‹ ItalieChapitre 190 sur 587 · BAINS DE LUCQUES · texte numérisé non relu

BAINS DE LUCQUES

2o^kil. N. '(de Lucques). — Roule de voiL (chemin de fer de Lucques à Ponte à Moriano, en 20 min.; 1 fr. 05, 70 c, 45-c.; en construction de Ponte a Moriano à Borgo a Mozzano). — Tramway à vapeur de Lucques (Porla Santa Maria) à Ponte a Moriano. — Dilig. t. 1. j. l'après-midi en 2 h. 1/2 (2 fr.). — Voit, de Lucques aux Bains, à tous les trains (à partir du l"mai); 10 fr. (à 1 chev.), 20 fr. (à 2 cliev.).

En sortant de Lucques par la Porte

Santa Maria, on remonte le cours du Serchio (qu'on ne voit pas, à g.).

5 kil. 1/2. On laisse à dr. une route qui mène à la villa di Marlia, ancienne villa royale avec un parc de 5 kil. de tour, à l'imitation de Marly, d'où il tire son nom. Cette villa appartient à la princesse de Capoue (pour la visiter, s'adresser au concierge).

7 kil. 1/2. Po7ite a Moriano (importante filature et tissage; on ne franchit pas le pont). On remonte la rive g. du Serchio. A dr., s'élèvent les montagnes dites les PizzomCy couvertes de plantations d'oHviers et d'habitations. Le bâtiment qu'on aperçoit à mi-côte presque au-dessus de la route, un peu avant (9 kil. 1/2) VinchianUy est le couvent degli AnqqH^ — A g., sur l'autre rive du Serchio, est la route de Lucques à Castelnuovo (route nationale de Livourne à Mantoue), creusée en deux points dans le rocher. — On passe dans un défilé sauvage où coule le Serchio, dont le cours est très sinueux.

12 kil. 1/2. A dr. importante filature dont les ouvriers habitent une série de maisons qui bordent la route.

— Au sortir du défilé, à g., sur l'autre rive, s'ouvre le pittoresque Val d'Ottavo, et, un peu plus loin, l'étroite Valle délia Pedogna (route de voit, jusqu'à Pescaglia, puis chemin de mulets pour Palagnana et Serravezza, V, R. 12) à l'entrée de laquelle on voit Diecimo (beau clocher du xi^ s.). Continuant à remonter le Serchio, on découvre à dr. Anchiano, sur un monticule (des tombeaux de l'époque romaine y ont été découverts), puis on passe au pied d'un rocher de bel aspect. — A g., sm^ l'autre rive, Borgo a Mozzano (com. de 10 000 hab.); h dr. pentes de châtaigniers.

20 kil. 1/2. On laisse à dr. \epont très pittoresque délia Maddalena (on l'appelle aussi del Diavolo; une grande arche et quatre petites).

22 kil. 1/2. La route monte, et tourne à dr. dans la vallée de la Lima.

LUGQUES ET SES ENVIRONS. [ROUTE 18j

25 kil. Fornoîl^ où on laisse à g.

la route de Castelnuovo (V. ci-dessous) qui franchit la Lima sur un pont suspendu.

25 kil. Bains de Luaques"*", très fréquentés du 15 mai au l'"^ octobre, situés dans une des vallées les plus riantes, les plus salubres et les plus fraîches de la Tosc.me. La com. des BagnidiLucca{9'20^ hab., dont 1020 au ch.-l.) se divise en deux parties.

Ponte a Senagîio est la plus importante. De la place du Pont (cafés et hôtels), située sur la rive g. de la Lima, une route, à g., conduit au Casino, aux principaux établissements de bains (Cardinal, Docce Basse, Bernaho^ Bagni Caldi et San Giovanni) situés sur le flanc delà colline et à l'hôpital construit par le prince Demidoiï. Si l'on suit à dr. de la place du Pont, la route ombragée qui remonte la rive dr. de la Lima on atteint en 20 min. environ Villa.

Villa, située à 150 met. dans une partie plus large de la vallée, est plus agréable à habiter. On y trouve des hôtels avec des jardins, de johes villas, un casino et un établissement de bains à mi-côle, sur la colline.

