‹ ItalieChapitre 299 sur 587 · I ROUTE 38] BASILIQUE DE SAINT-PIERRE · texte numérisé non relu

I ROUTE 38] BASILIQUE DE SAINT-PIERRE

est une reproduction de la célèbre mosaïque dite la Navicella (la nacelle de St Pierre), exécutée en 1^298 par

Giotto et son élève Cavallini, dans la vieille basilique.

Cinq portes communiquent du por-

l'.ASri.IQUE DE SAINT-PIERRE.

ToTTibecui/âfAUicaTuirc YuL.

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tique avec l'intérieur de la basilique.

La porte centrale (au-dessus , baslelief du Bernin), en bronze avec bas-reliefs , lut exécutée sous Eugène IV par Ant. Filarete, élève de

Donalello, qui donna pour cadre aux sujets religieux ou historiques des bas-reliet's une frise, copiée sans doute de l'antique et dont les sujets, mvtholosiques ou bizarres, paraissent

ROME ; — BASILIQUES

I Route 38]

assez déplacés en cet endroit. Une des portes, celle de dr., dite la Porte- Sainte, est murée et ne s'ouvre que tous les 25 ans pour le Jubilé.

Intérieur. — I,a basilique de St- Pierre est comme Rome elle-même; il faut du temps pour en comprendre toute la grandeur; il faut que Toeil se fasse à ses immenses proportions. Dès l'abord, maliçré sa perspective grandiose, elle paraît moins grande qu'elle ne l'o^t en réalité, et cette illusion provient sans doute de l'harmonir^ux ensemble de toutes les parties de l'architecture*.

La longueur de l'église est de 187 met. ; celle de la nef transversale de 157 met.; la largeur de la grande nef du milieu est de 28 met. 26 et l'on compte 45 met. 47 du pavé à la voûte. — Les deux anges enfantins qui soutiennent les bénitiers en marbre (p-" pilier à dr. et à g.) n'ont pas moins de 2 met.

L'église est à croix latine et à trois nefs; la grande nef est divisée par huit piliers massifs qui supportent quatre grands arcs de chaque côté : ceux ci répondent à autant de chapelles. A chacun des piliers, deux piLustres cannelés d'ordre corintliicn, larges de 2 met. 59 et hauts de 25, soutiennent un entablement de 5 met. 8 i de hauteur, qui règne tout autour de l'église ; la frise est en imitation de mosaïque dorée. Entre les pilastres sont deux rang^ de niches superposées; celles du bas contiennent des statues de Saints de 4 met. 87.

Sur chacun des grands arcs deux figures en stuc, hautes de 4 met. 87, représentent

Voici quelques mesures compar.-ilivos mscritcs sur ie pavé :

^, r, , . PALMES MÈTnES

Me-bophiedeConstanlinoplo. 492 — 110,00 St-Paul (hors des murs de

^ I^ome) 572 = 1-27,80

ban-I'etronio de Bologne... 5'i5 = 13^90

Cathédrale de Milan. .". 606 = Isi'lO

Cathédrale de FJorence. ... 669 =3: liy'i^;

St-Paul de Londres 710 = 15850

Sl-Pierre de Rome (de la

porte à la chaire 857 = 186,98

La hauteur de St-Pierre est dépassée par celles des flèches : de '^lologne (156 met.), de Rouen (151 met.), de Hambourg (144 met.), de Strasbourg (142 met.), de Vienne (156 met.), et de la grande pyramide d'Égyptfî (142 met.).

des Vertus. Les contre-pilastres, qui correspondent sous les arcs, sont ornés de deux médaillons, soutenus séparément par deux enfants de marhre blanc, aux formes molles et rebondies; ces médaillons présentent les portraits de différents papes. Entre les médaillons deux autres enfants portent les attributs pontihcaux: le tout a été sculpté en basrelieis sous la direction du Bernin, qui altéra par cette surcharge de décorations la valeur esthétique de l'œuvre de Michel-Ange. — La grande voûte de l'église est décorée de caissons à rosaces en stuc doi é. Le pavé fut formé de beaux marbres, sous la direction de Giac. délia Porta et du Bernin.

