LUCQUES ET SES ENVIRONS
Situation. — Aspect général.
Lucques* (Liicca),N. de 21 000 bab. (avec la banlieue, 70 000), est située à 19 met. d'alt., à 24 kil. de la mer, près de la rive g. du Sercliio.
Quand on approche de Lucques, on n'en aperçoit rien, que le clocher carré de la cathédrale ; la ville cachée par les remparts est comme dans un nid de verdure. Du haut de ces remparts (4 kil. 2 de circuit), transformés en promenade, qu'on peut parcourir en voiture, en passant par-dessus les portes, la vue s'étend sur une plaine verdoyante et fertile, couverte d'arbres et entourée de collines et de mont;ignes peu éloignées.
Histoire.
On no sait rien des origines de la ville antique de Liica. Avant la deuxième guerre punique, elle était déjà soumise ou alliée aux Romains. En l'an 53, Jules César y résida tout un hiver. Du v^ au xvi« s., elle partagea le sort du reste de l'Italie, en passant successivement aux empereurs grecs, aux Goths, aux Lombards et aux empereurs d'Allemagne.
Au commencement duxu°s., Lucques apj)artenait à la fameuse comtesse Mathiide, feudataire de l'Empire, qui mourut en 1125. Quelques privilèges concédés par les empereurs romains préparèrent cette ville à l'émancipation. En 1119, elle fut gouvernée par des consuls, nommés à l'élection chaque année, et jurant fidélité à l'empereur. Elle se constitue en république sous Rodolphe de Habsbourg (1288). En 1314, Uguccione délia Faggiuola, capitaine des Pisans, s'en empare, et elle subit toutes les fureurs de SCS ennemis gibelins. Eu 1316, elle est déUvrée par le célèbre capitaine lucquois Castruccio Castracani, qui la gouverna jusqu'à sa mort (132(8). Plus tard, elle est vendue et revendue plusieurs fois. Martino délia Scala (1640) la vend 180 000 ilorins d'or aux Florentins.
Mais les Pisans, les éternels rivaux de Lucques, leur arrachent cette proie, et, pendant vingt-sept ans, font peser sur la malheureuse cité leur domination, appelée par les Lucquois une servitude babylonienne. Lucques obtient enfin sa délivrance de l'empereur d'Allemagne, Charles lY, qui lui octroie la hberté de se gouverner elle-même (1376), moyennant une somme de 25 0()0 florins d'or. Paolo Guinigi, citoyen de Lucques, y exerce un pouvoir absolu jusqu'en 1430, où le duc de Milan, Marie Visconti, s'en empare. Lucques retourne encore à la liberté. A la suite de séditions, l'aristocratie lucquoise arrache le pouvoir au peuple par la loi Martiniana, du nom du gonialonier qui l'avait proposée (1556).
— En 1628, la constitution de Lucques devint aristocratique, et elle s'est maintenue jusqu'en 1799. — Napoléon fit de Lucques un duché, qu'il donna en 1805 à sa sœur Élisa, femme d'un Corse nommé Bacciocchi. — Après la chute de Napoléon, le duché de Lucques fut cédé, suivant le traité de Vienne, à l'infante Marie-Louise, autrefois duchesse de Parme, et à son descendant mâle, à condition que celui-ci rendrait Lucques a la Toscane, dès qu'il aurait pris possession du duché de Parme. — La cession du duché de Lucques à la Toscane eut lieu le 11 octobre 1847.
Histoire de l'art.
Certaines églises de Lucques remontent, probablement pour une partie de leur construction, jusqu'à l'époque des Lombards (église San Fredianoj. Mais ce serait fausser les idées que de les donner, ainsi qu'on le fait généralement, comme des types du style lombard. C'est là une expression impropre, les Lombards n'ont point introduit une architeclure qui leur soit propre. Les églises de Lucques, dites lombardes, appartiennent, par leur style, à la tradition romaine. La forme et l'arrangement intérieur des basiliques y sont conservés. Les églises de San Martino et de San Michèle offrent un style d'architecture particulier, qui est comme une transition entre le style latin et le style gothique. Dans la plupart des églises de Lucques, le campanile carré est soudé au corps de l'église, au lieu d'elre séparé, comme à Florence et à j^ise.
Depuis la renaissance de l'art, Lucques
[route 18]