Dix-neuf sources minérales émergent sur divers points d'une coHine [il Colle) située entre ces deux localités.

Ces eaux theruiales sulfatées calciques, ferrugineuses (28'^ à ôS*» G.), sont employées en boissons, bains, douches d'eau ou de vapeur; on fait des frictions et des applications topiques avec le sédiment boueux des réservoirs. Légèrement purgatives, fondantes et diurétiques, elles réussissent dans la dyspepsie, les congestions hépatiques ou spléniques consécutives à la fièvre intermittente, les engorgements de l'utérus, les affections calarrhales des voies urinaires, le rhumatisme, certaines paralysies, les névralgies, les alTections chroniques de la peau, la goutte et la gravelle.

Les environs abondent en jolies excursions.

[A 45 min. S. de Ponte, sur la hau-

teur (on y monte par un chemin en z'^zag à travers une forêt de châtaigniers), Lugliano, à 408 met. (observatoire météorologique ; belle vue), et beaucoup plus avant dans la vallée, le Bargiglio, vieille tour située au sommet d'une montagne (869 met.).

Le Prato Fiorito (3 h. 50 à la montée, 2 h. à la descente), vaste prairie sur le flanc d'une montagne, à 1298 met.

d'alt., célèbre pour le nombre et la variété des plantes qui y fleurissent.

Le TrePotenze (1934 met.), au N.-E.

des Bains, montagne par laquelle on peut se rendre à pied en 8 h. env. (guide nécessaire) à boscolungo et à San Marcello (R. 7).

Le Rondinajo (1964 met.; très belle vue), un peu plus au*N. A la descente on peut visiter le lago Sanio, charmant petit lac, à 1504 met. d'alt.

Des Bains de Lucques à Gaste!-

nuovo di Garfa^nana (excursion recommandée). — A. Par la route nationale DE LiVOURNE a MaNTOLE. Dc

Villa on contourne, après avoir traversé Ponte a Serraglio et Fornoli, l'éperon du Monte Fegatese, sur lequel on aperçoit, au milieu de bois de châtaigniers et de vignobles, le v. de Granajola.

Un peu en deçà du pont sur la Fegana, on laisse à dr. l'ancienne route de Lucques à Pieve Pclago par Tereglio [V. R. 7), aujourd'hui délaissée, et très bonne seulement jusqu'à Tereglio.

6 kil. On franchit la Fegana sur un grand et beau pont (une arche de 48 met.), et (8 kil.) le Sigone; on longe le pied du versant S.-O. du Rondinajo,

7 kil. On laisse à dr. la route qui monte à Rarga {V. ci-dessous) et l'on franchit le Serchio sur le vieux pont de Calavorno, au delà duquel on rejoint la route venant de Borgo a Mozzano.

La route passe ensuite par Turrite Gava (chemin de mulets, en oh. 30, pour Palagnana, R. 12).

16 kil. GaUicano, 3128 hab. (belle église de San Jacopo: bas-relief en terre cuite par L. délia Robbia; à 1 h. à pied, dans la pittoresque vallée de la Turrite, curieux ermitage, dit de Calomini, creusé dans le rocher).

[route 19] BAINS DE LUGQUES. — PISE.

Dft Gallicano à Stazzema et à Serravezza,

20 kil. Pont de Campia (200 met.), où l'on rejoint la route de la rive g. (lu Scrcliio (F. ci-dessous).

B. Par la rive g. du Serchio (cette route est préférable à la précédente). — l^e Villa au (7 kil.) pont de Galavorno, y. ci-dessus, ^4.

8 kil. Sur une hauteur à dr., ancien château bien conservé de Ghivizzano.

A Piano di Coreglia, on laisse à dr.

la route montant à Coreglia.

12 kil. Fornaci. La route, tournant au N.-E., monte en décrivant une grande courbe. (Un tronçon, allant directement de Fornaci au pont de Campia, abrège beaucoup le trajet pour se rendre à Gastelnuovo.)

16 Kil. Barga\ b. de 5166 hab., à 590 met., situé au sommet d'un mamelon couvert de vignobles, au S. du Monte Romeciio. — Dôme, à trois nefs, curieux comme construction (à Tint. : chaire sculptée ; ancienne cuve baptismale ; armoire aux saintes huiles, par Luca délia liobbia) .

