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ARCHITECTURE

pire jusqu'au xv^ s., l'histoire de l'architecture romaine est celle de la dévastation des monuments. Le zèle iconoclaste des chrétiens fut une première cause de destruction. Vinrent ensuite les barbares.

Au commencement du v«s.. Rome est obligée de payera Alaric, pour sa rançon, 5000 livres d'or, 30000 livres d'argent. Le trésor épuisé, on impose les particuliers, on dépouille les temples, on fond les statues. — Lors de l'invasion des Vandales, les églises, qu'Alaric avait épargnées, sont dépouillées de leurs richesses; le palais impérial, sur le Palatin, et le temple de Jupiter Capitolin, sont pillés. Lors de la défense de Rome par Bélisaire (557), le tombeau d'Adrien sert de fort, et les statues sont lancées sur les assaillants.

En 605, Constant II enleva les bronzes de Rome et la couverture de métal de la coupole du Panthéon.

Les guerres civiles, celles des papes contre les souverains étrangers, amenèrent la destruction d'un grand nombre de monuments antiques, et Robert Guiscard, appelé par Grégoire Vil au secours de la papauté, détruisit les édifices du Champ de Mars, livra aux flammes l'espace entre le Latran et le Forum, et fit éprouver à Rome une des dévastations les plus désastreuses qu'elle ait subies.

Les destructions continuèrent pendant les siècles suivants et, quand Martin V fut élu (1418), le Mont Capitolin était couvert de vignes, le Forum de jardins potagers : les obélisques égyptiens étaient renversés, brisés, enfouis, à l'exception d'un seul ; et des nombreuses statues qui ornaient jadis les rues et les places publiques, il n'en restait plus que cinq de marbre et une de bronze doré.

Rome ne participa presque point au mouvement intellectuel que le régime de la liberté fit naître dans les républiques italiennes du moyen âge, ni à cette renaissance de l'art qui, du xiP au xiv^ s., fait la gloire de la Toscane. Le style gothique, qui produisait les admirables cathédrales du nord de l'Europe, n'eut que peu d'inlluence sur l'architecture romaine ; mais, si les artistes faisaient encore défaut, du moins la fureur des démolitions avait cessé. Eugène IV (1451) fut le premier qui entreprit quelques restaurations. Nicolas V (1447) commença la construction du Vatican, et prit conseil de Leone Bat lista AlberlU

ROME

un des législateurs de l'art moderne. Pendant cette première période de la Renaissance, l'architecture, exercée à Piome par des maîtres toscans, conserva le caractère de son origine (palais de Venise, par GiiUlano da Majano).

Baccio Pintelli (1475), Florentin, construisit à Rome un grand nombre de monuments. Giidiano da San Gallo appartient à la même école. Une brillante période de la nouvelle Piome s'ouvrit avec le règne d'Alexandre YI ; mais ce fut surtout sous Jules II et Léon X que commencèrent les grandes constructions.

Mallieureusement, pour les exécuter, on porta le dernier coup aux monuments antiques, d'où les bronzes, les pierres, les colonnes de marbre furent enlevés, comme d'une carrière, pour fournir des matériaux aux nouveaux édifices. En même temps Raphaël et CastigUone traçaient le plan d'un déblayement régulier de l'ancienne cité.

' En 1500, Bramante [Bramante Lazzari\ né près d'Urbino) arrive à Rome.

Il avait 56 ans, mais, sans s'arrêter à ses premières doctrines (F. tome P% Milan), il se mit à étudier les restes merveilleux de l'art antique et se fit un style toutnouveau. Raccio Pintelli lui avait préparé la voie; Bramante agrandit sa manière; il est plus châtié, plus classique, mais non plus fin ni plus délicat dans les détails. C'est avec lui que commence à Rome la période de l'architecture particulière à cette ville, de ce style pur, de cette ordonnance simple, régulière, étrangère à tout ornement fantastique, se rattachant par son ensemble aux traditions de l'architecture romaine du temps de l'empire, et qui est restée comme l'expression la plus élevée de cette partie de l'art moderne. Bramante eut pour continuateur de ses doctrines deux grands architectes : Baldassare Peruzzi et Antonio da San Gallo.

Baldassare Peruzzi (1481-1537; T.

palais Massimi), de Sienne, fut peut-être pour l'architecture ce que Raphaël fut pour la peinture. — Antonio da San Gallo (f 1546), Florentin et frère de Giuliano, se recommande par la force et la fermeté (F. palais Farnèse).

Pendant un siècle entier, et jusqu'au milieu du xvi% l'architecture parcourut à Rome son époque brillante et qu'on pourrait appeler classique. Après cette époque elle conserve encore pendant un

demi-siècle une grande physionomie, mais déjà le goût est en décadence; quelques beaux génies cependant brillent encore à celte époque : Michel-Ange Huonarroti, Vignole.Ammannati^ Palladio, Pirro Ligorio, Giacomo délia Porta. Mais, si Michel- Ange produit quelques beaux ouvrages, il n'en est pas moins le premier à entrer dans ces sentiers malheureux qui, sous la funeste dictature intellectuelle qu'il exerça, devaient conduire l'art à sa perte. — Vignole et Palladio ont très peu produit à Rome. — Giacomo délia Porta s'est plutôt fait remarquer par le grandiose de ses compositions que par la grâce de leurs détails.

Vers la fin du xvi^ s., Sixte V donna à la ville une face nouvelle; il releva plusieurs obélisques, déblaya la colonne Trajane et rétablit celle d'Antonin. Il redressa plusieurs rues et construisit des aqueducs. Mais il détruisit des monuments précieux, pour élever ou restaurer des édifices conçus dans \q goût maniéré de son temps.

Avec le xvii'^ s. s'ouvre l'époque de décadence de l'art italien. Cette époque produisit cependant encore des hommes remarquables, mais elle est caractérisée par la surcharge et la licence des détails, par un style tourmenté et de mauvais goût qui n'exclut pourtant pas une certaine grandeur dans l'ordonnance.

C'est à cette période qu'appartiennent Carlo Maderna, Bernini^ Borromini, etc. Ce fut alors qu'Urbain VIII (Barberini) dépouilla le Panthéon de ses ornements, ce qui donna lieu au jeu de mots célèlu-e : Quod non fecerunt Barbari, fecerunt Barber ini.

Les Français, au commencement du siècle., enlevèrent de Rome une grande quantité d'objets d'art, mais, en revanche, ils firent plus que personne pour déblayer et conserver les antiquités (1810, déblayement du forum de Trajan, du Cotisée, du temple de la Paix, du temple de Vénus et Rome, ainsi que des autres édifices du Forum, de la colonne de Phocas, etc.). Pie VII consacra des sommes considérables au déblayement et à la conservation des monuments antiques, à l'enrichissement des musées.

C'est à la fin de son règne, en 1823, qu'eut lieu l'incendie de la basilique de Saint-Paul hors les murs, le dernier sinistre que Rome ait eu à déplorer.

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