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ROUTE 16] SIENNE : — ÉDIFICES CIVILS, MUSÉES

Eglise de riiôpital Santa Maria délia Scala (PI. 19: place du Dôme).

— Pour la description de cette église, V. ci-dessous : Hôpital Santa Maria délia Scala.

Oratoire de Sainte-Catherine de Sienne (PI. 6 ; vicolo del Tiratoio ; pour le custode sonner au n** 15, la porte à côté à g. ; pourboire), construit sur remplacement de sa maison et de la boutique de son père, Benincasa, qui était teinturier et foulon.

Les Florentins envoyèrent cette sainte fille en ambassade à Avignon pour les réconcilier avec Grégoire et elle le détermina à rentrer à Rome en 1577. Elle y mourut âgée seulement de 55 ans.

1" ÉTAGE. — A g., oratoire de la Cuccina (ainsi appelé parce qu'il se trouve sur l'emplacement de la cuisine de la Sainte) : beau pavé de faïence émaillée; plafond remarquable dessiné par maître Hiccio (1594); nombreuses peintures parmi lesquelles on remarquera : (n° 5) l'Obsédée délivrée par Stc Catherine, de P. Sorri ; (n° 9) la Canonisation de la Sainte, fresque de F^. Vanni et, sur l'autel, Ste Catherine, par Fungai (1516). — A dr., de l'autre côté du cortile en brique, avec des arcades aux colonettes élégantes, attribué à Bald Periizzi, oratoire del Crocefisso : à la coupole, fresque par Nasitîi (Gloire delà Sainte); dans la nef, quatre toiles de différents auteurs représentant des faits de la vie de la Sainte ; derrière le maître-autel, Christ en croix (on ne peut pas le voir) attribué à Giunta Pisano et, qui, suivant la tradition, aurait stigmatisé la Sainte.

Rez-de-chausskl. — Sous l'oratoire de la Cuccina, chambre de Ste Catherine :

souvenirs de la Sainte : pierre où elle reposait sa tète, bourse, lanterne, morceau de son cilice, etc.

Etage inférieur. — Sous la chambre de Stc Catherine et au niveau de la rue deir Oca^ chapelle délia Contrada delV Oca (ancien atelier du père de la Sainte) décoié de fresques. On remarquera : n° 1, à dr. de l'autel, la Sainte baisant le pied de Ste Agnès de Montepulciano, par Girolamo del Pacchia; à la

lunette, au-dessus du maître-autel, la Sainte recevant les stigmates, par le Sodoma: et. n*» 4, la Ste attaquée par des sokhits florentins, par Salimbeni (1604). Sur l'autel, statue de la Sainte par Neroccio Landi (1465).

ÉdiGces civils, musées, etc.

Palazzo Gomunale (PL 16), d'abord délia Signoria, aujourd'hui Municipe^ au centre de la place Vittorio»=Emanuele. — L'édifice primitif fut agrandi de 1295 à 1509. — La haute tour del Mangia^, commencée en 1525, fut achevée en 1545. Cette tour, aux formes sveltes, qu'admirait Léonard de Vinci, a 101 met. 80 de hauteur. Du sommet (pourboire) on a une belle vue sur la ville et les environs. — La chapelle au-dessous delà tour, dédiée à la Vierge en commémoration de la cessation de la peste de 1548, fut plusieurs fois démolie et terminée en 1576. Six statues de Saints attestent quelle était la barbarie de la sculpture à Sienne en 1578.

La fresque du Sodoma est de 1557.

Rez-de-chaussée. — Salle de l'ancien Tribunal di Biccherna : Couronn<;ment de la Y., grande fresque de Sa?io di Pietro (1445); voûte peinte par J^asini. — Salle des Mariages : au-dessus de la porte. Madone et Saints, par le Sodoma. — Cabinet du Syndic : Résurrection du Christ, par le Sodonie [pafîe superbe] ; Madone et, au revers, St Sébastien, par Fr. Vanni.

l*"" ÉTAGE. — Salle delle Balestreou DU Grand- Conseil : à g., au fond de la salle, grande peinture murale, et en partie ruinée, àe Simone Memmi (1515- 1527) : Madone trônant et des Saints, sous un baldaquin. [Ouvrage remarquable pour le temps ; on remarquera les tetcs du St Jérôme et du pape St Grégoire.] — A dr., à l'autre extrémité, fresque (Guidoriccio da Fogliano à l'assaut de Montemassi) attribuée à Simone Memmi ou à Simone Martini. Sous cette fresque. Saints (St Victor, St Ansanus et

* Le Manqia était un automate qui venait l)altre le coup de midi à l'horloge.

