I ROUTE 13J FLORENCE : ^ HISTOIRE DE L'ART
délia Robbia et les quatre fils de celuici exploitèrent avec persévérance les procédés dont Luoa leur avait lègue le secret. De là tant d œuvres compromettantes aujourd'hui pour la gloire du chef d'école. » — Parmi les artistes qui leur s^iccédèrent. nous citerons : Jean de Pise élève de Donatello ; Michelozw Michelozzi (f après 1470) ; — Desideno da Setiignano, élève lavori de Donatello, mort à 28 ans, vers 1485, et qui communiqua au marbre une gi'andc doii- ^•eur ; — Mino da Fiesole (14o0- 148G) ; — Bencdeito da Majauo([U'l- 1408), etc.... « Ce dernier, — Matlco Chitali (1455-1501; »''• I^^^^F^^)^ — Jicuedcfto da Rovezza}W (ne vers 1480), et beaucoup d'autres, engagent avec la peinture une lutte dont aucun d'eux ne devait sortir victorieux. » — Antonio dei Pollajolo (1441-1498) se montre le précurseur de Michel-Ange par ses connaissances en anatomie. — Le plus célèbre des élèves de Donatello, Andréa \ errorchio, peintre et sculpteur (1452-1448), manifeste également de la science analomique.
Le Titan de l'art, non seulement pour l'Italie, mais pour toute la sculpture des temps modernes, fut Michel-Ange (1474- 1564). H manife^a sa puissante originalité en donnant à la forme humaine un caractère excessif de force et de grandeur. Il y a dans ses statues exubérance de forme et souvent exagération de mouvement. Il trouva un idéal nouveau qui prit rang dans l'art comme une conquête isolée ; car il y avait péril à le suivre dans ies sentiers ardus où l'emportait son génie. Quelques-uns l'essayèrent, et ils s'^égarèrent sur ses pas. Son exemple ne fit que jeter le trouble dans l'art. — Déjà, à côté de Michel-An^e, Baccio Uandinelli (1487-1559), qui veut rivaliser avec lui, tombe dans l'enflure; et, avec les imitateurs à la suite, l'art, ayant perdu la simplicité candide, le sentiment et la vérité des premiers maîtres, n'est plus que de l'habileté stérile, visant à une fausse grandeur et ne rencontrant que l'exagération. — Les deux élèves les plus illustres de Michel-Ange furent Monlorsoli, mort en 1565, et Monlelupo. — Le Tribolo (1485-1550) lit des copies de Michel-Ange et travailla le marbre avec délicatesse. — Vincenzo Danti (1530-1567) tomba dans l'exagération anatomique.— Benvenuto Cellini
(1500-1570) prouva par sa st;iliie de Persée que le i)his habile des orfèvres d'une époque qui en comptait de si habiles aurait pu devenir un des grands statuaires de Pltalie, s'il s'était livré exclusivement à cet art. « Entre autres habiletés, dit M. Delaborde, il a eu celle de se faire passer pour un artiste de premier ordre. » — Sansovino (1477-1570) se préserva de l'imitation servile, se lit un style élégant, et fut un des premiers sculpteurs de son temps; mais l'architecture finit par l'absorber presque exclusivement. — Ammamiati, auteur du Neptune de la place de laSignoria, s'abandonna au style conventionnel des imitateurs de Michel-Ange. 11 se fit surtout un nom comme architecte. — Jeaii Bologne (1524-1599), né à Douai, vint de bonne heure en Italie et vécut si longtemps à Florence, qu'on peut le considérer comme appartenant à l'école toscane.
Il est plein d'imagination, de mouvement et de hardiesse ; mais, par la facilité de son ciseau et sa recherche des effets pittoresques, il précipita la décadence de l'art. — Pierre Francheville [Francavilla; 1548-1615), élève et aide de Jean Bologne, est un autre Flamand adopté par 'Florence ; appelé à Paris, il fut sculpteur de Louis XIII. — P/e^ro Tacca, mort en 1640, élève de Jean Bologne, manifesta une grande habileté. — Parmi les sculpteurs de notre temps, nous citerons Lorenzo Bartolini (1778-1850), Fedi, Dupré, etc.
Architecture. — C'est en Toscane que devait s'opérer le mouvement de régénération dans les diverses branches de l'art. Déjà, dès la fin du xi« s., Buscheito élevait le Dôme de Pise, monument à part pour cette époque, et dans lequel l'habile emploi de matériaux antiques, coordonnés avec intelligence, semblait faire pressentir que l'architecture, dans la voie nouvelle d'émancipation où elle allait bientôt entrer, ne sacrifierait ni au style byzantin ni au style ogival. L'architecture ogivale atteignait bientôt son apogée en France, en Angleterre et en Allemagne. — « En Italie, elle resta à l'état de produit exotique. Dès que l'amour de l'antiquité se répandit, les architectes, eux aussi, furent entraînés vers les modèles antiques qui avaient survécu. » Ces modèles étaient romains ; ce fut donc le style roman qui devint le
Imt des études et des imitations. On peut voir (Milan : Histoire de l'art) dans quel sens eurent lieu ces imitations.
