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NARNI. — ORVIETO

en 10 min. (50 et 25 c). U Prisse sous rancienne tbrlcresse par un tunnel de 120 met. et aboutit îi l'extrémité E. de la ville, entre le commencement du corso Cavour et rancienne forteresse transformée en jardm public, près de laiiuelle, a g., une espèce de plate-forme ronde en maçonnerie est la partie terminale supérieure du célèbre puits de San Patrizio [V. ci-dessous). , .

La ville a un aspect caractéristique de vétusté. Plusieurs constructions sont abandonnées à moitié faites.

Histoire.

Orviclo est l'antique Urhentana [Urbihenlum) de Procope, VUrbs velus du Mn^ s. Sa fondation est attribuée aux Pélasgcs (Étrusques) ou aux Lydieiis [Vcïcns Ombriens); on croit que c'était la ville principale des Salpinales. Elle lut occupée pai- Alaric, par Odoacre et plus tard par Théodoric ; puis elle tomba au pouvoir des Longobards. Au moyen Age c'était une des plus importantes forteresses des Guelfes, et elle servit souvent de refuge aux papes (on en compte jusqu'à 52 qui s'y réfugièrent ou y tixè- Vent leur résidence), à qui elle appartint de 1420 à 1860. C'est maintenant le ch.-l. d'un arrond. de la province de Pérousc (Ombrie).

Principales curiosités.

Une journée suffit largement pour la visite d'Orvieto. La cathédrale (sculpture de la façade ; à Pintérieur fresques par LucaSiguorelli), la petile éqlhe de SanGiovenale (arcbitecture intérieure) et la Nécropole étrusque sont les principales curiosités.

Description.

De la station-terminus du funiculaire, on peut suivre, soit a g. la rue Puslierla qui passe devant l'ancien monastère de San Paolo, pour aboutir à la place du Dôme, soit, en face, le corso Cavour ^ la principale rue de

la ville, que suivent d'ailleurs les omnibus des bôtels (en face d'une tour moyen âge, prendre à g. la via del Duomo , qui conduit à la place de Santa Maria ou del Duomo; si l'on descend à Phôtel des Belle-Arti, cette rue est tout près, à dr. en sortant).

Le Dôme (fermé de 1 b. a 2 h. 1/2 ; s'adresser a la pbotograpbie Armom , place du Dôme; M. Armoni est le cicérone autorisé) est un des monuments les plus intéressants de l'Italie et un des plus remarquables spécimens de Parcliitecture gotbique en Italie (assises alternatives de pierre noire et blanche). Le premier architecte fut Lorenzo Maitaiii, de Sienne; la première pierre fut posée par Nicolas IV, en 1280. On y travailla oOO ans, de sorte que Pédifice actuel, avec ses sculptures, ses fresques, ses mosaïques, ses vitraux peints, est en quelque sorte un résumé des progrès de l'art moderiic. Dans ces travaux se succédèrent 55 architectes S 152 sculpteurs, 68 peintres, DO mosaïstes, et, avec les autres parties de Pornementation, en tout 586 artistes c|ui se consacrèrent à cette œuvre de dévotion persévérante.

La façade, une des plus belles et des plus'richement ornées de PItalie, nous semble bien supérieure, comme disposition eurythmique, à celle du Dôme de Sienne. Les tympans des trois pignons du haut de Pédifice et ceux des gables au-dessus des trois portes (richement sculptées elles-mêmes) sont décorés de mosaïques modernes sur fond d'or. Au centre est une Madone en marbre, entourée d'anges et abritée par un baldaquin en bronze. Les bases des 4 hauts piliers, qui marquent les divisions de la façade et que surmontent les ligures emblématiques des quatre Kvangélistes, sont couvertes de remarquables

' Orqagna fut nommé architecte de la cathédrale en juillet 1358, avec 25 florins d'or par mois. Après plusieurs séjours passagers à Orvieto, il tut destitué en 1560.

bas-reliefs (sujets tirés de l'Ancien et du Nouveau Testament) qu'on croit être de Jean et de Nicolas de Pise, d'Arnolfo di Lapo et de Fra Gucflielmo de Pisc. [Il faut particulièrement remarquer le Jugement dernier, l'Enfer, le Paradis, sujets traités avant l'apparition de la Divine Comédie, et admirables de verve, de fécondité et d'im ad nation.!

