FLORENCE, SIENNE, PISE ET LUCQUES
FLORENCE
ET SES ENVIRONS
lY. 2?. — On peut se rendre de Paris à Florence : — 1*^ 1227 kil., par la ligne directe de Mâcon, Modane, Turm, Gênes, l'ise (F. Italie du Nord, et R. 12) ; — ^;° 12(38 kil., par la ligne de Mâcon, Modane, Turin, Alexandrie, Plaisance, Bologne {V. Italie du Nord, etR. 1 et 11); — 5° 1519 kil., par Lyon, Marseille, Gènes et Pise (F. Italie du Nord, ci R. 1.2 et 17). — Pour les heures des départs et le prix des places, consulter les Indicateurs.
Situation. — Aspect général.
Quais et ponts.
Florence*, Firenze,\2iRegina del- /' Ar/îo, ancienne capitale de la Toscane, pais du royaume d'Italie (1864-1 8 70), Y. de 192 000 hab., est située dans une plaine au pied de contreforts des Apennins (le point culminant est le mont Morello, 954 met.), dont la chaîne centrale s'élève au N. Au S., le Yal d'Arno florentin est bordé par une suite de collines boisées et élevées, détachées de la chaîne centrale.
De quelque point qu'on Paperçoive, des hauteurs de Fiesole, de celles de San Miniato, de la promenade des Colli, du jardin Boboli, Florence, par
sa situation et le relief élégant de ses monuments, justifie déjà de loin le renom de beauté que lui ont valu ses édifices et ses trésors artistiques; mais, dès qu'on y entre, on est frappé de Faspect étrange que présentent ses anciens palais aux constructions massives, simples, sévères, sans portiques, sans colonnades, et dont les noires façades ressemblent à desmm^s de citadelle. On s'étonne de je ne sais quel âpre génie, empreint dans ces espèces de châteaux forts, monuments du moyen âge, qui donnent encore de nos jours à cette ville une physionomie si caractéristique. Florence est l'Athènes des temps modernes. C'est un nom glorieux parmi les glorieuses cités italiennes, un nom à jamais splendide, et dans lequel se résument, comme dans celui d'Athènes, les nobles idées qui ont pour mobiles le patriotisme, la liberté et l'art.
Florence est divisée en deux parties inégales par FArno.
Les quais sont désignés chacun sous le nom de Lunrj' Arno ou Lungarno (pluriel Lungarni). Les plus beaux sont ceux qui , exposés au midi, s'étendent sur la rive dr., sous les noms de Acciajoli, Corsini et Amerigo Vespucci, depuis le Ponte Yecchio jusqu'à la promenade des Cascine. C'est là que s'élèvent les premiers hôtels de la ville; c'est le quartier le plus recherché des étrangers.
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FLORENCE
Six ponts réunissent les deux parties de la ville. Ce sont, en descendant le cours de l'Arno :
Ponte in ferrOy sur lequel passe le tramway à vapeur CoUi-Ghianti conduisant à la promenade dite Viale dei CoUi et à la place Micbel-Ange.
Ponte aile Grazie^ ainsi nommé à cause d'une petite chapelle érigée sur un de ses piliers en 1741, agrandi et restauré en 1874 (la chapelle fut alors transportée à côté, sur le quai du même nom) .
Ponte Vecchio, rebâti (1545) par Taddeo Gaddi; il occupe l'emplacement du premier pont de Florence, et est garni entièrement de maisons et d'ateliers d'orfèvres. Pour cette raison on l'appelle aussi ponte degli Orefici. C'est le plus fréquenté. En amont court une galerie servant de communication entre le palais des Uffizi et le palais Pitti.
Ponte Santa Trinitay reconstruit pour la dernière fois en 1569, par Bart. Ammannati; c'est un ouvrage remarquable par sa hardiesse et sa grande élégance.
Ponte alla Carraja, ainsi nommé parce qu'il était, peut-être, le plus traversé par les chariots. Il a été restauré, par Ammannati, en 1557, et agrandi en 1867.
Ponte sospesOy ou pont suspendu, près de l'entrée des Cascine.
Florence a aujourd'hui 10 kil. de circonférence. Les anciennes portes (alla Croce, San Gallo, alPrato, sur la rive dr. ; Sari Frediano^ Romana, San Giorgio, San Miniato et San Nicole, sur la rive g.) ont été conservées ; quelques nouvelles barrières ont été ouvertes.
Florence, de 1864 à 1870, époque où elle a été la capitale du royaume d'Italie, a pris un grand développement surtout au N.-O. et à l'E.
Florence [Floreritia, Firenze) doit peut-être ^îon origine aux Etrusques. Elle
sortit de l'obscurité seulcnicnt au tem))s de Sylla; ou a même attribué sa fondation à quelques officiers de sou armée.
Octave y établit une colonie militaire.
— GharlemagnQ lui donna seulement son organisation politique. — La comtesse Mathilde, épouse de Guelfe Y, duc de Bavière, et héritière de la Toscane, en fit don au Saint-Siège au commencement du xir s., quoiqu'elle la possédât à titre de fief de l'Empire. De nouveaux griefs s'ajoutèrent ainsi à la querelle entre l'Empire et la Papauté. Pour conserver ses possessions, la politique de Rome fut d'établir en Italie le pouvoir impérial et de soutenir la liberté des républiques italiennes. La ligue lojnbarde contre l'Empire s'était formée en 1167. Ge n'est qu'en 1197 que, à l'instigation du pape Innocent III, les villes toscanes conclurent entre elles une ligue défensive, destinée à défendre la papauté et à lui faire recouvrer son domaine.
De 1107 à 1207, époque de l'établissement du podestariaf, l'histoire de Florence se compose de luttes h'éqiientcs entre les factions qui se partageaient la ville et, au dehors, de combats contre les seigneurs féodaux.
G'est vers l'an 1200 qu'apparaissent dans l'histoire d'Italie les deux dénominations (originaires de l'Allemagne) de Guelfes (partisans du pape) et de Gibelins (partisans de l'Empereur), dont les luttes ensanglantèrent Florence et l'Italie pendant le xni*' et le xiv° s. Dans le principe, les factions ne furent à Flcrence, comme ailleurs, qu'une opposition entre les intérêts du peuple et ceux des nobles. « Là, comme partout, les Gibelins représentaient les intérêts féodaux; les Guelfes, les intérêts populaires. » En 1248, les Guelfes furent abattus et chassés de Florence, mais, en 1250, le parti populaire les y rappela. Les Gibelins, regrettant leur ancienne puissance, appellent à leur aide Mainfroi, fils de Frédéric II, et battent les Guelfes qui émigrent à Lucques (1260). — Une dernière révolution bannit de nouveau les Gibelins (1267) : Charles d'Anjou, appelé par les papes au trône de Naples, ayant vaincu Mainfroi, relève partout le parti guelfe, qui, depuis lors, malgré les conspirations des Gibelins, conserva le gouvernement de Florence.
En 1282, Florence se donna une constitution démocratique qui fut le plus
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