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Hes Lipari

Voir le papillon de la carte de Sicile.

Les petits bateaux à vap. de la Sooietà Siciliana entretiennent le service entre Milazzo ou Messine et les îles Lipari (enibarq. ou débarq. k Milazzo 30 c, à Lipari 35 c, bagages compris): dép. de Milazzo (p. 381) t. les j. à 8 h. (ou 7 h. '/-i) du m., arriv. à ÏApari vers 10 b. et plus loin à l'île Saliita, retour à Lipari en 2 b. à 2 b. '/a- à Milazzo vers 4 b. 20 de l'apri's-midi (prix: Milazzo -Lipari,' 38 kil. 5, l'''^ cl. 3 fr. 55, 2«cl. 1 f r. 40) ; dép. de Mii.Azzo le mercr. à 4 h. du m. pour Lipari en 2 h. 20, Stromboli en 8 b. 3/4, Naples en 22 h., retour de Naples avec le même itinéraire le vendr. soir; dép. de Messine, le lundi à 2 h. du m., pour Lipari en 4 b. '/«. Salina en 6 b. 20, Panaria en 9 h. V», Stromboli en 13 h. Vg. — Le lundi et le jeudi, un autre bateau partant le matin de Lipari dessert les îles Salina, Filicuri, Alicuri et revient l'après-midi par la même route; le mardi et le vendr. matin, il part de Lipari pour Vidcano (Porto Levante et Celso) et en revient, en tout 2 h. Vi- — A Lipari et à Stromboli, les hôtels sont fort simples ; dans toutes les autres îles, on ne trouve un gîte qu'en cas de besoin. Partout l'eau potable provient de citernes. D'ordinaire, on trouve sur les bateaux un modeste service do restaurant (faire prix).

Les îles Lipari ou Eoliennes (^-Eoliai, Liparieie, Vulcaniie, He2iha'stiades), groupe d'îles volcaniques composé de 7 grandes et 10 plus petites, .sont les cimes de grandes montagnes qui émergent des profondeurs de la mer. Superficie : 11 650 hectares. Population : 15 450 hab. Elles font partie de la province de Messine et forment depuis 1400 un évêché particulier.

Elles occupèrent de bonne beure l'imagination des ftrecs, qui y placèrent la demeure A'Eole, le maître des vents, dont il est |iarticnlièrouient question dans l'Odyssée, (ioinmc elles avaient perdu une grande partie de leur population, Pf»^nf/i/«8, descendant d'Hercule, y amena en 580 une colonie do Cnide et de Uliodes, qui n'avait pu se maintenir îi la iiointe 0. de la Sicile. En 425, les Athéniens pillèrent Lipara, dont les babitants s'étaient

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déclarés pour Syracuse. Plus tard , les îles furent ravap:ées par les Carthaginois. L'amiral romain Cn. Cornélius Scipinn fut bloqué en 260 dans le port de Lipari et fait prisonnier par les Cartliaginois. Les Romains s'emparèrent de Lipari en 252 et y amenèrent ensuite une colonie; néanmoins ces îles n'étaient que très peu cultivées du temps de Cicéron, ce qu'il faut peut-être attribuer aux tremblements de terre qui durent nécessairement accompagner la naissance du Vitlcanello (v. p. 384). D'autres éruptions eurent lieu en 126 av. J.-C, en pleine mer, de sorte que quantité de poissons furent tués. En 37 av. J.-C. les habitants de Lipara, qui avaient pris le parti de Pompée, furent transférés à Néapolis par Octave. Au moyen âge, les Sarrasins s'emparèrent des îles, mais ils en furent expulsés au xi» s. par les Normands qui réunirent les Lipari à la Sicile. Pendant les luttes des rois de Sicile contre les princes d'Anjou de Naples, au xiv» s., elles changèrent souvent de maître, selon les hasards de la guerre. Ferdinand le Catholique les adjugea définitivement à la Sicile. Khaïr ed-Dîn Barberousse les pilla en 1544, et elles eurent beaucoup à souffrir de tremblements de terre en 1783.

Lipari, appelée Meligvnis dans les temps les plus anciens, est la plus orrande (3800 hect.) et la plus fertile de ces îles. La population de l'île entière est de 9700 hab. La capitale est Lipari (5850 hab. ; hôtel tenu par Aut. Furanna, très simple, mais convenable; agence consulaire de France) qui est située sur la baie S. de la côte orientale, autour du château, qui couronne le rocher isolé faisant saillie au N. du port. La cathédrale, rebâtie en 1654, se trouve, ainsi que trois autres églises, dans l'enceinte du château; elle renferme, ainsi que VAddolorata, des peintures d'Alibrando, né à Messine en 1470. Belle vue sur la mer, de la sacristie de la cathédrale. La Marina Lunga, au N. de la citadelle, est uniquement habitée par des pêcheurs. Il s'y trouve une source thermale. Au S., près du débarcadère des bateaux à vapeur, à côté de l'église Anime del Purgatorio, qui s'avance dans la mer, se trouvent les entrepôts des négociants qui exportent les produits de l'île: pierre ponce (pumice, v. p. 384), raisins de Corinthe (passoline) mûris sur des espaliers de jonc, soufre, vin de Malvoisie, figues exquises, huile, câpres, etc. La pêche est ici très productive.

