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XII. Lijipi : St Pierre délivré de prison

Sacristie (on entre par le transsept de dr.). — Fresques découvertes en 1858 est attribuées soit à Spinello Aretiîio, soit, d'après Growe et Gavalcaselle, à Lorenzo di Bicci (1420).

Elles représentent les épisodes principaux de la vie de sainte Cécile. [Un grand nombre de figures ont le dessin aigu qu'il leur donne habituellement.

D'autres cependant ont une certaine souplesse qui rappellerait plutôt Angelo Gaddi. Les draperies ont déjà l'ampleur qu'on retrouve dans Masaccio.]

Chœur. — A dr., derrière le maîtreautel, tombeau du gonfalonier P. Soderini, par Ben. da Rovezzano (1515).

Transsept de g. — Chapelle Corsini :

bas-reliefs en marbre par Foggini; fresques de la voûte par Luca Giordano .

Cloître, à dr. de Féglise (s'adresser au sacristain) : fresques parmi lesquelles on remarque, à dr., une fresque (la V. entourée de trois Saints, un chevalier et une nonne), attribuée, par Crowe et Gavalcaselle, à Giovanni da Milano, élève de Taddeo Gaddi.

— Dans Fancien Réfectoire : Cène, commencée par Vasari et achevée par Aîessandro Allori,

Santa Croce (FI. 7 ; place du même nom), construite par Arnolfo di Gamhio ou di Lapo (i 294 ou 1 295) , et gâtée par Vasari, qui a modifié surtout le fond ; il a enlevé à cette église son caractère en faisant effacer les peintures de Gaddi, de Giotto, d'Orcagna, pour les remplacer, dans les nefs latérales, par des autels qui s'accordent mal avec l'architecture du monument.

La façade, restée inachevée, a été terminée (1865) en marbre blanc et de couleurs, sous la direction de Nic^. cola Matas, architecte, qui se serait inspiré d'une esquisse autographe du Cronaca, trouvée vers 1840. La première pierre a été posée par Pie IX, le 22 août 1857. Les bas-reliefs audessus du portail sont de Giov, Dupré,

— Le clocher est de 1847.

Cette vaste église (longueur 116 met. 47; largeur des 5 nefs, 58 met.

45), nue, sombre, austère, éclairée par de superbes vitraux gothiques (à la façade, la rose présente une Descente de croix, d'après un dessin de Ghiberti), remplie d'illustres tombeaux, a été décrétée Panthéon National pdiV une loi du Parlement italien ; et certes on ne vit jamais si bonne compagnie de morts. C'est là que reposent Galilée, Michel-Ange, Machiavel, Rossini, etc.

A dr. de la porte du milieu (surmontée par une statue en ^bronze de Donatello), monument du poète G. B.

Niccolini, par Fedi (1883).

Nef de dr. — Près de l'entrée, cénotaphe de Manin avec son médaillon.

— Tableau d'autel : Crucifiement, par Santi di Tito. — Monument de Michel-Ange, dessiné par Vasari (disposé dans un goût singulier, devant un ridicule baldaquin à glands d'or et à nichée d'Amours, peint sur la muraille; son buste et la statue de la Peinture, par Bail. Lorenzi; la Sculpture, par Cioli; l'Architecture. par Giov. delV Opéra), — Pilier en face : bas-reliefs, par Bern, Rossellino. — Tableau d'autel : J. C.

portant la croix, par Vasari [noir, en-

combré de figures]. — Moniuiicnl ('lové, on 1825, à la mômoire de Dante fouvrage mcdioore de liicci]. — Tableau d'aulel : Ecce bomo, par Jac.

Coppi. — Moiuuiionl d'A/ficrl (par Canova], érigé au poète par la comlossc d'AIbany. — Pilier eu tace : chaire, par Bcnedclto da Majano, ouvrage remarquable, mais où l'artiste, dans les sujets eu ronde bosse eousacrés à la vie de St François, exagère les limites de la sculpture, pour usurper les nioyens de la peinture. — Monument de i\lacbiavel (1787), par Spinaiii. — Médaillon(le Lanzi, l'iuslorion de la peinture italienne, par Bel II. — Inscription funé-

ÉGLISE SANTA GROCE.

vaire dos Cavalcanti ; au-dessus St Joan- Bapliste et St François, fresque par Andréa del Castacj no [\)cinluvQ d'un aspect très t'aroucbe, mais des plus remanpuiblos] ; Annonciation (bas-relief en macigno), attribuée à Donatello; les Anges, en bois peint. — Beau monument de Leouardo Bruni, par B. liosscUlno, surmonté d'une Yicrge, sculptée par Andréa Vcrrocchio. — Contre le pilier de la grande nef, monument de J. Y. Alberti, ancien ministre, p.r SantarcUl.

