‹ ItalieChapitre 300 sur 587 · ROUTE 38J BASILIQUE DE SAINT-PIERRE · texte numérisé non relu

ROUTE 38J BASILIQUE DE SAINT-PIERRE

lonnes en granit rouge, un grand basroi ief représente St Léon détournant Attila des murs de Rome, \mv TAlgarde.

Devant cet autel, sur le pavé, piernî sépulcrale de Léon XII. — Autel suivant {4 belles colonnes, dont 2 en granit noir) : image vénérée de la Vierge dcila Colonna. Sous l'autel, sarcophage renfermant les restes de Léon II, de Léon III, et de Léon IV.

En avançant vers le transsept, à dr., sur une porte htérale de l'église, tombeau d'Alexandre VU Cbigi, le dernier ouvrage (et le plus mauvais peut-être) du Bernin. — Vis-à-vis, sur le revers du gros pilier (au-dessus de l'autel), j)einture à Thuile sur ardoise, par Fr. Vanni : Chute de Simon le magicien.

En tournant l'angle du même gros pilier, dnns une niche, sur le côlé de ce jiilierqui soutient une des quatre grandes arcades de la coupole, statue de Ste Julienne Falconieri, par Canipi

Transsept de g^auche. — Dessiné \mL Michel- Ange. — Conlessionnaux pour les pénitents de dilférentes nationalités. — Au fond, trois autels, avec les copies en mosaïque suivantes: — à dr., l'Incrédulité de St Thomas, par Camuccini ; &utel du milieu, le Crucifiement 'de St IMerre, du Guide; à g., le St François du Dominiquin, dont l'original est à l'église des Capucins. — Devant l'autel du milieu, ])ierre tombale de Palestrina (1520- 1594), le compositeur illustre.

Passant du transsept du sud sous l'arcade et derrière un des grands piliers de la coupole, à g., adossée à ce pilier : mosaïque d'Ananias et Sapbira, d'après le tableau de Uoncalli (le Pomarancio), qui est à Santa Maria degli Angcli. — Yisà-vis, porte menant à la sacristie (T.

ci-dessous).

Chapelle Clémentine. — Clément YIII la lit construire semblable à la chapelle Grégorienne située vis-à-vis, de l'autre coté de la nef. Sur l'autel, à dr., est une copie en mosaïque du miracle de St Grégoire, d'après le tableau à' Andréa Sacchi .Pinacothèque du Vatican). — Puis, sur le mur en retour, tombeau de Pie Yll, ouvrage de Thorwaldsen.

Nef latérale de gauche. — De Tau- Ire côté du tombeau de Pie YIT, sur l'autel adossé au grand pilier de la LTande coupole, copie en mosaïque de la Transfiguration de Raphaël.

Sous l'arcade, vis-à-vis cet autel, deux

tombeaux : celui de Léon XI, qui fut pape 27 jours (le bas-relief représente l'Abjuration de Henri lY, par VAlgarde) et celui d'Innocent X.I, par le sculpteur français Monot.

En avançant, on trouve les chapelles suivantes, ajoutées par Paul Y.

1° Chapelle du Chœur des Chanoin'ks.

— Fermée par une grille de fer ornée de bronze doré. L'ornementation en mosaïques et en stucs a été dessinée par Giac. délia Porta; sur l'autel, niosaïque d'après le tableau de l'Immaculée- Conception de P. Blanchi (Santa Maria degli Angeli). Les cbanoines du chapitre s'y réunissent tous les jours : la maîtrise y exécute des chants et des airs de niusique sur l'orgue (ordinairement l'aprèsmidi; la grille reste alors ouverte).

En sortant de cette chapelle, sous l'arcade, simple et élégant tombeau d'Innocent YllI, en bronze, par Ant.

Pollajolo. — En regard, au-dessus d'une porte, tombeau temporaire du dernier pape décédé.

2° Chapelle de la Présentation. — Sur l'autel, Présentation de la Y., mosaïque, d'après le tableau de Fr, Romaneili (Santa Maria degli Angeli). — Mosaïques de la coupole d'après des peintures de C. Maratta.

Sous l'arcade qui suit et au-dessus de la porte p^ir laquelle on monte à la coupole, tombeau de Clém. Sobieski-Stuart, veuve de Jacques lll, morte à Rome en 1735, par P. Bracci, dessin de Barigioni. — Yis-à-vis, tombeau de Jacques lll, roi d'Angleterre, et de ses deux fils, ouvrage de CaJiova (1819). Les deux Génies étaient nus dans le principe. On leur a mis une tuniqLie en bronze, peinte en blanc.

5*» Chapelle des Fonts Baptismaux. — Les fonts baptismaux sont formés d'une urne en porphyre longue de 5 met. 76 et large de 1 met. 88 qui servait de couvercle au sarcophage de l'empereur Olhon II, mort a Rome en 974. Les figures et les ornements ont été dessinés par C. Fontana (1698). — Trois copies en mosaïque d'après les peintures suivantes : (au milieu) C Maratta, Baptême de J.-C; (à g.) /. Passeri, St Pierre dans la prison Mamertine ; (à dr.) A. Procaccini, St Pierre baptisant le centurion Cornélius.

Sacristie (l'entrée est dans le transsept de g.; visible le matin, de 9 à 11 h. et l'après-midi, de 2 à 5). Elle se

ROME : — BASILIQUES

[route 38]

compose d'un vestibule et de trois chapelles. Dans le yestibule, statues des SS. Pierre et Paul, par Mhio da Fiesole (1460). En l'ace, statue de St André. — Sur les murs des galeries conduisant aux différentes pièces de la sacristie, inscriptions antiques (celle des frères Arvales^, monument curieux, est de l'an 218 après J.-C, mais elle a été copiée sur un monument plus anticjue).

— La sacristie est divisée en plusieurs salles : au milieu, sacristie commune^ octogone (8 colonnes antiques de marbre gris); — à i»., sacristie des Chanoines (sagreslia dei Canonici) : sur l'autel, tableau du Fattore, la Y. l'Enf. J., Ste Anne, St Pierre et StPaul et, en face, célèbre tableau de Jules homoin-.

la V., l'Enf. J., et St Jean; trois panneaux, peints à la détrempe par Giotto.

— On entre de là dans la salle du Chapitre (stanza Gapitolare), avec des fresques de Melozzo da Forli (1472; quelques têtes d'anges sont d'une grande beauté). — A dr., sacristie des Bénéficiers (dei Bene(iciali) :sur l'aulel, tableau de Muziano : J.-C. donnant les clefs à St Pierre; beau tabernacle {ciboriufu) par Donatello.