St Bernard ïolomei) peints à fresque par /e Sodonia; célèbre Madone avec l'Enf. J. [Cette peinture où on lit le nom de Guido daSiena, 1221, serait de Guido da Graziano, 1271. Le dessin n'a pas l'excessive sécheresse byzantine ; la V. a les doigts démesurément longs comme toutes les Madones primitives, majis la tristesse de son regard est bien supérieure à la fixité inexpressive des Vierges de Cimabue.] — Paroi en face des fenêtres : deux batailles, en peinture monochrome (bistre), par Lippo di Vanni. — A g. de la porte d'entrée, St Bernardin, par Sano di Pietro (1460), et Ste Catherine par le Vecchietla (1461). — La CHAPELLE attenante à la salle délie Balestre, fermée par une belle gorille en fer, faite de 1436 à 1445, est ornée de 4 grandes fresques intéressantes, mais malheureusement restaurées, par Taddeo di Bartolo (Vie de la V.); sur l'autel, très belle toile du Sodoma, Ste Famille et Ste Calixte. Les marqueteries des stalles furent exécutées (1428) par Domenico di Nicolas sur les dessins, dit-on, de Taddeo di Bartolo. — Dans le vestibule, portraits de personnages divers, païens et sacrés, par Tad. di Bartolo.

Salle DELLÀ Page (àdr. de la salle délie Balestre) : fresques ruinées à' Anihrogio Lorenzetti (1538), représentant les suites d'un bon et d'un mauvais gouvernement [c'est une singularité à remarquer à cette époque que le goût de l'allégorie introduit dans l'art]; beau plafond.

Salle de passage : à dr., contre le pilier, Madone de Matteo di Giovanni^ de Sienne (1484), dans le style de Botticelli [charmante figure d'ange exprimant la douleur].

Salle della Balia ou des Prieurs :

peintures murales [altérées, et plus curieuses qu'intéressantes] de Spinello Spinelli (histoire d'Alexandre III et de Frédéric P*").

Salle du Consistoire : entourage de la porte par Jacopo della Quercia; à la route, peintures (malheureusement restaurées) par Beccafunii, qui y manifeste des qualités de clair-obscur et l'entente de la perspective et des raccourcis. C'est là qu'il a peint la célèbre figure de la Justice. [Cette figure, d'une assez belle tournure, est vue en raccourci dans une sorte de coupole simulée.] — Au milieu de la paroi d'entrée : Jugement de Sa-

lomon, par Luca Giordano. — Tapisseries de Florence et des Gobelins (1600). Salle monumentale décorée de fresques modernes (principaux épisodes de la vie de Victor-Emmanuel).

Palais del Governo (PI. 20 ; place Vittorio-Emanuele), autrefois Piccolominî, un des plus beaux de la Ville; bâti par Andréa Piccolomini (1469) sur les dessins, dit-on, àeRossellino, On remarquera de superbes portetorches en fer forgé, les croissants des Piccolomini et la corniche.

A l'intérieur : 31 salles renfermant une riche collection à' archives (59 000 chartes sur parchemin) depuis l'an 736 ; salle d' exposition : diplômes impériaux, autographes, miniatures (entre autres l'Assomption), dans un Cadre, testament de Boccace ; salle des Biccherna :

petits tableaux sur panneau, exécutés par les peintres les plus célèbres pour servir de couvertures aux registres des dépenses communales (de 1257 à 1689).

Institut de» Beaux-Art» (Istituto délie Belle Arli; PI. 25), ouvert de 9 h. à 3 h. (les jours de fête exceptés, entrée 1 fr. par pers.). Il contient une collection intéressante de tableaux divisés en deux parties : la première consacrée aux anciens peintres de l'école de Sienne (série chronologique du \uf au xvi° s., précieuse pour l'histoire de l'art), la seconde aux ouvrages de diverses écoles.

Galerie I (les galeries I, II et III ne renferment que des œuvres de primitifs et d'anciens peintres de l'école de Sienne). — 16. Margheritone d'Arezzo, St François. — 25. Duccio di Buoninsegna. Madone et Saints. [« Le nez busqué de la V. et les dessous verts des carnations sont des réminiscences byzantines. » (Muntz.)] 24. Triptyque, Madone et Saints. Six sujets de la vie du Christ. — 26. Tura di Buoninsegna. Madone et Saints (sur l'épce de St Paul on lit Segna me fecit) .

