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I. Chambre de l'Incendie du Bourgs

(1516-17). — Quatre compositions dessinées par Rapliaël et peintes par ses élèves. On dit qu'il a peint quelques parties de l'Incendie du Bourgs (M. Eugène Muntz considère cette peinture

comme l'œuvre personnelle de Raphaël).

Cet incendie eut lieu, en 847, au Corgo ou cité Léonine, Léon lY l'éteint par un signe de croix. On aperçoit au fond l'ancienne basilique de St-Pierre. On remarquera la belle porteuse d'eau du premier plan et le groupe des femmes aîçenouillécs au pied de la loge pontificale. — Tableau de la fenêtre : Justification de St Léon 111 accusé devant Cbarlemagne par le neveu du pape Adrien I"\ — A dr. de la fenêtre : Victoire remportée par Léon IV sur les Sarrasins, dans le port d'Ostie. — Sur le mur en face :

Couronnement de Cbarlemagne par Léon III (portraits de Léon X et de François i*"). Ces sujets, où est rappelé le nom de Léon porté par plusieurs p.'ipes, ^ont, avant tout, des allusions à des événements arrivés sous Léon X.

« Ces trnis dernières fresques, monotones et froides, sont des œuvres d'école. »

Les quatre grands médaillons de la

voûte sont du Périir/in. Ils contrastent par leur naïveté et leur iirâce mystique avec les fresques qu'ils dominent.

Les peintures de cette salle ont plus souffert que celles des autres chambres. Sébastien del Piombo les restaura.

II. Chambre de l'École d'Athènes, ou de la Segnaiura (1508-1511). — Les papes y signaient les biefs, actes auxquels président la Théologie, la Pliilosop/iie, la Littérature (poésie) et la Jurisprudence, Les figures allégoriques qui les représentent occupent des espaces ronds dans le plafond, dont les neuf comparlimenls, déjà arrêtés par le Sodonia, turent conservés par Raphaël, qui conserva aussi le panneau central de forme octogonale (petits anges soutenant les armes de l'Eglise) et quelques petits sujets mythologiques intermédiaires, peints par le Sodoma. Les quatre médaillons correspondent aux quatre gi-;mdcs compositions. Au plafond, quatre tableaux carrés représentent l'Etude, le Jugement de Salomon, Adam et Eve tentée par le serpent, et Marsyas écorché par Apollon, symbole de la victoire de l'art vrai sur l'art faux.

Les quatre grandes compositions des murs sont :

l^La Théologie: Dispute du Saint- Sacrement (1511; paroi de la porte d'entrée). — C'est plutôt une Concordance qu'une dispute. [Ici, la plus belle époque chrétienne tracée par la pein-

ture : le ciel et la terre s'unissent : Dieu, les anges, les docteurs de l'Eglise rassemblés dans une sorte de concile allégorique, consacrent l'institution de l'Eucharistie. Les ligures du haut, assises sur des nuages, se suivent ainsi, à partir des extrémités : à g., St Pierre, Adam, St Jean, David jouant de la harpe, St Etienne, puis un personnage que l'on croit être le prophète Jérémie ; à dr., St Paul, Abraham tenant le couteau du sacrifice, St Jacques, Moïse, St Laurent. — En bas, à partir de l'autel, sont, à g.: St Bernard, St Jéiôme, St Grégoire le Grand; puis un homme debout, délaissant les opinions des philosophes, symbolisées par des livres jetés à ses pieds et se tournant vers l'autel ; à dr., Pierre Lombanl, fondateur de la théologie scolastique, la main levée vers le ciel ; St Ambroise, les yeux levés au ciel; St Augustin dictant ses pensées à un jeune homme; St Bonavcnture, lisant; le pape Innocent III, debout; et derrière lui, en arrière-plan, Dante et Savonarole, moine en robe noire et de profil. Raphaël avait obtenu de Jules 11 la permission d'y placer Savonarole, brûlé comme hérétiqiie à l'instigation d'Alexandre \T, de peu édifiante mémoire. On voit aussi le portrait de Bramante appuyé sur une barrière, et, à l'extrême g., je peintre Fra Angelico. Bramante représente ici un hérésiarque, dont un jeune homme s'éloigne en se dirigeant vers l'autel. — Dans cette fresque, entièrement peinte par Raphaël, qui écrivit à l'Ariosle pour lui demander conseil, outre une belle ordonnance, une harmonieuse unité dans le dessin et dans le coloris, il y a une simplicité, une candeur, un charme de jeunesse qui manquent aux dernières œuvres exécutées sous sa direction. Elle marque une époque solennelle entre l'art du passé et celui de l'avenir.]

^'^ La Philosophie : École d'Athènes (1511; en face de la Dispute). — Un des plus beaux ouvrages de Raphaël, sous le rapport de l'ordonnance, de l'élévation du style ; au moins égal au précédent, et que son genre tout différent met d'ailleurs à l'abri d'une comparaison directe. La Dispute du St-Sacrement est le triomphe de la religion; l'Ecole d'Athènes est le triomphe de la science. — Raphaël, sacrifiant la perspective à l'harmonie, n'a pas voulu trop amoindrir le^'

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