Souterrain de la basilique. — (Pour visiter les Grotte veccliie, il faut une permission du pnpc; pour les Grotte nuove. s'adresser à la sacristie; 50 c. au sacristain. Pour les dames il faut une permission spéciale du pape On descend par un escalier s'ouvrant près de la statue de Ste Véronique, dans un des 4 grands piliers de la coupole.) — Ce souterrain consiste en un espace haut de 3 met. 57 entre le nouveau pavé et celui de l'ancienne basilique conservé. Il se divise en Grotte vccchie et Grotte nuove. Cellesci correspondent à peu près au circuit intérieur de la coupole : quatre petites chapelles y correspondent aux 'quatre piliers de la coupole, et leurs autels sont ornés de tableaux en mosaïque, d'après And. Sacchi. Les Grotte vecchie sont la partie inférieure de l'ancienne basilique divisée en trois nefs.

Au fond du corridor circnlan-e des Grotte nuove, sarcophage de Junins Bassus, préfet de Rome (-{-595), spécimen

* Les frères Arvales (collèo:e de 42 prêtres qui remonte aux premieis temps de Rome, V. p. 542) promenaient, au printemps, une truie pleine, pour obtenir des dieux une influence favorable aux tliamps.

remarquable de la sculpture de cette époque. — En avant de ce tombeau et au-dessous du maître-autel. Confession de St Pierre, en lorme de croix latine, où est le tombeau de St i*ierre (son corps y aurait été déposé au iv^ s.).

Outre quatie petites chapelles correspondant aux grands piliers de l'église supéi'ieure il y a sur un côté du corridor circulaire la chapelle dei Salvatorino.

Presque en face de celle-ci, est la chapelle de Sla Maria in Portico, et à côté de celle-ci, celle de Sta Maria délie Partorienti. On y voit des mosaïques du vHi^ et du x^s. On voit aussi dans le corridor des inscriptions et des fragments de sculpture provenant des tombeaux de Calixle 111 et de INicolas V. — Nef laté- RAi.E biK. : en avançant dans les Grv)tte vecchie, en se dirigeant vers la place St Pierre, on trouve à dr trois tombeaux des derniers Stuarts morts à Rome ; à l'extrémité de cette galerie souterraine, trois tombeaux dont celui d'Alexandre VI, vide. — Nef latép.alk g. : parmi les tombeaux remarquables, dont nous donnons la liste sui" le plan ci-joint, nous citerons ceux de Boniface YIII, par Arnolfo di Lapo. de Paul II, par Mino da Fiesole. l'armi tous ces tombeaux de pontifes, on remarquera dans un réduit, avant de rentrer dans la galeriecirculaire, celui d'Agnese Colonna Gaetana, femme d'un gouverneur de la cité Léonine.

Ascension de la coupole (demander la permission au directeur de la fabrique de St-I*ierre; l'ascension a lieu, le jeudi matin, de 8 h. à 11 h.). — La porte qui y conduit est à g., au-dessous du toml3eau des Stuarts par Canova. On parvient sur la plate-forme par un escalier en limaçon de 142 degrés, d'une pente très douce. Au-dessus delà vaste plateforme s'élèvent les divers dômes ; mais on est dominé surtout par la masse imposante de la coupole, qui s'élève audessus de vous. Arrivé au premier entablement on en fait le tour (123 met.

43 de circonférence). On monte ensuite au second entablement ; puis on commence à s'avancer entre les deux calottes de la coupole, jusqu'à ce que l'on parvienne à la balustrade extéiieure qui fait le lour de la lanterne. De là, la vue du spectateur plane sur toute la Campagne romaine jusqu'à la mer. Continuant toujours à monter, on parvient à une petite galerie circulaire, au-dessous du piédes-

[ROUTE 38] basiliqup: de saint-pierre.

tal de la boule. Là, par une échelle perpendiculaire, on arrive à la boule en bronze, qui a 2 met. 45 de diamètre, et qui peut contenir jusqu'à 16 personnes.

Au dehors de la boule est une échelle en Ter par laquelle on peut monter jusqu'à la croix

hauteur totale, de-

puis le pave de l'église, 130 met. 28). Extérieur. — Après avoir examine en détail toute la basilique, il faut encore en faire le tour (on est d'ailleurs forcé de le faire pour se rendre aux collections d'antiques du Vatican , V.

p. 450), pour en admirer la vaste et

SOUTEKRAIN DK LA BASILIQUE DK SALNT-rMERRF»

CKapclle de S .Véronique ,

Toinheaw de Jimius bossus.

Tomieaio

CKapéEe de • S*? Hélène .

^canjô -Pierre .

Jif<7nj£m£Ji6 deJïey/.

fOsseTTieids érmivé^i dansïa, Chiesa veccMaL.

'dAffriese CoZonrui' Chapelle de Srliongin.

"'diL CandinaZ£rolù d 'Inrwceni.JX

de Marcel II dL'Jnnocervt TII d'VrdaiiLn deMoolcLsin .de-JuIesHI dsPaulU d'AdpiewIV deJVicoZtLs V

ToTnBeazcJ d!/îlejcandreTT

deJBoTvifaceWr ^xToTTvbeazuc de JïeJl eu Jïe Ht

belle construction en travertin, d'un ton de couleur doré. C'est un des aspects grandioses de son architecture.

La basilique est couronnée de dix coupoles, outre celle de Michel-Ange. (Les deux coupoles de Viqnole ne servent qu'à accompagner la grande coupole et n'ont point de communication avec l 'intérieure)

Saint-Jean de Latran.

La basilique de San Giovann i in Laterano, la cathédrale de Rome (à M-Pierre, le pape est souverain pontife ; à St-Jean de Latmn il est évéque de Rome) , fut consacrée à St-Jean en 1164.. •— La ba^iliquis

ROME : — BASILIQUES

primilive, fondée par Constaiilin , subsista près de mille nns, a l'aide de restaurations successives. Deux fois elle fut détruite par l'incendie (1508, 1361). Pie IV fit élever, sur le côté N., les deux clochers qui existent encore; Sixte Y fit ajouter par Dom.

Fontana le double portique sur la façade du N., construite par Pie IV; Clément VllI chargea Giac, délia Porta de reconstruire toute la nef transversale. Sous Innocent X, h la suite d'un concours, Borromini consolida et renouvela his nefs. Clément XII fit construire la façade principale par Alessandro Galilei, et, de nos jours, Léon XIII a fait compléter la façade sur la place de San Giovanni Laterano ; c'est aussi par son ordre que l'architecte Vespignani a restauré complètement l'abside et qu'on a entrepris la restauration du cloître.

