gagini. Promenade agréable sur la plage. En remontant le Mazaras, dont l'embouchure est remplie d'eau salée jusqu'à une assez grande distance, on arrive à quelques grottes où se réunissaient les pauliciens.
Au delà de Mazara, la lande continue, puis vient une contrée bien cultivée et plantée surtout de vignes. — 154 kil. Bombina.
1(54 kil. Marsala. — Hotei,s (p. xix): Alb. Centrale, via Cassero, à '/4 'l'h. de la gare (cli. 1 fr. 26 à 3), Leone, place de la cathédrale, Stella d' Italia, via Neve, 18, Favorita, via Neve, 19, tous avec lestaur. excepté le Leone. — Voiture, de la gare en ville, 50 c. par place («posto»). — Enibarq. et débarq., (îO c. par pers., 1 fr. 50 avec de gros colis.
Marsala, ville commerçante de 57824 hab., dans un site assez uniforme, est célèbre par les vastes celliers («baglio») â'Ingham (Whitaker), de Florio et de WoocUionse, dans lesquels on prépare le capiteux Marsala. Ces établissements, situés au bord de la mer, au S. de la ville, reçoivent aimablement les visiteurs (chez Florio jusqu'à 3 h.). La ville n'a rien de particulièrement intéressant. La Chiesa Maggiure renferme un beau vase grec en marbre, huit tapisseries du xvi'' s. et trois petits bas-reliefs de Gagini; les paysans, en grand nombre, assistent à l'office du dimanche dans le costume du pays. Dans la Chiesa del Carminé, le tombeau d'Ant. Grignano par Dom. Gagini (1474). Au Afimicipin (dernière porte de dr.), un Tigre déchirant un 'taureau, groupe antique provenant de Motyé; au-dessus, une inscription phénicienne. La Biblioteca Comunale renferme quelques antiquités de Lilybée; de même, la collection du vice-consul d'Angleterre, M. Gray (visible sur demande). — La grande procession du jeudi saint est renommée.
Marsala a remplacé l'anc. lÂlybée, dont il reste un pan du mur d'enceinte à la Porta di Trajinni. Dans la gorge devant cette porte et plus loin dans la plaine, grottes et tombeaux; au couvent des Niccolini (fermé au public), an S.-E. de la ville, tombeaux phéniciens à peintures byzantines; près de là, dans la latomie (carrière, v. p. 436), chambres sépulcrales et tombeaux chrétiens voûtés. On reconnaît au N. de la ville l'ancien port, à l'endroit où se trouve la saline (v. p. iî47); puis des restes de hangars et de murs, le long du cap Boeo ou lÂliheo, extrémité 0. de la Sicile. A la Porta Nnova, le buste de Garibaldi, qui débarqua à Marsala le 11 mai 18G0 pour entreprendre sa célèbre campagne contre les Bourbons (v. p. 2i)l). Dans les champs à g., sur le cap, l'église aS". Giovanni Batfista, avec la grotte (clef au Municipio) où la sibylle de Cumes aurait rendu ses oracles; la source qui jaillit à l'intérieur est encore l'objet d'un culte superstitieux.
Lilybée, la principale fortoroaso do Carthago en Sicile, fut assiégée
d Trapani. S. PANTALEO. III- R- 26. 347
sans succès en 279 par Pyrrhus qui quitta ensuite le pays. De 249 à 241, les Romains tentèrent en vain de la prendre, après un siège mémorable. Ville magnifique sous la domination romaine, et centre de l'administration de la moitié de l'île, elle servit de point de départ aux attaques dirigées contre l'Afrique du temps des Romains, comme sous Don Juan d'Autriche. Ce sont les Sarrasins qui lui ont donné son nom actuel de 3farsa-Ali (port d'Ali). L'harles-Quint rendit l'entrée du port presque impraticable en y faisant jeter des pierres, afin de priver les Barbaresquos d'un de leurs repaires.
Dans la petite île de S. Pantaleo, située, à 9 ou 10 kil. au N. de Marsala, non loin de la côte, dans la baie peu profonde dite le Stcu/none (barque, de Marsala, 4 fr.), se trouvait Motyé, importante place de commerce des Phéniciens. On y a commencé des fouilles en 1907. Tout autour de l'île subsistent encore les fondements de ses anciennes murailles, avec des restes de portes au S.-O. et au N.-E., point sur lequel l'île était réunie à la terre ferme par une jetée. Il y a encore des vestiges de cette dernière au-dessous du niveau des eaux, et les habitants du pays y font circuler leurs voitures. La nécropole était en face de l'île, sur la rive sicilienne. Denys assiégea la ville en 397 av. J.-C, avec 80 000 hommes et 700 navires, et la détruisit après avoir mis en fuite l'amiral carthaginois Himilcon. Ce fut afin de remplacer Motyé que les Carthaginois fondèrent Lilybée.
