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CHAMBRES DE RAPHAËL

figures du plan siipcricur. Platon et Aristote occupent le centre de la composition. — A dr.. dans le groupe des mathématiciens, Archimède, baiss.', est le poitraitde Bramante. Derrière Ploléraée et Zoroastre couronné, sont, dans le coin du tableau, les portraits du Pérngin et de Raphaël. — A g., derrière le groupe de Pythagore, le jeune homme en manteau blanc est François-Marie délia i\overe, duc d'Urbin, neveu de Jules II. En arrière-plan, Socratc, au milieu d'un groupe, enseigne la sag;esse à Alcibiade. — Cette fresque est très altérée. — Le carton original de l'flcole d'Athènes esta Milan, à la bibliothèque Ambroisienne.

5" La Littérature : le Parnasse (sur une des l'enetrosj. — Raphaël a réuni dans cette suave composilion, autour des Muses et d'Apollon, Homère, l^indare, Sapho, Horace, Virgile, Ovide, Ennius, Properce (figures pour lesquelles on manquait encore d'indications antiques), Dante, Pétrarque, Boccace, Sannazar.

¥La Jurisprudence (sur la fenêtre opposée). — La Jurisprudence est assistée par la Prudence, la Tcnipérance et la Force. A g. de la fenêtre : Justinien remettant le Digeste à Tribonien; à dr., Grégoire IX remettant les Décrétâtes à un avocat du consistoire.

III. Chambre d'Héliodore. — Plafond : Promesse de Dieu à Abi'aham :

Sacrifice d'Isaac; Songe de Jacob; Moïse et le buisson ardent.

1" Héliodore chassé du Temple (sur le mur en face de la porte d'entrée) . — Dans cette fresque, où le général du roi de Syrie est chassé par deux anges et un cavalier céleste du temple de Jérusalem qu'il venait saccager, Raphaël a voulu faire allusion aux succès militaires de Jules II, qui avait dit: « Il faut jeter dans le Tibre les clefs de St Pierre et prendre l'épée de St Paul pour chasser les Barbares. » Aussi est ce Jules II luimême qu'il introduit dans la scène. Les deux premiers porteurs sont le graveur Marc -Antoine Raimondi et peut-être Jules Romain. Ce groupe, étranger au sujet principal, fut ajouté postérieurement par Raphaël. Cette composilion, la plus animée de toutes celles de Raphaël, fut terminée en 1512. « L'enthousiasme que cette œuvre considérable provoque depuis bientôt quatre siècles se comprend aisément : il est difficile, après avoir contemplé les compo-

sitions, si calmes, si nuancées de là salle précédente, de ne pas être saisi devant ce drame biblique, aussi terrible que vivant. » (E. Muutz.)

2° Saint Léon arrêtant Attila aux portes de Rome (parui de l'entrée).

— Le pape à cheval est suivi de prélats aussi à cheval, occupant le plan de g. A dr., Atlila suivi de ses guerriers à cheval. Dans les airs, St l'ierre et St Paul, armés d'une épée. Ici les allusions sont à l'adresse de Léon X, qui avait succédé à Jules II, et St Léon est le portrait de Léon X. Il venait, avec l'aide des Suisses, de chasser Louis XII de l'Italie.

5'' Miracle de Bolsène (en face de la fenêtre). — Légende d'un prêtre incrédule (1264) convaincu par la vue d'une hostie sanglante. — Composition disposée au-dessus d'une fenêtre « avec tant d'adresse, que l'espace qui manque paraît inutile ». On y voit Jules II entendant la messe. Derrière le pape, le caidii al agenouillé, ayant une figure pleine de fierté, est Raphaël Riario, parent de Jules II (il contribua à l'élection de Léon X, qui le nomma chambellan).

Dans cette fresque, Puaphaël se rapproche, pour la richesse du coloris, de la manière de Giorgion. — La femme debout à g. sur le premier plan est la première apparition de la Fornarina dans l'œuvre de Raphaël.

4" Délivrance de St Pierre (sur la fenêtre en lace). — Il y a là encore une allusion à la délivrance de Léon Xj fait prisonnière la bataille de Ravenne. Dans ce tableau, l'artiste représente trois temps différents d'une même action. On a beaucoup admiré l'clfet des trois lumières différentes. Ra[)haël aborde curieusement toutes les parties de l'art : le voilà qui confine aux Véritieus et aux Flamands pour la recherche des effets lumineux. Pour bien voir cette fresque il faut, avec les mains, se préserver les veux du jour de la fenêtre.