La façade principale (sur la place de Porta San Giovanni), à 4; colonnes et 6 pilastres, bâtie en travertin, est d'un effet imposant, mais d'un style théâtral.

Cinq portes donnent accès dans la basilique. La grande porte du milieu, transportée ici par Alexandre VII, a des panneaux en bronze provenant de l'égUse Sant' Adriano, et l'on croit qu ils ont apj,artenu dans l'crigine à la basilique iEmilia, au Forum. — La porte murée (1'^' à dr.) est nommée sainte, parce que, à l'instar de celle de Saint-Pierre, elle ne s'ouvre que les années du Jubilé. — Audessus de la porte du milieu, loggia d'où le pape donnait la bénédiction le jour de l'Ascension. — A l'extrémité g., statue colossale de Constantin, trouvée dans ses thermes.

La façade sur la place de San Giovanni Laterano se compose d'un portique à deux étages, d'une belle ordonnance, bâti par Fontana sous Sixte-Quint et dominé par deux clochers assez sveltes datant du temps de Pie IV. — Sous le portique, à g., statue en bronze du rôi Henri IV, qui

[route 38]

avait donné aux chanoines du chapitre de Latran l'abbaye de Clérac.

L'intérieur (magnifique perspective) a perdu son caractère de basilique sous la main de Borromini. Il y a cinq nefs.

Cinq arcades, correspondant à autant de chapelles, s'ouvrent de chaque côté de la nef du milieu, entre les gros piliers, ornés de pilastres composites, dont Borromini a enveloppé les anciennes colonnes de granit. Ces pilastres supportent un entablement et le beau plafond de Pic lY (xvi^ s.), décoré de caissons dorés, attribué à Michel-Ange (Letarouilly l'attribue à Pirro Ligorio). Le riche pavement (xni^ ou xiv^ s.) est en mosaïque de marbres.

Dans les entre-pilastres, 12 niches, à frontons supportés par des colonnes vert antique de l'ancienne basilique et renfermant les statues colossales des Apôtres, en marhre. Au-dessus, bas reliefs d'après l'Algarde, Hagqi et Bossi; et, au-dessus de ceux-ci, médaillons, du xvni^ s. (les principaux Prophètes). — Derrière le 1" pilier de la grande nef, à dr., remarquable peinture de Giotto : Boniiace VIII, entre deux cardinaux, j-ubliant le Jubilé de 1500.

Nef dé DR. — 1'° chap. [Orsini] .* la V. entourée de Saints, tableau par Cosianzi.

2^ (chapelle Torlonia; fermée par une grille en bronze : un gardien ouvre aux visiteurs; 50 c. de pouiboire), achevée en 1850, tout en marbre et en or : sur l'autel. Descente de croix, haut relief, par Tenerani\ statues par dos artistes contemporains.

'^^ [chapelle Massimi), construite par Giac. delta Porta : Crucifiement, tableau par le Sermoneta.

Adossé au 5^ pilier de la grande nel, tombeau de Sylvestre II (Gerberl). Au 4« pilier, tombeau d'Alexandre III (.'t au 5% celui de Serge IV. En face du 5^ pilier, tombeau du comte Gasliano (1287) et, en face du 6% tombeau du cardinal de Clavibus (xiv* s.).

Traîvssept DR. — Les fresques des trans-

septs sont de Noyari, Nebbia, B. César ij

du Pom«ra?iC20 (Baptême de Constantin).

I — On remarquera les colonnes de jaune

antique qui soutiennent l'orgue.

Du transsept de dr. une porlc cu

bronze (au-dessus, monument d'intio-

' cent IlL par Lucchetti. 1892) dorme

[route 38] BASILIQUE DE SAINT-JEAN DE LATRAN. 415

accès à l'ancien portique Léomn qui entoure le chœur ; ce portique a été reconstruit et agrandi par Vespignani, qui y a laissé subsister les monuments qu'il rcnl'ermait (entre autres, les tombeaux des ))eintres Ccsari crArplno, A. Sacchi et de THrchitecte .4/. Galilel). A u., une porte fermée s'ouvre, moyennant rétribution, pour laisser voir une table en bois de cèdre, qu'on dit élre celle qui aurait servi à la Cène de J.-C. Près de là, sont : la statue d'un pape agenouillé, qu'on suppose élre >'icolas IV, et une table en mosaïque portant l'indication des nombreuses reliques appartenant à la basilique. Au centre et adossé à l'abside, est un petit autel avec les statues de St Pierre et de St Paul (du X* s '!]. — A dr., s'ouvrent les deux sacristies des chanoines et des bénéficiaires (carton original, mais retravaillé, de la Madone de la maison d'Albe, de Raphaël, qui es^ à St-Pétersbourg ; Annonciation dessinée par Michel-Ange et peiate par Venusti).

Abside (ou Tribuna), toute moderne, commencée sur les ordres de Pie IX, par V. Vespignani et achevée par son iils Francesco, sous Léon Xlll ; elle est remarquable par la richesse de sa décoration, qu'on pourrait trouver excessive, surtout au plafond. On y a replacé, tout en la restaurant complètement, la grande mosaï|ue, représentant Jésus et la V. entourés de Saints, exécutée vers 1292, par Jacopj da Torriia, aidé du franciscain Fra Jaropo de Camerino et terminée par Gaddo Gaddi. — Au centre de l'abside, trône papaL en marbre orné de mosaïques. — A g., chapelle du chœur d'hiver : tableau d'autel de Cesari d' Arpino ; tombeau de Lucrezia Colonna Tornacelli (riche décoration en marbre); belles stalles en noyer sculpté.

Maître-autel. — Quatre colonnes (trois de granit) soutiennent un cihorium gothique, élevé en 1367 aux frais communs rlu pape Urbain V et du roi de France, Charles V, et que Pie IX a fait réparer. Dans la partie supérieure rie ce tabernacle, dont les peintures sont de Berna, de Sienne (xiv'' s.), des reliquaires en forme de bustes en orfèvrerie reiderment les moitiés de têtes des apôtres Pierre et Paul, que l'on dit avoir été retrouvées en 13G7. Le maîtreautel recouvre une table en bois sur

laquelle on a prétendu que St Pierre célébrait les saints mystères.

Sous l'autel, un escalier à double rampe descend dans une petite chapelle basse appelée la Confession. Au bas de cet escalier, tombeau de Martin V, bel ou- \ra<»e du Florentin Simone Ghini.

