SIENNE : — DESCRIPTION
On revient à la vîa dî Gîttà, prolongement de la rue Cavour : — à g., n** 21, palais Saracini (PI. 25; cour avec voûtes ornées de jolies peintures ; au 1" étage, galerie de tableaux anciens et modernes, visible t. 1. j. de midi à 1 h.); — à dr., n** 20, le palais Piccolomini Nerucci (PI. 21), auj. la Banque, construit en 1465, par RossellinOy pour Catherine Piccolomini, sœur de Pie II (dans la cour beau puits en fer forgé); — à dr., n" 22, le palais Marsili, un des plus anciens de la ville, reconstruit en 1459 et restauré en 1879 par G. Partini.
Arrivé à la petite place Postierla (la colonne avec la louve est de 1487 ; on y remarquera un très beau portebannière en fer forgé), on prend à dr. la via Capitano qui conduit directement à la place du Dôme. — Dans cette rue se trouvent à g. : — n° 1 , le palais Chigi-Piccolomini (PI. 15), du xvi^ s. (à l'int. deux salles ornées de peintures par Bern. van Orley, de Bruxelles, élève de Raphaël); — n'^ 5, le palais Grottanelli (PI. 19), jadis Pecci, du xiv^ s., refait au xv^ et restauré en 1854, d'un aspect imposant (cour remarquable avec un bel escalier en travertin ; au l"" étage, vestibule peint à fresque par Giorgio Bandini; magnifique collection d'armes et d'armures).
La place du Dôme occupe le point le plus élevé de la ville. Là s'élèvent ; — le Dôme (p. 211), monument merveilleux qui mérite d'être vu et revu; — en face, l'hôpital Santa Maria délia Scala (p. 219); — a dr., le palais Provincial (PL 22), autrefois royal, construit à la fin du xv° s. par Bernardino Biwntalenti ; et, au delà, rOpera del Duomo (|). 214).
De là un escalier descend derrière le Dôme à l'entrée du Baptistère San Giovanni (p. 214), à l'E. duquel, au n*^" 29 de la via dei Pcllcgrini, est le palais del Magnifico (PÎ. 18), bail vers 1505 pur Pandulto Petrucci,
SIENNE
[route h
tyran de Sienne, dont un des descendants devait jeter par la fenêtre le cadavre de Coligny; les superbes anneaux en bronze de la façade sont de l'architecte du palais, G, Cozzarelli. En face, au n° 4, est \e palais Bindi-Sergardi (au 1^' étage, fresques par Beccafumi),
Lorsqu'on aura visité cette partie centrale de Sienne, il faudra rayonner dans les directions suivantes en revenant toujours a l'artère centrale pour éviter de descendre et de monter dans les vallons qui séparent les différentes parties de la ville.
Quartier au S. de la place du
Bôme. — De la place Postierla la via San Pietro, — où s'élève, à g., au n'^ 11, l'élégant palais Buonsignori (PL 14), jadis Tegliacci, du xiv^ s.
(réparé en 1848), avec une belle façade à fenêtres ogivales ornées de terres cuites, — conduit à l'église Sant' Agostino (p. 214).
De là, on ira visiter à 1 0. 1 église del Carminé (p. 215) et, par la via Sialloreqgi (au n° 2, maison Bamhagini ÙalletU, dont la façade est ornée d'une Pietà peinte à fresque par le Sodoma), on reviendra à la place Postierla,
Quartier à TO. et au S.O. de la place Vittorio-Emanuele. — De la
via Cavour se détache au S.-O. la via Ricasoli, rue fréquentée où s'élèvent à g. l'Université (p. 219), à dr. le palais del Governo (p. 218) et, à côté, an delà, l'élégante loggia a trois arcades, élevée en 1462 par le pape Pie II sur le dessin à'Ant. Fede- ^.Igki, — A côté est l'église San Martino (p. 216).
Plus loin on ira visiter a g. 1 église San Spirlto (p. 216) et à dr. l'église Servi di Maria (p. 216). ^
La via RicasoU est prolongée par la via RomaJia qui aboutit à la Porta Romana, exécutée par les deux frères
Agostino et Âgnolo de Sienne en 1527; Ansano ou Sano di Pieiro la décora, vers 1459, d'une fresque représentant le Couronnement de la V.