De Marsala a Trapaui, le cheniln de fer reste clans le voisinage (le la mer. A g., le Staynone (v. ci-tlessus), avec les îles *S'. Pantaleo, S. Maria, Isola Grande ou Luvga, etc. ; plus loin, les îles montagneuses de Favigitana, Levunzo et autres petites îles faisant partie de l'archipel des lies Eyades (p. 350). — De vastes marais salants s'étendent le long de la plage.
Il y a 45 salines entre Marsala et Trapani. Le monopole italien du sel ne comprend pas la Sicile. Pour obtenir le sel, l'eau de mer est refoulée dans des bassins de sable d'env. 9 m. carr. de superficie et 0 m. 38 de profondeur. Après l'évaporation de l'eau au cœur de l'été, on laisse sécher le sel sur place eu tas de forme pyramidale, puis on en fait des monceaux de 300 tonnes ; enfin on le moud avec des moulins à vent. La production annuelle est d'env. 200 000 tonnes qui s'expédient surtout en Suède et en Norvège, au Canada et aux Etats-Unis.
170 kil. Spagnuola. — 176 kil. Ragattisi. Puis on traverse le Birgi, VAdthius des anciens. C'est ici, dans la plaine de Falconaria, que Frédéric IT de Sicile battit, le 1^'' déc. 1299, les armées française et napolitaine réunies, et lit prisonnier Philippe d'Anjou. — 181 kil. Marausa. — 190 kil. Paceco, à dr. de la voie, ne fut fondé qu'en 1609; la localité est célèbre par ses concombres et ses melons. On traverse enfin des salines le long de la mer, où le sel est entassé en monceaux (v. ci-dessus), en vue du mont S. Giuliano (p. 349) et l'on arrive à
195 kil. Trapani. — Hôtels: Grand-Hôtel, au débarcadère, près du monument de t-raribaldi (pi. 8), avec café-reètauratit (00 ch. k 4 fr., rep. 1.25, 3 et 4.50 v. c, p. 10); Trinacria (pi. a), place du Théâtre, avec restaur. (ch. 2 fr. 50); Alb. MÛano (pi. b), via Neve, 21.
Agence consulaire de France, place Cavour.
VoiTORE de la gare en ville, 75 c. par place («posto»). — Omnibus du port (inazsale Cappuccitd) à. la Madonna delV Aunumiata (p. 349), toutes les 20 min., en 25 min.; prix, 10 c. — Pour Monte S. Giuliano:
348 III- R- ae. TRAPANI.
AUTOBUS qui part du Imieau de poste (pi. 7) à 8 h. '/s du m. et Ji 5 h. '/a (lu s., en 1 I). '/ai P^^' Paparella, 1 fr. 60 (souvent complet; retenir aa place d'avance); automobile du tiraud-Hôtel ; voitukks à b ohev., 20 à 30 fr.; MONTUKK, :i fr. à 2 fr. 50, plus 50 c. à l'enfant qui accompagne. — IJii.i- «KNCE pour ValdUifliiii (p. 337) par Napola et Fulgatore, 36 kiî. en 5 li. '/j, 2 f r. 60 ; pour Capo S. Vito en 7 h.
Les églises de la ville sont ouvertes toute la journée.
Trapatti, l'antique Drepana ou Drepanon («faucille», à cause de la forme de la presqu'île), située à l'extrémité N.-O. de la Sicile, est aujourd'hui une ville prospère de 37(555 hab., le siège d'une préfecture et d'un évêclié. Son port est bon et fait un commerce assez considérable (exportation de sel en Suède et en Norvège). La pêche du corail est très active; la fabrication de camées sur coquilles et d'ouvrages en albâtre est réputée.
Dans l'antiquité, Trapani était le port tVEryx (Monte S. Giuliano), forlilié l'an 260 par Amilear Barca, qui y transféra les habitants de cette derniOrc ville. L'amiral carthaginois Adherbal défit en 24t) devant le port la Hotte romaine commandée par le consul Publius Claudius. Drepana fut assiégée eu 242 par le consul Lutatius Catulus, posté dans l'île de Columbaria (Colombaia), et la flotte d'approvisionnement des Carthaginois fut détruite le 10 mars 241, un peu avant Trapani, près des îles Egades, ce qui mit tin à la première guerre punique. Peu importante sous la domiuiitiou romaine, la ville se développa au moyen âge, et fut plusieurs fois résidence royale. Une tradition assez invraisemblable rapporte que Jean de Procida organisa la conspiration contre Charles d'Anjou sur le rocher appelé Scoglio (tel Mal C'onsi;ilio. Le seul fait constaté, c'est que Pierre d'Aragon, venant d'Afrique, aborda à Trapani le 30 août 1282 et y fut salué comme libérateur du pays.