Transsept g. — Chapelle du St-Sacrement, dessinée par P. Olivieri. — Tabornaclej formé de pierres précieuses placé entre deux anges de bronze et quatre colonnes vert antique. On piétend que les colonnes cannelées de bronze qui portent le grand fronton proviennent du temple de Jupiter Capitolin, et furent fondues par Auguste avec les proues des navires égyptiens, après la victoire d'Actium. — Au-dessus de l'autel, Ascension, par Cesari d'Arpino.

Nef de g. (par laquelle on se rendra dans le cloître, V. ci-dessous). — 4*chap. (en descendant) ou chapelle Lancellotti : sur l'autel, St François d'Assise, par Laureti ; tombeau du cardinal Gasanate, fondateur de la bibliothèque de la Minerve.

'^'^ [chapelle Santorio ou Godoi) : sur l'autel, Christ en marbre; tombeaux de cardinaux.

2^ {chapelle Ceva) : sur l'autel, Assomption ; au-dessous, fies jue de l'école de Giotto; tond)eaux.

l""^ (chapelle Corsini), une des plus magnifiques de Rome ; entièi ement revêtue de marbres précieux. Clément XII la fit ériger à St André Corsini, son ancêtre, par Al. Galilei, dont elle est le principal ouvrage. — Sur le maîtreautel, 'ïnosaïque représentant le saint, d'après le Guide. — A g., beau tombeau (sarcophage antique) de Clément XII (statue du pontife par Maini, figures latérales par Monaldi). En face, tombeau d'un cardinal, oncle de Clément XII (nombreuses statues et bas-reliefs). — bans le caveau de cette chapelle, Pietà, bel ouvrage d' And. Mon tau ti, élève du Bernin. [Le corps du Christ est bien étudié; les membres bien affaissés; la V. est vulgaire et mal posée.]

Cloître très intéressant (xiii« s. ; en restauration par les soins du pape), à colonnes de forme et de décorations diverses. On y conserve des fragments antiques et diverses reliques consacrées par une pieuse tradition : des colonnes du temple de Jérusalem et de la maison de Pilale ; la margelle du Puits de la Sama*

ROME : — BASILIQUES

[route 38]

ritaine, au centre du cloître; une table de marbre, portée par 4 colonnes indiquant la taille du Sauveur (1 met. 83), etc. On y a placé aussi l'antique porte de bronzé datant de 1196 et qui conduisait du portique Léonin à la sacristie.

A coté de la basilique, à laquelle il est relié par l'aile moderne du portique, sur la place de San Giovanni Laterano, est le Baptistère de Constantin, ou San Giovanni in Fonte del Laterano (entrée sur la place et vis-a-vis du palais de Latran), attribué à Constantin, et rebâti par plusieurs popes. Il était précédé, sur la cour intérieure, d'un porlique qui a été nopdansla maçonnerie et converti en chapelles; les riches détails qui restent de ce monument antique sont d'un goût irréprochable.

L'intérieur est octogone et couronné d'une coupole élevée sur deux ordres de colonnes superposées; nu milieu, les fonts baptismaux, formés d'un grand bassin de basalte vert avec couvercle en bronze, sont placés dans un enfoncement autrefois rempli d'eau. — Peintures du tambour de la coupole [d'une composition harmonieuse et d'un bel effet], par And. Sacchi. — Du baptistère on entre à dr. dans la chapelle de Si-Jean- Baptiste (sur l'autel copie en bronze de la statue en bois du Sauveur, par Bonatello). — A g., chapelle de St-Jean VEvaiigéliste (à la voûte, mosaïque du yc s,)] — Attenant au bapiistère est y oratoire de St-Venance, évêque (mosaïque de G39-42).

Près de la basilique, sur la place de San Giovanni Laterano, à l'angle de la place de Porta San Giovanni, on va visiter la Scala Santa (le Saint- Escalier),

Vestibule décoré de fresques ; à dr., statue de Pie IX, qui a fait restaurer le portique de Fonlana et l'a fait décorer de statues par Giacometti. Cinq escahers s'offrent au visiteur. Celui du milieu ou Saint- Escalier est foimé de 28 marches de marbre blanc, que la tradition de l'Eglise donne comme ayant appartenu au palftis dîe Pilàte à Jérusalem,

que Jésus monta et descendit plusieurs fois. Les fidèles ne sont admis à le monter qu'à genoux. Donu Fontana le disposa dans l'état actuel, par ordre de Sixte Y. On descend ensuite p;ir un des quatre escaliers latéraux. Au bout de l'escalier, dans la belle chapelle gothique, dite Sancta Sanctorum (datant de 1278 et regardée comme le chef-d'œuvre des Cosmati ; elle est fermée par une grille), ancienne peinture grecque, image en grande vénération, représentant J.-C. à l'âge de douze ans ; on la dit peinte par St Luc, et achevée par les anges. Les dévols s'agenouillent devant la grille et la couvrent de baisers. A côté, à dr., est une seconde chapelle, ouverte au public.

Adossé à ce monument, et sur la place de Porta San Giovanni, est le Triclinium de Léon III, ainsi nommé parce qu'il est un reste de 1 ancienne salle à manger du palais de Latran.

C'est une grande abside disposée par Ferd, Fnga (1745), qui y a place une reproduction d'une mosaïque de la fin du vm^ s., représentant Jésus.

St Pierre, des papes et Charlemagne.

. Sainte-Marie-Majeure.

La basilique de Santa Maria Maggiore (PI. G, 4; sur l'Esquilin), une des quatre basiliques avant porte sainte (ne s'ouvrant qu'au Jubilé), est nommée Maggiore, parce qu'elle est la principale des églises de Rome consacrées a la \ierge. Fondée en 552 par le pape Liberius P% la Vierge lui avant apparu en songe et ordonné de lui élever une église, au lieu même où l'on trouverait de la neige fraîchement tombée, bien qu'on fut le 5 août (légende reproduile dans les mosaïques de la façade), elle a été agrandie, en 452, sur le plan qu'elle a conserve depuis. Benoit XIV lit renouveler l'mtérieur et reconstruire par F. Fuga la façade principale, percée d'immenses ouvertures et d'aspect théâtral (mosaïques des xm" et xiv^ s., de l'ancienne façade d'Eugène lll ; compositibri supérieure de Philippe Ru-

[route 381 BASILIQUE DE SAINTE-MARIE-MAJEURE. 417

satl ; compositions inférieures attribuées h Gaddo Gaddï). — L'édifice présente deux façades :

La façade antérieure, décoration incorrecte et à ressauts miillipliés, se développe , sans liaison avec eux , entre deux corps d'édifices symétriques, dont celui de dr., comprenant la sacristie, avait été construit par Flaminio Ponzio, sous Paul V. A Textrémité dr. du portique, statue en bronze de Philippe IV, roi d'Espagne.