L'antique ville de Lipara était située sur le rocher occupé maintenant par le château. Les vastes bains au milieu de la plaine, entre le château et la montée du S. Angelo, à l'endroit où s'élève le palais épiscopal, ont été découverts au xix* s., puis de nouveau comblés par l'évêque Todaro, afin de soustraire l'île à l'aiSuence des étrangers. C'est près de là qu'était aussi la nécropole. Toute la plaine s'appelle encore aujourd'hui Diana, d'après le temple de Diane qui s'y élevait jadis.

Tout autour de la ville, la riche contrée s'élève en un vaste hémicycle entre le mont Rosa au N. (239 m.) et le mont de G^iardia au S. (369 m.), et s'étend en ampliithéâtre jusqu'au mont S. Angelo (594 m.), sommité centrale de l'île. Le manque d'eau (v. p. 382) empêche la culture des agrumi (p. 284). A '/2 ^- *'•" N. de la capitale (bateau t. les j. en ^|^ d'h.), au delà de la croupe peu élevée qui sépare le mont Rosa du mont S. Angelo, se trouve le village de

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('aimetOy sur la baiu septcntr. di' la côte J'I; il compte 252(5 hab. tous occupés à l'exploitation de la pierre ponce qui y a son centre. Un sentier muletier [lavé monte en ''/j J'ii., de l'extrém. de IJanncto, par Caniifto Siiperiore, ii la vallée dite Fusmi Biaiica eu.scrrée entre le iiKint J'ehito et le moiil Chirica, tous deux recouverts d'une couelie épaisse de pierre pouce. C'est ici qu'on extrait dans d'innombrables (galeries cette pierre blanche (lu'Iioninies, femmes et enfants transportent ensuite à Canueto. L'exportation est cs.seutiellemeut entre les mains d'une maison lyonnaise et d'une maison allemande; colle-ci, la maison Haan de Dresde, est la plus grande do ce genre. La pierre ponce sort à polir et à liltrer, ainsi qu'à la fabrication de l'émail et du linoléum. Les carrières de Ténériffe sont les seules qui fassent concurrence à celles de Lipari.

Une ExcuusioN dans l'île exige 6 à 8 h. (0 fr. pour un âne avec son conducteur, 4 fr. pour un guide, plus un pourboire). On se rend d'abord aux eaux thermales de S. Calogero (10 kil.), d'une tempérât, de -|- 52° C, situées dans une vallée sauvage qui débouche à rO. de l'île, et si abondantes qu'elles servaient autrefois à actionner un moulin. De là, on se rend aux bains de vapeur appelés les Stufe ou Bagua Seccu,déyd connus par la description de Diodore ; on y trouve de curieuses pétrilications, des feuilles, du bois dans de la lave. Le retour se fait par le S. Angelo, volcan éteint, actuellement couvert de gazon, de genêts, etc., d'où l'on a le meilleur panorama sur la ville de Lipari et le groupe d'îles au milieu duquel on se trouve. Un sentier conduit de là au cap Castagva, extrémité N. de l'île, en passant devant le mont CJàrica ((i03 m.; V. ci-dessus) d'où l'on rentre en ville.

Vulcano {Thermissa, Hier a, Vulcania; 2100 hect.). Cette île compte trois sommités: au milieu, son Grand Cratère ou Fossa Vecchia (38(j m.; pour l'ascension, le propriétaire italien réclame 5 fr.), toujours en activité depuis des temps immémoriaux; le mont Aria (499 m.), élévation conique au S. ; le Vtdcanello (125 m.) au N., sorti de la mer en 183 av. J.-C, d'après le récit d'Orose (iv, 20). On la visite de Lipari en barque ((i à 10 fr. à 2 rameurs; durée du trajet, 1 h. ; emporter des provisions) ; en utilisant le bateau (p. 382), on ne peut faire, pendant le court arrêt, qu'une petite promenade aux environs du port. On traverse d'abord les Bocche, détroit de 1 kil. de largeur entre Lipari et Vulcano où l'on voit à l'O. l'écueil de basalte dit Pietralunga qui surgit des eaux à une hauteur de 60 m. Puis on aborde au Porto di Levante, à l'E. de l'étroite langue de terre qui relie le Vulcanello au Grand Cratère. Les Faraglioni, rochers de formation curieuse qu'on y remarque au bord de la mer, sont les restes d'un anc. volcan; les cavernes dont ils sont minés ont été creusées pour extraire de l'alun. Sous la conduite d'un des rameurs on monte ensuite en zigzag le long du versant septentr. et jusqu'au bord du Grand Cratère, en 1 h. environ. La descente se fait plus rapidement. A mi-hauteur, nombreuses fumerolles (p. 111). Le cratère qui, depuis les éruptions de 1887 à 1890, est à l'état tie solfatare n'a qu'une faible profondeur et une largeur de 200 ni, sur