Galerie II. — 42. Ambrogio Loren- ^etti. — Tableau d'autel : Madone, Saints et Saintes [demi-figures char-

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manies, profils très purs]. — 75 tolo del Maestro Fredi. Adoralion dos jl;ioos. — 160. Paolo di Giovanni.

>ativilc de la V. — 170. Taddco di 'Barloto. Annonciation. — Tcinlnres (sujets religieux), par Pietro Lorenzeili, Taddeo Gaddi, Lucca di Tommé, Paolo di Giovanni,

Galerie 111. — 182. Paolo di Giovanni. Jugement dernier (1445). [J.-C.

assis dans un soleil lève la main dr., comme dans le Jugement dernier de Michel-Ange. Au-dessous de lui est une figure triste de femme, qui rappelle, par la place (ju'elle occupe, l'ange terrifié de la IVcsquc d'Orgagna ( V. Pise : Campo Santo). Dans un bosquet à g., un ange embrassant un moine, deux figures qui se retrouvent identiques, avec plus de gentillesse loulefois, dans le Jugement universel de Fra Angelico à l'Acjidémie de Florence.] — 187. Fuite en Egypte.

[La Y., l'ane et St Joseph, qui suit, sont identiques aux figures semblables du tableau de Fra Angelico.] — Peintures (sujets religieux), par Martino di Bartolommeo.

Salles 1Y, V et VI.— Elles ne renferment que des œuvres (Madones et Saints) de Sano di Pietro.

Salle YIl. — Peintures de primitifs.

Salle YIII. — Œuvres du Sodoma parmi lesquelles on remarquera: 581.

Le Christ à la colonne (fresque).

Salle IX. — Le P inturricchio . La Crèche.

Salle X ou Graîîde salle. — En faisant le tour à dr. : 563. Le Sodoma.

J.-C. au jardin des oliviers (fresque). — 544. Girol del Pacchia. Annonciation et Yisi talion. — 555. Beccafunii. Tableau en 5 compartimenls. — 545. Le Sodoma. Déposition de croix. (Annibal C.irrache trouvait peu de peintures à comparer à ce tableau.) [La tête de jeune femme agenouillée, soutenant la Y., (îst tout à fait dans le sentiment de L. de Yinci. Belle pose de St Jean, recevaut les pieds du Christ et expression douloureuse de ses traits. Le corps du Christ est très beau ; la figure qui le soutient à g. sur l'échelle est également remaniuable.] — 545. Beccafumi.

Chute des Anges. — 561. Funqai. Madone et Saints. — 506. Giac. Pacchiarotii. Visitation . — 526. Fimgai. Tableau d'autel : Assomption. — 562. Le

ÉDIFICES CIVILS, MUSEES Bar-

Sodo7na.Yvcs(\uc : Jésus descendant aux limbes [une f:ve charmante].

Salle XI. — Toiles de l'école flamande : 5 4. Albert Dilrer. Tète d'Apôtre. — 419 Palnia le vieux. La Y. à qui un saint présente un jeune homme. — 459. Le Dominiquin. Paysage avec figures. — 478. Le Caravage. Portefaix jouant à la morra.

Bibliothèque (PI. 27), installée dans la salle de l'ancienne Académie, dite degli Intronati, Elle compte 50 000 volumes et 5 000 manuscrits.

Évangéliaires grecs du ix^ s. avec miniatures. — L'Enéide , traduction en prose du xni« s. — Magnifique couverture de manuscrit enrichie d'émaux cloisonnés byzantins du x° s. — Lettres de sainte Catherine de Sienne, écrites^ sous sa dictée, la sainte ne sachant pas écrire. Elles sont remarquables par la pureté de la langue et leur grâce naturelle. — Précieux recueils de dessins d'architecture des xv^ et xvi^ s. de Baldassare Peruzzi, Giul. da San Gallo et Francesco di Giorgio Martini.

Univerwté (PI. 26). Elle existait déjà en 1246. — Dans le corridor d'entrée, tombeau du jurisconsulte Arringhieri, attribué à Goro di Gregorio, de Sienne (1574).