— Près de là est le Manicomio ou établissement d'aliénés.
Au N.-E. de la Porta Romana la Porta Pispini ou di San Viene (la plus ancienne de toutes ; la tour est plus moderne, 1526) a été décorée en 1551 par le Sodoma d'une fresque de la Nativité (endommagée).
Quartier à l'O. de la place Salimbeni. — De la via Cavour, la via délie Belle Arti conduit à l'Institut des Beaux- Arts (p. 218), à la Ribliothèque Communale (p. 219)^ et à l'église San Domenico (p. 215). De la place San Domenico on découvre une belle vue.
On reprendra la via délie Belle Arti, à dr. la Costa San Antonio^ puis à dr. le vicolo del Tiratoio, pour aller visiter l'Oratoire de Sainte Catherine de Sienne (p. 217).
Près de là, au pied de la colline de San Domenico, dans le quartier des tanneries et des lavoirs, est la célèbre fontaine àiio^Fonte Branda (au-dessus de trois arcades gothiques, lions du XII*' ou du xiif s.), célébrée par Boccace, Dante et Alfieri.
Quartier à TE. de la place Salimbeni. — De la via Cavour la via dei Rossi conduit aux églises San Francesco (p. 216) etSanBernardino
(p. 215). -— De la place San Francesco on découvre une vue étendue.
Quartier N. de la ville. — Dans cette partie de la ville se trouvent l'église de Fonte Giusta (p. 216) et la promenade de la Lizza créée en 1779, régularisée et embeUie de nos jours. Elle est contiguëà la citadelle, dont les bastions, transformés en promenade publique, offrent une belle
[route 16] SIENNE : — ÉDIFICES RELIGIEUX.
Édifices religieux.
Le Dôme (PL 1 ; place du morne nom), long de 89 met. 29, était déjà commencé en 1229 ; en 1264, la coupole était achevée. En 1522, on se décidait h élever une nouvelle nef plus vaste, celle dont on voit de magnifiques amorces au S. de l'église actuelle. Celle-ci devait être prolongée et ne devait plus former que le transsept. Les Siennois avaient appelé de iNaples, à cette intention, maître Lando. De grandes calamités publiques et la peste de 1548 interrompirent les travaux. En 1550, on découvrit encore des défauts dans l'exécution du nouveau plan ; sur l'avis de quatre architectes on l'abandonna et on en revint à la pensée d'achever et d'embellir l'église actuelle. — A l'extérieur du Dôme aussi bien qu'à l'intérieur, il y a des assises horizontales alternatives en marbre blanc et noir, dont l'égal mélange aurait été, dit-on, un symbole de l'égal concours que les factions des blancs et des noirs devaient à la République.
La façade (1579; restaurée en 1867) est attribuée, à tort, à Jean de Pise : peut-être est-elle de Giovanni di Cecco, un des nombreux architectes du Dôme; mais elle aurait été décorée de sculptures de Jean de Pise, provenant d'une autre église.
Le pignon du milieu (il a été entièrement refait à neuf) est un placage qui ne correspond pas à la hauteur de la voûte. Cette façade est percée de trois portails surmontés de gables, et flanquée aux angles de deux tourelles terminées en pyramides ; elle est couverte de sculptures (Prophètes, Anges, animaux héraldiques symbolisant les villes avec lesquelles Sienne fut alliée) et de mosaïques (1878). Les statues originales de J. délia Quercia et les statues qui étaient dégradées ont été transportées à l'Opéra dci Duomo {Y.
ci-dessous) et remplacées par des copies modernes.
Au-dessus de la poitc latérale S., charmant bas-relief (la Y., l'Enf. J., deux anges et deux génies) de 1489.
L'architecture intérieure est d'un elfet admirable, quoique gâtée par l'addition des chapelles latérales dont les autels sont décorés de peintures de la décadence (xv.'i*^ s.). Les arcades inférieures de la nef sont à plein cintre ; celles du deuxième étage, ainsi que les fenêtres, sont en arc aigu. La corniche audessus des arcs inférieurs est ornée, dans la nef et dans le chœur, des tètes en terre cuite de 161 papes depuis St Pierre jusqu'à Lucius 111 [idée malheureuse quant à l'elfet artistique!]. Les six papes originaires de Sienne ont leurs s'.atues : deux à l'entrée et quatre dans les transsepls.
