‹ ItalieChapitre 374 sur 587 · PALESTRINA. — OLEVANO · texte numérisé non relu

PALESTRINA. — OLEVANO

b. Par la route de voitures.

32 kil. par la via Casilina ou Labicana ; il n'y a pas de service public.

On sort de Rome par la Porte Maggiore et l'on suit la via Casilina [V. cidessus, Promenades : V), jusqu'à (14 kil.) rOsteria del Finocchio.

On laisse à g. (N.-E.) le Pantano et l'emplacement du lac Regillus (V. ci-dessus, Promenades: Y). La route, qui monte, offre de beaux aspects et passe à côté du petit lac de Colonna.

23 kil. Osteria délia Colonna, — A dr. une route conduit à (1 kil.) Colonna [V, ci-dessus).

On se rapproche à l'E. des Monts Prenestini, dont les pentes sont parsemées de villages et on laisse à dr.

la route qui monte à (7 kil.) Monte Compàtri [V. ci-dessus).

27 kil. 1/2. Casale San Cesareo.

La route se bifurque; à dr. elle continue vers Labico; à g., elle se dirige vers Palestrina qu'elle atteint après avoir laissé à g. la route (via Pedemontana) pour Zagarolo.

52 kil. Palestrina*, 6500 hab., l'antique Pvœneste, vantée par Horace, à 472 met. d'alt. C'est une des plus anciennes villes grecques de l'Italie : elle avait un roi avant la fondation de Rome. Cette ville fut plusieurs fois détruite. C'est la patrie du célèbre compositeur Giovanni Pierluigi da Palestrina ^ mort en 1594 à Rome, maître de chapelle à Saint-Pierre.

On retrouve des restes de murailles pélasgiques, d'autres plus récentes ; celles en assises régulières datent du temps de Sylla, et les murailles de brique des derniers temps de l'Empire.

La ville actuelle, aux rues étroites et escarpées et d'un aspect pitto resque, est principalement construite ^sur les ruines du temple de la Fortune, situé sur la colline que dominait la citadelle. Ce temple, un des

plus vastes édifices de ce genre, s'élevait sur 5 terrasses, dont l'une est occupée par le palais Barberini (1 fr.), du xvii^ s., sur le Corso (inscriptions, statues; mosaïque célèbre découverte en 1H40, et dont le sujet, avec costumes égyptiens, a été interprété très divei'sement ; dans la chapelle, Pietà^ inachevée, attribuée à Michel' Ange],

Du sommet, où était la citadelle (aujourd'hui Monte San Pietro), on jouit d'une vue magnifique.

fA 1 kil. env., ruines d'une villa d'Adrien et d'Antonin le Pieux, et traces d'éditices romains.

De Palestrina à Olevano et à Subiacç (35 kil.; route de voit.). — La route, dite Prenestina nuova, quitte Palestrina par la Porte Sole (au S.), franchit sur un pont de 7 arches (ponte Croce) un torrent qui va former le Sacco et traverse une région fertile.

4kil. 1/2. C«i;e*, 5600 hab., à590 met., sur un contrefort du Monte Guadagnolo et que la route traverse.

A dr. on a une belle vue sur la vallée du Sacco, dominée au S.-E. par Paliano, dont on aperçoit sur les hauteurs le château; plus loin et vers le S., on distingue les maisons à'Aiiagni couronnant une colline élevée.

8 kil. 1/2. Carrefour, où on laisse à dr. la route de Valmontone, et à g. la roule qui monte à (2 kil.j Genazzano.

[Genazzano, 4100 hab., à 374 met. ; une porte crénelée y donne accès. — L'ancien manoir seigneurial des Colonna. qui domine le bourg, a été bâti en partie avec des matériaux enlevés à la" vil la romaine des Genucii. La belle couf,à double colonnade, rappelle le style de Bramante. — L'églisede la Madonna del Buon Consiglio est un des sanctuaires les plus célèbres du Latium.]

On franchit le Geminiano et, plus loin, un autre torrent sur le pont Orsino.

12 kil. Poute Orsino; la route d'Olevano se détache à g. et prend le nom (que rien ne justifie d'ailleurs) de via Maremmana^ pour gravir, par une grande courbe, les riantes collines d'Olevano.