IV. Salle de Constantin. — Plafond, ouvrage exécuté \)\\v Lauretti, sous Grégoire in. et terminé sous Sixte-Quint.

l*" Bataille de Constantin (sur le mur en face des deux fenêtres), œuvre posthume de Baphaël. 11 avait exécuté lui-même le carton pour la bataille de Maxence. Afin d'obtenir un ton plus vigoureux, il décida de peindre à l'huile sur la muraille la victoire de Constantin Maxence, près du Ponte Molle. Pour

ROME

MUSÉp:s du VATICAN. [ROUTE 38]

expérimenter l'effet de cette peinture, il lit peindre à l'huile sous ses yeux, pnr Jides Romain et Fr. Penni, les deux figures latéiales de la Justice et de la Mansuétude. — Apres la mort de Raphaël, Jules Romain, ayant enlevé l'apprêt déjà fait pour peindre à l'huile, acheva à fresque cette vaste composition, dont on vante l'ordonnance, mais qui est d'une couleur crue et noire.

2" Uarangue de Constantin à ses soldats (en face de la porte d'entrée), peint par Jules Romain. On croit que le dessin est en partie de Raphaël. Pour complaire au cardinal Hippolyte de Médicis, Jules Romain y a placé la figure grotesque de son nain, Grndasso Beretlai, célébré déjà pnr Berni dans un poème burlesque." « Le coloris de cette peinture est énergique et brillant. »

3« Baptême de Constantin par le pape Sylvestre (paroi de la porte d'entrée). C'est Je portrait de Clément VTI. La composition n'est pas de Raphaël:

l'exécution est attribuée à Franc. Penni (1 524) ; le local est le baptistère du Lalran. V Donation de Rome an pape par Constantin (au-dessus des fenêtres). La composition est àe Jules Romain; V exécution est attribuée à Raf. del Colle.

La salle de Constantin communique avec une salle dite : antichambre des Stanze, ou sala de Chiaroscuri, qui elle-même conduit à la chapelle San Lorenzo (s'adresser, pour la voir, au custode de la salle de la Bataille de Constantin).

Chapelle de Nicolas V ou de San Lorenzo (ou cappella Niccolina), bâtie par Nicolas V. — Fresques remarquables de Fra Angelico ; longtemps oubliées, et restaurées sous Pie VIL

Rangée supérieure (à dr. de la porte) : 1 . Ordination de St Etienne 2. St Etienne distribuant des aumônes. 3. Sa prédication. 4. Sa comparution devant ra>semblée des prêtres. 5. On l'entraîne au martyre. 6. Son maityre. — Rangée inférieure (dans le même ordre) : 1. Ordination de St Laurent par le pape Sixte IL 2 Le pape lui confie les trésors de l'Eglise. 5. St Laurent distribuant ses aumônes. 4. Sa comparution devant le préfet Décius. 5. Son martyre.

De la salle de Constantin on débouche

dans la galerie formant le 2^ étage du fond du Cortile San Damaso. Immédiatement à dr., on entre dans la partie de la galerie (Loi^es de Raphaël) formant un angle droit avec la précédente.

Loges de Raphaël (loggie). — Raphaël est ici tout h la fois architecte, décorateur et peintre, et cette unité fait des Loges une œuvre des plus harmonieuses. Jules II fit commencer les constructions par Bramante. Après sa mort, Léon X les confia à Raphaël, qui se servit, en le modifiant, du plan de Bramante. Raphaël éleva, sur le rez-de-chaussée déjà bâti, trois rangs de galeries ouvertes (loggie) superposées. H ne construisit que le côté qui regarde la ville. Grégoire XII et ses successeurs érigèrent les deux autres ailes sur le même dessin. Raphaël décora une aile des loges du S'' étage. Les fresques des autres galeries furent exécutées postérieurement par divers artistes, et n'offrent point d'intérêt : la loggia du 1^" élage, représentant des bosquets et des oiseaux, fut peinte par Jean d'Udine; celle du 3« étage, décorée par Cesari d'ArpinOy Paul Bnl, Tempesta, a été restaurée sous Grégoire XVI. — Les Loges et les autres galeries étaient ouvertes, ce qui a fort endommagé les peintures ; elles ont été vitrées par Pie IX; il est question d'y rétablir le pavé tel qu'il était à l'origine.

La suite des 52 peintures, particulièrement connues sous le nom de Loges de Raphaël, représente les principaux faits de l'Ancien et du Nouveau Testament, ce qui fait qu'on appelle aussi l'ensemble de ces peintures la Bible de Raphaël, Elles occupent, quatre par quatre, les voûtes de treize arcades, et furent exécutées, vers 1516-1518, par ses élèves.

Comme décoration, Raphaël, avec l'aide de Jean d'Udine, enrichit ces galeries de charmantes arabesques peintes ou en stuc. On venait précisément de découvrir les Thermes de

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