Au dernier pilier de dr. de la grande nef (un des quatre qui .«soutiennent la coupole), est une statue de St Pierre en bronze ; les fidèles en usent le pied droit à force de le baiser. Le saint est assis sur un siège en marbre; de la main droite il bénit à la manière latine, c'està-dire avec l'index et le médius ; de la gauche il tient les clefs du paradis. Au point de vue artistique, l'ensemble est d'un style médiocre. La ligure offre le type traditionnel de saint Pierre et paraît être un ouvrage du iv^ ou du v« s.

Au-dessus de celte statue est un baldaquin, que surmonte un médaillon avec le portrait de Pic IX; il fut placé là en 1871, à l'occasion de la 25*= aniiéc du pontificat de ce pape.

Coupole. — Elle est double, comme celle de Brunelleschi, à Florence; l'escalier qui conduit au sommet passe entre les deux calottes. — Elle a env. 42 met. 20 de diamètre (H7 cent, de moins que celle du Panthéon) ; l.i hauteur, du pavé à l'œil de la coupole est de 100 met. 89 (celle du Panthéon e< de 44 met. 40).

Au-dessus est la lanterne, haute de 16 met. 05 ; le piédestal de la boule a 9 met. 57; la boule, 2 met. 45, cl la croix avec son piédouche, 4 met. 58; hauteur totale, 155 met. 09, suivant les mesures de Valadier. — Les statues colossales (4 met. 85) et maniérées des piliers de la coupole représentent; à g., St André par Duquemoy, Ste Véronique par Mochi ; à dr., iSte Hélène par A. Bolyi, St Longm tenant la lance qui frappa le Clirist, par le Bernin. — Sur les quatre piliers (à l'intérieur est un escali r tournant) et les grands arcs qui soutiennent la coupole est un magnifique eirtablemcnt, dans la

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frise duquel on lit la fameuse inscription : Tues Pelrus, et super hanc Petram œdi/icabo erclesiam îneam, et tibl daho claves rcgni cœlorum. — Sur la voûte de la lanterne, mosaïque du Père éternel, par Marcello Provençale, d'après une peinture de César i d'Arpi)io. — Sur les pendentifs de la coupole les quatre Evangclisles. en mosaïque.

Maltre-autel. — 11 est isolé et placé au-dessus de la Confession, sous un somptueux baldaquin, exécuté sons Urbain VIll (1635), d'après les dessins du Bernin; il est tout en bronze doré et soutenu par quatre colonnes torses, d'ordre composite, de la liauleur de 11 met. Sa liauteur est de 28 met. Aux quatre angles de 1 entnblement des anodes en bronze tiennent des guirlandes. Cet ouvrai^^e a été exécuté avec le bronze enlevé au portique du Panthéon (F. Panthéon). La dorure seule et la maind'œuvre coûtèrent 535 000 fr.

Devant le maître autel, une balustrade circulaire en marbre et en porphyre entoure un espace creux dans lequel on' descend par un escalier de marbre à double rampe. Au bas de cet escalier, on trouve la :

Confession de St Pierre. — C'est là qu'est le tombeau où, suivant la tradition, on conserve la moitié des corps de St Pierre et de St Paul ; l'antre moitié est à l'église St-Paul, et leurs têtes sont à St-Jean de Latran. C'est le pape Paul V qui fit décorer, par Carlo Maderna, cette Confession, purlie de l'oratoire de St Annclet. 142 lampes suspendues à la balustrade y sont toujours allumées; elles sont éteintes le jour du vendredi saint. De chaque côté de la porle des niches renferment les statues de St Pierre et St Paul. Le pape Pie YI, mort à Grenoble en 1799, fut déposé dans ce sanctuaire en 1802. On y a placé (1822) sa statue en marbre, bel ouvrage de Canova\ il est représenté à genoux (levant l'autel de la Confession.