19 kil. 01evano% 4100 hab., à 571 met., dominé par un chatean (Bnrrn)

du xiii^ s. — Les environs, très pittoresques, ont fait d'Olevano une sorte de Barbison romain : les peintres s'y donnent rendez-vous en été,

La route de Subiaco monte vers TE.

jusqu'à la localité dite le Sbarre (674 met.), où elle laisse à g. un chemin montant à Bellegra (815 met.), et plus loin, à dr., une route aboutissant à Rojate; puis elle descend dans la vallée du Tuccianello, qu'elle franchit et, après avoir franchi deux autres petits aifluents de l'Aniene, elle rejoint, à dr., la route venant d'Affilé; elle franchit l'Aniene sur le pont SanMauro.]

53kil. Subiaco (F. ci-dessus).

E. — Velletri. — Cori. — Ninfa.

Ter racine.

122 kil. ~ Chemin de fer en i h. 40; 13 fr. 80, 9 fr. 70, 6 fr. 25.

L'ouverture du chemin de fer, qui, depuis 1892, réunit Rome et Terracine, a considérablement facilité cette excursion que nous recommandons et qui peut agréablement remplir deux journées, si l'on se décidait à visiter le Mont Circello. — Si l'on voulait se borner à la visite de Terracine, on peut, en partant de Rome par le premier train du malin, y revenir le soir.

En sortant de la gare, on longe le nouveau quartier de l'Esquilin ; on laisse ensuite à dr. Téglise de Santa Bibiana et les ruines du temple de Minerva Medica, derrière lequel se dresse la masse de la basilique de Saint-Jean de Latran, avec sa façade couronnée de statues, et Ton sort de la ville par la Porta Nuova, percée pour le chemin de fer un peu audessus de la Porte Maggiore que l'on aperçoit à dr.

Au sortir de Rome, la ligne de Naples laisse à g. celle d'Orte et celle de Solmona et à dr. celle de Civitavecchia, puis elle croise, à la gare de triage, deux voies de service et coupe les routes de Tivoli et de Palestrina (anciennes via Prenestina et via Casilina) ; plus loin, elle laisse à dr. une voie de raccordement et à g. la ligne d'Albano.

On passe à g. de l'aqueduc de l'Ac qua Felice, près de Tarnade delà Porta

Furba (p. 507) sous laquelle passe la route de Frascati (ancienne via Latina ou Tusculana). — A g., belle vue sur les montagnes de Tivoli. — A dr. et à g., restes d'aqueducs et d'anciens édifices. — A g., monticule du Monte del Grano, surmonté d'une tour (p. 507). — On passe entre les forts Casilina, à g., et Ardeatina, a dr. La vue est fort belle à g., sur les Monts de la Sabine, depuis le Soi^atte jusqu'à Palestrina, et au S., sur les Monts Albains et Frascati ; à dr., la ligne des tombeaux de la via Appia est ici parallèle au chemin de fer. — Le chemin de fer, croisant la ligne de Marine, se dirige au S. ; a g., champ de courses des Capannelle[V. p. 516).

\k kil. Ciampino (à g., ligne directe de Rome à Naples et embranchement de Frascati).

18 kil. Fratocchie. On aperçoit Marine à g. sur la colline.

On traverse des vignobles et des petits bois d'oliviers et l'on coupe la via Appia près de VOsteria dette Fratocchie (à g.), au pied de la colline sur laquelle on aperçoit Castel Gandolfo, puis Albano et TAriccia, reliés par un viaduc et dominés par les cimes du Monte Cavo.

On passe sous Tembranchement qui monte d'Albano-Cecchina à la ville d'Albano.

"29 kil. Cecchina, station de la ligne de Rome a Velletri et de la hgne d'Albano à Nettuno (F. ci-dessous, F). On laisse à dr. la ligne d'Anzio et Nettuno.

A dr. s'élève, dans la direction du S.-O., la masse du Monte Circello, formant le promontoire de ce nom au bord de la mer que l'on aperçoit aussi de temps à autre.