Hôpital Santa Maria délia Scala (PI. B, 4; place du Dôme; cette visite est peu agréable, on passe au milieu des malades). Cet hôpital existait au xnf s. ; en 1466, il lut agrandi tel qu'il est aujourd'hui

Yestibule : Yisitation, Iresque par Beccafumi (1512). — Eglise : dans la tribune, grande fresque théâtrale de SebaU. Conca (la Piscine de Jérusalem) ; sur le maître-autel. Christ et Anges en bronze attribués au Vecchietta, stalles de Ventura di Giuliano; consoles de l'orgue par B. Peruzzi; dans la sacristie, grande ancone en 14 compartiments peinte des deux côtés (les figures sont sur fond d'or). — Infirmekie, dite il Pellegrinajo : parmi les fresques, on en remarquera cinq peintes par Domenico Bartoli, commencées en 1440 et défigurées par une retouche barbare. — Dans

une autre salle on voit, du même artiste, une belle fresque représentant la Y.

étendant son manteau sur la ville. — Salle renfermant des restes de fresques du Vecchietta, découvertes sous le badigeon en 1875. — On peut descendre dans les souterrains pour visiter la chapelle de la Confraternità délia Madonna sotto le volte dello spedale (anciennes peintures).

Sienne possède trois théâtres. Le plus grand (Teatro dei Rinnovaii) a été construit sur le dessin de Bibbiena.

Excursions.

A 3 kil. N. de Sienne, de l'autre côté de la gare, couvent de franciscains de rOsservanza, fondé en 1423, reconstruit en 1485 (dans la sacristie, tombeau de Pandolfo Petrucci, -J-ISIS; Pietà, en terre cuite^ porte en pierre du xv* s. ; à Tint, du sanctuaire, statue de saint Antoine de Padoue par Cozzarelli, couronnement de la V., dans la manière des délia Robbia, médaillons enterre cuite par Francesco di Giorgio, retables du xv^ s., Crucifixion de Riccio, etc.).

Château de Belcaro (7 kil. S.-O. de

Sienne; une voit., 8 fr. env.; s'informer à Sienne si l'on peut le visiter). — Ce manoir fut légué à Ste Catherine, qui s'y établit quelque temps avec de jeunes religieuses. Au xvi* s., il devint la villa du banquier Turamini, qui le fit embellir par Bald. Peruzzi. Plusieurs de ses fresques, découvertes sous le badigeon, ont été restaurées. Le Jugement de Paris (voûte du vestibule) est cité par Lanzi comme le chef-d'œuvre de Peruzzi.

Il paraît que cette fresque fut exécutée d'après un dessin de Raphaël, dont Peruzzi avait pris des leçons à Rome, dessin perdu, et qui aurait servi à Marc- Antonio Raimondi pour la gravure qu'il fit en 1539. — Du château de Belcaro on découvre un magnifique panorama.

Sant' Ansano a Dofana (14 kil. env.

S.-E.). — On suit la route de Sienne à Arezzo (F. R. 15) jusqu'à (9 kil.) la Taverna d'Arbia, d'où l'on prend à g. le chemin qui mène à SanV Ansano a Dofana, ham. dans le « piano » d'Arbia, près du pont de Taverna d'Arbia, entre ce torrent et celui de Malena. — Eglise |

paroissiale : Madone, par Bald. Pe- .

ruzzi. — Chapelle dite Martirio di Sant' Ansano (s'adresser au presbytère), construction en brique assez remarquable attribuée aussi à B. Periizzi.

A Tint. : Madone et Saints, par P. Lorenzetii (1329), un des plus beaux ouvrages de l'école siennoise du xiv® s.

San Galgano a Monte Siepi (28 kil.

env. S.). — La route passe par (8 kil.) YOsteria délie Volte, près de laquelle se trouve l'église de San Giovanni di Ponte allô Spino (xi* s.). Après avoir franchi le Serpenna, on monte par Matignano.

14 kil. Rosia (dans l'église, fonts baptismaux du commencement du xiv= s.).

— A3 kil. RU S.-O., vieux monastère de Santa Miistiola a Torri, ancienne abbaye du Val di Merse, fondée au xu'^s., auj. une ferme, mais conservant encore une chapelle datnnt de la fondation et un cloître d'architecture romane.

De Rosia on monte par Spannocciria jusqu'à un pont sur le Feccia et on laisse à g, la route de Chiusdino, b. jadis fortifié qu'on aperçoit au sommet des collines vers le S.-O.

28 kil. San Galgano a Monte Siepi, 300 hab. — Ancierine abbaye de l'ordre de Cîteaux, fondée au commencement du im* s., et transformée en ferme; ruines imposantes de l'église, bâtie vers 1250.

Pour le monastère de Monte 01 i veto Maggiore, près d'Asciano, F. R. 2*2, B.

De Sienne à Arezzo, par Monte San Savino, R. 15 ; — à Orvieto et à Rome, R. 22, B; — à Grosselo, R. 22, B.

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