‹ ItalieChapitre 185 sur 587 · LUCQUES ET SES ENVIRONS. [ROUTE 18J · texte numérisé non relu

LUCQUES ET SES ENVIRONS. [ROUTE 18J

(à arcades et à colonnes) superposées et ses sculptures diverses, est de Guidetto (1204 ; le chœur est de 1508, le triforium de 1400). Les sculptures du portique, postérieures de plus de vingt ans, représentent : des sujets de l'histoire de St Martin; les douze Mois. Les murs sont ornés de différentes figures, griffons, lions, serpents, cerfs, aigles et de guerriers, entourés d'ornements incrustés comme une mosaïque. Au-dessus de la porte à dr., on voit St Régulus en controverse avec les Ariens, chaque parti tenant à la main sa confession de foi. Au-dessus de la porte à g., une Déposition de croix, sculptée" par Nicolas de Pise (en 1255), accuse, malgré la lourdeur des figures, un sentiment de l'oidonnance pittoresque bien diflerent des procédés grossiers de mise en scène familiers aux sculpteurs à cette époque. Au-dessous est une Adoration des mages (très ruinée), que l'on croit de Jean de Pise,

L'intérieur, long de 84 met. 50, large de 27 met. 54, a trois nefs. Les arcsdoubleaux de la grande voûte sont à plein cintre. Les fenêtres ogivales des collatéraux ont été raccourcies, à cause des autels qu'on a placés au-dessous : ce qui leur a fait perdre de leuréléf^ance. Leurs verrières de couleur (figures de grande dimensions) sont modernes.

Nef. — Au pavement, Jugement de Salomon, à la manière de Beccafiimi {V. Sienne). — A g., petite chapelle octogone en marbre, richement décorée, construite par Mat. Civitali. C'est là qu'on garde un Christ [il Volto santo; il n'est découvert que quatre fois par an) que la légende attribue à Nicodème, couvert d'une robe frangée d'or, et entouré des statuettes de la V. et de Saints placées dans des niches ogivales travaillées avec une grande fhiesse. On remarquera à l'extérieur une belle statue, St Sébastien, par Mat. Civitali. — A dr. belle chaire en marbre, par Mat. Civitali (1498).

Bas-côté dr. — j^r autel : D. Passignano, Nativité. — - 2^ : Zucchero Ziiccain, Adoration des maoes. -r- 5° : /^

[route 18] LUGOUES : — ÉDIFICES RELIGIEUX.

Tintoret, Cène. — ¥ : Passignaiw, Crncitioment.

Sachistie. — Sur l'autel, D. Ghirlandajo, Madone avec 4 Saints ; sur le mur faisant lace à la porte d'entrée, Daniel de VoUerre, Ste Pétronille.

Transsept DR., partagé en deux travées égales dans le sens longitudinal. — Beau monument en marbre de Carrare de P. da Noceto, secrétaire de Nicolas V, par Mat. Civitali (147'2). — A la muraille de dr., tombeau et buste du comte Dom. Berlini, par Mat. Civitali (1479). [Ces ouvrages sont comptés parmi les plus beaux du w^ s.] — Chapelle du St-Sacrement (à dr. du choeur) : deux Anges en marbre de Mat, Civitali. [Figures expressives et gracieuses ; tendance au maniérisme moderne.] — Entre cette chapelle et le chœur, autel et tombeau de St Régulus, un des patrons de la ville (les statues de St Sébastien, de St Jean-Bflptiste et de St Régulus sont de Mat. Civitali).

Chœur. — Vitraux de Pandolfo di Ugolino de Pise (1485). — Stalles avec figures et perspectives en marqueterie (1490).

Transsept g. — Autel de la Liberté, en mémoire de la délivrance du joug des Pisans par Charles IV : au milieu, la Résurrection, et, de chaque côté, St Pierre et St Paulin, l^"" évêque de Lucques, par Jean Bologne (1579). — Chapelle du sanctuaire (2^ à g. du chœur) : Madone sur le trône, entre St Etienne et St Jean-Baptiste (deux anges tiennent la couronne et le voile au-dessus de sa l'été, un ange à ses pieds joue du luth), par Fra Bartolommeo (1509). Cet ouvrage est celui « où il se rapproche le plus du style de Raphaël. On peut dire que cette production forme le point culminant de la carrière de l'artiste. »

(Rio.) Les monuments en marbre sont de Mat- Civitali. — Au fond du transsept : fastueux mausolée des Guidiccioni ; à côté, beau monument, en marbre de Carrare, d'Ilaria del Carretto, épouse de Paolo Guinigi, par Jac. délia Quercia (1444).