L'intérieur (restauré de nos jours) est à trois nefs. La voûte de la ne!" centrale est en charpente apparente (les poutres, en bois de Corse, sont modernes mais scrupuleusement modelées sur les anciennes). Une galerie court autour de la^ nef, au-dessus des arcades. Les fenêtres ogivales des collatéraux ont des verrières dans le haut et sont à demi bouchées dans le bas. Les niches des nefs latérales, débarrassées des autels de mauvais goût qui les encombraient, étaient jadis couvertes de fresques dont on a découveat des traces. On a fait récemniment, à la dernière niche à dr., un essai de décoration d'un goût plus que douteux. Les statues colossales en marbre blanc (elles doivent être enlevées) des 12 Apôtres placées devant les colonnes rétrécissent la nef (St Mathieu, 2^ statue à g., par Jean Bologne, achevée

par Francavilla; St Thomas, 4^ statue à dr., \mv Lppolito Scaha). La grande

fenêtre ogivale, à verrière de couleur,

du fond du chœur, forme une belle

perspective au fond de l'église.

A dr. de la porte d'entrée, statue de

St Sébastien, par Scaha; à g., St Roch. TiiANssia^T DR. — Capella nuova ou

chapelle de la Madonna di San Brizio :

à l'enlrée, Adam et Eve, statues^ par

Fabiano Toli et Raff, da Montelupo\

peintures delà voûte (8 compartiments),

par Fra Angelico (le l^-" comp. : J.-C.

entouré d'anges; et le ¥ comp. : les

Prophètes) et par L. Signorelli. — Les

belles fresques de Signorelli, œuvre

capitale et qui mérite, à elle seule,

qu'on fasse le voyage d'Orvieto, sont

les merveilles de cette chapelle. Ces

grandes tresqucs : la Fin du Monde

(au dessus et aux deux côtés de la ..„ ^^,

porte d'entrée), la Résurrection et l'En- ! lupo, et de kV.,"par ^rTo^J

ter fà dr.), l'Antéchrist et le Paradis | quaire, en ari^ent massif

ORVIETO. iROUïE 24]

gnorelli, alors âgé de 00 ans. [L'Enfer, si remarquable de dessin, d'expression et par la prodigieuse quantité d'études de nu, explique celui de la chapelle Sixtme qu'il précède de 40 ans: Michel- Ange l'avait étudié; Signorelli est son précurseur. Dans le Paradis, les Séraphms sont remarquables par leur heauté.

Dans la chute de l'Antéchrist, on voit le portrait de L. Signorelli, et derrière lui celui, dit-on, de Fra Angelico; ils sont vêtus de noir.] Cette chapelle offre un singulier mélange d'idées chrétiennes et de souvenirs païens; au-dessous de ses grandes compositions, Signorelli a peint en clair-obscur les portraits de Virgile, Ovide, Glaudien, Dante et des sujets mythologiques : Descente d'Enée aux Enfers; Persce et Andromède: Enlèvement de Proserpine; Ino et Mélicerte, etc. On leniarquera l'invention, la riche fantaisie des arabesques. — La Pietà, groupe en marbre de 4 figures colossales, est l'œuvre capitale de Scaha (1579); c'est peut-être la production la plus grande de l'école de Michel-Ange.

Autels latéraux du maître- autel, avec bas-reliefs en marbre sculpté : à dr., l'Adoration des Mages, par Simone Mosca, à g., la Yisi talion, par Moschino, fils de Mosca, âgé de 15 ans (1553), d'après les dessins de Sammic/ieli, de Vérone. — A dr. et à g. du maître-autel, deux statues en marbre, de Fr. Mochi, représentent l'Annonciation. [La figure de la V. a l'attitude et l'expression théâtrale; ses formes féminines ne sont pas assez religieusement discrètes] .

Chœur. — Peintures de la première moitié du xiv^ s., par le Pinturicchio (St Luc, St Marc, St Ambroise, St Grégoire), Ugolinodi Prête llario, Pietro di Puccio, etc. [Ces fresques ont bien pâli et quelque-unes sont presque effacées, surtout dans la partie inférieure.] Les peintures des vitraux sont d'Andréa Vanni (1521), de Franc, di Antonio daOrvieio (1575); etc. La marqueterie des stalles est de Giovanni di Jura delV Ammannato et autres artistes de Sienne du xiv^ s.