Trapani n'a rien de bien curieux, excepté quelques constructions importantes de style baroque. A l'extrém. orient, du cours, la Chiesa Nazionale, église constraite en 1638 et richement décorée de marbre et de stuc dans le cours du xviii* s. ; à côté, à g., VIstituio Tecnico e Nautico (pi. 3). Plus loin, sur le cours, (S". Loreitzo (pi. 2), la cathédrale, qui a dans la 4« chap. à dr. un Crucifîment de van Dyck (repeint). — De retour à l'extrémité orient, du cours, on rencontre la via Torrearsa, la principale des rues travcrsières. En face, le Municipio; sur la petite place an S., S.Agostitio,yM\\& aux templiers, curieux par sa décoration architectonique et sa belle rose (xn* s.). Plus loin, en traversant à l'E. la via et le largo S. Agostino (pi. 1), on arrive dans la via S. Pietro; ici, à g., aS. Maria di Gesù (pi. 4), où se voit, à dr. du maître-autel, une Vierge, probablement d'Andréa délia Robbia, dans un cadre en marbre de 1521. — Devant la façade de cette église, on suit au N. la via S. Elisabetta, jusqu'à la via S. Michèle, où l'on trouve VoraJtoire St-Michel (Oratorio di San Michèle) qui possède une Passion en bois sculpté et peint par des artistes de Trapani, du xvii* s. — En retournant sur ses pas et en continuant dans la via S. Pietro, on rencontre, à dr., l'église de la Madonna dellu Luce, qui a un portail rapporté de 1509. En tournant plus loin ;\ g. dans la via Carrara, on arrive à l'ancien quartier des Juifs, la via dtila Giiidcrca, où se voit une vieille maison avec une tour, le /^pedadellu,
TRAPANT. III- ^- 2<?- 349
qui présente le singulier mélange de style propre au xv" s. — A l'extrémité 0. de la via Garibaldi, un portail normand ; près de là, au S., S. Nicola di Bari (pi. 5), église qui possède des statues de saints de l'école des Gagini, de 1560 (derrière le maître-autel). — La piazza Vittorio Emanuele (pi. 6), par on l'on passe pour aller an mont S. Griuliano (v. ci-dessous), est décorée d'une statue de Victor-Emmanuel II par Dupré.
A l'extrémité du nouveau quartier qui fait suite à l'E., se trouve l'anc. couvent dit Madonna dell' Annunziata (2 kil. ; omn., v. p. 347). V église principale, fondée en 1332, qui renferme une célèbre madone toute couverte de bijoux, probablement par Franc. Laurana, est modernisée en grande partie; mais on y remarque, pour la finesse de l'architecture, au N., la chapelle de la Résurrection (Capp. del Cristo Risorto), fondée en 1476 par les bateliers; elle est bien conservée, même à l'extérieur (sacristain au couvent; pourb.). — Derrière l'église, dans les pièces du couvent, le Museo Pepoli (entrée gratuite le dim. de 11 h. à 2 h.) renferme dans sa galerie deux tableaux de Carreca, le Songe de Jacob, et St Albert, des têtes d'apôtres par Ribera dit l'Espagnol et, des représentations du plafond de S. Agostiuo (xiv^ s.); il a de plus, des coraux et des ivoii'es sculptés, une collection d'histoire naturelle, etc.
Agréable promenade sur le port dans le viale Regina Eleua, quai ombragé, où il y a une statue de Garibaldi (pi. 8), marbre par L. Croce, et à la Torre di Ligny, à 10 min. du port.
L'*ExcuRsioN DE Travani AU MONT S. GiuLiANo demande une bonne demi-journée. Pour les communications, v. p. 347-348; les piétons et les cavaliers montent au sommet eu 2 à 3 h. On passe à la Madonna dell' Annunziata (v. ci-dessus; omnibus, que les piétons utiliseront jusqu'ici, v. p. 347) ; c'est ici que se détache, à g. de la route, le chemin du mont S. Giuliano, d'où part ensuite, aussi à g., un sentier raide qui gravit le tianc 0. de la montagne, en suivant le télégraphe. Pour la montée, on suivra de préférence le sentier (très pénible quand il est mouillé) ; à la descente, les cavaliers prendront le chemin des voitures. Sur ce dernier s'étend, à mi-hauteur, le petit et fertile Piano dei Cappuccini. Les automobiles contournent la montagne à l'E., en passant près du groupe de maisons de Paparella, et la gravissent du côté nord.
