‹ ItalieChapitre 101 sur 587 · L.ThiùJIier.Del · texte numérisé non relu

L.ThiùJIier.Del

haut degré de développciiieiit de ses institutions politiques.

Mais bientôt le parti guelfe se divisa en deux groupes principaux : les Guelfes aristocratiques^ qui auraient voulu mettre un terme au progrès du pouvoir populaire, et les Guelfes populaires.

Ces derniers prirent le nom de blancs, leurs adversaires celui de noirs. Le pape Bonilace Ylll voulut intervenir entre eux; son autorité fut méconnue; il appela alors en Italie Charles de Valois, frère de Philippe le Bel. Celui-ci ramena les noirs à Tlorence (1501). Malgré la capitulation, les blancs furent emprisonnés et proscrits; leurs maisons pillées. Celle de Dante* fut du nombre. — Pour mettre fin à ces factions, le gouvernement fut confié (1542) à un seigneur français, Gauthier de Brienne; mais sa tyrannie provoqua trois conjurations des gVands. On voit déjà figurer les Médicis parmi les conjurés. Florence fut pendant deux mois dans une fièvre révolutionnaire.

Quoique le parti gibelin fût écrasé depuis longtemps, Florence ne jouissait pas de, la tranquillité. La rivalité entre les Ricci et les Albizzi amena de nouvelles commotions. En 1378 la populace, soulevée par Silvestrode' Medici, fit sa révolution ; elle nomme un cardeur de laine, Michèle di Lando (1543), gonfalonier; elle veut destituer Lando, mais il résiste : à l'aide des propriétaires et des paysans, il met en déroute les ciompi (compères ou journaliers) et rétablit l'ordre. Le parti des Alberti et des Medici, qui avait commencé la révolution, en recueille les fruits. — La population de Florence était de 150000 hab.; mais la peste de 1348 la diminua de moitié; elle amena une grande dissolution dans les mœurs des survivants, enrichis par des héritages subi's. — Florence était alors souveraine de la moitié de la Toscane.

Après tant de luttes, Maso dejçli Albizzi, gonfalonier, administra glorieusement,

* Jusqu'au moment de sou exil, Dante, à celte c[)0(|ue magistrat de Florence, avait été guelfe. Lorsque l'empereur Henri VII descend en Ilalie, il espère rentrer à sa suite dans Florence et devient gibelin enthousiaste. Mais l'empereur, après plusieurs échecs, meurt en 1513. Le grand poète reste gibelin, exilé, errant de tous côtés; il refuse avec fierté de rentrer dans sa patrie après un si long exil, en faisant amende honorable, et il meurt en 1321 à Raveune.

Page 1