TuANssEPT î)E DR.^ — (A) Cbapotlo des Gastellani, décorée de fresques par Anqelo Gaddi (vers 13S0), peut-être

Plan du fond de l'église Santa Croce.

le meilleur ouvrage de ce peintre.

1. Tombeau de la comtesse Albany, veuve du dernier prétendant Stuart, morte en 18'24, par SantarcUi; 2 et 5. St Dominique et St Bernardin, en terre vernissée, de grandeur naturelle, par un délia lîobbia. — 4. Monument de 1527, dont les sculptures sont dans la manière de Nie. Pisano. — (B) Chapelle des Baroncclli« (auj. Giugni) :

5. Fresques de Taddeo Gaddi, les meilleures de cet artiste à Florence. 0. Groupe médiocre en marbre ])ar Bandinclli.

7. Assomption, fresque par Mainardi, élèvcî de Ghirlandajo. 8. Statue de la V., par Vinc. Peruf/ino. — (G) Corridor : plusieurs tombeaux, entre autres celui

du sculpteur Bartolim, par UomanelU; — (D) Ghnpelle des Médicis ou del Noviziato : plu^^ieurs bas-reliefs des délia Robhia; plusieurs peintures de l'école de Giotio; à dr. tabernacle sculpté par Mino da Fiesole; à g. Couronnement de la Y. aAec cbœur d'Anges et de Saints, un "des rares ouvrages authen- • tiques de Giotio. — (F^) Sacristie :

fresques exécutées par des élèves de Giotto et divers artistes ; grand crucifix attribue à Margarltone ou plutôt à un peinli'e supérieur; belles boiseries; chasubles; livres choraux; dans la cbapelle

* Le plan ci-joint fera bien coni])rciidre la description des transsepts et du chœur.

Rinuccini, séparée de la sacristie par une belle grille en fer, fresques et retable de Taddeo Gaddi ou plutôt d'un des élèves Giovanni da Milano (1579).

[M. de Rumohr doute qu'elles soient de Gaddi, à cause de la différence de conception et de manière entre ces fresques et celles de la chapelle Baroncelli.] — (F) Chapelle : peintures légendaires de l'école de Giotto, endommagées ; tableau d'autel, Assomption, par Crist.

Allori. — (G) Chapelle : tableau d'autel par Biliverti; à g., peintures de Passignano; à dr., de Rosselli. — (H) Chapelle Bonaparte : monument de la princesse Charlotte Bonaparte, par Bartolini. — (I) Chapelle Peruzzi : la Vierge agenouillée devant Dieu le Père, audessous deux Saints, i)ar Andréa del Sarto; fresques pathétiques de Giotto, relatives à St Jean et St Jean-Baptiste, découvertes et restaurées en 1842-1860. — (K) Chapelle Bardi :

fresques de Giotto (repeintes), relatives à St François, découvertes sous le badigeon (1853). A l'autel est une peinture faite pour exciter la curiosité : un portrait de St François d'Assise, par Cima- Ime (?). [Figure très maigre, nez mince; les yeux, les sourcils et les cils noirs. On peut le comparer avec celui de l'école San Francesco, à Pistoie.] Yasari dit qu'il le fit d'après nature, du mieux qu'il put. S'il a voulu par ces expressions désigner un portrait d'après nature, il aurait évidemment commis une erreur : car St François mourut en 1226 et Cimabue n'est né que 14 ans après (1240). Quelques-uns, comme Crowe et Cavalcaselle, l'attribuent avec plus de raison à Margaritone.

Chœur. — Fresques à'Agnolo Gaddi.

[Le peintre s'est représenté (dans le sujet d'Héraclius portant la croix) près d'une porte, de profd , avec un capuchon rouge.]

