De Giarre à Catane, en contournant l'Etna à l'O
Voir la carte, p. 414.
IICI kil. Chemin de fer, dit Ferrovia Circumetnea, de Riposto à Catane; trajet en 5 h. à 7 h. ; 9 fr. 40, 7 fr. 15 et 5 fr. 45. — Cette course, qu'on peut interrompre à Randazzo, est très intéressante au point de vue du paysage et fait le tour de l'Etna en montant jusqu'à la limite de la zone cultivée. Elle permet de se faire une bonne idée de la nature variée de la montagne, sans aller jusqu'au sommet. L'Etna se gravit parfois de Randazzo (guide, v. p. 40t!), de Biancavilla ou de Linguaglossa (v. p. 415). Les auberges sont médiocres. — Le meilleur point de correspondance est Griarre, où la gare de la Circumetnea se trouve à 3 miu. en face (0.) de la gare principale (p. 403). C'est en prenant le premier train du matin, qu'on a le plus de chance de voir l'Etna complètement dégagé.
Riposta et Giarre, v. p. 403. La ligne prend d'abord la direction de l'O., traverse la grande route et le Tin-reiite Macchia, puis monte lentement au N., en franchissant encore les lits do plusieurs torrents. — 5 kil. Cutula. — 6 kil. Mascali (p. 403). — A g., les contreforts de l'Etna; à dr. (N.-E.), au loin, les collines rocheuses de ïaormine. — 10 kil. S. Venera, stat. après laquelle on
RANDAZZO. III- R- se. 405
traverse la Valle délia Vena, pais la Valle délie Forclie. — 13 kil. Piedimonte Etneo (348 m.; hôt. Pace; pour la course en voit. à partir de Taormine, v. p. 402), petite ville située sur la vieille route militaire de Païenne à Messine, que la voie longe ensuite au N.-O., piiis à rO. jusqu'à Randazzo. Himilcon a passé par là en 896, Timoléon en 344 av. J.-O. , Charles -Quint en 1534, etc. A g. se dresse l'Etna; à dr., les versants boisés du mont Calciniera (808 m.). On croise de nouveau plusieurs torrents généralement à sec en été. — 17 kil. Terremorte. On traverse les restes de l'éruption de 1566. — 20 kil. Lingtiaglossa (Alb. Francia). Plus haut, sur la montagne, la Pineta di Linguaglossa , grand bois de pins (v. p. 418). — 23 kil. Castiglione, stat. à 6 kil. au S. de Castiglione di Sicilia (621 m.; pour Francavilla, v. p. 402), ville de 12272 hab., qui produit les meilleures noisettes de la Sicile. Au delà, on traverse des bois de noisetiers, après lesquels le regard s'étend ensuite librement, à dr., sur la vallée de l'Alcantara et sur la haute chaîne des monts Nébrodes (p. 379) succédant aux montagnes de Castiglione, qui disparaissent ici. — 27 kil. Solicchiata. — 32 kil. Moio, avec le cratère le plus septentrional de la région de l'Etna. Puis on traverse la coulée de lave de 1879, qui s'avança presque jusqu'à l'Alcantara. Le village de Moio est à 5 kil. au N. de la station; près du petit village de Malvagna, à 3 kil. au N. de Moio, se trouve une chapelle byzantine très intéressante pour les architectes, la seule de toute la Sicile qui ait échappé aux Sarrasins. Non loin de là, probablement, se trouvait la petite ville de Tissa, mentionnée par Cicéron. — 34 kil. Calderara (già Merenda).
40 kil. Randazzo (754 m.; hôt., faire prix: Italia, via Umberto I, ch. 2 fr. 50; Finocchiaro), ville de 9454 hab. et anc. colonie lombarde (v.p. 379), qui a conservé beaucoup de restes du moyen âge. Appelée alors la «populeuse», elle reçut de l'empereur Frédéric II le surnom d'Etnea. C'est en effet la ville la plus proche de la cime du volcan, dont elle n'est éloignée que de 15 kil.; malgré cela, elle n'a pas encore été détruite par les éruptions. Ses maisons sont construites de lave de couleur foncée, tandis que ses églises et ses petits palais, intéressants par leur architecture médiévale, présentent souvent une ornementation de marbre blanc.