[Dil. pour (35 kil.) Lucques (2 îc.) par Borgo a Mozzano.]

La route se dirige au N., descend par un grand lacet (pont sur un torrent) et tourne à l'O. dans la vallée du Serchio, qu'elle franchit sur le pont de Campia où elle rejoint la roule venant de Lucques (V. ci-dessus. A).

La route passe dans un défilé et suit constamment la rive dr. du Serchio. — A dr., sur une hauteur, Fosciandora et Ceserana.

28 kit. CasielnuovodiGfarfag^nana*, petite Y. de 4748 hab., ch.-l. de la Garfagnana, à 270 met., au centre d'une grande vallée dominée par la Penna di Sumbra et la Pania dclla Croce au confluent de la Tunite secca et du Serchio. — Belle église abbatiale (San Pietro), à trois nefs (un autel est décoré de bas-reliefs par L. délia PiObbia et d'une Assomption, par Sanli di Tito). — Hôpital remontant au xv° s.

— Ancienne forteresse de Monte Alfoiiso (aujourd'hui Mont-de-Piété) dominant la ville.

[De Caslehiiiovo, si l'on veut se rendre à Fieve l*clago, il faut suivre la route nationale de Livounie àMautoue, qui se dirige

au N. — o kil. Pieve Fosciana (369 met.), 2750 hab. (église du xiv s,). — On passe à Cdinpori. — i kil. Castiglione di Garfagnana (5i0 met.), 3378 liab. —On monte i)ar une suite do lacets à Cerageto^ près de Sassorosso. — 16 kil. Casone di Proferchia ( 1507 met.). — De là, la route, tournant à l'E., suit le versant S. du mont Giovarello. — Col de la Face délie Radici (1470 met.). — On descend, en laissant au S. Valpc di San Pellegrino, dans la vallée que parcourt le torrent de Sant'Anna. — 51 kil. Pieve Pelago (R. 7).]

[De Castelnuovo, 2 diL t. 1. j. pour Lucques (3fr.).

De Castelnuovo à Serravezza, R. 12.]

PISE

Situation. — Aspect généra!.

Pise* (Pisa), V. de 27 000 hab.

(avec la banlieue, 55 000), est située dans une plaine au pied des monts Pisans. Elle s'étend sur les deux rives de FArno, à 11 kil. de son embouchure dans la mer. Bien bâtie, mais peu animée, elle est entourée de murailles. Ses henux quais {Liing^Arno)j centre de promenade, communiquent par 5 ponts : po?ite alla Fortezza, ponte di Mezzo (le plus fréquenté), poîite Solferino (1876).

La chaîne des monts Pisans abrite Pise des vents du IN. L'hiver y est doux. Pété moins chaud qu'à Florence, l'atmosphère en général tranquille, et son climat y attire, surtout en hiver, un gi\and nombre de personnes afïectées de maladies de poitrine. C'est du reste une des villes de l'Italie où il tombe le plus de pluie. — Un aqueduc long de 6 kil. 6, établi de 1()01 à 1614-, amène d'excellente eau des monts d'Asciano.

Il y a, en quelque sorte, deux villes de Pise : l'une peu intéressante et comprenant toute la cité habitée; l'autre un petit coin à part, reste de la ville du moyen âge (le Dôme, le

Baptistère, la Tour penchée, et le Campo Santo).

Pise, une des glorieuses et des plus antiques cités de l'Italie, a été une république célèbre par les armes, par le lustre des arts et par le renom scientifique de son université.