Transsept de g. — (L, M) Chapelles ne renfermant rien de remarquable. — (N) Chapelle : peintures modernes de Sabalelli, père et fils. — (0) Chapelle Pulci : fresques (détériorées) attribuées à Bern. Daddi (?) ; sur l'autel, la Y. et les Anges, par Luca delta Bobhia (peint à l'huile d'une couleur désagréable). — (P) Chapelle Bardi ou de St Sylvestre : 10. Fresques de Giottino, relatives à la vie de St Sylvestre. 11. Le Christ mis au tombeau, repeint ])ar

Giottino (?). St Romulus et St Cenobius, à moitié clTacés. 12. Tombeau d'Ubertino de Bardi, avec la fresque [repeinte] de Giottino dont parle Yasari. — (Q) Chapelle Niccolini (Fermée par une petite grille en fer forgé, de la Renaissance) : statues de Moïse, d'Aaron, l'Humilité, la Prudence, par Francavilla [Pierre de Francheville), Sibylles, à fresque, par le Voltcrrano (vers 1560); Couronnement de la Y., par le Bronzino, belle peinture interrompue par la mort de l'artiste ; Assomption par le même. — (R) Chapelle Bardi : 13.

Célèbre crucifix de Donatello ( V. Santa Maria Novella). 14. Monument d'un membre de la famille Bardi. — (S) Chapelle Salviati : 15. Tombeau du physicien Melloni. 16. Tombeau de la princesse Sophie Czartoriskci, par Bartolini.

— 17. Tombeau de Clienibini, par Fantacchiotti (1869).

Nef de g. — Monument d'Atto Yannucci, patriote et écrivain, par Pazzi (1891). — Monument du graveur Raphaël Morghen. — Au pilier de la grande nef, monument de Leone Battista Alberti par Bartolini. [Il mourut à Rome en 1472, et c'est par erreur qu'on a dit qu'il fut enterré à Santa Croce.] Beau tombeau de Marsuppini, secrétaire de la République (ornementation remarquable par Desiderio da Settignano). — Tombeau de Fossombroni, par Bartolini. — Tombeau de Galilée (par/. B. Foggini), élevé un siècle après sa mort. — A g. de la porte centrale, monument de Gino Capponi, patriote et écrivain, par Bortone (1884).

Gloitre (on entre par une porte à dr. 'de la façade) renfermant des tombeaux anciens et modernes (celui d'un patriarche d'Aquilée est attribué à Agostino da Siena). — Au milieu de la cour, Dieu le Pèi'e, statue par Bandinelli. — Dans ce cloître, se trouvent : au fond, la belle chapelle des Pazzi, dite du Chapitre, construite par Brundleschi (portail orné d'un bas-relief de Luca délia Robhia et de sculptures de Donatello; à Finlérieur, médaillons des Prophètes et des Apôtres, par Luca délia Robbia) ; et, b dr., raucien réfectoire, renfermant : une vaste fresque attribuée par

IllOLTE 13] FLORENCE : — TOMBEAUX DES MÉDICIS. 131

Vasari à GiottOy mais que Cavalcaselle attribue h Tacideo Gaddi (Cène; Crucifiement ; histoires de St François et (le St Louis), quelques toiles et fragments de sculptures ; d;ins une salle à g. fresque (la Multiplication des Pains), par Giovanni da San Giovanni.

San Felice (PI. 9 ; à TO. de la place Pitti), du style de la Renaissance, attribuée à Michelozzo. — Beau portail.

A rintoricur, av;nU-dornier autel do la nef, à dr. : la Y. et l'Eiilant (avec le Père éternel dans la lunette), bonne peinture de Michèle et de Ridoifo Gliirlandajo. Ces fif^urcs ont été niaisement couronnées de joaillerie. — En revenant à g-., triptyque doré, comprenant plusieurs figures par Ncri di Bicci. — St Dominique, la V. et des Anges, par rEfupoli. — Près de la porte, trois Saints, attribués à Piero di Cosimo Rosselli. Cavalcaselle attribue cette peinture à Raffaello di Franccsco,

Santa Felîcîta (PI. 10 ; place de ce nom), modernisée en 1751. — Sous le porche, h dr., monument du cardinal Rossi par Raff, da Montelupo

A dr., i"^*^ cliap. : à la voûte, Evangélistes, par le Ponlorino et Bron^^ino ; Déposition de /. da Poniormo. — Sacristie : tableau à 5 compartiments par Taddeo Gaddi (1358); Ste Félicité, par Neri di Bicci.