On passe à côté du Monte Giove et d'une autre colline, à g., une des dernières du groupe volcanique des Monts Albains et sur laquelle est située la petite ville de Civita Lavinia. Depuis Albano et jusqu'à Vel Jetri ,

VELLETRl. — GORI.

[route 39]

le chemin de fer coupe successivement de petits vallons étroits perpendiculaires à sa direction et formés la plupart de coulées de lave.

55 kil. Civita Lavinia, l'ancienne Lcumvium, 1480 hab., petite ville pitloresquement située an sommet de la colline à g. de la station et dominée par une tour caractéristique du moyen âge. La contrée produit de bons vins.

Après avoir contourné les dernières pentes du ma>sif des Monts Albains, le chemin de fer franchit un ravin sur un viaduc en fer. A g. on a, pendant un moment, la vue de Velleiri.

42 kil. Velleiri*, 17 400 hab., l'antique Yeliiree des Yolsques et la pairie d'Auguste, bâtie dans une situation pittoresque sur une éminence formée par un des contreforts du Monte Artemisio et que l'on atteint en 10 min. de la gare.

Elle était entourée d'une enceinte élevée par Coriolan et que les Romains démolirent l'an 3^'8 av. J.-C, lorsque, pour mettre un terme aux luttes de la guerre latine, ils transportèrent les sénateurs de Yclletri à Rome, où ils furent, dit-on. la souche de ces fameux Transteverini dans lesquels on a voulu retrouver les descendants, non mclanués, des anciens Romains. — Occupée au vi® s. par les troupes de Bélisaire, Velleiri eut à souffrir plus tard des invasions longobardes. En 1774 les collines au N. de la ville ont été le théâtre de la bataille gagnée par les Napolitains du roi Charles III sur les Autrichiens commandés par le prince de Lobkowitz, et en 1849 Garibaldi y défit les soldats du roi de Naples marchant sur Rome.

La ville est mal bâtie, les rues sont étroites, tnrlueuses et généralement assez tristes. — Sans tenir trop grand compte des traces qu'on prétend pouvoir y trouver encore de l'antique enceinte de Coriolan, nous dirons que celle bien postérieure, datant du moyen âge, tombe en ruine et menace aussi de disparaître.

Sur la Grande-Place est V église de Santa Maria in Trivio^ élevée, à la moitié du xiv*" s-, en l'honneur de la Vierge et pour la cessation de la peste qui ravagea la ville en 1548. Le haut clocher, remarquable, rappelle ceux de la même époque à Rome. — En face de l'église est le palais Lancellottiy bâti par Martino Longhi (bel escalier; de la loggia, belle vue fort étendue, surCori, Roccamassima, Artena, Cisterna et Terracina).

Une rue, traversant presque entièrement la ville, conduit de la Grande- Place h la cathédrale, dédiée k St Clément et rebâtie dans la seconde moitié du xvn® s. Elle renferme quelques peintures et des restes de fresques endommagées de l'école du Pérugin (?).

Les colonnes delà crypte proviennent d'anciens édifices.

En haut de la ville, sur l'emplacement de l'ancienne citadelle, est le palais Municipal, bâti par Giacomo délia Porta et où l'on conserve quelques inscriptions anciennes.

Les femmes de Velletri ont une réputation de beauté; leur costume des jours de fête, assez gracieux, est probablement pour beaucoup dans cette renommée.

En quittant Velletri on laisse à dr.

l'ancienne ligne de Rome à Naples, qui va de Velleiri à Segni. — La voie traverse une région accidentée et se rapproche des Monts Lepini dont la chaîne s'étend du S.-E.auS. —Pont viaduc de 5 arches sur le Fosso Piscari.

55 kil. Giulianello' Roccamassima, A dr., couvent abandonné et maisons de Giiilianello; à g., sur le sommet d'une colline abrupte et pelée (750 met.), Roccamassima (1550 hab.).

On traverse des petits vignobles et des olivettes.

59 kil. Cori* petite V. de 6650 hab., à 597 met., sur une hauteur à g.