Nef. — Au-dessus de la porte centrale, élégante tribune supportée par deux belles colonnes historiées de l'i85; elle est surmontée d'un vitrail, représentant la Cène, d'après le dessin de Periiw del Vaga (1549), et œuvre de Pastorino Pasiorini, le plus habile verrier de Sienne, élève de Guilla-ume Marcillat (F. Arezzo).
A dr. et à g., bénitiers (celui de dr. a pour pilier un candélabre antique, orné de figures mythologiques^ pudiquement mutilées), œuvre iVAnlonio Federighl, élève de Jacopo délia Quercia.
Pavement en marbres de diverses couleurs, ouvrage sans rival en Italie et unique aujourd'hui. Ce genre de peinture en clair-obscur, tout à iait difiérent de la mosaïque, est une marqueterie [tarsia di marmo), formée de maibrc blanc pour les clairs, de gris pour les demiteintes (renforcées par des hachures creusées et noircies) et de noir pour les tons obscurs. C'est eu même temps un vaste nielle igraffUo), où le des.^in des figures est accusé par les traits gravés en creux et noircis ; il offre de belles compositions.
C'est par erreur qu'on répète, d'après Vasan, que l'invention de ce pavement est due à Duccio. Duccio était mort depuis longtemps, lorsqu'on commença, en 1569, ce travail, continué par un grand nombre d'artistes pendant près de deux siècles. Le mérite de l'invention reviendrait plutôt à Bcccafumi, qui lit, de 151 7 à 1547, 1(!S cartons des compositions près du maî're-aulel et sous la coupole;
SIENNE. [route 16]
« mais il faut remarquer à ce propos que ce procédé est employé pour les dalles tumulaires en France, dès le xii*' s. et au siècle suivant pour la décoration d'une chapelle de l'église St-Remy à Reims et de la cithédrale de St-Omer. » (Darcel.) Plusieurs de ces graffiti ont été refaits parLeo^^. Maccari (1868-1878).
Cet ouvrage gigantesque qui, comme la cathédrale elle-même, dessine une croix, peut se diviser en neuf groupes principaux : — I. Bas-côté dr. : cinq Sibylles (1482). — n. Transsept dr. : les Ages de l'homme, par Antonio Federlghi (1475; restauré en 1870) ;*quatre figures allégoriques exécutées au xviii® s. ; scènes et personnages de la Bible, l'empereur Sigismond (1454). — III. Chœur:
cinq figures allégoriques (la Tempérance, la Justice, etc.; xiv% xv^ s.). — IV.
Transsept g. : scènes de la Bible et des Évangiles (xv^ s.). — V. Bas-côté g. : cinq Sd^ylles (1483). — VI. Nef : histoire d'iiermès Trismégiste ; les Armoiries des cités alliées de Sienne : la Fortune, etc. (restaurées 1868-78). — VII.
Coupole : scènes de la Bible, presque toutes exécutées pur Beccafwni da 1517- 1547. — VIII. Entre la coupole et le presbytère : histoire de Moïse, par Beccafumi (1525-1551) et histoire de David, par Donienico ciel Coro (1425). — IX.
i^RESBYTÈRE ET MAITRE-AUTEL I ScèuCS de
la Bible, par Bcccafunii (on remarquera uue Eve charmante; le Sacrifice d'Abraham et Moïse sur le mont Sinaï).
Le pavement de la nef centrale reste couvert d'une toile cirée qu'on relève à la demande des visiteurs. On le découvre une fois par an : du 15 août, fête patronale, au 1^"^ octobre. Celui des bascôtés est à découvert.
Chaire octogonale, en marbre blanc, soutenue par des colonnes (quelquesunes sont portées par des lions). C'est un ouvrage, célèbre dans l'histoire de l'art, de Nicolas de Pise [Nicole Pisano), à qui il fut commandé en 1266. Il fut aidé par son fils Giovanni et par ses élèves Arnolfo di Cambio et Lapo di Donato.