Transsept g. — Chapelle du San-

tissimo Corporale : à l'entrée, slatues

du Christ, par Uaffaello da Monte-

" ~ ■ Reli-

guaire, en argent massif (ouvert

(à g.) furent peintes en 149^, par Si- I public le jour de la Fête-Dieu)

[route 24j ORVIETO.

fermant le St-Corporal (relatif à la légende du miracle de Bolsena) ; il a la forme de la façade du Dôme ; les ligures, ornements et peintures en email, sont un travail précieux de l'orfèvre siennois Ugoliuo Vf cri (1558) : on y voit représefité en 12 tableaux le minicle de l'hostie saignante à la messe de Bolsena. — Sur l'autel à g., peinture de Lippo Memmi de Sienne. [Vierge, figure d'une grande placidité, d'une douceur inexj)rpssive; tèles d'anges assez gracieuses; en bas, figures en adoration : quelques portraits.]

Nef de g. — La V., fresque (détériorée) de (lOilile da Fohriano ; tonts haplis maux, dont la partie inférieure est de Giovanni da Sieva et la partie supérieure de Sano di Matteo (1407).

Vis-à-vis du Dôme (à g. en sorlani par la façade), Opéra del Duoxro renfermant le Musée municipal ou Museo Civico (entrée 50 c. ; s'adresser h la photographie Armoni).

Hez-de-chaussée. — Antiquités étrusques trouvées dans la grande nécropole près d'Orvieto et dans les tombeaux archaïque- du « Crocclisso del Tufo » ; reproduction d'un de ces tombeaux; terres cuites ; armes en pierres et en bronze de réjK)quc archaïque (du vm*' au vi^ s. av. J.-C.i, etc.

l**" ÉTAGE. — Dessins originaux de la façade du Dôme et autres objets relatifs à cette église et à son histoire, peintures du xiv^s. par Simon Metnmi (Madeleine) et JAica Signorelli (plaque en terre cuite peinte sur les deux tacrs) ; précieux reliquaire émaillé de St Jean, par Ugolino \ leri et Viva de Sienne) sculptures, terres cuites, mosaïques; antiphonaire du xiv» s. et livres choraux avec miniatures ; tiare pontificale de la Renaissance, d'une richesse incomparable et pouvant être considérée comme une des œuvres les plus belles de la broderie artistique du xvir s. ; chasuble, dalmatiques, du concile de Trente; boiseries sculptées, marqueteries, etc.

Au fond de la place, à l'E. du Dôme (à g. en sortant), Êvêché, séparant le Dôme de l'ancien palais des Papes (Palazzo dei Papi ou Pontificio), édifice d'un aspect sévère et

ITALIE DU CENTB

grandiose, bâti, croit-on, par Angiolo da OrvidOy vers la lin du xm^ s. et malheureusement inachevé (il doit être restauré et transformé en musée).

Sur la place du Dôme (à dr. de la façade), palais du comte Faina (belle collection de médailles, d'objets antiques, d'armes et d'ustensiles des âges de la pierre et du bronze, etc.).

A 2 min. à l'E. du Dôme, dans la rue Pustierla, ancien couvent de San Bernardino (façade par San Gallo).

Kn revenant sur le Corso et en tournant à g. (direction du S.-O.), entre la rue del Duomo et la rue délia Greca, on passe devant le théâtre Communal (fresques de Fracassini), puis on atteint bientôt la place Vittorio Emanuele, o\x s'élève le palais Communal y bâti, vers la moitié du xvi^ s. , par Scaha (quelques peintures et quelques antiquités : urnes cinéraires et sépulcrales).

A g. de la place Yittorio Emanuele, à côté du palais Communal, la rue Garihaldi descend à \ii porta Romana, en passant à côté d'un vieux bastion et par une petite esplanade, d'où l'on domine la vallée au S.-O. d'Orvieto (belle vue sur les alentours).

De la place Vittorio Emanuele, on suit, vers l'O., la rue del Cordone et la rue Malabranca, qui conduisent à l'intéressante petite église de San Giovenale, située à l'extrémité 0. de la ville, près du couvent de Sauf Agostino (transformé en caserne).

San Giovenale est une église dont la consli^uction remonte au xi^ s.

L'intérieur a été défiguré par des modifications grossières et qu'il ne serait pas difficile de faire disparaître. — Chœur du style ogival primitif. — Maître-autel dé 1170. — Restes de fresques datant de 1512 et de 1599.

Revenant au corso Cavour, on passe devant la Poste et l'on prend à g. la petite rue délia Greca, qui conduit à h place del Popolo, où s'élève le beau palais du Capitano del Popolo (fa-

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