L'église S. Maria, non loin de la gare, au bout (E.) de la via Umberto I, la rue principale, a un chœur du commencement du xni« s. et un mur latéral du xiv<=; la tour et la façade ont été reconstruites dans leur ancien style en 1863 par Cavallari et Marvuglia; une inscription désigne Petrus Tignoso comme leur premier architecte. L'intérieur est de style baroqup, les fûts des colonnes sont des monolithes de lave. Plus loin, en bordure de la rue principale, l'anc. hôtel de ville où l'on a installé un bureau de poste dans le petit cloître, et le palais Fisauli, du xiv« s., qui sert maintenant de casino. L'église S. Martino, à l'extrémité 0. de la grande rue,
406 in.li.se. BRONTK. (Jh. de f. de ceinture
a encore son beau campanile normand, restauré au xiv« s. Presque en face, une tour de l'ancien palais ducal qui sert aujourd'hui de prison. — Du milieu de la grand'rue part une ruelle qui passe au N. sous quatre arcades gothiques et conduit à l'église normande de S. Nicola, complètement modernisée; à l'intérieur, la statue du saint par Ant. Gagini (ir)23) et de vieux fonts baptismaux. Sur la même place, le palais Finocchiaro, construction goth. de 150'.>, avec une inscription en latin barbare.
L'ascension de l'Etna, (|ui se fait de j) référence de juillet il septemlire (v. p. 415), demande 8 à 9 li. à partir de Randazzo; guide 10 fr., mulet 6 fr. ; les hôteliors se (•liaru:cnt di> procurer un guide, une monture et des jirovisions pour env. 25 fr. par personne.
Une excursion à pied ou en voiture jusqu'à Bronte (17 kil.), par une grande route excellente, n'est pas sans intérêt.
Le parcours entre Randazzo et Bronte est la plus belle partie du chem. de fer de ceinture de l'Etna. La voie monte, d'abord à travers une forêt de chênes. Les cultures rappellent ici celles du Nord. Après un long trajet à travers un champ de lave dénudé, on atteint la limite des bassins de l'Alcantara et du Simeto un peu avant (51 kil.) Maletto (940 m.), petite ville avec un vieux château, située au pied de la montagne du même nom (1140 m.). Dans la vallée, à dr., k mi-chemin, l'eau qui descend des deux versants forme au printemps le lac de Giirrita, qui se dessèche en été et dont les exhalaisons répandent alors la malaria dans les environs.
A dr., à 8 kil. 5 au N.-O. au-dessous de Maletto (chemin carrossable), sur le bras E. du Simeto, se trouve l'ancien couvent de bénédictins de Maniacium appelé auj. Castello di Maniaci (s'adresser h l'administrateur). C'est là que le général grec Maniacès triompha, avec l'aide de soldats norvégiens et normands, d'une grande armée de Sarrasins, au printemps de l'an 1040. Marguerite, mère de Guillaume II, fonda en 1174 le couvent dont Guillaume de Blois, frère du célèbre Pierre de Blois, fut le premier abbé. L'église date de cette époque. Ferdinand IV donna en 1799 tout ce territoire à Nelson, lorsque le vainqueur d'Aboukir eut permis qu'on souillât son nom par les massacres de Naples. Kclson fut nommé duc de Bronte, du nom de la ville voisine, qui vient, dit-on, du grec flpovTàv, tonnei*. Son propriétaire actuel est le vicomte Bridport, l'héritier de Nelson.
La ligne atteint son point culminant (974 m.) bientôt après Maletto. A dr. et à g., les hautes chaînes de montagnes couvertes de neige au printemps et les cimes encore bien plus hautes de la «colonne du ciel», du «père nourricier de la neige», comme Pindare appelle l'Etna, donnent au paysage un caractère qui rappelle presque les Alpes. Tout près de Bronte, un large torrent de lave de 1651.
59 kil. Bronte (793 m.: hôt. Barbaria), ville de 20166 hab., ne date que du règne de Charles-Quint. Pour Troina et Nicosia, v. p. 356. — Plus loin, on traverse des champs de lave incultes. On franchit les coulées de 1843, k 3 kil. de Bronte, puis celles de 1727, 1763, 1603, 1787 et 1610. Les cratères qu'on voit devant soi sont, en descendant vers l'O. à partir du cône de l'Etna, les monts Lepi'e, Rovolo et Minardo. — 68 kil. Passa Zingaro (701 m.).
de VEtiM. ADERNO. Hl- J?- 36. 407
75 kil. Ademô (580 m.; butfet; Alb. Centrale, l'aire prix), ville aisée de 25689 hab. Sur la grand'place s'élève un château normand de forme carrée, fondé par Eoger I^''; il sert aujourd'hui de prison, bien que tout dégradé à l'intérieur. On voit encore dans la chapelle des restes de fresques représentant la petite-iïlle de Roger I^'", Adélasie, prenant le voile à S. Lucia, couvent situé presque en face, fondé aussi par Roger I^"", en 1157. Il y avait ici dans l'antiquité une ville appelée Hadranum, fondée vers l'an 400 par Denys l'Ancien, près du célèbre temple sicule d'Hadranus, qui était gardé par plus de mille chiens. Il en reste quelques débris dans le jardin de Salvatore Palermo, à un endroit appelé Castellemi, au S. du château et près du couvent S. Francesco à l'est. C'est d'Adernô que Timoléon étendit sa domination en 344, après avoir battu dans le voisinage Hicétas de Syracuse. A l'O. de la ville, dans la vallée du Simeto et à 10 min. en amont du pont de la grande route, sont les restes d'un aqueduc romain, le Ponte Carcaci.
