‹ Italie méridionale, Sicile, Sardaigne, Malte, Tunis, CorfouChapitre 83 sur 127 · TERMINI. III · texte numérisé non relu

TERMINI. III

contre la Sicile, en 1338, échoua sous les murs du château imprenable de Termini, qui n'a été détruit qu'en 1860.

Terniini était déjà vanté par Pindare comme station balnéaire; ses bains, alimentés par des sources thermales (42° C.) et radioactives de magnésie, sont à l'O. de la ville, la gare à l'E. L'établissement de bains est fort bien organisé et relié au grand hôtel Alb. délie Terme, imposant édifice, derrière lequel on trouve le chemin qui monte en serpentant dans le haut de la ville. A l'E. de la montagne est situé un établissement de bains fondé par Ferdinand P»". Dans la cathédrale, la Matrice, une croix peinte par Ruzulone (p. 298); à S. Maria délia Misericordia, un beau triptyque portant la date de 1453 (par Gaspare da Pesaro?). A l'ancien Ospedale dei Benfratelli (via Cavalieri), dont la grande salle a de belles fenêtres goth., collection d'anti(|uités et vieux tableaux de l'école sicilienne. En fait d'antiquités, il y a des restes insignifiants de constructions romaines à la Villa délia Città ou Villa Palmeri (ouverte de 7 h. à 1 h. et de 5 à 7), au-dessus de la ville, près de la Matrice et de la Porta di Palermo; beaux jardins; belle vue. Devant la Villa, se trouvait V amphithéâtre romain. L'aqueduc romain, Aqua Cornelia, au S.-O. de la ville, sur la route de Caccamo (v. ci-dessous), a été détruit en 1438; ses ruines, au-dessous de Brucato, où se voit encore le bâtiment du réservoir, méritent d'être visitées à cause de la fertilité prodigieuse des environs.

A 11 kil. au S. de Termini (dilig.), sur un rocher au-dessus du Fiume S. Leonardo, est Caccamo (521 m.), ville de 12324 hab. Belle vue. — Excursion intéressante (8 à 9 h. de Termini) au mont S- Calogero, montagne conique et escarpée de 1325 m. de hauteur. Le mont Castellaccio (505 m.), où l'on a découvert des restes de fortifications antiques, s'y rattache à l'E.; on y place l'anc. Kippana.

De Termini à Me^gitie, v. R. 32.

De Teemini a Leonfobte, 153 kil.: serv. autom. pour &angi, par Cerda, Caltavuturo, Donalegge et Petralia en 6 h. 1/4, l'*^ cl. 15 fr. 50, t" cl. 11 fr. 85; de Gangi à Nicosia par Sperlinga en 2 h., 4 fr. 45, 3 fr. 45; de Nicosia à la stat. de Leonforte en 2 h. 3/4, 5 fr. 85, 4 fr. 45. C'est la route suivie par les Arabes dans les incursions qu'ils faisaient de Palerme à l'intérieur de l'île; elle remonte le Fiume Torio jusqu'à Cte*'rfa (18 kil. 5; p. 35G), puis passe sur la hauteur, descend dans la vallée du Fiume Grande et à la stat. de Sctafani, petite localité à 811 m. d'alt., anc. forteresse des seigneurs du même nom. L'église renferme un sarcophage antique, décoré di; bas-reliefs bachiques. Il y a des eaux thermales d'une grande vertu, mais l'étaldissement n'a que des chambres vides et la localité est dépourvue d'eau potable. — On passe ensuite à

Caltavuturo (41 kil.; 635 m.), petite ville de 5763 hab. au-dessous des ruines de la forteresse Kalat Abi Thaur que Roger !«■■ enleva aux Sarrasins. — La route, franchissant par une grande courbe les contreforts des Madonie (p. 376), mène à l'E. à Donalegge (62 kil. ; 820 m.). — A 5 kil. au N. de Donalegge (dilig. corresp. en 1 h.) se trouve, sur un rocher haut de 917 m., la ville de Polizzi (Alb. Centrale), assez importante au moyeu âge et surnommée la Generosa; elle compte auj. 7711 hab. Son église S. Maria del Gesù renferme un superbe triptyque dans la manière de Meuiling ou de Van der Goes, la Vierge entre des anges musiciens de grandeur naturelle, et sur les volets, Ste Catherine et Ste Barbe; l'église principale a des restes de l'Arca di S. Gandolfo par Dom. Gagini

'Sr,{\ III. h\ 3S. NICOSIA. De Païenne

(1182), avec la figure conciliée du .saint. Dans le voisinago .sont les .souico.s (le deux rivières importantes de la Sicile, le Fiume Orande et le l'iiime Salso, VHimcra septeiitrionali» et Vllimera meridionalis, aux- (juollcs les anciens donnaient une .source commune.