Arnolfo di Lajw ^ (1232-1310) ouvre le premier la route (F. ci-dessous, Dôme). — JeandePise [GiovanniPisano] appartient encore par le style de ses ouvrages au gothique, mais il a un goût élevé et de la grandeur dans la conception (F. le Campo Santo de Pise). — Deux artistes, dont les noms appartiennent plus exclusivement à la peinture, Giotto et Andréa Or^fl^wtt, prennent également rang parmi les nrcliitectes de cette époque, le premier par son élégant Campanile (Florence), le second par la Loggia dei Lanzi (Florence), où se manifeste le caractère propre à l'architecture toscane : la force et la gravité. — Enfin Brunelleschi [Filippo di ser Lapo Bruneliesco ; 1377- 1446) paraît, et c'est de lui que date l'architecture moderne (F. ci-dessous).
Brunelleschi rejette tout à fait l'architecture gothique, mais conserve quelques données de l'art roman. « De môme les monuments faits par ses élèves ou por les architectes qui s'inspirèrent de sa manière se distmguent des monuments antérieurs et postérieurs et portent l'empreinte de la transition. Les proportions antiques, grandes et sévères s'y unissent à l'esprit de l'art antérieur, et quelquefois même encore à l'ogive. » Les trois ordres classiques que Brunelleschi, qui avait étudié Yitruve, avait fait revivre, furent employés d'une manière confuse, et quelquefois modifiés arbitrairement. — C'est dans cette période que se forma le beau style florentin : — Michelozzo Michelozzi construit le palais Médicis (depuis Riccardi) ; — Bencdetlo da Majano construit le palais Strozzi (F. Palais), d'un caractère si grandiose; le Cronaca (le Chroniqueur, sobriquet qu'on lui donnait à cause de ses perpétuels récits sur ses voyages à Rome, et qui est resté le nom sous lequel il est connu) se fait une réputation par la belle corniche dont il couronne ce palais.
Leone BattistaAlberti (1404-1472) se présente à la reconnaissance de Fart avec un ouvrage qui n'avait pas encore eu d'exemple chez les modernes, et qui a
* Ou, selon les documents nouveaux, Aniolfo di Cambio da Colle, c'est-à-dire Aiiiolfo, fils de Cambio, de Colle (dans le Val d'Eisa).
servi de règle à ceux qui vinrent après : nous voulons parler de sa Théorie de Fart de bien bâtir [De re edificaîoria). Quelques rares monuments attestent la pureté de son goût (F. Rimini, église San Franccsco) ; son traité lui assure une des premières places parmi les architectes. — De la Toscane, le style de la Renaissance se répandit dans toute l'Italie. — Nous ne poursuivrons pas plus loin ces indications sur l'histoire de l'architecture en Toscane. Bien que la Toscane, et Florence en particulier, aient encore produit des architectes célèbres, ids (\[x Antonio da San Gallo, le sceptre de l'art passe désormais à Rome, et c'est là que nous reprendrons et que nous terminerons l'histoire des développements de l'architecture italienne.
Peinture. — Pour l'architecture et la sculpture, même avant la découverte des belles statues, l'Italie possédait des modèles; pour la peinture, au contraire, l'antiquité n'avait rien laissé. Byzance, qui avait reçu l'héritage de la Grèce, était l'atelier de l'Europe. Mais l'art n'y était plus qu'un formalisme traditionnel, prescrit en quelque sorte par le rite; la vie s'en était retirée, il s'était fait momie. Dès le ix^ s., les artistes grecs, chassés parlapersécution des iconoclastes, émigrèrent en Italie. Deux siècles plus tard, les croisades multiplient les relations. — Au xi^ s., les Vénitiens font ve-nir les mosaïstes grecs pour décorer l'église de St-Marc. Cependant la culture de la mosaïque, celle même de la peinture, n'avaient jamais été complètement interrompues en Italie ; mais l'art s'était fait barbare, et c'était encore à Byzance qu'il fallait aller chercher les bons modèles. — Les miniatuynstes forment aussi une transition entre l'art antique et moderne; et, si l'on possédait plus de monuments des époques reculées du moyen âge, l'histoire de cet art microscopique serait probablement pleine de révélations inattendues. Quoi qu'il en soit de cet art antérieur au réveil de la Renaissance, un seul fait nous semble témoigner suffisamment de Finfimité et de la barbarie de la peinture avant Cimabue (1240-1300), c'est l'enthousiasme causé par les œnvres grandioses, mais encore barbares, de ce peintre florentin, qui j devança tellement ceux qui l'avaient î précédé, qu'on a daté de lui la renaissance