IT.VI.IS DU CENTRE
Ce couvent de dominicains, supprimé en 1866, a été rendu célèbre au point de vue politique et religieux par le moine réformateur Jérôme Savonarole et par St Antonin qui fut archevêque de Florence, et, au point de vue artistique, par deux autres moines, Fra Giovantii Angelico (Beato Angelico) et Fra Bartolommeo délia Porta. 11 contient une grande quantité d'ouvrages de Fra Angelico; plusieurs ont péri. Pendant plus de trois siècles ces peintures sont restées dans un état d'abandon.
Rez-de-chaussée. — l^*" cloître. — (Il faut commencer par la galerie en face de l'entrée, porte à g.) — Au-dessus de quatre portes, Fresques de Fra Angelico: St Pierre martjr (à côté, vis-à-vis de l'entrée, le Christ en croix et St Dominique), J.-C. sorlfint du tombeau, J.-C.
apparaissant à St Dominique (les Anges, par Vanni),Si Tbomas d'Aqum. —Les luncitcs sont peintes par Fab. Boschi, HosseUi, Poccetii, qui, malgré les persécutions du gouvernement, peignit Savonarole sous la figure de St Antoine.
Sam.e du Chapitre [Capilolo). — Grande fresque intéressante de Fra Angelico. Aux pieds du Christ, entre les deux larrons, l'artiste a réuni Ste Marie, Ste Madeleine, St Marc, St Jean-baptiste, St Jean i'évangéliste, St Laurent, St Côme et St Damien ; de l'autre côté, St Dominique, St Ambroise, St Augustm, une admirable ligure de St Jérôme, St François, St Bernard, St Romuald, St Pierre martyr, St Thomas d'Aquin. Alentour, le Pélican, symbole de la mort du Christ, quelques Prophètes et Sibylles et les bienlieureux et saints de l'ordre de St Dominique.
Grand réfectouœ. •— Grande pemture de 5o^/i«ni : Repas des Dommicams; au-dessous, une Crucifixion, par Fra Bartolommeo.
PETcr RÉFEGTomE {à g. dc 1 escalier, qui monte au 1- étage), renfermant une tresque : la Cène, par D. Ghirlandajo.
[La couleur en est lourde, mais l'ordonnance en est simple. 11 sera intéressant de comparer cette composition à celle du Ceiiaco/o di Fuligno (F. ci-dessous).]
|er ÉTAGE. — Lc comdor et les cellules sont ornés d'une série de fresques
FLORENCE. [route 13j
par Fra Angelico et ses élèves (Scènes delà vie de J.-C. et de la Y.). Fra Angelico fut surtout aidé dans ses travaux par son frère Benedetto dcl Mugello Les deux frères turent reçus le même jour aux Dominicains de Fiesole ; en 1451 ils vinrent habiter San Marco. Les peintures les moins importantes sont probablement de Benedetto, qui était plutôt miniaturiste et qui, pendant cinq ans, orna les missels du couvent. Il règne dans ces fresques, de Fra Angelico, une sérénité, une suavité, une grâce d'innocence, un sentiment extatique, qu'on ne retrouve plus au même degré dans les peintures religieuses des grands maîtres qui lui succèdent. Ces fresques sont insuttisantes sous le rapport du dessin et du modelé, du relief des ligures, de la distribution de la lumière et des ombres ; mais ces imperfections techniques s'évanouissent dans l'impression qu'elles causent.
Parmi les fresques de Fra Angelico, on admire surtout V Annonciation, |en face dc la porte d'entrée, et, dans la 9' cellule (à g., dans le corridor à g. en entrant) un Couronnement de la Vierge, chef-d'œuvre dans lequel Fra Angelico a réussi à donner à ses teintes une sorte « d'immatérialité qui sharnionise merveilleusement avec la nature toute mystique du sujet et qui ne se retrouve, à ce même degré, dans aucune autre de ses peintures ». (Rio.)
A l'extrémité du 2° corridor, la 12^ cellule est la première des trois qu'habitait Savonarole quand il était prieur du couvent : on y voit une Vierge avec l'Enf. J. par Fra Bartolommeo délia Porta, et un monument élevé à Savonarole pour son 4^ centenaire (MDGCCLXXIII) e^ surmonté de son buste en bronze , par Papi, modelé par Dupré. — La 2*^ cellule contient le portrait de Savonarole par Fra Bartolommeo, peint à l'huile d'après nature; son chapelet, deux de ses cilices, quelques morceaux de la robe qu'il portait, quand il alla au supplice; un crucifix; un fragment du pieu où il fut attaché et brûlé sur le bûcher avec ses disciples Fra Domenico de Pescia et Fra Silvestro de Florence ; quelques petits opuscules et ébauches de sermons écrits de sa main ; deux petites bibles manuscrites. — La 5^ cellule renferme une peinture représentant le supplice de Savonarole sur la place