— La façade postérieure, du même architecte et de Carlo Rainaldi, offre une masse solide, des lignes mouvementées et une disposition pittoresque.

— Le clocher est une construction des mieux conservées du moyen âge.

A l'intérieur, d'un effet grandiose et monument.! 1, les trois nefs sont divisées par 5fi colonnes ioniques en marbre blanc veiné (on croit qu'elles proviennent du temple de Junon Lucine qui était situé près de là).

La grande nef présente de belles -lignes droites, une riche et belle ordonnance.

— Magnifique plafond à caissons, dessiné par Giuliano da San Gallo (ou, peutêtre, par L. B. Alberti), doré, sous Alexandre Yi, avec le picmicr or venu d'Amérique, redoré en 4825. — Beau pavement du xni^ s., en marbre et mosaïque. — Sur les parois latérales, mosaïques du vni^ s., et, selon quelques auteurs, du v*^ s.; celles du ^rrand arc triomphal, qui précèdent l'abside, furent exécntées sous Sixte II l (432-440) ; celles de l'abside (le Couronnement de la Y.) sont de Jacopo da Torrita et celles entre les fenêtres, de Gaddo Gaddi. — Adr.,cn entrant, tombeau deClémetitlX, par Rainaldi : — à g., tombeau de Nicolas lY, par Dom. Fontana.

Mailve-aiitel, formé par un grand sarcophage de porphyre et couvert d'un riche baldaquin, de Fuga, porté par 4 colonnes en porphyre d'ordre corinthien ; en haut, dans les angles, quatre anges de marbre par P. Bracci,

En avant du maître-autel, chapelle souterraine (Confession), richement décorée de niarbre et d'albâtre : st:itue de Pie IX priant, par Jacometti; fresques par Pociesli] nombreuses reliques.

A dr. du maître-autel^ chapelle du Saint-Sacrement ou del Presepio (de la Crèche), commandée à Fontana par le cardinal de Montalto, depuis Sixte- Quint. — A dr., tombeau de Sixte- Quint (4 colonnes de vert antique provenant du Mausolée d'Adrien), dessiné par Fontana', stalue du pontife par Valsoldo, auteur des deux bas-reliefs latéraux (la Charité et la Justice). — Dans des niches latérales, statues (à dr.) par Flaminio Vacca (St François) et (à g.) par P. P. Olivieri (St Antoine). — Vis-à-vis, tombeau de Pie V, beau sarcophage de vert antique; statue du pontife pur Léonard de Sarzane (beaux bas-reliefs). — Au milieu de la chapelle, autel du St-Sacrement (tabernacle soutenu par 4 anges en bronze doré, de Biccio). — Un petit escalier à double rampe descend à la chapelle de la Crèche, œuvre des Cosmati, transportée d'une seule pièce et établie ici par Fontana. On y conserve la véritable crèche où fut déposé l'Enfant Jésus (les cinq petites planches qui la formaient sont réunies ensemble dans un magnifique reliquaire). Au bas de l'escalier, dans une niche, St Gaétan par le Bernin; sur l'autel, bas-relief par Cecchino, de Pietra Santa.

A dr., en sortant de la chapelle du St- Sacrement, au fond de la nef de dr., tombeau au ç,divà\n2l Rodriguez (xiv^s.), par Giov. Cosmate.

A g. du niJtître-autel, chapelle Borghèse ou Pauline, construite, sous Paul Y (Camille Borghèse), par Flaminio Ponzio (1611). — Dans les arcailes latérales, deux tombeaux avec colonnes de vert antique, statues et bas-reliefs : celui de dr. est érigé à Clément VIIl, celui de g. à Paul V. — Peintures des grandes arcades par Guido Béni. — Au fond, riche autel de la Vierge, dessiné par Rainaldi (4 colonnes de jaspe oriental, cannelées; image de la V., attribuée à St Luc, entourée de pierres précieuses et soutenue par cinq anges de bronze doré). — Fresques de l'arcade et des pendentifs de la coupole par Cesari d'Arpino', celles de la coupole, par L. Cigo H.

Chapelle Sforza (à dr., en sortant de la chapelle Borghèse), érigée d'après les dessins de Michel-Ange, et qui sert de chœur aux chanoines.

Chapelle Massinii (la 1*^* de la nef de

ROME : — ÉGLISES

[route 381

ff ), dessinée par Martino honghi : sur l'autel, Martyre de Ste Catherine, par le Sermoneta ; tombeaux des cardinaux Paolo et Fed. Cesi, dessinés, ainsi que les statues en bronze, par Gugl. délia Povtci.

A dr., en sortant de cette chapelle, au bas de la net de g., iomheau des frères de Lévis (œuvre remarquable du

^^A l'entrée de la nef de dr. s'ouvre (à dr.) un vestibule par lequel on va dans la sacristie et dans le baptistère.

Baptistère, séparé du vestibule par deux belles colonnes de granit oriental : peintures des voûtas par Passignoni ; o-rand bas-relief de l'autel, par le Bernin fAssomption). On lui attribue aussi le iîuste (à g. dans le vestibule), en marbre de couleur, d'un ambassadeur du roi du Congo.

Santa Croce in Gerusalemme.

Cette -basilique (PI. K, G), la quatrième de Rome, qui lire son nom de la terre apportée de Jérusalem et mise dans les fondations, a été fondée par Constantin sur les jardins d'Héliogabale. Ste Hélène y déposa une partie de la croix, trouvée par elle h Jérusalem. Cette église a perdu l'empreinte de son antiquité; elle fut restaurée à diverses époques, et enfin rebâtie sous Benoît XIV (1745), sur les dessins de Domemco Gregorim. ^Le clocher est de 1196.

Sous le inaître-autel, sarcophage antique de basalte, orné de 4 têtes de lion, renfermant les corps des martyrs St Cesaire et St Anastase. — Un escalier a g. de l'abside descend à la chapelle de Ste- Hélène (les femmes n'y entrent qu'une fois par an, le 20 mars). — Santa Croce renferme un fragment de la vraie croix et plusieurs autres reliques.

Églises.

Pour les basiliques situées hors de Venceinte : Saint-Paul-hors-les-murs, Saint-Laurent, Saint-Sébastien, Sainte- Agnès et Sainte-Constance, F. R. 59 :

Environs de Rome.