San Lorenzo (PL 11 ; place de ce nom), fondée en 390 et consacrée en 593 par St Ambroise , rebâtie et agrandie en 1059, incendiée en 1425.

En 1425, Jean de Médicis se laissa persuader par Brunelleschi de la reconstruire sur un meilleur plan.

Elle fut terminée d'après ses dessins sous Cosme l'Ancien. (( Dans l'ordonnance en colonnes de St-Laurent on vit reparaître poui* la première fois Tordre corinthien avec toute la régularité de ses proportions et l'élégance de son chapiteau à feuilles d'acanthe. ))

L'intérieur (restauré en 18G0), qui a la forme d'un T, comprend 3 nefs entourées de chapelles. — Les ornements de l'intérieur de la grande porte sont de Michel- Ange. — Les deux chaires sont ornées de bas-reliels en bronze dessinés par Donatello et exécutés par son élève llcrtoldo. — Nef de dr. : monument du peintre Benvoiuti, par Thorwaldsen.

— Transsept de dr., chapelle à dr. : Nativité par Cosimo Rosselli. — Sur le pavé, devant le maitre-autel, les armes des Médicis indiquent la place du caveau où est enterré Cosme de Médicis, surnommé le Père du peuple. — Transsept de g. : 2° chap. à dr., tombeau de la comtesse de Moltke-Hwitfeldt, par Dupré (1864); chap. à g., Annonciation, par Lippu — Ancienne sacristie (si elle est fermée, s'adresser au sacristain), construite par Brunelleschi et décorée par Donatello :

coupole polygone ; médaillons des quatre Evangélistes (sous la coupole); bas-reliefs et portes en bronze par Donatello ; buste de St Laurent (au-dessus de la boiserie, à i^.); tombeau de Jean de Médicis, par Donatello (au centre) ; Nativité, peinture par Raffaellino del Garbo (à dr.); beau tombeau de Jean et Pierre de Médicis, par Andréa Verrocchio (à g.) ; dans la salle du Lavabo, fontaine par Brunelleschi. — Nef de g. : Martyre de St Laurent, grande fresque d'^. Bronzino. La porte à côté conduit au cloître, où se îrouve l'entrée de la bibliothèque (F. cidessous : Bibliothèques).

Nouvelle sacristie * [Cappella Medicea: PI. 55; entrée place Madonna degli Aldobrandini , derrière Péglise de San Lorenzo). — Cette chapelle, commandée à Michel-Ange par Léon X, commencée en 1520 et achevée vers 1555, renferme les tombeaux des Médicis, par Michel-Ange.

Cette chapelle est un de ces sanctuaires de l'art italien, consacrés à une éternelle admiration. On y voit, en effet, les fameuses statues, d'un style si fier et si caractéristique, dans lesquelles Michel- Ange a révélé sa puissante originalité ;

* La nouvelle sacristie et la chapelle des Princes dépendent de la Direction des musées. Elles ne commmiiqucnt plus avec

l'éûlise.

les statues de Laurent et de Julien de Médicis, celles du Jour et de la Nuit, de l'Aurore et du Crépuscule, si énergiquemeut écrites dans la forme, et en même temps si indécises, quant à leur signification, celle de la Nuit exceptée. A g. est le monument de Laurent II de Médicis, duc d'Urbin ^ (F. Histoire). — Le prince est représenté dans une attitude méditative, qui a fait donner à cette figure le nom de : il Pensieroso^ le Penseur, ou il Pensiero (la pensée, la rêverie). — Niccolini dit que les pensées du tyran, voisin de la tombe, sont les remords.

Au-dessous est le sarcophage surmonté de deux statues que l'on désigne sous le nom du Crépuscule et de l'Aurore.

[Rien, dans leur aspect, ne justifie cette interprétation plutôt qu'une autre, et aucun symbole ne lui vient en aide. Ces figures ne se lient pas davantage avec celles de Laurent. Rien dans sa vie ne justifie l'attitude de profond penseur que lui a donnée Michel- Ange. Tout cela tombe à faux, il faut le reconnaître ; on est dans le domaine de la fantaisie pure, mais de la fantaisie la plus grandiose qui ait jamais passé par la tête d'un artiste.] En face de ce monument est le monument de Julien II de OTédicis, duc de Nemours, troisième fils de Laurent le Magnitfque et oncle du précédent, prince d'un caractère faible et qui fut assez aimé des Florentins. Il est également représenté assis, sans signification particulière. Il tient sur ses genoux le bâton de commandement.