Bas-côtk g. (en descendant). — 5^ autel : Ligozzi, Visitation. — 2^ : Aless. Bronzino, Présentation au temple. — A g. de la porte d'entrée, fresque de Cosimo Rosselli, relative à la découverte du Volto sauto.

La Fabrique (place Antelminelli,

2, à côté du Dôme) possède une croix, dite Croix des Pisans (les bras supportent (le petites statuettes), en argent doré, excellent ouvrage d'orfèvrerie de Betluccio Baroni (\'5^0) et un coffret (1492), tout en cuir, avec coins en argent d'un admirable travail (scènes de la vie du Christ, ligures repoussées et gravées ; costumes coloriés).

SanV Alessandro (PI. 2), église dont la construction remonterait au ix^s. (( La sévérité du plan, l'élégance des profils, si fins et si purs qu'ils semblent appartenir aux beaux temps de la Grèce offrent l'exemple le plus remarquable du style qui précéda l'érection du Dôme de Pise. ))

San Cristoforo (rue Fillungo, tout près du Canto dell' Arco). — La façade, attribuée à Diotisalvi, l'architecte de St-Michel et du Baptistère de Pise, montre la transition du style lombard au ffothique italien. — Matteo Civitali est enterré dans cette église, sous une simple pierre tombale (l'^ arcade à dr.).

San Frediano (PI. 3). C'est, après la cathédrale, une des plus grandes églises de Lucques et une des plus anciennes, si l'on excepte les chapelles du fond et le preshyterium, visiblement exhaussées. Repetti, dans son Dictionnaire de la Toscane, la cite comme une des églises de l'époque lombarde les moins altérées à l'intérieur. EHe appartient cependant au style latin des anciennes basiliques.

La première construction de cette église date du vn° s. Au xv® s. l'aspect de l'intérieur fut complètement modifié. — La façade, du xn^ s., offre une intéressante mosaique de la même époque (?) (restaurée) représentant à la partie supérieure J.-C.

sur un trône entre deux anges.

L'intérieur a trois nefs; celle du milieu est formée de 22 colonnes de marbre divers, supportant des arcades plein cintre, et au-dessus de celles-ci les mu- , railles de la nef très élevées et nues (à

dr., rcsies d'une peinture grossière en partie disparue sous le badigeon). — A g. de la porte d'entrée, Visitation, par Rod. Ghirlandajo. — A dr.,^ grande cuve en marbre pour le baptême par immersion (sculptures du xu^ s. ? ; on y lit le nom de Magister Roherius) ; à g. de la cuve, nouveaux fonts baptismaux (sculptures élégantes de Nie.

(livitali, neveu de Matteo). Au-dessus de la cuve, Annonciation, bas-relief d'un (lella Robbia. (La porte à dr. des fonts conduit à une chapelle élevée à l'cnlrée de l'ancien cimetière de Ste-Gatherine, et renfermant entre autres tombeaux celui des Guidiccioni, richement décoré de sculptures.) — Cas- côté dr., 5^ chapelle : Gouronnement de la V., ouvrage estimé de Francia. — Autel à dr. du maître-autel : Martyre de Ste Fausta, par P/e/?'o 5orr/, de Sienne. — A g., 4^ chapelle, dite du Saint-Sacrement : retable à 5 compartiments par Jac. délia Quercia (14'22) ; les petits sujets de la piédelle sont de l'école de Givilali. — '2° chapelle, dite de St-Augustm : fresques (restaurées) à'Amico Aspertini (1474-1552). Il y a des études de nu qui semblent ne point le céder à celles du Jugement dernier d'Orvieto.

Le Campanile a été re.?i luré récemment.

San Gîovannî (PL 4), curieuse basilique du xi*" s. (avec des remaniements du xvn'' ), dont le transsept g. communique au N. avec l'ancien baptistère de la cité, converti au xiv'^ s. en une grande chapelle carrée, voûtée d'une croisée d'ogive. — Façade avec une porte ornée de sculptures du xn'' s.

Intérieur, d'une nudité sévère : plafond à caissons. — Transsept de g. : à g., fresque remarquable du xiv^ s.; à dr. et à g. du maître-autel, deux têtes de St Jean dans un plat, exécutées en faïence coloriée, d'une vérité saisissante [art réaliste puéril].

Santa Maria in Corte Orîandini (au S.-O. et non loin de S. Paolino), de 1187, rebâtie en 1662. — Maîtreautel: Assomption, parLwcaGior6?fl?io.

Santa Maria Forisportam, appelée aussi Santa Maria Bianca (PL 5). Les

Page 1