Les bas-reliefs sont tirés de l'histoire du Christ ; le Jugement dernier est estimé un des meilleurs ouvrages de Nicolas de J^is'. [Le Crucifiement nous semble le plus rude de style; il y a progrès dans h's autres compartiments.] L'escalier, exécuté par plusieurs sculpteurs,, attribue par quelques-uns à Bald. Peruzzi, et
digne de lui par son élégance, serait du Riccio [Bart. Nei^oni).
Mattre-autel dessiné par Bald. Ve* ruzzi ; le beau tabernacle en bronze, de Lorenzo di Pietro del Vecchietta (1472), coûta sept années de travail. [On a comparé la figure du Christ ressuscité aux créations les plus liardies de Donatello.] Les anges en bronze aux côtés de l'autel ont été coulés par l'habile ingénieur Francesco di Giorgio Martini^ qui parvint à la suprême magistrature de la République.
A g. du maître-autel, tribune d'orgue [du style le plus noblel par les Barile
Derrière le maître-autel, Assomption, de B. Cesi (1549).
Transsept DR. — Chapelle del Voto ou Chigi, de forme circulaire, bâtie par Alexandre VII, sur les dessins de Benedetto Giovanelli (1661), enrichie de marbres, de lapis-lazuli : statues par le Bernin (les anges de bronze, St Jérôme et Ste Madeleine; les draperies en sont détestables), et Ere. Ferrata, dont Baldinucci vante la statue de Ste Catherine comme un très bel ouvrage ; à dr. mosaïque (la Fuite en Egypte), d'après G.
Maratta.
Chœur. — Fresques, ouvrage médiocre de Beccafunii, altérées en 1812.
— A g., la Manne dans le désert, fresque de Ventura Salimheni. — Stalles avec ciselures sculptées par différents artistes, entre 1567 et 1570, sur les dessins de Maestro Pàccio [Bart. Neroni), et belles marqueteries par Fra Giovanni de Vérone.
Sacristie (à g.). — Dans le cori'idor qui la précède, bénitier soutenu par un ange en bronze, autrefois doré, par G/ou. di Turino (1457) ; dans une pièce à g., tableau du Vecchietta (Prédication du saint) curieux comme expression de l'époque.
Transsept g. — l*"" autel à dr. en sortant de la sacristie, autel de St Ansaiio et peinture du Saint baptisant la ville de Sienne, par Fr. Vanni (1596). — 5*^ autel (autel du Crocefisso) : crucifix qui servait de bannière aux Siennois à la bataille du Monte Apcrto. — Chapelle (circulaire) de *S/ Jean-Baptiste (1482), attribuée à Giovanni Stefano (la décoration extérieure est du Marrina) : à dr. de la porte d'entrée, à l'extérieur de la chapelle, piédestal, sculpture antique
[route 16] SIENNE : — ÉDIFICES RELIGIEUX.
(Neptune et Ampliitrite) ; fonts baptismaux (bas-relioî's rclatits à l'histoire d'Adam et d'Èvc, par Jacopo dclla Quêrcia) ; dans la niche du miheu, slahic en bronze de St Jean, par Donafello; 8 petites fresques (trois ont été renouyelées) du Pinturicch'io. — On lemarquera appliqués aux piliers de la première grande arcade au-dessous de la coupole, deux mats hauts de 24 met.
qui seraient, suivant la tradition, deux hampes des bannières du « Carroccio », trophée conquis par les Siennois en 1260, sur les Guelfes de Florence à la bataille de Monte Aperto.
Nef de g. — A pf. de la porte de la Libreria (F. ci-dessous), au-dessus de l'inscription sépulcrale des Bandini, Christ tenant sa croix, sculpture que l'on dit être un ouvrage de la jeunesse de Michel- Ange; on lui attribue aussi plusieurs statues de l'autel voisin (famille Piccolomini). [Celle de dr., en bas, a une nrande tournure et un beau jet de draperies.]
Libreria (bibliothèque; pourboire au custode), la principale curiosité du Dôme. — L'ornementahon sculptée extérieure de la porte est un travail remarquable de Loren^o di Mariano, dit Mar7nna (-j- 15"j1); la grille en bronze est iV0r7)ianni (1497). La fresque audessus de la porte (le Couronnement de Pie III) est du Pinturicchio.