Selon Pline et Strabon, elle fut fondée par une colonie de Grecs venus de la ville de Pise dans le Péloponèse. On croit qu'elle fit partie del'Etruric; mais jusqu'à la domination romaine son histoire est très obscure. Alliée de Rome Tan 561 de sa fondation, elle devint déjà, en 574, une colonie romaine importante, et plus tard municipe. Elle reçut d'Auguste le nom de Julia Obsequens, qui distribua à ses vétérans des terres dans le littoral pisan. — Sa position sur l'Arno, son port, en firent une puissante ville de commerce; l'embouchure de l'Arno n'était alors qu'à 2 milles. A la chute de l'empire romain, Pise fut ravagée par les barbares, et tomba plus tard sous la domination des Lombards. Quand Ghar- Jemngne leur eut enlevé l'Italie, Pise fut gouvernée par des ducs ou comtes, chargés au nom de l'empereur de défendre les côtes contre les invasions des pirates grecs. — Déjà, en l'année 1003, une guerre entre Lucques et Pise signale la rivalité qui devait si longtemps déchirer ces deux villes. Peu après, Pise est prise et saccagée par les Sarrasin? ; mais bientôt elle-même, unie à Gênes, leur enlève la Sardaigne (1017). Les Pisans restent seuls maîtres de l'île. Rivaux par les armes des Génois, ils l'étaient aussi par le commerce. — En 1099, Pise prend glorieusement part à la croisade.

A la suite des querelles élevées après 1070 entre l'empereur Henri IV et le pape Grégoire YIÏ, Pise se forme en république. Les idées de liberté, du reste, étaient tellement subordonnées aux étroites passions municipales, que non seulement les villes de la Toscane ne firent pas partie de la ligue lombarde^ mais encore que Pise prêta contre elle des secours à l'empereur Frédéric P''. Bien que gibeline de principes et d'habitudes, elle restait de l'ait une république démocratique.

En 1114, les Pisans forment une expédition glorieuse contre les Sarrasins,

PISE. [route 19]

auxquels ils enlèvent les îles Baléares. En 1118, ils consacrent le Dôme, splendide monument de cette époque. Ils font encore partie de la croisade en 1189.

Malgré des guerres fréquentes suscitées par les rivalités de Lucques, de Gênes et de Florence, Pise resta puissante et glorieuse pendant le xn° s. et la première moitié du xin''. Mais sa fortune changea à la fin de ce siècle. En 1250, à la mort de Frédéric II, les trois républiques s'unirent contre elle. Fidèle au parti des Gibelins, elle soutint une guerre sanglante contre Florence, alliée de Lucques, de Sienne et du pape. Gênes lui porta un coup terrible en 1284, dans la bataille navale de Meloria, qui lui enleva la moitié de sa flotte. Depuis lors Pise alla en déclinant, et elle dut être une des premières républiques d'Italie à perdre sa liberté. C'est à cette époque de ses annales que se place l'histoire terrible d'un de ses citoyens, le comte Ugolino délia Gherardesca, immortalisé par le sombre génie de Dante. Dans ces moments difficiles, nommé capitaine du peuple pour dix ans, Ugolin chercha à se perpétuer au pouvoir, et exerça une odieuse tyrannie. Assiégé par l'évêque, dont il avait assassiné le neveu, il fut pris, et, après huit mois de captivité, enfermé dans une tour, pour y mourir de faim avec ses enfants, deux fils et deux petits-enfants.

Lorsque l'empereur Henri VII descendit en Italie, Pise lui offrit ses trésors; mais sa mort rapide (1313) la laissa de nouveau exposée à la fureur des Guelfes. Uguccione délia Faggiuola, nommé podestat et capitaine du peuple, vainquit, en 1315, à Monte Gatini, les Florentins et leurs alliés ; mais sa tyrannie devint insupportable, et les Pisans le chassèrent en 1316. Ils sont obligés bientôt après de se soumettre à Gastruccio Gastracani, puis à un gouverneur allemand ; ils regagnent encore leur indépendance en 1329, et ils enlèvent Lucques aux Florentins. La république de Pise est alors déchirée par les divisions de deux familles, les Gherardeschi et les Gambacorti, se disputant le pouvoir.