De Donalefjge par Castellana (7(>0 m.) fi Petralia Soitoiia (73kil. 5; 1000 m. ; Alb. Centrale), localité industrielle de 6831 hab., et à Petralia Soprnna (76 lui. 5; 1147 m.), au milieu de montagnes grandioses et dan.s une contrée fertile. C'est peut-être ici qu'il faut chercher l'emplacement de Petra ou l'etrinx de l'antiquité. Au S., dans la niontaguo, se trouvent liiioiipietro et AlimeiM.

Plus loin, à l'E., Gangi ('.)2 kil.; 1012 m.; Alb. Sottile, Duca), ville de lir>51 hab., peut-être VE)i!/iiiiim des Siculos que d'autres placent sur le mont ludica au liord de l'anc. Chrysas (p. ;!70). Enguium fut (iriginairement une colonie crétoise oiï se trouvait encore du temps de Oicéron un fameux temple des Mères Cretoises (et non de la Mater Magna comme il l'a dit). On va de Gangi, à travers une contrée fertile, à Sperliiiya (109 kil.; 790 m.), localité enfouie au milieu dos rocliers, la seule qui n'expulsa point les Français eu 1282, ce qui fit dire alors: «Quod Siculi.s placuit, sola Sperlinga negavit». Ensuite, Nicosia (118 kil. ; 80)7 m.; ilôt. Progresso), ville de 1-t 192 hab. qui parlent le dialecte lombard (v. p. 379); cette population, avec ses mœurs du moyen âge, passe pour la plus arriérée de la Sicile. La cathédrale S. Niccolo, .sur la place, a à l'O. une porte au cintre brisé richement ornementée. Dans S. Maria Maggiore (xviii» s.), est une construction en marbre par Aut. Gagini, haute de 8 m. et ornée de figures (1510). C'est à Nicosia ou à Sperlinga qu'était peut-être l'anc. Herbita, importante ville des Sicules. Sur le chemin muletier, qui descend à Agira en suivant le Fiume Salso, se tmuve k env. 9 kil. au S.-E. de Nicosia, près de l'embouchure du petit cours d'eau de Cerami, un rocher dit Boccn di Serlone ou di Sariio, où le brave Normand Sevlo périt par trahison. On a trouvé tout près de là un caducée de bronze portant l'inscription: «Imacharaion liosiun» (p. 321); c'est pourquoi beaucoup d'auteurs placent ici ou dans les environs éloignés (Gangi, Troina) l'anc. Iiiiachara ou Heniichara. — Route de Mistretta, v. p. 379.

De Nicosia, la route conduit au S. à (145 kil.) Leonforte et à (153 kil.) sa station (p. 369).

De Nicosia à Broute (p. 406), à PE.: dilig. jusqu'il Troina (1110 m. ; Ilôt. Stella), par Cerami, en 6 h. '/a- Troina est la plus haut située des villes un peu importantes de la Sicile; elle comj)te 12 412 hab. C'est une des premières villes dont les Normands s'emparèrent (1062). En 1063, Roger de lîauteville, avec 300 Normands et son héroïque femme Judith d'Evroult (Giuditta), y écrasa la population rebelle et 5000 Sarrasins. A la Matrice Santa Maria on reconnaît des restes de l'anc. construction normande. — De Troina à Bronte par Cesard, encore 6 h. 1/4 de diligence.

Le cheDiin de fer continue au delà de Torniini à suivre la côte, en laissant à dr. le miMit S. Calogero (p. 355), traverse le Fiume Tortn et rentre dans l'intérieur des terres, en se dirijçeant vers le S. et en côtoyant la rivière.

45 kil. C'erda (v. p. 355). Le village (4!)08 hab.) est à 8 ou 9 kil. il g., sur une hauteur. — 51 kil. Sciara. Le village est à dr., dans le haut. On pa.sse sur la rive g. de la rivière. — 57 kil. Causo. Puis un tunnel, et l'on repasse sur la rive droite. — (51 kil. Montemagfjiore et un nouveau pont.

70 kil. Roccapalumba-Alia (bufl'et, simple), point de jonction de la ligne de Païenne à Catane (p. 3()5). Roccapaluinba est à 5 kil. à ro. A g., sur une hauteur escarpée (734 m.), A 8 ou 9 kil. de la gare, Alia, ville de (5045 hab.

à Girgenti. ARAGONA-CALDARE. III- R- 2S. 357

La ligne de Girgenti monte et atteint la ligne de partage des eaux entre la mer Tyrrhénienne et la mer d'Afrique. Suit un tunnel.

