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ROUTE 16J SIENNE : — PRINCIPALES CURIOSITÉS

conmij hors de ce pays, qu'il le mérile. Il laissa plusieurs élèves : Mattco di Giidiano Balduccl ; Girolamo dl Fraiicesco Magimni, dit Giorno dcl Sodoma; Loi'. Brazzi, dit il Hustico ; Bart. Neroni, dit// Riccio,(\m lut sou gendre et mourut eu 1571. — Doinenico Bcccafumi, dit Meclierino ou Mcciiccio ('148(5-1551', est le dernier <;raud nom de récole sienuoise au xvi° s. (V. Dôme. San Beruardino ; San Franccsco). Il lut berger, comme Giotto ; un bourgeois de Sienne, du nom de Beccat'umi, le plaça chez un peintre. Après avoir été à Rome, il devint imitateur de la manière de Wichel-Ange. « Il fut dessinateur hardi, plutôt cjue correcl, et eut besoin de toute la fascination de son coloris fantastique pour se faire pardonner les écarts de son imagination. » (Rio.) Ses fresques manquent de noblesse et se ressentent du défaut de culture de son esprit. Il les exécutait cependant étantdans la force du talent et pendant qu'il traçait sur le pavé du Doine ces compositions bibliques, si grandioses et si justement admirées. » — Baldassare Peruzzi (1481-1537) est devenu un si grand architecte, que l'on tient moins compte de son talent pour la peinture.

Avec la perte de sa liberté, Sienne, tombée au pouvoir de Gosme P'', voit aussi s'évanouir les beaux développements d ' son école artistique. Il y a bien encoie des artistes, mais il n'y a plus d'école. Elle avait disparu pour faire place à l'imitation des écoles étrangères. (( Girolamo dcl Pacchia se fait l'élève du Florentin Albertinelli ; Pacchiarotti s'enrôle sous la bannière de Luca Signorelli ; Ceruzzi, sous celle de Raphaël : Beccafumi, sous celle de Michel-Ange; et5a:ïtifait llottersurlesédilices décorés par son pinceau la bannière radieuse de L. de Vinci. » Dans la période de décadence de l'art, les seuls noms à citer sont ceux de Ventura Saiimheni (1567-1615) ; de Pietro Sorri, qui fui d'abord son élève (1556-1622); d'A/cssandro Caaolani ( 1 552-1606); de F rave. Rustichino (1590-1625) et du chevalier Francesco Vaiini (1563-1609). La famille des Vanni fut célèbre, pendant trois siècles, dans l'histoire des beaux-arts.

Mosaïque. — Cet art prend, à Sienne, un caraclèn; spécial ; la qualité particulière des pierres tirées des environs a dû contribuer à la direction nouvelle donnée à cet art. Dans le principe, les

ligures étaient simplement travaillées à (fraffio ; en remplissant d'un mastic noir les traits du dessin creusés par le fer. — Il ne faut pas confondre ce genre de dessin [(jraffio) avec celui dit graffito, espèce de camaïeu, consistant à couvrir d'une couche foncée l'enduit blanc d'un nuu' ou vice versa ^ et à produire, en égratignant la couche superficielle avec une pointe de fer, un dessin en clair, dans le premier cas, et en ombre, dans le second. — Matteo di Giovanni ajouta à ce premier travail l'emploi de marbres de couleur, de manière à joindre au dessin du trait une sorte de clair-obscur. Il ouvrit ainsi la voie à Beccafumi, qui poussa cet art à sa dernière perfection, et en est resté le maître et le modèle. G'est à l'aide d'un choix de marbres variés et admirablement assemblés qu'il établit les clairs, les demi-teintes et les ombres de ses compositions si remarquables. — Sienne a aussi été renommée pour ses artistes sculpteurs en bois. Gette branche de l'art fut portée à son dernier degré de perfection par les deux Barile (xv*' et xvi'^ s.).

Dialecte

L'italien parlé à Sienne passe pour un des dialectes les plus purs de l'Italie.

Principales curiosités.

Dôme (p. 211). — Baptistère de San Giovanni (p. 214). — Opéra del Duomo (p. 214). — Place Vittorio- Ëmanueie (p. 209). — Palais Communal (p. 217). — Casino degli Unit (p. 209). — Institut des Beaux-Arts (p. 218). — Églises: Sant' Agostino (p. 2U), del Carminé (p. 215), San Domenico (p^ 215), San Bernardine (p. 215). — Oratoire de Sainte-Catherine (p. 217). — Rues et palais.

iV. B. — Sienne mérite la visite de tous les touristes pour les nombreuses et remarquables œuvres d'architecture, de sculpture et de peinture qu'elle renferme. Elle a l'inconvénient de ne pas être sur une grande ligne de chemin de fer, mais on y vient très facilement de Florence. On peut, à la rigueur, en partant de Florence

par le train du matin, y revenir le soir même. Seulement une journée est absolument insuffisante pour bien visiter Sienne ; il faut y consacrer au moins deux jours.

Le voyageur pressé remontera la grande artère de Sienne (elle porte les noms de via Camollia, de via Cavour et de via di Citta ; c'est là que se trouvent les principaux hôtels ; on y remarquera d'anciens palais particuliers) jusqu'à la via Capitano qui conduit au Dôme (p. '211 ; façade, chefd'œuvre de sculpture ; intérieur d'un effet merveilleux ; pavement remarquable avec graffiti par Beccafunii ; chaire par Nicolas de Pise ; bibliothèque avec des fresques du Pinturicchio) .

