TEMPS MODER^•ES
Au milieu des fureurs des Guelfes et des Gibelins, rien n'annonçait à l'Italie, vers l'an 1200, qu'elle fût sur le point de voir ses villes se remplir des chefsd'œuvre de l'art. Le mouvement partit de la Toscane ; et pour la seconde fois fut donné au monde le spectacle de l'art s'épanouissant sous toutes les formes, à côté des luttes d'une liberté orageuse, mère des grands caractères. La splendeur de l'art florentin coïncide, il est vrai, avec l'époque des Médicis; mais ce n'est qu'au temps de la république, aux xni« et xiv^ s., qu'il se montre, à proprement parler, créateur. Le mouvement créé dans les espiits est antérieur à leur domination ; ils n'en furent que les heureux héritiers.
Sculpture. — Des sculpteurs, nés à Pisc, enseignèrent aux faiseurs de madones à secouer le joug de la routine byzantine. — Nicolas de Pise (Nicold Pisano ; -j- vers
1275) donna le premier clioc à la barbarie. Frappé de la beauté de quelques sculptures antiques nouvellement découvertes, il s'affranchit de l'enseignement conventionnel (chaires de Pise et de Sienne ; tombeau de St Dominique, à Bologne).
Ses travaux, bien qu'inspirés par les exemples de l'art antique, « procèdent aussi d'un grand fond de sincérité ».
— Andréa di Pisa (1270-1345; ainsi nommé, bien que né à Pontedera, près de Pise, parce qu'il étudia dans cette ville à l'école de Giovanni Pisano), auteur d'une des portes du Baptistère de Florence, fut pour son art ce que Giolto fut pour le sien. Son habileté à couler des modèles en bronze est d'autant plus remarquable qu'à cette époque les pi^océdés de l'art du fondeur étaient à peine connus. L'un et l'autre eurent un grand nombre d'élèves qui marchèrent sur leurs traces. — Le peintre Andréa Orgagna compte aussi parmi les sculpteurs. (V . cidessous ; autel d'Or San Michèle.) — Jacopo delta Quercia (-|- 1438), appartenant à l'école de Sienne, s'inspire plus directement de la nature. (F. Sienne :
Histoire de l'art.) — Un artiste à la fois orfèvre, sculpteur, peintre, architecte, devait dépasser tous les sculpteurs qui l'avaient précédé : Loremo Ghiberti (1381-1455), dans ses fameuses portes du Baptistère de Florence, manifeste une pureté de style, une élégance de forme mconnues. Michel-Ange et Raphaël lui ont emprunté quelques-unes de ses belles créations ; quel plus grand éloge? Cependant il faut reconnaître que, par la complication des plans et de la perspective, il fit sortir la sculpture de la simplicité et de la sobriété qui lui conviennent. — A côté de Ghiberti, Donatello (1386- 1468) produisit beaucoup et imprima à la sculpture et à l'école florentines un caractère qu'elles ne perdirent plus, celui du naturalisme , et de l'imitation exacte et savante de la nature. Chez cet excellent artiste, le désintéressement, la bonhomie et l'extrême simplicité de mœurs s'alliaient au talent. — Lifca délia Robbia (1400-1481), contemporain de Ghiberti et de Donatello, occupe une place à part. La majeure partie de ses ouvrages sont en terre cuite et vernissée, ressemblant à la faïence. Mais il a laissé aussi des sculptures qui sont des chefsd'œuvre de grâce et de candeur, a Pendant plus de 30 ans, son neveu Andréa