Nous allons signaler les plus remarquables et celles qui peuvent offrir quelque intérêt au voyageur. — Presque toutes les églises peuvent être divisées en deux groupes principaux : les basiliques antiques et les églises modernes. Les édifices du xii« au xv^ s. semblent faire défaut. La plupart des égUses modernes sont dans le style qu'on a appelé en France le style jésuite. — Particulièrement préoccupés ici du côté artistique de cette description, nous avons pensé qu'il était plus convenable de réunir sous une rubrique spéciale (que nos lecteurs trouveront aux Renseignements pratiques) l'indication des reliques les plus insignes, des habitations de Saints, et des jours ou des heures où elles sont visibles.

Les églises sont généralement ouvertes toute la matinée jusqu'à m.idi, et de 2 h. à 5 h.; elles sont fermées de midi à 2 h.; les basi iques restent ouvertes. — Pour faciliter les recherches, nous suivrons l'ordre alphabétique.

Les églises les plus intéressantes sont : Sauf Agostino, Sauf Andréa délia Valle, Cappuccini, San Clémente, Sauf Andréa (F. église San Gregorio), Santa Balbina, Santa Maria degli Angeli, Santa Maria in Ara Cœli, Santa Maria sopra Miner va, Santa Maria délia Pace, Santa Maria del Popolo, Santa Maria in Trastcvere, Sant' Onofrio, San Pietro in Yincoli.

Santa Agnese (PL 50; place ^'avone),reconstruiteenl550 par Innocent X, dont le tombeau, par Maiîiif est au-dessus de la grande porte.

Commencée par Gir, Rainaldi, elle fut achevée par Borromini, qui fit la coupole et la façade (son meilleur ouvrage) .

Intérieur(restauré) à croix grecque, en marbre blanc jusqu'à l'entablement, orné de stucs dorés et décoré de 8 colonnes corinthiennes en marbre. — Transsept g. : statue de St Sébastien, ouvrage antique converti en statue de saint par P. Carnpi. — Transsept dr. : chapelle Ste-Agnès, d'où un escalier descend dans le souterrain (beau bas-relief par lAlgarde : Martyre de Ste Agnès). — Le 21 janvier, joui' de la fête de la Sainte, on ouvré la crypte, établie sur un des

|R. 38] SANr AGOSTINO. — SANT'ANDREA DELLA VALLE. 419

aiiliques lupanars du cirque, où selon la légende, Ste Agnès, âgée de 15 ans, l'ut exposée et préservée miraculeusement.

On y montre aussi sa prison et l'endroit où elle l'ut décapitée et brûlée.

Sant*Agosiino (Pi. 51 ; place du même nom), bâtie sur les dessins de Baccio Pintelli par le cardinal d'Estouleville, archevêque de Rouen, restaurée par Vanvitelli^ puis de 1855 à 1865. La coupole, la première que l'on ait élevée à Rome, fut exécutée en 1480, et la façade en 1485.

Intérieur tenant un peu du style ogival du xv' s. — iNcf, 5^ pilier à g. : célèbre fresque, aujourd'bui très altérée, du prophète Isaïe, par Raphaël, qui l'exécuta, dit-on, en 1512, après avoir vu les prophètes de Michel-Ange. Un moine s'avisa de la laver, et la gâta. Elle fut restaurée par Daniel de Volterre (en 1555}. — A dr., \'^ chap. : Ste Catherine, peinture de VenusH. — 2° : copie du tableau perdu de la V. à la Rose, d'après Raphaël. — 4^ : le Christ remettant les clefs à St Pierre, groupe par Cotignola. — Près de la S'' chap., tombeau et buste d'Onof'rio Panvinio. — Transsept dr.. chapelle de St-Auguslin : peinture [noircie) du Guerchin, — Maître-autel, composé par le Bernin :

image de la V., attribuée à St Luc, rapportée par les Grecs de l'église Ste- Sophie de Constantinoplc. — Chapelle à g. du chœur : tombeau en vert antique, que l'on dit être celui de Ste-Monique, mère de St-Augustin. — A g. en descendant, 2*^ chap. ; Ste Apolline, attribuée à Daniel de Volterre. — 4*" : beau groupe en marbre : la V. et Ste Anne, par Andréa Contucci de Monte San Savino. — 5^ (l'"'' à g. , en entrant) : la V., par le Caravage. — Près do la grande porto (à dr. , en entrant), dans un riche sanctuaire, be le statue en marbre, par Jac. Sansovino, de la V., dite Madonna del Parto, chargée de bijoux

Dans le couvent annexé à Péglise, bâti par Vanvilelli, bibliothèque Angelica (p. 489).

Santa Anastasia (au pied du Palatm: PI. E, 6), du iv*" 8;j reconslruilo au xvn* s. par Urbain \lll.

A Tint., 12 belles colonnes, que l'on croit provenir du temple de Neptune Palatin. — Transsept : tombeau du cardinal Ma'i (-[- 1854), par /. B. Benzoni.

Sant'Andrea délie Fratte (rue Cnpo Case; PI. E,5; fratte^ haies de jardins), avec un clocher, un des ouvrages les plus bizarres du Borromini. — Façade (1826) de Belli.

Fresques de la voûte et de l'abside par P. Marini. — A g., 5^ chap. : tombeau d'Angelica Kaufmann, femme peintre (f 1808).

Sant' Andréa al Quirînale (via del Quirinale; PL F, 5), construite par le Bernin, pour le no^^iciat des jésuites (1678).

A Tint., 2"^ chap. à g., chapelle de St- Stanislas (Stanislas Kotska), mort à 18 ans, en 1568, et enterré sous l'autel : tableau d'autel représentant le Saint à gei.oux devant la V., par C. Maratta. — La chambre habitée par Stanislas Kitska dans la maison du Noviciat a été transl'ormée en chapelle. On y voit le portrait authentique et la statue, en marbre de couleur, de St Stanislas mourant, par Legros.

Sant' Andréa délia Valle (PI. 52 ; corso Vittorio Emanuele), commencée en 1591 par Olivieri et finie par Carlo Maderna ; en partie balie sur les ruines de la scène du théâtre de Pompée, et, selon d'auti^es, sur l'emplacement de la curie où César fut tué. — Façade, par Carlo Bainaldi.

A Tint., coupole peinte par Lanfranc.

[C'est un de ses meilleurs ouvrages. Il s'y montre imitateur de la coupole du Corrège à Parme, quoiqu'il ait adopté une autre disposition.] Dans les pendenlits, les quatre Évang^élistes, chefsd'œuvre classiques du Dominiquin [d'une exécution large et lacile, on admiie surtout le mouvement, la grâce et le coloris de St Jean]. Il a peint aussi à la voûte du chœur une Glorification de St André, et, au-dessus de la corniche, la Charité, la Foi, la Religion, le Mépris

ROME : — ÉGLISES

da Monde, la Constance et la Contemplation. — Trois grandes peintures autour du ctiœur, relatives à St André, sont du Calabrese; deux plus petites, de C.

