ROME : — SITUATION, ASPECT GÉNÉRAL. [R
L'Aveniîn (PI. E, 7 ; 47 met. d'al-
tit. ; au S.-O. du Palatin) doit son nom
au roi albain Aventinus, qui y fut enterré. C'est la plus basse et aujourd'hui la plus déserte des collmes de
Rome; elle était d'abord couverte de
bois. Bien qu'elle fut entourée d'un
mur d'enceinte dès le temps des Rois,
elle n'entra que sous Claude dans
Tenceinte sacrée du Pomœrium romain. Elle devint le siège de la cité
plebeiemie^^^ Ce/io (PI. F, G, 6 ; 51
met. d'altit.; au S.-E. du Palatm),
fut appelé d'abord Querquetulanus
à cause des bois de chênes qui le
couvraient. De nos jours on y a élevé
un des nouveaux quartiers de Rome
italienne.
i;E8quii;o(Pl. G, II, 4, 5;G5met.
d'altit.; à l'E. du Palatin), entre le Cotisée et Sainle-Marie-Majeure, était un
lieu de sépultures qu'Auguste donna
à Mécène pour y construire une vdla
et des jardirts. — H touche, vers le
N , au Viminal.
'Le Viminal (PL F, G, 5, 4; 52
met. d'altit.), dont le nom vient des
saules {vimina)y qui le couvraient,
est situé entre le Quirinal et l'Esqui-
lin, se confondant avec eux. Il a été
en partie aplani, ainsi que l'Esquibn,
pour le percement des nouvelles rues
qui environnent la gare. .
Le Quirinal (du temple de (Juiri-
nus • PL E, F, 3, 4; 55 met. d'altit.; au k-0. du \iminal) est appelé aussi Monte Cavallo, à cause des chevaux de marbre qui ornent la place. Jusqu'à Trajan, le Qmrinal tenait au Capitole par une colline intermédiaire que cet empereur supprima pour établir son Forum et dont la colonne Trajane indique (l'inscription qu'elle porte en fait foi) la plus arande hauteur (V. p. 575). H est séparé du Pincio par une vallée dont le fond est occupé par la place Bar-
Le Janîcule, de Janus (PL B, 4^ 5; 90 met, d'altiL)^ dont le nom mo-
derne de Montorio (Monte d'Oro) provient de la couleur de ses sables, est la plus haute de Rome ; elle s'étend sur la rive dr. du Tibre et est circonscrite par les murailles de la ville (magnifique vue). C'est de ce côté qu'eut lieu l'attaque de Rome en 1849. — Au N. du Janicule est le Vatican (80 met.), OÙ est située la basilique de Saint-Pierre.
D'autres petites éminences, telles que le Monte Teslaccio, le Monte Citorïo, etc., sont des amas de gravois et de débris. Le Monte Testaccio, qui, dit-on, ne date que du ut s. de notre ère, est un monceau de fragments de poteries (testa, tesson).
Les murs d'enceinte de Rome, jusqu'à l'époque d'Aurélien, n'étaient autres que ceux de Servius TuUius, faits de pierres carrées sans ciment.
Mais les faubourgs s'étant beaucoup étendus en dehors, Aurélien les entoura également d*une nouvelle enceinte. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui le Recinio Aureliano. Probus la termina vers 276. A la fin du vu* s., le même circuit subsistait encore.
En 852, Léon IV enferma dans la ville le Vatican et ses faubourgs, qui s'appelèrent la cité Léonine. — Les murs actuels, moins étendus que l'enceinte d'Aurélien, forment une ligne brisée de 25 kiL env., percée de 12 portes ouvertes et de 6 portes murées.
Entre les Portes Nomentana (fermée) et San Lorenzo (ancienne Tiburtine), à l'E. de la ville, une saillie des murs en forme de carré représente l'enceinte du Castro pretorio (camp des prétoriens), enclavé par Honorius, et qui, sous le nom de MacaOj sert aussi de nos jours de caserne de cavalerie et d'artillerie.