11 visitera ensuite : — le Baptistère San Giovanni (p. 214 ; fonts baptismaux avec admirables bas-reliefs en' bronze doré par Ghiberti, Donatello et Jacopo délia Quercia) ; — la place^ Vittorio-Emanuele (p. 209), si caractéristique; — le palais Communal (p. 217 ; à Tint., peintures parSano di Pietro, le Sodoina, Simone Memmi,Taddeo di Bartolo,Spinello SpineUi, etc.).

L'après-midi sera consacrée à : — Xlnstitid des Beaux-Arts (p. 218), collection intéressante des anciens peintres de l'école de Sienne (belles peintures du Sodoma) ; — V église San Domenico (p. 215 ; fresques du Sodoma; souvenirs de sainte Catherine de Sienne) ; — Voratoire de sainte Catherine (p. 217 ; souvenirs de la sainte) ; — V église SanV Agostino (p. 214 ; Christ du Pérugin); — Yéqlise San Bernardino (p. 215 ; peintures du Sodoma): — la promenade delaLû^a (p. 210).

Description. — Rues, places, palais, etc.

On entre dans la ville par la Porte Camollia, ou de Florence, portant l'inscription suivante : Cor magis tibi Sena pandit (Sienne t'ouvre son cœur

encore plus que ses portes), qui rappelle l'hospitalité de cette cité.

On suit la grande artère de la ville qui, sous les noms de via di Camollia, via Gavour et via di Città, traverse Sienne du N. au S. Cette rue, dallée, sans trottoir, sinueuse, tantôt montant, tantôt descendant, est toujours très animée. C'est là que se trouvent les principaux hôtels et cafés, les magasins les plus importants, de beaux hôtels particuliers. On y voit souvent passer des chars attelés de l)œufs à grandes cornes. A dr. et à g. descendent des rues à pentes rapides par lesquelles on a des échappées de vue sur les différentes parties de la ville.

A peu près au milieu du parcours de la via Cavour s'ouvre à g. la place Salimbeni, créée en 1880 et ornée de la statue de Sallustio Bandini, économiste (f 1766), par Tito Sarrocchi.

Au fond de cette place (E.) s'élève le palais délia Dogana (PI. 17; auj.

occupé par le Monte de' Paschi, grande institution de crédit, fondée en 1624), massive construction moyen âge, refaite en 1549 sur les dessins de Maestro Biccio; ce palais ainsi que celui de g., d'un style baroque, étaient la propriété des Salimbeni. Adr. (entrée, rue Cavour, 16), le beau palais Spannocchi (PI. 29), attribué au Cronaca ou à Bossellino, renferme les bureaux de la poste et du télégraphe et la Chambre de commerce. Au 2^ étage sont exposés un certain nombre de tableaux provenant de l'Institut des Beaux-Arts.

En face du palais Spannocchi, rue Cavour, 15, est le palais Gori Pan- ! nilini (PI. C, 5), auj. hôtel Continental, dessiné en 1677 par Fon/ana.

Continuant à suivre la via Cavour, on trouve à g., n'^ 10, le palais Palmieri (1540); — à g., n^' 12, le palais Bichi Buspoli (1520; belle cour refaite en 1869); — à g., la place Tolomei, ornée d'une colonne avec la louve (par Turini, 1429) et

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bordée à dr. par le palaîs Tolomei (PI. 24), spécimen très pur et très complet du style ogival, le plus ancien de Sienne (1205); d'un aspect sévère, il diffère des autres palais anciens en ce qu'il est bâti en pierres.

Derrière le palais Tolomei, une rue conduit à g. à hplacedell 'Indipendenza [statue de V Italie ^ par Sarrocchi).

Plus loin, à g., est le Casino degli Uniti (PI. 28), dont la belle loggia (1417), dessinée par Sano di Pietro^ est ornée de statues ( St Pierre , St Paul, par le Vecchietta, St Victor, St Ansanus et St Savin, par ^4. Federighi)y de sièges en marbre (celui de dr. par Federighi, celui de g. par le Marrina) et décorée de peintures à fresque par Pastorini et Rustici.

A g. un escalier descend à la place Yittorio-Emanuele.

La place Vittorio-Emanuele (ancienne place del Campo)^ forum de la République, n'offre point, ainsi que la plupart des places, une surface plane à forme régulière ; elle est en forme de coquille, de grande dimension, et entourée de beaux édifices :

à TE., le palais del Governo (p. 218); au S., le palais Communal (p. 217), la tour dite del Mangia (p. 217), et, vis-à-vis, le Casino degli Uniti (F. cidessus), autrefois tribunal de commerce.

La place est ornée d'une élégante fontaine, Fonte Gaja, ainsi nommée à cause de la joie des habitants quand ils en virent l'eau arriver à la place del Campo en 1545. La fontaine primitive, sculptée par Jacopo délia Quercia, a été remplacée par une fontaine moderne en marbre blanc, que le sculpteur Sarrocchi a copiée sur Tancienne qui tombait en ruine. Les morceaux en ont été transportés à l'Opéra dclI)uomo(F. p. 214).

C'est sur cette place que, le 1 6 août, ont lieu des courses de chevaux (il Palio) tellement périlleuses, que des matelas sont disposés pour recevoir les chevaux et les cavaliers. I

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