La voie descend au delà d'Adernô. — 80 kil. Biancavilla (512m. ; Alb. di Gios. Petralia), ville de 12 811 hab., en partie d'origine albanaise. De cet endroit, on visite la Grotta di Scilà, grotte basaltique située à 1 h. Y2 de distance, et la Grotta degli Archi, dans la lave de 1607 (tunnel de 700 m.), à une altit. de 2100 m.
84 kil. S. Maria di Licodia. A 2 kil. au S.-O., dans la région dite Civita se trouvait, dit-on, la ville d'/wessa colonisée par des réfugiés de Catane en 461 av. J.-C. (p. 410) et nommée alors j3Etna. Immédiatement après la localité, à g., la route de Belpasso (3 kil.; p. 408). — Plus loin, à 1 kil. 5 de Licodia, à dr., on remarque le commencement de l'aqueduc romain de Catane. — 88 kil. Scalilli.
91 kil. Patemô (240 m.; butfet, simple; hôt. Centrale, sans prétention), ville de 20098 hab., dont la population est surtout ouvrière, les propriétaires s'étant retirés pour la plupart à Catane à cause de la malaria. Elle occupe l'emplacement de l'ancienne Hyhla Geleatis des Sicules. Roger I^"" construisit en 1073 le château qui domine la ville. L'énorme donjon carré, qui date de la 1'" moitié du xiv* s., comme on l'a constaté lors de la restauration de 1900, est aussi parfaitement conservé à l'intérieur, tant en ce qui concerne sa distribution, que dans plusieurs de ses détails (rez-dechaussée, deux étages supérieurs, escaliers dans la muraille, salles, chapelle avec restes de fresques; clef au Municipio; pourb.). La ville s'étendait au moyen âge sur la colline autour de ce château. Actuellement, on n'y voit plus que la Matrice ou cathédrale et deux couvents. Belles vues sur la vallée.
Hybla fut hellénisée si promptcment qu'elle est la seule ville sicule qui ne prit point part au soulèvement de Ducétius contre les Grecs, en 453, à moins que les historiens n'entendent parler d'une autre, l'Hybla du S. Les Athéniens en pillèrent le territoire en 415. La vieille route de Catane à Centuripe passait par Paterne. On voit encore deux arches d'un pont sur le Simeto. C'est d'ici que se faisait dans l'antiquité l'as-
Baedeker. Italie méridionale. 15' éd. 26
408 ///• li- 36. BELPASSO.
lonsiou (lo l'Ëtua. Ou voit du côté de cette luoutagnc des restes de baius, dans la Vontrada di liella Vortina. Près do là, la Grotta del Fracassa, au fond do laquelle mugit uu torrent souterrain. 11 y a à 10 min. au N.-O. de Paternô une sorte de volcan de boue, nommé Saliiiella. Au pied de ce volcan est une source d'eau ferrugineuse et très gazeuse appelée ici Acqiia (Jrasaa.
93 kil. Giaconia. — 95 kil. V^alcorrente.
On peut aller du la stat. de Valcorrente ou de celle de Misterbianco (v. ci-dessous) il Motta S. Auastasia (p. 370), à cnv. (i kil. par la route, et revenir de là à dos de mulet par la vallée de dr., par laquelle on rejoint la route en deçà de Misterbianco. A g. de cette route, près A'Erbe Blanche, se trouvent les restes d'un éditice romain et, env. cent pas plus loin, des débris de baius appelés Dainusi.
99 kil. Belpasso; la ville, de 9734 hab., est à 6 kil. au N. et à 550 ni. d'alt., au pied de l'Etna. Détruite en 16(J9 par une éruption, elle fut reconstruite au lieu dit Mezzocampo, mais la malaria obligea ensuite les habitants à se transporter à l'endroit actuel. — De là, on va au N.-E. en 1 h. 1/4 à Nicolosi (p. 420), en passant au pied des monts Mossi.
102 kil. Misterbianco, ville de 8927 hab., détruite eu 1669. A dr. s'élève le Muntecardillo, le cratère le plus au S. -E. de l'Etna. La voie franchit le torrent de lave de 1669 avant d'atteindre (108 kil.) Cibali et les quatre stations de Catane,
110 kil. Catania Borgo (p. 414), 112 kil. Caiania Gaito, 113 kil. Catania Sicula, 114 kil. Catania Porto.