Au-dessous sont les deux figures du Jour et de la Nuit. [On a prétendu que Michel-Ange avait voulu, dans l'opposition de ces deux compositions, exprimer l'idée abstraite de la vie active et de la vie contemplative. Nous pensons qu'il ne faut pas attacher d'importance à ces interprétations rétrospectives.]

Outre ces statues, la chapelle contient encore : un groupe non terminé, de Michel-Ange, la Vierge et l'Enfant-Jésus (Flaxmann y trouve, un peu complaisamment, un sentiment de tendresse maternelle inconnu à l'art grec) ; à g., la statue de St Gosme, par Fra Giov. Ang. Montorsoli; à dr., celle de St Damien, par Raffaelo da Montehtpo.

* Il reçut ce titre quand il épousa Philiberte de Savoie, tante de François I".

Chapelle des Princes (Cappella clei Pnncipi, à côté de la nouvelle sacristie), construite sous le règne de Ferdinand P'; les architectes furent le prince Jean de Médicis (bâtard de Cosme I") et Maiieo Nigetti. Elle fut commencée en 1604, et les travaux ont été continués jusqu'à nos jours.

Elle était destinée à recevoir le St- Sépulcre, que Témir Facardin avait promis d'enlever. Ce fut Cosme II qui la consacra à la sépulture de la famille ducale.

Les murs sont revêtus de pierres dures et des marbres les plus précieux : vaine profusion de magnificence (elle a coûté 23 milUons de lires florentines), plus faite pour la curiosité et l'étonnement que pour Fadmiration. On y voit le tombeau et la statue en bronze doré de Cosftie II, par Jean Bologne; le tombeau et la statue en bronze doré de Ferdinand P\ par Tacca ; les mausolées de Cosme P"", de François P', de Cosme III et de Ferdinand IIP Les socles portent les armoiries (exécutées en mosaïque) de 16 villes toscanes. Les fresques de la coupole ont été exécutées par Benvcnuti, directeur de l'Académie (f 1844). — Dans le souterrain, il y a 30 pierres sépulcrales ou inscriptions en l'honneur de divers membres de la famille des Médicis.

San Marco (Pi. 12; place de ce nom, église fondée au xnf s., reconstruite en 1437 aux frais de Cosme le Vieux et remaniée au xvi^ s.). — La façade est mDderne (1780).

Une grande partie de la décoration architecturale est due à Jean Bologne, — Au-dessus de la grande porte, célèbre CShrist en croix (détrempé), attribué par Yasarià Gio^^o. — A dr.,!'*^ chapelle :. P. Cavallini, Annonciation. — 2'': Santi di Tito, St Thomas. — 3« : Fra Bartolommeo délia Porta, la Y. et des Saints [un peu noir]. — ¥ :^ Yierge, ancienne mosaïque transportée de Rome en 1009. — Sacristie (bâtie par Michelozzo] : Sauf Antonino, statue par Portigiani; Annonciation, attribuée à Fra Bar tolommeo. — A g. du chœur, chapelle du St-Sacrement : Jac^ da Empoli^

\r. 13] FLORENCE : — ÉGLISE SANTA MARL^ NOVELLA. 133

sur les dessins de Leone Batt. Alberli (1470). La J3elle porte du milieu est aussi de lui. La partie supérieure de la façade, avec ses deux volutes (employées pour la première fois, dit-on, par cet architecte), n'est qu'un placage isolé et non motivé par Félévation réelle de l'édifice. — On voit à la façade deux instruments d'astronomie disposés en 1572 par le P.

Egnazio Danti, astronome.

Sacrifice d'Isaac; Santi di Tito et son fils, J.-G. et les Apôtres; Passignano, la Madone; tombeau du prince Stanislas Ponialowsky (-J- 1855). — Traussept de g. : sur les murs, deux fresques du Passignano (funérailles de Saut' Antonino, moine de St-Marc) ; cliapelle de Sant' Antonino construite par Jean Bologne:

statues de Sant' Antonino et de San Zanobi ; statues en marbre par son élève Francavilla, d'après ses dessins; basreliefs en bronze par Fra Povtigiani; tableau d'autel (Descente du Cbrist aux enfers) et ligures eu grisaille (aux voûtes des arcades de dr. et de g.), par le Bronzino; fresques de la coupole par Poccetti. — A g. (en descendant) :

l"""" chapelle, tableau de Cigoli: 2": La V. sur un trône, copie du tableau de Fva Bartolomnieo qui est à la galerie Pitti. — Dans la muraille on remarque les pierres tombales de Pic de la Mirandole et de Politien.