Ciqnanl. - Â dr., 1- chap. dessinée par C. Fontana : beaux mu^bres et colonnes de vert antique.— 2« ^,^^,^?''!' • architecture de Michel-Ange ; 12 b lies colonnes de luniachelle et 4 sarcophages de marbre; sur l'autel, copie en bronze de la Ptetà de Michel-Ani^e qui est a Saint-Pierre, et des statues de Racbel et de Lia, qui décorent le tombeau de Jules II à San Pietroin Yincoli; 2 candélabres Les '1 autres candélabres du chœur sont peut-être de C Maderna.

— Transsept dr. : Saint André dAvellino, par Lanfranc. - Nef : tombeaux de Pie II (/Eneas Sylvius Piccolom-îni et de Pie III, ouvrages de Nicolas de la Gitardia et de Pieb'o Paolo da jodi. — l-^* chap., peinte par Dom.

Passignani.

Saut' Anionl) Abbate (piès de Ste-Marie-Majeure; PL G, ^), bàtie, croit-on, sur les ruines d'un temple de Diane, ou plutôt de la basilique de Licinius.

Peintures de la coupole et de la chapelle du saint par le Pomarancio.

Sanii Apostoli (PL 55; place du même nom), fondée î^u \i^ ,s • ^^♦^construite sous Martin Y (1420) et par Fr, Fontana (1702), restaurée en 1872. Une partie de la façade est de Baccio Pintelli. La façade audessus du portique est de Valadier — Sous le portique, à dr., bas-reliet représentant un aigle tenant une couronne, et qui provient du forum de Trajan; a g., monument du graveur Yolpato, par Canova, âgé de 25 ans.

Sur la porte de la sacristie (à g.), tombeau de Clément XIV (iianganelh), ouvrage célèbre de Canova [figures assez médiocres de la Tempérance et de la Clémence]. — A l'entrée du chœur, à dr., beau tombeau du cardinal Pierre Riario (xv^ s.) et à g , deux autres tombeaux dont celui d'en haut dessiné par Michelj^no-e — - Voûte de la nef, par Bactccio (Triomphe de l'ordre de St-Fran^ois).

[route 38

Ara Cœli {V. Santa Maria in Ara Gœli).

Santa Balbîna (sur le mont Aventin; PL F, 7), du v*^ s., restaurée au xv^^ — De là on découvre une belle vue sur cette partie déserte de Rome.

A l'int., le Crucifiement, bas-relief remarqualile de Mino da Fiesole, et tombeau de Stetano dei Sordi, œuvre capitale de Giovanni Cosmate (xiv^ s.).

San Bartolomeo (dans Pile Tibérine ; PL D, E, 5), bâtie au commencement du XI" s. (clocher du xi" s.), reconstruite au xvi° s. sur les plans de M. Longlii le vieux.

A l'int., héniiier (placé près du chœur) avec bas-reliefs du xi^ s., très intéressants pour l'histoire de l'art.

Santa Blbîana (vers la porte San Lorenzo; PL 11, 4), petite église presque toujours fermée (frapper h dr.), fondée au iv" s. et rebâtie par Urbain V1I[. Façade du Bernin (1G2:>).

Maître-autel : statue de la Snin!e par le Bernin, un de ses meilleurs ouvrages [jolie statue sans style |. — Sous le maîtreautel, superbe sarcophage en albâtre oriental. — A g., fresques par P. da Corlona (restaurées).

Gappuccîni (les Capucins ou Santa Maria délia Concezione; PL 5i; place des Gappuccini), bâtie par Casoni^ en 1624.

A dr., P« chap. : célèbre tableau du Guide, représentant l'Archange St Michel chassant Lucifer dans l'enfer [fiirure d'une beauté et d'une grâce singulières; mais d'un dessin incorrect]. Sur la paroi, à g. : Couronnement d'épines [noirci] par Gherardo délie Notti (tlonthorst). — 2^ : Transfiguration, par Balassi. — '5'' : sur l'autel, St François en extase, ouvrage remarquable peint à l'huile par le dominiquin\ fresque du môme, représentant la moit de St François [très altérée]. —5« : St Antoine ressuscitant un mort, par A. Sacchi. — 'SUitrc-autel i copie (la Conception) par Boni-

I ROUTE 38J CAPPUGCINL — SANTA CEGILIA.

helli, d'une œuvre de Lanfranc. — Près du chœur, côlé ^., 1'" cliap. : Si Bonaveiiture avec la V. et l'Enl". J. par A, Sacchi. — Dernière cli.ip., vis-à-visde celle du St Michel : Conversion de St Paul, un des ouvrages les plus corrects de P. (la Corlona. — Au-dessus des portes de l'église, dans l'intérieur, cartons de la mosaïque de la INavicella de St Pierre (p. 407), par Giotto, toile qu'elle était avant la restauration de M. Provenzale.

Sous l'église, cimetière dans lequel les cadavres des capucins, desséchés et recouverts de leurs robes, sont exposés aux regards. Plusieurs salles, de file, sont tapissées de décorations variées tonnées avec des ossements.

San Carlo aï Gatinari (PI. 56 ; Sl- Charies, place Catinari : iioin provenant des fabricants d'écuelles qui habitaient jadis ce quartier), bâtie en iGl'2, restaurée au xi\^ s.

A la coupole, une des plus grandes de Rome, pendentifs du Dominiquin (les Vertus cardinales). — A dr., i'^ chap. : Annonciation, par Lanfranc [noir]. — Maîlre-autel : Procession de St Charles lîorromée pendant la peste de Milan, immense tableau [qui a noirci] de P. da Corlona. Les peintures de la voûte au-dessus [d'un ton diaphane et léger] sont de Lanfranc. — Chœur (on y entre par la sacristie) : belle fresque du Guide (St Charle>). — A g., 2^^ chap. : Mort de Ste Anne, chef-d'œuvre d'/l. Sacchi.

San Carlo al Corso (PI. 55 ; St- Charles, sur le Corso), commencée en 1611 par Lo??^/u, terminée parP. c?« Cortona. La façade , plus récente, est d'un style détestable.

Intérieur richement décoré, mais de mauvais goût. — Maître-autel : St Charles, un des meilleurs ouvrages de G. Maratta.