La ville est partagée en deux parties par un bois d'oliviers; la partie inférieure s'appelle Cori a valle et la partie supérieure, qui occupe l'emplace-

ment de Tancienne Acropole, s'appelle Cori a monte. L'antique Cora^ dont la ville actuelle a pris le nom et remplacement, était une des plus anciennes cités de ritalie ; Virgile et Diodore en parlent comme d'une colonie d'Alba Longa et elle fut une des trente villes de la Ligue Latine. Elle fut saccagée par les bandes de Spartacus, f*.t Properce en parle comme d'une localité entièrement ruinée.

L'enceinte est formée de murs de diverses époques; certaines portions sont antiques et remontent à l'époque pélasgique; la partie plus moderne date du xv^ s. et a été élevée par le roi de Naples Ladislas.

Dans la partie basse de la ville on remarque les restes de plusieurs édifices antiques et notamment ceux du temple de Castor et Pollux^ dont deux colonnes sont encastrées dans les murs d'une maison de la rue, qui, de la place San Salvaiore, monte vers Santa Cliva.

A moitié de la montée entre Cori a valle et Cori a monte, est le vieux couvent de Santa Oliva (dans l'église, quelques peintures du xv^ s.), bâti sur l'emplacement et sur les fondations du temple d'Esculapeet d'Hygée; le beau cloître est destiné k servir de musée et l'on y a réuni quelques antiques. — En contmuant à monter vers le haut de la ville, on remarque de nombreux fragments antiques : chapiteaux, frises, fûts de colonnes, encastrés dans les constructions modernes.

En haut de la ville est la petite église de San Pietro, dont le vestibule est formé par une partie de l'ancien temple d'Hercule (?) ; à Fintérieur, les fonts baptismaux ont d'anciennes sculptures détériorées. Derrière l'église, dans un petit jardin, on voit le portique tétrastyle, encore entier, d'un temple dorique dédié h Minerve.

[Pour aller à (2 h. par un chemin de montagne) Norba (T. ci -dessous), on sort de Cori par la Porta Ninfesina ; nn ancien pont d'une arclie [ponte alla

Catena), ieié sur un ravin profond, est formé d'énormes blocs de tuf et peut être regardé comme un des plus remarquables monuments de ce genre de construction.]

La voie s'éloigne des Monts Lcpini et descend vers la plaine.

6\ki\. Cisterna, v. de 5200 hab., à 5 kil. 0. de la gare, sur la gi'ande route de Rome à Terracine, par les marais Pontins. — Sur les hauteurs à g. , on aperçoit les maisons de Norma. La voie incline au S.-E. et se rapproche du pied des Lepini.

70 kil. Ninfa, halte près des curieuses ruines du bourg de ce nom (datant du moyen âge) qui attirent l'attention par leur aspect pittoresque, au bord d'un petit lac dominé par une tour et près de la source abondante qui donne naissance au ruisseau de Ninfa. C'est une petite Pompéi médiévale, et il serait difficile de ne pas subir l'impression de tristesse poétique qui s'en dégage. L'abandon de Ninfa date du xiv^ s., et doit être attribué à la mal'aria qui infestait la contrée. On retrouve encore les murs des tours des églises, des couvents, des maisons, à moitié enfoncés dans les roseaux et tout enveloppés de lierres et de plantes grimpantes. La famille des princes Caëtani, à laquelle appartient cette localité, a fait restaurer, depuis quelques années, une partie de ces ruines. Il ne reste plus de vivant que le moulin, installé dans une ancienne construction de sljle romano-gothique.

[De Ninfa, un assez bon chemin monte aux ruines de Norba et à Norma. Norba, une autre des trente cités de la Ligue Latine, était déjà ruinée à l'époque de Sylla. Dans une partie des murailles qui l'entourent on peut encore reconnaître ses portes. Les ruines occupent la partie la plus élevée d'une colline rocheuse ; l'Acropole, qui en couronnait le sommet, paraît avoir été protégée par une triple enceinte. Du haut de la citadelle on découvre un magnifique panorama jusqu'à

[route 39] NINFA. — LES MARAIS PONTINS.

Ja mer et son littoral, depuis Ostie jusqu'au Monte Circello.

En descendant de la ciladelle, et à peu de distance au S.-E.,on aperçoit, à Iravers une chaîne dentelée de montnf:jiics, le village moderne de iSoi'tna, 2!250 liab., perché comme un nid d aigle sur un rocher élevé.]