La ville moderne, divisée en 14 rmii (regiones), s'est rapprochée du Tibre et n'occupe que le tiers de Lenceinte antique. Les parties les plus habitées aujourd'hui âont Tan-
[route 38] LES COLLINES. — POPULATION.
clen C/iamp de Mars, espace compris entre le Pincio, le Quiriiial, le Yiminal, le mont Capitolin et le Tibre. Ce champ, qui appartenait aux Tarquins et qui fut, après leur expulsion, consacré par le peuple au dieu Mars, servait aux exercices gymnastiques, aux évolutions militaires, aux assemblées publiques. Les nouveaux quartiers commencent aux abords de la gare et sont construits sur le Quirinal, le Yiminal et l'Esquilin, aplanis en partie par des terrassements ; dans ces dernières années ils se sont considérablement étendus vers le Pincio et la Porte Salaria, et en dehors de l'ancienne enceinte (quartiers de Porta Pia et Porta Salaria). On ne trouve sur les autres monts que de rares .habitations, des jardins et des vignes. — Au delà du Tibre, l'étendue de la ville est moins considérable. On Y a presque achevé le nouveau quartier des Prati di Castello (au N. et à l'E. du Château Saint- Ange). Peu nombreuse aussi est la population (57000 hab. en 1891) occupant la base du Janicule et l'espace compris entre le Château St-Ange et le Vatican; c'est là le fameux quartier du Trastevere (Transtevère : au delà du Tibre), dans lequel on a voulu retrouver les descendants, non mélangés, des anciens Romains. ' Les rues sont généralement étroites, à l'exception des rues des quartiers neufs, qui sont grandes, régulières et ornées d'édifices, malheureusement presque toujours inférieurs, comme architecture, a ceux que l'on peut voir dans tout autre (juartier moderne d'une ville d'Allemagne, de France ou d'Italie.
Vue de Rome. — Les points les plus favorables pour embrasser d'un seul regard une grande partie de la ville de Rome sont : la tour du Capitole (on y monte facilement); — le mont Jfl?n"cM/e, soit devant l'église de San Pietro in Montorio, soit do la ter-
rasse dominée par la fontaine Pauline, soit surtout de la terrasse du couvent de Sant'Onofrio; — la coupole de St-Pierre; — le Château St-Ange; — la promenade publique du Pincio; — le belvédère de l'Académie de France ou le haut de Fescalier de la Trinité de' Monti ; — l'Observatoire du Collège Romain; — les terrasses du Palatin ; — le couvent de Ste-Sabine, sur l'Aventin.
Si de quelque point élevé de la ville lés regards se portent vers la chaîne de l'Apennin qui borde l'horizon au N. et à l'E., ils seront attirés, au N.. par la crête éloignée du Mont Soratie ; à TE., par les Monts Sabins, que domine le sommet du Gennaro [Lucretilis d'Horace) ; puis, en suivant vers la droite, on distinguera, au centre des montagnes de la chaîne de la Sabine, Tivoli, sur le versant de la colline qui domine la plaine ; et plus loin, sur un dernier versant, Palestrina. Au pied de Palestrina s'étend une vallée qui sépare cette chaîne subapennine des Monts Sabins du groupe volcanique des Monts Albains, situés vers le S. de Rome, et dont le point le plus élevé est le Monte Cavo (949 met.).
Population.
La population de Rome était en 1891 de 459 000 hab. (dont 43 000 dans la banlieue et 16 000 dans la Campaqna ou acjro romano) . En 1 81 3, elle était de 118 000; en 1862, de 197 078. Beaucoup plus considérable dans l'antiquité, elle s'élevait (dit-on) sous Auguste, l'an de Rome 725, à 1 336 680 hab. Pendant le moyen âge, lors du séjour des papes à Avignon, la population, suivant quelques historiens, descendit à 17 000 individus. Sous Léon X, elle s'était déjà relevée jusqu'à 60 000 hab.; niais après le sac de Rome par les troupes du connétable de Bourbon elle descendit à 35 000. — La popie-