Le cardinal Fr. Piccolomini (depuis Pic III) fit construire cet édifice en 1495, pour y mettre les livres laissés par son grand-oncle maternel .Eneas Silvius Piccolomini (Pie II) et ceux qu'il avait réunis lui-même. Les livres à miniatures du cardinal Piccolomini ont dté enlevés sous Charles-Quint, et transportés en Espagne. — Les croissants semés sur le pavé de cette salle et dans la décoration de la voùle sont les armes des Piccolomini. — En 1502, le cardinal appela de Rome Eernardino Betti, dit il Pinturicchio, qui avait la réputation d'être un des premiers artistes du temps, et il le chargea de peindre à fresque dans cette bibliothèque les principales actions de la vie de son oncle. Voici l'indication des sujets q e représentent les fresques du Pinturicchio, en commençant à dr.
du côté de la fenêtre :
1'' Piccolomini va au concile de Bâie.
On reconnaît dans le cortège le portrait de Raphaël. — 2*^ Piccol. devant Jac-
ques II, roi d'Ecosse. — '(>° Piccol. couronné comme poète par l'empereur Frédéric III. — 4"^ Piccol. fait évêque à ïneste. — 5° Il donne Panneau nuptial à Frédéric III et à ^léonore de Portugal. — 6° Il est nommé cardinal par Calixte III. — 7** Piccol. nommé pape sous le nom de Pie II. — 8'' Il tient un congrès à Mantoue pour faire la guerre contre les Turcs. — 9" Il canonise sainte Catherine de Sienne. On recconnaît les portraits de Fra Bartolommeo, de Raphaël, de Jean d'Udine, d'Andréa del Sarto; et le peintre s'y est aussi représenté. — 10° Piccolomini au port d'Ancône, où il mourut.
Ces fresques (1503-1507), d'un coloris vif et reste intact de restaurations, sont Hu monument remarquable de l'école ombrienne, et un des ensembles pittoresques les plus importants de l'art de la Renaissance. Pour deux de ses compositions le Pinturicchio eut recours à l'habileté de Raphaël comme dessinateur (F.
aux Uffizi), mais il fut obligé d'y faire de nonibreuses modifications.
Malgré le mérite transcendant qui brille dans les fresques du Pinturicchio, il nous semble qu'il y manque de mesure et qu'il y conimet des erreurs de goût. Beaucoup de ligures posent et ne s'identilient point avec la scène. On retrouve de nombreuses réminiscences du Pérugin. Il y a une recherche, parfois bizarre, dans le détail du costume, et des enfantillages, selon le goût du temps, tels que des ornements d'architecture ou d'armes, des boucles de harnais en relief doré. On remarquera dans plusieurs des compositions des décorations architecturales d'un goût élégant.
La Libreria possède le tondjeau de Mascagni, par Seb. Ricci, et celui du gouverneur de Sienne, Bianchi, par Tenerani. On y conserve 29 antiphonaires, ornés de miniatures, par Ansano di Pietro de Sienne, Fra Benedetto da Matera, Libérale da Verona, Girolamo da Cremona.
Le clocher du Dôme, construit pnr Agnolo et Agostino de Sienne, a une cloche de 1148. — L'archivio de la cathédrale conserve des chartes et des manuscrits.
Une porte monumentale, à la dr.
SIENNE. [route 16]
du Doine, et qui devait être une des portes de la vaste nef projetée, mène à un palier d'où Ton descend, par un escalier, à Téglise San Giovanni qui se trouve sous le chœur du Dôme.
San Giovaaai (Pi. 1 1 ; Baptistère) y avec une façade gothique inachevée, dont le dessin, selon un acte de 1582, fut payé 1 florin d'or, à 3rino ciel Pelliciajo.
