ROUTE 38] THERMES DE CARACALLA
L'emplacement occupé par ces llicrines est un carré de 537 met. de coté. La f:içade principale, rcgunlant le ÎN.-E. et parallèle à la rue actuelle de Porta San Sebastiano, olTrait un lon.i? portique, derrière lequel s'alianait une série de petites chambres. Au milieu du portique, presque en l'ace de l'église des S. S. Nereo et Achilleo, était l'entrée qui donnait accès dans le vaste espace circonscrit par l'enceinte extérieure du carré et contenant dans sa partie N.-E.. parallèlement an portique, l'édifice des thermes proprement dits, en forme de rectangle, long de 2*21 met. et large de 144 met. 55. Ce rectangle contenait à ses extrémités deux palestres parallèles à ses petits cotés et entourées de portiques, le reste de l'é iilice ét.iit occupé par les salles destinées aux bains.
En venant par la via Antonina, on passe par le portique d'enceinte du N- 0., près de l'angle qu'il formait avec celui du >\-E., on traverse obliquement lii grande cour et, pénétrant par le côté N.-O. dans le bâtiment des thermes, on se trouve dans la palestre correspondante. Au milieu d'un de ses côtés, s'élevait une exèdre semi-circulaire d'où l'on pouvait voir les exercices.
De la palestre on passe dans la grande salle centrale, le Tepidarimn (bain tiède), avec une chamlire aux quatre angles, et coimuuniquimt, au IS.-E., avec une autre salle, encore plus vaste, le Frigidariuni {^m\\\ froid). C'est probablement la salle dont S[)artien vante la décoration et la voûte magtïifiques.
On l'appelait, dit-il, la Cella solearis. parce que la voûte présentait un réseau de barres de bronze, entrelacées comme les courroies des sandales. Cette voûte retombait sur huit énormes colonnes de granit oriental, dont une fut, au xvi^ s., transportée à Florence par Cosme de Médicis et s'élève maintenant sur la place Santa Trinità (F. Florence).
En revenant de la Cella solearis au Tepidarium, on t(mrne à g pour aller visiter la palestre du S.-E , en tout semblable à celle du N.-O. Les pavements sont ornés de très belles mosaïques; mais les deux plus précieuses, représentant dis athlètes, ont été transportées au Musée de Latran. — En revenant dans le Tepidarium, ou voit une autre salle circulaire correspondant au côté S.-O. de l'édifice thermal ; c'est le
Calidarhim (bain chaud), où l'on peut observer les calorifères passant dans les murs.
La partie de la cour, placée entre la salle ronde et le côté S.-O. de l'encointe, était disposée en forme de théâtre; sur les flancs de la colline en face étaient des gradins pour assister aux spectacles. Enfin, derrière le portique et les chambres d'enceinte, est la piscine où l'eau entrait par neuf ouvertures qu'on voit encore.
Dans l'édifice extérieur, se trouvent différentes salles consacrées aux exercices de gymnastique, des réservoirs pour les eaux, etc. — Les fouilles de 4879 ont fait découvrir, à la surpri.-e nniver- ^elle, que tout ce colossal ensemble de constructions s'appuie sur un systèuje de chambres et de couloirs souterrains, qui lui servent de fondcmeiU. C'e>t, sans doute, dans le but d'asseoir ces thermes modèles sur une surface bien nivelée et afin de leur assurer une distribution aussi prompte que régulière des eaux que furent exécutées ces gigantesques subs truc tiens.
A quelques minutes N. des Thermes sur le bord de l'Aventin est l'église de Santa Balbina (p. 420), d'où l'on jouit d'une belle vue.
En quittant les Thermes de Caracalla on va visiter, par la rue de Porta Lalina, l'antiqui; église de San Giovanni a Porta Latina(p. 426), et, près de là, dans la vigna Sassi, le columbarium des (( Liberli )) d'Octavie (un des mieux conservés, avec plus de 900 urnes cinéraires). — Au commencement de la rue de Porta San Sebastiano, qui se détache à dr. de la rue de Porta Latina est l'église de San Cesareo (p. 421], dominée à dr.
par une hauteur sur laquelle s'élevait ii'. Temple de Mars, d'd extra-mur eum parce qu'il se trouvait hors de l'enceinte de la ville antique. Nous sommes ici au commencement de l'antique Voie Appia (F. p. 507). — En se dirigeant toujours vers la Porte San Sebastiano, au n° 13, on voitàg.
l'entrée d'un verger avec l'inscription ((Sepulchra Scipionum »,
ROME
DESCRIPTION PAR QUARTIERS. [R. 38j
Le Tombeau des Scipîons (PL G,
8) fut découvert sous les décorahres, en 1780. Il ne reste que le souterrain creusé dans le tuf; l'édifice qui existait au-dessus a disparu. On voit encore les bases des colonnes qui décoraient la façade. Pour les objets qu'on y a trouvés, F. le musée du Vatican (Pio-Clementino).
Le plus grand des Scipions, TAfricain, n'est pas dans cette sépulture de famille. On sait qu'il fut enterré à Liternum. Sa statue fut placée dans le tombeau de sa famille à Rome. Les os des Scipions.
recueillis par le sénateur vénitien An?elo Quirini, furent disposés dans un modest»» tombeau construit exprès, à sa villa d'Âltichicro, près de Padouc.
A côté du tombeau des Scipions, sont les trois Columbaria, découverts en 1850 dans la Vigna Codini (via San Sebastiano, 14).
Ils contiennent principalement les urnes de personnes al lacbées à la famille des Césars. Un escalier raide descend à une chambre carrée, avec un pilier au milieu, soutenant la voûte. Ce pilier n'existe pas dans un des columbaria. Les murs étaient couverts de fresques et d'arabesques. Dans chaque niche dis-
posée autour du caveau, sont deux urnes [ollœ cinerariœ) contenant les cendres des morts dont les noms sont inscrits sur des tablettes au-dessus.
Un de ces columbaria est faussenient désigné sous le nom de Columbarium des affranchis de Pompée. Dans le troisième columbarium, les inscriptions semblent être du temps de Tibère. Une urne contient les cendres d'un chien favori (delicium, dit l'inscription) de sa maîtresse, SynorisGlauconia. De sombres couloirs autour de la salle servaient de sépulture aux esclaves.
Avant d'arriver à la Porte San Scbasliano, on voit les débris de VArc de Dru sus [Germaniciis], élevé en souvenir de sa victoire sur les Germains Tan de Rome 745. Près de ces restes, la Porte San Sebastiano (Appïa), construite par Aurélien, remplaça la Porte Capena^ où commençait la Voie Appienne, et dont remplacement, actuellement dans l'intérieur de la ville, est marqué sur un mur par les lettres P. C, à moitié chemin entre les Thermes de Caracalla et la rue San Gregorio (V, voie Appienne, p. 507). — C'est par cette porte que l'on va à la basilique de St-Sébastien (p. 508).
VI. — Quartier entre le Corso Vittorîo Emanuele^le Palatin et le Tibre.