Lipari. STROMBOLI. III- R- 33. 385

140 m. — On peut aussi faire l'ascension du Vulcanello dont le cratère a trois entonnoirs.

Salina (2600 heet. ; bat. à vap., v. p. 382) se compose de deux montagnes coniques, qui sont des volcans éteints: le mont de' Porri (860 m.), au N.-O., et le mont Fossa délie Felci (966 m.), au S.-E.; c'est à cette configuration qu'elle dut son anc. nom grec de Didymé (c.-à-d. jumeaux). L'île très fertile produit beaucoup de vin, surtout du malvoisie; elle a euv. 5000 Lab., répartis à Santa Marina (Salina), Lingita, Rinella (Arenella) et Malfa.

Filicuri ou Filicudi (775 m.; 950hect. ; bateaux à vapeur, V. p. 382), en grec Phœnicusa et en arabe Djéziret Ficoûda, 15 kil. à rO. de Salina, couverte de palmiers nains dans l'antiquité (d'où son nom grec), est bien cultivée; elle compte 1500 hab. A l'O. est une belle grotte à colonnes de basalte.

Alicuri ou Alicudi (663 m.; 500 hect. ; bat. à vap., v. p. 382), était couverte de bruyères dans l'antiquité, ce qui la iit nommer Encusa. Elle est habitée par 700 bergers et pêcheurs.

Au N.-E. de Lipari se trouve un petit archipel qui formait peutêtre jadis une seule île; du moins, c'est ici que se produisirent, en 126 av. J.-C, ces curieuses éruptions dont nous parlent Pline et Orose. La plus grande de ces îles, Panaria, probablement VEuonymos des anciens (421 m.; 250 hect.; bat. à vap., v. p. 382), est presque entièrement inculte; elle compte 640 hab. — L'îlot de Basiluzzo, peut - être l'anc. Basilidis ou Hikesia, renferme des ruines antiques insignifiantes.

Stromboli, à 35 kil. au N.-N.-E. de Lipari, a une superficie de 1250 hect. et une population de 2623 hab. (gîte chez la v^« Tizio Renda; se munir de conserves de viande; embarq. ou débarq. 50 c). Le bateau à vap. aborde à la pointe N.-E. de l'île, près de la localité de S. Vincenzo. Cette île, appelée par les grecs Strongylé (ronde), à cause de sa forme, passait dans l'antiquité pour la résidence d'Eole, maître des vents. Au moyen âge, on regardait le Stromboli comme le lieu où était bannie l'âme de Charles-Martel. Le Stromboli, comme le cratère de Vulcano, est au nombre des quelques volcans d'Europe qui sont toujours en activité. Son cône, d'une hauteur de 926 m., est accessible de préférence à partir du sémaphore du N. ; la montée, qui est pénible, demande 3 h., la descente 2 h. avec un arrêt de 1 h. entre les deux; il n'y a ni chemin ni sentier au-dessus des vignes (guide 10 à 15 fr., superflu pour les bons grimpeurs; prendre tout au plus un porteur pour les provisions). Le cratère, au N. de la plus haute cime de l'île, dégage à des intervalles très rapprochés des bulles de lave qui font explosion avec le bruit du tonnerre. Les scories qu'il vomit retombent presque toutes dans son ouverture ou roulent sans causer de dégâts le long des pentes de la Sdara qui s'incline au N.-O. vers la mer sous un angle de 35° et continue sous l'eau à une grande profondeur.

386 ///• «• 34. MESSINE. Keus. pratiques.

Les éruptions violentes sont assez rares; celles de 1889, de 1891 et d'avril à mai 1907 ont causé de sérieux doninia;^es aux cultures par suite des coulées de lave et de la pluie de cendres qui les ont acconipaj^néos. Quand la fnmée n'est ])as trop forte, on peut sans danijer se rendre jusqu'au bord du cratère et jeter un coup d'œil dans la profondeur. — A t kil. 5 au N.-E. de S. Vincenzo se dresse à pic le maji;iiifiquc écueil de basalte du StromboUcchio qui sui'git des flots à une hauteur de 56 m.

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