A l'intérieur : fonts baptismaux
ornés d'admirables bas-reliefs en bronze doré : 1 et 2. Ghihertl. Le Baptême du Christ; St Jean conduit en prison (1417- 1427) ; 3. Donatello. La Tete.de St Jean apportée à Hérode (composition qui lui fut payée 180 florins); 4. Jacopo délia Quercia. J.-G. chassé du temple ; 5 et 0. Turino di Sano. La Naissance; la Prédication de vSt Jean. Les figures placées aux angles sont : la Charité, la Justice, et la Prudence, par Turino le fils; la Foi et V Espérance, par Donatello; la Force, par Goro di Ncroccio. — Fresques du \v° s. (on remarquera les compositions du Vecchielta). — Sur l'autel à dr. du maître-autel, tableau de Beccafunii,
Opéra del Duomo (PL 2 ; place du Dôme à dr.; sonnette dans le vestibule ; pourboire, 50 c).
Rez-de-ciiaussék. — Salle contenant:
toutes les sculptures trop détériorées de la cathédrale et que l'on a remplacées par des copies; des fragments de l'ancien pavement, également renouvelés; des débris de la Fonte Gaja (F. place \ittorio-Emanuele), par Jacopo delta Quercia, aujourd'hui remplacée, etc. — Au milieu de la salle célèbre groupe des trois Grâces, découvert à Rome au xy*' s., transporté un peu plus tard à Sienne, [t^a figure de dr. a un pied qui manque et un bras cassé à l'épaule ; celle de g. a perdu un bras: sa tête (antique) a été rajustée; il manque à celle du milieu la léte, les bras et la jambe gauche.] Ce groiipe fut copié par Ganova; Raphaël en a fait un dessin, qui se trouve dans son livre d'esquisses conservé à l'Académie de Venise. — Au fond de la salle, Transfiguration du Sodoma.
ip' ÉTAGE. — Salle renfermant le relevé de toutes les compositions qui figu-
rent dans le pavement de la cathédrale.
— Petite salle, où sont exposés d'anciens plans.
2® ÉTAGE. — P^ SALLE. — PcintUCCS dc
Dnccio di Buoninsegna : la V. en gloire avec l'Enf.-J. [Si la tête de la Y. est encore un peu byzantine, quelques têtes d'anges et de saints appartiennent déjà à un art émancipé] ; la Vie de J.-C. (en 25 compartiments; 1310). [Ces ouvrages, monuments précieux pour l'histoire de la peinture, et d'une grandeur de style si remarquable pour l'époque, furent si admirés quand ils parurent, qu'ils furent l'occasion d'une procession ; ils furent payés la somme, énorme pour le temps, de 2000 on 5000 fl. d'or (peut-être 200000 ou 250 000 fr. de notre monnaie).] — Devant d'autel, magnifiquement brodé (les Apôtres, le Repas chez Simon, l'Entrée à Jérusalem, l'Annonciation, J.-C.
et Madeleine, la Gène). — Triptyque (la Nativité de la Y.), peut-être le seul ouvrage authentique à Sienne, par Pietro Lorenzetii (1542). — Devants d'autels.
— Modèles de mosaïques de la façade.
— Dans une vitrine, crosses pastorales.
IP SALLE. — Sur les murs, tentures et
broderies qui servaient à décorer le Dôme, les jours de fêtes; chasubles; devants d'autels; antiphonaires; dans une vitrine, crucifix et ornements d'église.
Sanl'Agostino(Pl. 3). Cette éghse, refaite par Vanvitelli en 1755, possède de bonnes peintures.
A dr., 2" autel : le Pérugin, Ghrisi en croix [tiès bel ouvrage, mais trop symétrique ; il a été restauré]. — 3° (du Saint-Sacrement) : — à dr., Mattco di Giovaîini [[AH'!), Massacie des Innocents (il y en a une reproduction au musée de Naples) ; sur l'autel, le Sodoma, Adoration des Mages [la tête de la Y. a une suavité raphaélesqne] ; à g. statue de Pie H, par Dupré. — 4^ : F. Salinibeni {1G[2), J.-G. portant sa croix [bon ouviage]. — 2'' chapelle à dr. du chœur : pavement de terrre cuite émailléc, de 1488. — Chœur : à g.
triptyque (légende de Sant'Agostino Novello) attribué à Lippo Memmi (?), — 2* chapelle à g. du chœur : Tentation de St Antoine, par R. Manetti (?). — A g. (en descendant), 5'' autel: Fr. Vanni, \ Baptême de Constantin. — 2^ :^ C. Ma-