Après 1356, les hostilités entre Pise et Florence reprennent avec plus de fureur. Cependant Galéas II Visconti, seigneur de Milan, cherchait à s'emparer de Lucques, de Pise et de Sienne pour venir ensuite à bout à^ Florence. A son insti-

[route 19] . PISE : — HISTOIRE DE L'ART.

p^ation, un traître, chancelier de Gambacorta qui gouvernait avec sagesse à Pise, fait assassiner celui-ci, empoisonner ses enfants, et s'empare du pouvoir (1592). Un fils nalurel de Yisconti, et le général français Boucicaut, gouverneur de Gènes, vendent aux Florentins (1405) pour 200 000 florins la ville de Pise, qui se rend après un siège héroïquement soutenu. L'arrivée de Charles VllI en Italie (1494) s'offre à elle comme une occasion de délivrance. Mais la promenade militaire du monarque français n'aboutit à rien. Soutenue par Venise et par le duc de Milan, elle recommence la guerre contre Florence; elle se défend avec une héroïque fermeté. A la fin ses alliés l'abandonnent : le roi de France la vend pour 1 00 000 florins, Ferdinand le Catholique pour 50000, et, après une guerre de quatorze ans et sept mois, elle rentre une dernière fois sous l'obéissance de Florence (1509). Depuis lors Pise subit, jusqu'en 1860, les destinées de la capitale de la Toscane.

C'est à Pise que naquit Galilée (1564).

Histoire de l'art.

Les guerres que Pise' soutint au sud de l'Italie et en Orient la familiarisèrent avec les chefs-d'œuvre de l'antiquité ; ses victoires lui fournirent les moyens de satisfaire à son goût de magnificence. C'est en prenant ses inspirations dans les monuments de la Sicile, de la Grèce et de Byzauce que l'architecture éleva dans cette ville ses plus beaux monuments, et au premier rang, le Dôme, qui est un des plus anciens exemples de l'union du style byzantin avec le style romain, et qui ofl're la hardiesse singulière pour le temps d'une coupole sur pendentifs, élevée à l'entre-croisement des quatre nefs d'une basilique. [V, Venise : Basilique de Saint-Marc.)

Pise, par son école de sculpture^ qui commença au xni^ s., tient une place importante dans l'histoire de la renaissance de l'art en Italie. Nous avons déjà signalé ce mouvement (V. Florence; Hist. de l'art). Les fragments de sculpture antique , trophées de leurs conquêtes, transportés par les Pisans dans leur ville, fournirent une direction pour sortir de la barbarie ou de l'immobilité traditionnelle. — Nicolas de Pise [Nicold P'sano, 1207-1278- apprit \^^ sculpture

de praticiens grecs travaillant à la décoration du Dôme et du Baptistère. Un bas-relief antique, sculpté sur un sarcophage qui servit à ensevelir la comtesse Béatrix (F. Campo Santo), lui inspira un meilleur goût et il surpassa bientôt tous ceux qui de son temps maniaient le ciseau. Il fut également architecte. — Son ^\s Jean [Giovanni Pisano^-^- \'520) fut sculpteur et architecte (bas-reliefs de la chaire de Saint- André de Pistoie ; autel de la cathédrale d'Arezzo). Son principal titre de gloire est la construction du Campo Santo. — André de Pise (Ugolino di Nino; né vers 1270, \ 1345), contemporain de Giotto, fit faire des progrès à la sculpture, et la dégagea de la rudesse de l'art qui la précédait, comme Giotto lui-même faisait faire un pas immense à la peinture. Aussi l'un et l'autre créèrent-ils une école florissante.

André de Pise est l'auteur d'une des portes du Baptistère de Florence. Parmi ses élèves, outre Tommaso et Nino, ses fils, nous citerons Alberto Arnoldi et Giov. Balducci, sculpteur et architecte pisan.

Si Pise, par ses sculpteurs et ses architectes, a contribué au mouvement de la renaissance de l'art en Italie, elle n'a pas eu, comme d'autres villes, d'école de peinture ; elle n'a même aucun nom de peintre célèbre à citer. Giunta, qui vivait dans la première moitié du xiu^ s., est encore complètement sous l'influence des peintres byzantins. Cependant ses fresques à Assise sont des monuments intéressants au point de vue des origines des peintres italiens.

Principales curiosités.

Dôme (p. 241). — Baptistère (p. 245). ~- Tour penchée (p. 242).

— Campo Santo (p. 243). — Eglises:

Santa Caterina (p. 247), Santa Maria délia Spina (p. 248) ; San Michèle in Borgo (p. 248); San INicola (p. 248); San Stefano (p. 248). — Pinacothèque (p. 249). — Maison de Galilée (p. 249). — Promenade aux Cascine San Rossore a Gombo et à Bocca d'Arno(p. 250).