Le mont S. Giuliano (751 m.), YEryx des anciens, est une montagne isolée, au sommet de laquelle se trouve la petite ville de Monte S. Giuliano, toute dépeuplée (hôt. : Modem Hôtel, via Vitt. Eman., succursale du Grand-Hôtel àTrapani, ch. 2 fr. à 2.50; Alb. Cordici, via S. Francesco, très convenable, ch. 1 fr. 50, tous deux avec restaur., faire prix), dont la population (5781 hab.) diminue tous les ans par suite de l'émigration. Les hommes portent souvent, à cause des brouillards froids, le capuchon qui est du reste généralement en usage dans l'île. A l'entrée 0. de la ville s'élève la
350 ///• -R- se. MONT S. GIULIANO.
cathédrale restaurée en 1865. De l'édifice primitif il ne reste que le porche occidental (xv^s.); le niaitre-autcl est de 1513; dans la 4« chap. h dr., belle statue de la A''ierge par Franc. Laurana (14G'J)- A la Hiblioti'ca Comanale, se trouve un petit musée renfermant entre autres l'Annonciation, bas-relief d'Ant. (îagini (1525). De la cathédrale, on traverse la ville pour monter vers les tours que le comte Augustin Pepoli a fait reconstruire et transformer en habitations, mais (|ui restent fermées en son absence, et ensuite au château tout tapissé de lierre, dont une partie sert de prison. On découvre de l'extrémité du rocher du château le plus magnifique panorama sur la campagne et la mer: à l'O., Trapani et les îles Egades: Maritimo (l'anc. Hiera; 1226 hect.), la plus lointaine, avec le mont Falcone (684 m.); plus près, à g., Favignana (^Egusa; 1985 hect.; 326 m. au point culminant), et à dr., Levanzo (Phorbantia; 290 m.). Du milieu du xvii® s. à l'an 1874, ces îles ont appartenu aux Pallavicini de (iènes; elles sont actuellement à M. Florio de Palerme; grande pêcherie de thon, la plus importante de Sicile. Au S., une côte fertile, avec Paceco (p. 347), et au fond Marsala. A TE., les montagnes de S. Vito, à savoir du S. au N. : Sparagio (1109 m.), Speziale (920 m.), Passo di Lupo (861 m.), Sauci (700 m.) et Monaco (520 m.), précédées par le cap conique de Cofano qui s'avance dans la mer, dont les flots baignent de trois côtés le pied de la montagne. En hiver, on aperçoit quelquefois au S.-O. le cap Bon, en Afriijue, et souvent l'île de Pantelleria (p. 472); au printemps, toute la campagne est couverte d'une végétation luxuriante.
L'Eryx consacré à Vénus Ei-ycine, divinité adorée par tous les peuples de la Méditerranée, était très vénéré dans l'antiquité. Les colons élynueus et phéniciens y avaient établi un sanctuaire d'Achcra, au service de laquelle étaient beaucoup d'hiérodules (esclaves). Le dieu Melkartli était également vénéré dans ces lieux, ce qui fit attribuer par les Grecs la fondation du temple à Hercule. Dorieus, fils d'Anaxandridas, roi de Sparte, vint, comme descendant du dieu, faire la conquête de cette contrée, mais il fut tué en combattant les Phéniciens et les habitants d'Eu;este. 11 se forma autour du temple une colonie, dont les murs énormes se reconnaissent encore sous la muraille actuelle de la ville. Pyrrhus enleva le temple aux Carthaginois pour le temps de son séjour en Sicile. Au commencement de la première guérie punique, les Carthaginois emmenèrent dans la presqu'île de Trapani les habitants de la ville; ils ue laissèrent sur la montague qu'une forte garnison, qui fut surprise par les Romains eu l'an 248. Puis Amilcar Barca assiégea le temple, bravement défendu pour les Romains par des mercenaires celtes, qui pillèrent ensuite le trésor. Les Cartliaginois y furent cernés ;\ leur tour par les Romains. Ceux-ci relevèrent le temple après la paix, lui donnèrent une garde do 200 hommes, et lui abandonnèrent les revenus de 17 villes siciliennes, parce qu'ils croyaient que la fondation d'Eryx remontait à Enée. Selon d'autres, elle doit sou nom à un fils de Vénus et de Butés, et le temple aurait été bâti par Dédale. Elle doit sou nom actuel à Roger qui, pendant le siège de la ville, vrai ni)airc de pirates à l'époque do» Sarrasins, vit en songe St Julien mettant eu fuite les païens.
Les seuls restes du temple de Vénus sont des soubassements dans le château, le Ponte ou Arcu del Diavolo, et \c puits de ]'énus