Pour la description du musée de San Marco (dans le couvent, aujourd'hui supprimé, à coté de réglise), V. ci-dessous, Musées.

Santa Maria Maddalena deî Pazzi

(PI. 15; rue di Pinti), commencée par Brunelleschiy modifiée et terminée par Giuliano da San GallOy qui bâtit le cloître en 1479. — Sous le porche d'entrée, à dr. et à g., deux fresques à' Andréa del Sario.

A g., 2^ chapelle : Cosimo Bosselli, Couronnement de la Y. ; ¥ : Raffaellino del Garbo, St Ignace et St Roch.

Le Chapitre de Santa Maria Maddalena (entrée, rue délia Colonna, 1 ; dépendant de la Direction des musées) possède une fresque remarquable du Pérugin : le Crucifiement.

Santa Maria Novella (PI. 14 ; place du même nom), église que Michel-Ange surnommait sa fiancée; commencée en 1279 ; d'après le plan des deux dominicains Fra Sisto et Fra lUstoro, et achevée en 1560 par d'autres frères du couvent.

La façade, commencée en 1350 aux frais de Giov. Rucellai, fut terminée

A l'intérieur, long, de 99 met. env., larg. de 28 met. 55, il faut remarquer une singularité de construction : les arcs des nefs latérales vont en diminuant de dimension à mesure qu'ils s'approchent du maître-autel; artifice destiné à augmenter leur grandeur apparente par un effet de perspective; de plus, les distances entre les piliers sont variahles. — On retrouve ici, comme à Santa Croce, la déplorable participation du faiseur, ou plutôt du défaiseur, Vasai'i, qui détruisit les peintures murales pour ajouter les autels latéraux ^

Au-dessus du portail, Crucifix attribué à Gioito et à son élève Puccio Capanna. — A dr. du portail, fresque de Masaccio : le Christ, en croix, la Y. et St Jean- Baptiste [détériorée] ; — à g., Annonciation, et, au-dessous, Nativité, Adoration, Baptême de J.-C, dans la manière d'il.

Gaddi.

Nef. — Chaire par Brunclleschi.

Bas-cotê DR. — Peintures d'artistes de la fin du xvr s.

Transsept de DR. — Paroi de dr. : audessus de la porte, monument de l'évêque Tedice Aleotti, attribué à Tino di Siena (-J- 1559): à côté, monument Aldobrandini-Cavalcanti, par Mno Pisano (xiv" s.). — Chapelle Rucellai (on y monte par un escalier double), renfernjant la célèbre Madone peinte en 1270

* Des restaurations, opérées par les moines dominicains (1858-61), ont aggravé les changements funestes dont Vasari a eu l'initiative. Des pierres tombales ont été enlevées du pavé, de mauvaises verrières de couleur ont remplacé d'anciens vitraux.

Parmi les sculptures qui ont été vendues, on cite une contoria (tribune de l'orgue) en marbre, sculptée par Baccio d'Agnolo, qui a passé en Angleterre, et qui est aujourd'hui un des ornements du musée de Kensington.

par Cimabue, premier monument de Ja renaissance de l'art à Florence ; ouvrage bien authentique ( V. aussi la Madone de l'Académie des beaux-arts). Cette Madone lut portée en triomphe par le peuple, depuis l'atelier du peintre, où Charles d'Anjou avait été la voir avec une suite de Florentins, jusqu'à Santa Maria Novella. [C'est tellement encore de la peinture byzantine, que nous avons peine à comprendre l'enthousiasme qu'elle excita.] — A g., Biigiardini, Martyre de Ste Catherine; Michel- Ange, ditYasari, dessina les soldats [tableau médiocre en dépit de l'association]. — .1. da Empoli, St Hyacinthe; — Cigoli, St Pierre martyr écrivant le Credo avec son sang ; -— Hodolfo del Ghirlandajo, ^iQ Lucie.