N.B. — Levoyageurpressé se rendra directement à la place du Dôme, située h l'extrémité N. de la ville ot

PISE

où sont réunis les quatre monuments principaux qui sont une des gloires de Pise : le Dôfne (p. 241 ; portes de bronze, peintures et sculptures; stalles du chœur; crucifix de Jean Bologne) : la Tour penchée (p.

242); le Baptistère (p. 243; chaire de Nicolas de Pise) ; le Ca7npo Smito (p. 245; fresques et monuments de sculpture).

Direction.— Rues, places, palais, etc.

De la gare une large avenue aboutit à la place Vittorio Emanuele (monument de Victor Emmanuel, par Zocchi), d'où se détache, à dr. en face, la rue Vittorio Emanuele qui, prolongée par la via Banchi, aboutit au Ponte di Mezzo, le plus fréqu nté.

A g., en deçà du pont, s'élève la Loggia dei Banchi (auj., marché au blé) construite par Buontalenti (1605).

Du Ponte di Mezzo, on découvre toute la belle ligne de quais :

1° Rive g. — A dr., le LmujArno Galileo, s'étendant jusqu'au Ponte alla Fortezza. A l'entrée du quai est le palais Pretorio avec le bureau du télégraphe. — Dans cette partie delà ville se trouvent : les églises San Sepolcro (p. 248) et San Martino (p, 248), le palais Scotto-Corsini (p. 249) et la maison de Galilée (p. 249).

A g., le Lung'Arno Gamhacorli.

A l'entrée, au delà de la Loggia dei Eanchi, s'élève le palais Communal ou Gambacorti (p. 249). Plus loin est la petite église de Santa Maria délia SpJna (p. 248). Le quai aboutit à la piazza San Paolo avec l'église du même nom (p. 248).

2<^Rivedr. — Adr., le Lung'Arno Mediceo, où s'élèvent : — au n' 13, le palais ToscaneîH, autrefois Lanfra?7clii (PI. 18), attribué à Michel- Ange (il a été habité par lord Byron pendant l'hiver de 1821-1822); — n° 17, le palais des Mcdicis, construit en 1027, modifié au xir s.,

et reconstruit de nos jours dans soj ancien style, résidence de Cosme I de Médicis (Charles VllI, roi d.

France y habita en 1494).

A g. enfin, le Lung' Arno Regio le plus beau des quais de Pise On y remarque : — n° 5, le paîai« Agostini, avec une riche façad( gothique du xv^ s. (au rez-de-chaus seeest un café); — n° 9, le palaii Lanfreducci (PI. 19), auj. Uppezzin glu, de 1590 (à la façade on lit ce mots : Alla giornata, au-dessoui desquels pend une chaîne); — plus loin, le palais Royal (PL 15) construit en 1550 par Baccio Ban dinelli (l'extérieur n'a rien de remarquable).

Le Ponte di Mezzo aboutit h la place Garihaldi (statue de Garihaldi, par Ferrari), d'où la rue pittoresque dei Borgo, avec ses arcades (à dr., église San Michèle in Borgo, p. 248), qui traverse la partie N. de la ville, conduit à la Porte de Lucques. Dans le quartier à l'E. de la rue dei Borgo, se trouvent : — la petite église San Pietro in Yincoli ou San Pierino (p. 248); -- l'église San Francesco (p. 247), — l'église de Santa Caterina (p. 247), sur la place du même nom [sicdue de Léopold P% par Painpaloni); — près de la porte de Lucques, des restes de thermes romains, ou Bag?io di Nerone (eu rieuse salle octogone, ancien Suda iorium).

A l'O. de la rue dei Borgo, la rue dei Monte conduit à la place de" Cavalieri.

La place dei Cavalieri est omi d'une fontaine et de la statue u Cosme P% psirFrancavilla. —A PS de la place s'élèvent l'église Sa Stefano ou dei Cavalieri (p. 248) é^ le palais délia Carovana (PL 16); pal.'us des chevaliers de l'ordre di St-Etienne (aujourd'hui École Nor male),^ construit par Vasari (façade décorée d'arabesques en graffito et ornée des bustes de six maîtres de

Oiiides Joannô.

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