Tribune et Chaire de St Pierre.

— En arrière du mnître-autel, et au fond de la grande nef ou abside, est la Tribune. Alexandre Yll fit faire par le Bernin ce grand ouvrage qui s'accorde tout à iait par son style rococo et théâtral avec le baldaquin.

Au-dessus de l'autel est le monument de bronze doré appelé la Chaire de Si Pierre (il renferme le siège en bois, à

placages d'ivoire, représentant les travaux d'Hercule, qui aurait servi, dit-on, à St Pierre et à ses successeurs ; à chacun des pieds c^t attaché un anneau en fer pour y passer des brancards; on montre à la sacristie un modèle de ce siège). Les quatre statues à figure de bronze et à draperies dorées qui soutiennent la chaire représentent 4 Docteurs de PEglise : St Ambroise et St Augustin, St Athanase et St Jean Chrysostome. — Sur les côtés de la tribune sont deux tombeaux. Celui de g., de Paul III Farnèse, ouvrage de Gugliehno délia Porta, avec les avis, dit-on', de Michel-Ange ; la belle statue couchée du pape est en bronze ; celles de la Justice et de la Prudence sont en marbre. La Justice, jeune et belle femme, d'abord toute nue, excitait une admiration trop passionnée : il^ fut ordonné au Bernin de l'habiller d'une tunique de bronze (peinte en blanc), ainsi qn'on la voit aujourd'hui. La Prudence est représentée sous les traits d'une vieille femme. — L'autre tombeau, en regard, est celui d Urbain YIII, Barberini; la ligure du pape est en bronze; les statues de la Justice et de la Charité sont, en marbre ; c'est un ouvrage très maniéré du Hernin. Entre les piliers qui soutiennent l'abside, on voit 4 statues : à dr., le prophète Elie et StRoch; à g., St Benoît et St François. Au-dessous de cette dernière est une inscription commémorative de la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception par Pie IX (8 décembre 185i).

Revenant à l'entrée, on fait le tour de la basilique en visitant les bas-côtés et les transsepts.

Nef latérale de droite. — 1'' Chapelle DE LA PiETÀ (la l''^ à dr. en entrant dans la basilique). — Sur l'autel groupe en marbre représentant la célèbre Pietà (la Vierge tenant son fils mort sur ses genoux \ par Michel- Ange ; ouvrage qu'il fit à l'âge de 24 ans, pour le cardinal J. Yilliers de la (îrôlaie, abbé de St-l)enis en France (la statue du car dinal est dans le souterr.iin). — Fresques de la voûte (le Triomphe de la Croix), par Lanfranc. — Dans une petite chapelle à dr., tombeau de Probus Anicius, préiet de Rome (iv^ s.), et colonne où l'on dit que Jésus enfant s'appuya, lorsqu'il disputa dans le Temple avec les docteurs.

Entre la chapelle de la Pietà et la

ROME

BASILIQUES

suivante, petite chapelle de forme ovale, dite CHAPELLE DU Crucifix.

Sous l'arcade devant cette chapelle, monument du pape Léon XII, par de Fabrh, et vis-à-vis, celui de Christine, reine de Suède, morte à Piome en 1089, par C. Fonlana ; sur le devant du sarcophage, bas-relief par Téodoîi, sculpteur français, représentant cette reine abjurant le protestantisme.

2° Chapelle de Saint-Sébastien. — Sur l'autel, copie. en mo^^aïquedu Martyre du saint (d'après le tableau du Dominiquin à l'église Santa Maria degli Angeli).

Sous l'arcade suivante, deux tombeaux: à dr., celui du pape Innocent XII, par Fitip. Valle; à g., celui de la fameuse comtesse Mathilde (-j- 1115), dessiné par le Bernin.