— A dr., sarcophage de la bienheureuse Yillana dei Cerchi,par Bcrn. Rossellino.

Chapelle de Fn^ipro Strozzi (la 1"^ à dr. du chœur) : peintures murales [d'un ^oût incorrect] par Filippino Lippi (i486) : Miracles de St Jean l'Évangéliste et de St Philippe; à la voûte, les quatre Évangélistes. — Derrière l'autel, tombeau de Philippe Strozzi, par Benedctio da Majano.

Chœur. — Les dossiers des stalles en bois sont de Baccio d'Agnolo (1490). — Le chœur est entièrement décoré de fresques (1485-1490), par Domenico Ghirlandajo, le maître de Michel-Ange, auquel on attribue les figures (l 'hommes placées à distance et appuyées contre une terrasse, dans le compartiment de la Visitation (V. ci-dessous).

Ces fresques sont un de ces monuments de la peinture italienne qui méritent une étude attentive : Ghirlandajo contribue à dégager l'art des liens de la tradition et à le pousser en avant. La gravité des personnages et du costume rappelle Masaccio. En général, l'aspect de ces compositions, pleines de vérité, est grave et sévère; cependant, dans quelques-unes de ses figures de femmes, le peintre manifeste un sentiment gracieux.

La matinée est le moment favorable pour voir les fresques de Ghirlandajo (celles du haut sont difficiles à voir et en partie détruites). Yoici la suite de ces compositions : — au plafond, les quatre Évangélistes; — sur la muraille à dr.

en entrant, histoire de St Jean-Baptiste; en bas : 1. Zacharie dans le temple. On y voit une quantité de portraits de Florentins contemporains de l'artiste : les

FLORENCE. [l^OUTE 13]

4 demi-figures, en bas, à la g. du spectateur, sont : au milieu, le poète Poliziano qui tient la main un peu élevée; le philosophe Marsilio Ficino, à dr., vêtu en chanoine; Cristoforo Landino, en manteau rouge; Démétrius Chalcondyle, à sa g., et tourné vers lui; de chaque côté de la fenêtre sont des membres de la famille Tornabuoni,aux frais de laquelle furent exécutées les fresques, qui ne coûtèrent que 1000 florins t elles remplaçaient des fresques détruites d'Orgagna. — 2. Yisitation (la jeune fille, suivie de deux femmes, est Ginevra de Benci, une des beautés de son temps).

— 5. Naissance de St Jean-Baptiste. — 4. Zacharie désigne le nom de l'enfant.

— 5. Prédication de St Jean. — 6. Baptême du Christ. — 7. Festin d'ilérode et danse de la fille d'Hérodiade. — Sur la muraille à g., histoire de la Yierge : 1. Joachim est chassé du temple; à coté est le portrait du peintre (4^ fig. à dr., en bas), le poing sur la hanche, et enveloppé dans un manteau rouge qui recouvre son habit bleu; le vieillard au capuchon rouge est son père; la figure de profil, tournant le dos, est David Ghirlandajo, son frère. — 2. Nativité de la Yierge. — 3. Présentation au temple. — 4. Mariage. — 5. Adoration des Mages (presque- détruite). — 0. Massacre des Innocents. — 7. Mort de la Yierge. — Sur les murs des fenêtres, histoire de St Dominique et de St Pierre martyr. — De chaque côté de la grande fenêtre, en bas, portraits de Giov. Tornahuoni, et de sa femme.

Chapelle des Gondi (1'"^ à g. du chœur) : fameux crucifix de Brimelleschi, qu'il fit lors d'une dispute avec Donatello au sujet de son Christ crucifié, qui est à Santa Croce (V. ci-dessus).

Chapelle Gaddi (2^^ à g. du chœur) :

Angelo Aliori [le Bronzino), J. -G. ressuscitant la fille de Jaïre. — Fresques de la voûte par Aless. Aliori. — Deux mausolées dessinés, dit-on, par Michel- Ange. — De cette chapelle on peut descendre, par la petite porte à dr., dans une chapelle souterraine, renfermant quelques tombeaux et des fresques détériorées du XI V' s.

TRA^'ssErT de g. — Chapelle Strozzi di Mantova (on y monte par un escalier fermé par ime grille), restaurée, il y a quelques années, par le marquis de ce nom. Elle est ornée de peintures murales

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