Santa Caterina dei Funarî (des

Cordiers, à côté du palais Mattei, PL E, 5), avec une façade de 1564, regardée comme une des meilleures œuvres de Giacomo délia Porta»

!*''■ autel ; Couronnement de la Y., par Ann. Carrache; — 2« chap., dessinée par Vigriole : peintures de Muziano et de Zuccheri.

Santa Ceciiîa (PL 58; Trastevere), bôlie vers 250 (?), par Urbain P% reconstruite au ix^ s. par Pascal II, restaurée entièrement en 1599, restaurée et modernisée en 1825. Dans la cour qui précède l'église, à dr., grand vase en marbre qui servait pour Tablulion des iidèles.

A ^. de la grande porte : beau monument du cardinal Fortegueni (xv« s.J, dans la manière de Mino da Fiesole (bel effet de polychromie produit parles colonnes de couleur foncée et les dorures ; restauré en 1891) ; — à dr., mon iment du cardinal d'Eslon (xiv« s.), attribué à Paolo Bomano. — Maîtreautel avec un beau ciborium gothique, par Arno/fo di Gambio [di Lapa ; 1585). — Dans la Confession, tombeau, richement décoré, de Sle Cécile (la statue, par Sief. Maderno, est un des bons modèles de la sculpture du xvii« s. ; elle représente Ste Cécile étendue dans la position où son corps fut trouvé lorsqu'on ouvrit son tombeau, au ix*' s., dans les catacombes). — A l'abside, mosaïque du ix^ s.

Santî Celso e Giuliano (rue du Banco di San Spirito; PL C, 5).

A Tint., tableau du maître-autel, regardé comme le chef-d'œuvre de Pompeo Baitoni.

San Cesareo (au S.-O. et près des Thermes de Caracalla; PL G, 8), ancienne église restaurée sous Clément VIII à la fin du xvi^ s.

Intérieur décoré d'intéressantes mosaïques, dont celles du maître-autel datent du moyen âge ainsi que l'ambon, le candélabre pour le cierge pascal, le chancel et les stalles du chœur; les autres sont du XV i*' s.

San Clémente (PL 58; rue San Giovanni), consacrée à St Clément, collaborateur de St Paul et 4" pape, considérée comme une dos plus

ROME : — ÉGLISES

[route 38]

anciennes de Rome, et intéressante surtout en ce qu'elle conserve la forme des basiliques des époques primitives; elle a perdu de son intérêt archaïque depuis qu'on a découvert le sol inférieur de l'ancienne basilique * . St-Clément n'est donc pas, comme on l'a cru, la plus ancienne église de Rome. On ignore même les dates de la fondntion de la vieille basilique et de la basilique actuelle qui lui a été superposée. On sait seulement que 1.1 première fut restaurée en 772, et qu'en 880 on construisit le chœur en marbre, transféré plus tard dans l'église moderne. Celle-ci, qui date probablement du xii^ s., fut restaurée plusieurs fois, en dernier lieu sous Clément XI; elle fut mise dans l'état actuel sous la direction à' Etienne Fontana, qui conserva tout ce qui concernait l'antiquité.

L'église est précédée d'un atrium ou cour carrée a portiques (le seul atrium complet conservé à Rome), où se tenaient les pénitents exposés aux intempéries, et désignés pour cela sous le nom àliiemantes. En avant du portique, à l'entrée, est un porche pauvre d'aspect, à A colonnes dépareillées. Le portique de la façade représente le narthex. — Le clocher, h g., est de construction plus récente.

A Tint., 5 nefs (le bas-côté g., plus large, était occupé par les hommes).— Beau pavé en opus Alexandrinum.

— Au milieu de l'église, une enceinte servant de chœur est entourée de baluslrades en marbre : on y voit un monogramme qu'on croit être celui de Jean YIII, ou peut-être de Nicolas ¥' (ix« s.) et qui provient de l'église souterraine. — Sur les côtés ambons de marbre (celui de l'évangile est à dr.) ; à côlé de l'ambon de g., colonne en

* Des réparations entrepiiscs en 1857 firent découvrir l'ancienne l)a^iliqlle de Sl-Clément, dont St Jérôme taisîiit déjà merition en 3i1, et à laquelle il faut rappeler toutes les traditions historiques que l'on croyait relatives à l'église supérieure.

spirale, embellie de mosaïque, et servant de candélabre pour le cierge pascal. — Sanctuaire séparé du chœur par des marches et un ckancel formé ici d'un mur d'appui en marbre. Au milieu, l'autel (cihorium formé par 4 colonnes en marbre violet), tourné, selon l'ancienne coutume, du côte de l'Orient, renferme un sarcophage contenant les restes de St Clément et de St Ignace. — Abside, emplacement réservé aux prêtres [l>resbylermm). Au tond de l'hémicycle, siège episcopal [cathedra); on y lit le nom d'Anastase, titulaire de l'église en '108 A la voûle, mosaïque du xui* s. restaurée au xvu^ s. (on remarque aussi la mosaïque de l'arc triomphal). Audessus du siège épiscopal, peinture (très endommagée) de l'ancienne école romaine, exécutée par Juvénal de Celano (x v^ s.) : J.-C. et la V. au milieu des Apôtres. — Deux absides latérales : dars celle de dr., statue de St Jean- Baptiste, par Simone Ghini, frère de Bonatello ; en avant, monument du cardinal Pioverella (142G); dans celle de g., peinture de la V., par Conca. — Chapelle à g. de la porte d'entrée : fresques renommées de Masaccio. altcrée.< par le temps et les restaurations. [On remarquera celle représentant Ste Catherine discutant au milieu des docteurs; le Christ crucitié entre les deux larrons; et (en haut du 5^ compartiment) le Transport de Ste Catherine par trois anges.]

Basilique inférieure de St Clément (pour la visiter, s'adresser à la sacristie, iDas-côté dr.), à trois nefs hàties sur d'anciennes substructions, formées de grands blocs de tuf vole nique et surmimfées d'une énorme corniche en travertin sans orn ment. Suivant M. de Rossi, ces énormes blocs de tiavertin remontent au temps des rois de Rome et pourraient bien avoir été la maison de Tarquin le Superbe. D'autres ont voulu y voir des restes de la maison de Mécène. — Cette éghse (intérieure) aura été détruite, peutêtre, par R. Guiscard en 1084, et remblayée. Puis, on a élevé l'église moderne, probablement sous PascalII (1099-1118).

La basilique supérieure ressemble pour la forme à l'église intérieure, quoique moins étendue, surtout en largeur. Le plan cijoint fera comprendre ces superpositions. On descend de la sacristie dans le narihex. Huit colonnes de marbre, dont une de vert antique et l'autre de breccia

Page 1