— 78 kil. Lercara. Il y a près d'ici des mines de soufre, les plus septentrionales de la Sicile. La voie laisse la ville à dr. dans le haut (660 m.), passe sous un tunnel et entre dans la vallée du Platani (p. 353). A dr., un beau vallon; vue magnifique. — 86 Icil. Castromwvo. Au-dessus de la ville, sur le mont Cassaro, restes de murs de la plus hante antiquité et carrières de marbre jaune. Plus bas, les ruines de Castronuovo, ville du moyen âge. Le chemin de fer passe sur la rive droite du Platani.

00 kil. Cammaraia; la ville (6541 hab.) est :\ 6 kil. à l'O. Le Pizzo di Cammarata ou mont Gemini (1579 m.), une des plus hautes montagnes de l'île, est facilement accessible en 2 h. 1/2 P^i' '"i sentier qui conduit à un pâturage tout près du sommet. Vue superbe.

— Un sentier intéressant (guide indispensable), passant devant le mont Chilombo, mène à la ville de Castcl ïermini (v. ci-dessous).

101 kil. Acquaviva Platani; nne dilig. mène à l'E. à la localité (554 m.), et pltis loin à la petite ville de Mussomeli où l'on voit, à 2 kil. à l'E., conservé tel qu'il était, un château des Chiaramonte, du commenc. du xv* s., maintenant aux Lanza di Trabia. Près de la station, la route quitte la vallée du Platani et passe sur la hauteur par (7 kil.) Castel Termini (Alb. Firenze), ville de 13 022 hab., qui a de nombreuses mines de soufre. — 106 kil. Sufera; la ville (600 m.), de 3803 hab., située à 8 kil. à g. au pied du mont S. Paolino (819 m.), hauteur gypseuse escarpée d'une blancheur éblouissante, fut en grande partie détruite par un glissement de terrain en sept. 1905.

108 kil. Campofra?ico. La voie traverse une vallée rocheuse, resserrée entre le mont de Roveto à dr. et la Rocca Grande à g. La vallée s'élargit de nouveau près de Passofomhito. On franchit le Platani et l'on continue au S., tandis que la rivière tourne à l'O.

— 120 kil. Comitini; abondantes mines de soufre.

126 kil. Aragona-Galdare (buffet), point de jonction de la ligne de Girgenti à Catane (R. 30). A 4 kil. 5 au N.-O., sur une hauteur, se trouve Aragona (Alb. Centrale), ville de 11895 hab., qui a un château moderne.

De la gare d'Aragona-Caldare (ou de préférence en voit, à partir de Girgenti, en une bonne demi-journée), on peut visiter, à 1 h. V* '^^ l'O., le volcan de boue de Le Maccalube, intéressant pour les naturalistes: suivre la grande route qui traverse la voie ferrée au N. de la gare, prendre à g. à la bifurcation à 2 kil. de là, puis encore à g. au bout de 500 m. (le chemin de dr. mène à la localité), de nouveau à g. au bout de 500 m., et enfin à dr. après 2 kil. 5 (on trouve des guides à la gare; 1 à 2 fr., faire prix). C'est une colline argileuse et calcaire, haute de 40 à 45 m. (270 m. d'alt.) et parsemée de cônes de 0 m. 50 à 1 m. de hauteur, dont les cratères se remplissent de boue d'où se dégagent, avec un bruit particulièrement fort en juillet, des bulles d'acide carbonique et d'hydrogène carburé. Le sol en contact avec la boue qui déborde ou s'échappe par les fissures, est comme brûlé et sans aucune végétation.

358 III- li- 25. GIRGENTI. Uenis. pratiques.

De la gare, une route do voit, inùne au S.-O. à Favara (8 kil.; dilig. eu 1 h. 40 min., on 2 h. de Grirgenti), ville de 20 400 hab. dans un site élevé (S.Sl m.), avec un château des Ohiaramonte (xiv» s.).

Ensuite, la vue s'étend à dr. et bientôt après, à g. plus au loin sur les hauteurs jusqu'à Girgenti et à la mer.

i;3() kil. Girgenti (v. ci-dessdus).

J^e chemin de 1er descend en décrivant une grande courbe autour de la hauteur sur laquelle est située la ville, passe sous un petit tunnel, franchit sur deux viaducs la vallée du Fiume di Girgenti et aboutit à l'O. de

145 kil. Porto Empedocle (hôt. : Dogali, Umberto I, faire prix ; Trattoria Empedocle, à proximité du port, a.ssez bonne), nommé autrefois Molo di Girgenti, ville de 11059 hab. et port animé, on les commerçants de Gii-genti ont leurs grands magasins de soufre et de grains. Bat. à vap., v. ci-dessous.

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