3** CiLAPELLE DU Saint-Sacremext. — Magnifique chapellc, fermée par une grille, faisant le pendant de celiede la chapelle du Chœur, qui est vis-à-vis. — Sur l'autel, riche tabernacle dessiné par le Bernin; tableau d'autel, la Trinité, peint à fresque par P. de Cortone. — Sur l'autel de dr.. Descente de croix en mosaïque, d'après Michel-Ange de Caravage (Pinacothèque du Vatican). Devant cet autel, tombeau en bronze de Sixte IV, ouvrage admirable d'Ant. PoUajolo (1493). — A côté de ce tombeau Jules II n'a qu'une simple pierre tombale, au lieu du magnifique tombeau qu'il avait commandé à Michel-Ange (F. San Pietro in Yincoli).

Sous l'arcade suivante, tombeaux de Grégoire XIII (le réformateur du calendrier), par C. Busconi, et de Grégoire XIV.

Contre le pilier de la grande coupole copie en mosaïque du célèbre tableau du Dominiquin, la Communion de St Jérôme (Pinacothèque du Vatican).

4° Chapelle de la Vierge ou Chapelle Grégorienne, de Grégoire XIII, qui la fit construire par Giac, délia Porta, sur les dessinsde Michel-Ange. — Autel très riche en pierres précieuses. — A dr , tombeau de Grégoire XVI (-{- 1846), par Amici.

En avançant vers le transsept : à dr., tombeau de Benoît XIV, par Bracci. — Vis-à-vis, sur le pilier de la grande coupole, belle mosaïque d'après le tableau de Subleyras, représentant St Basile célébrant la messe devant l'empereur Valens (F. Santa Maria degli Angeli).

Transsept de droite^. — Au fond (même disposition qu'au transsept de l'autre côté) : trois autels, avec copies en mosaïque; au milieu Martyre des SS.

Processe et Martin ien, d'après Valentin ; à g.. Martyre de St Érasme, d'après le Poussin \ à dr., St Wenceslas, roi de Bohême, d'après ^4. Caroselli.

Dans les niches près de ces autels, statues colossales : St Jérôme Émilien, par P. Bracci \ St Joseph Calasanzio, par Spinazzi. Une niche pratiquée dans un des grands piliers contient St Bruno par Slodtz.

Si, passant sous l'arcade et derrière ce pilier, on continue le tour de l'église, par le prolonoement de la nef latérale de dr., on voit à dr. le tombeau de Clément XIII, magnifique ouvrage de Canova (trois grandes figures : le pape est à genoux, la Religion tient la croix, et le Génie de la mort est assis près du sai'cophage ; deux lions couchés, très admirés). — Vis-à-vis, sur l'autel adosse au grand pilier, mosaïque, d'après Lanfranc : la Barque de St Pierre près d'être submergée.

A la dernière chapelle, du même côté, sur l'autel à dr., mosaïque d'après le St Michel Archange du Guide (à l'église des Capucins). — A g. de celle-ci. sur un autre autel, mosaïque, la plus belle de la basilique, d'après la Ste Pétronillc du Guerchin (musée des Conservateurs).

En marchant vers l'abside, à dr., tombeau de Clément X, par Bossi. — Vis-à-vis, sur le grand pilier, mosaïque d'après Goslanzi : St Pierre ressuscitant Tabithe.

Après avoir visité complètement le bas-côté de dr., on passe derrière le maître-autel, entre celui-ci et la Tribune (F. ci-dessus), et l'on arrive dans le prolongement du bas-côté de g. On trouve immédiatement à g., sous la grande arcade, et appuyé sur un des 4 gros piliers, un premier autel décoi'é d'un tableau en mosaïque : St Pierre guérissant l'estropié, d'après Fr. Mancini. — Vis-à-vis, à dr., tombeau d'Alexandre VIII, Ottoboni, sculpté par A. Bossi (dessin du comte de St-Martin; beau bas-relief). — Plus loin, du môme côté, autel de St-Léon le Grand, sur lequel, entre deux co-

* C'est là que fut installée la salle du Concile (janvier 1870) qui proclama le dogme de l'iufaillibiJité du pape.

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