73 kil . Se^mo7lefa-^^orma'Bassiano, station desservant ces trois localités, dont les deux premières sont visibles sur les hauteurs à g., tandis que la troisième se trouve à 8 kil. env. dans la petite vallée qui s'ouvre au S.-E.

Sermoneta^ est un b. de 1200 hab., qui, malgré sa situation élevée ('257 met.), subit rinfluencc désastreuse de la mal'aria, abmentce surtout par les marais de Treponti (6 kil. 0.). L'église de VAssunta occupe l'emplacement d'un temple de Cybèle (à l'intérieur, intéressant siège en marbre orné de reliefs). Le grand château qui domine le bourg et qui appartient au duc Caëtani de Sermoneta, est très bien conservé et digne d'une visite (le permis est délivré par l'intendant ou mastro di casa du duc, à Rome).

On laisse à g. le cimetière de Sermoneta et à dr. un monticule surmonté d'une tour, puis, à g., sur les pentes couvertes d'oliviers, la toui^ Catena ou à'Acqua Ruzza, — A dr., un sombre rideau de verdure coupe la plaine où l'on distingue les maisons de Foro Appio, au centre des célèbres marais Pontins.

[Les Marais Pontins s'étendent de la Torre trc Ponti jusqu'à Terracine, entre un appendice des Apennins (Monts Lcpini ou Monts Voisques) et une ligne de (lunes boisées qui les sépare de la mer, depuis Astura jusqu'au promontoire de Monte Circello et à Terracine. Ils ont 32 L:'. de longueur, 10 à 18 kil. de largeur et une superficie de 18846 hect. La pente du sol, presque nulle, a coniribué à l'extension des marais, alimentés par les cours d'eau descendant des montagnes à l'E. D'un autre côté, les dunes

de sable sur le bord de la mer forment un obstacle à l'écoulement. Les eaux stagnantes s'élèvent à *2 met. dans les parties basses d'octobre au printemps et y entretiennent la njal'aria, qui fait de cette contrée une sorte de désert abandonné aux troupeaux de buffles. A une certaine époque elle aurait été très peuplée; suivant un témoignage cité par JMine l'Ancien, on y trouvait 55 villes. On suppose qu'Appius Claudius fit construire la via Appia sur ces marais ; Cornélius Cethegus y lit des travaux; César et Auguste en firent également.

Les papes essayèrent à leur tour, au moyen âge et plus tard, de dessécher ces marais, et c'est à Pie YI qu'on doit la plus grande amélioration (de 1777 à 1781) : il rétablit en partie la voie Appienne, abanrlonnce en 1580, et l'excellente route qu'il fit faire coûta plus de 8 millions de fr. Il restaura, sous le nom de canal Pio, le canal d'Auguste qui aboutit dans un autre canal, creusé par un neveu de Léon X, et qui débouche dans la mer près de Terracine.

Axe principal d'écoulement, ce canal reçoit latéralement des canaux secondaires, appelés fosses milliaires^ parce qu'ils correspondent aux anciennes bornes milliaires de la via Appia.

Malgré tous ces travaux, l'air n'a presque rien perdu de son insalubrité.

Ces canaux sont souvent obstrués par drs plantes dont la puissance de végétation est telle qu'en coupant celles qui encombrent le tond, on parvient à faire baisser l'eau de 50 cent. Une multitude de ponts sont jetés sur ces canaux, navigables pour des bateaux portant une dizaine de tonneaux.

Les parties de ces marais qu'on a pu livrer à la culture sont d'une fertilité remarquable]

84 kil. Sezze* (Sezze Romano), petite Y. de 9 500 bal)., sur une hauteur (510 met.), d'oii l'on jouit d'une très belle vue. — Cathédrale de style pseudo-gotbique.

On longe à g. le pied des monts dont les flan( s sont couverts de broussailles ; ça et là poussent des opuntia. A dr. la plaine, en jachère et rappelant la puszta bongroise, annonce le voisinage des marais ; puis, on laisse a g. quelques maisons en

ruine avant d'atteindre la vallée de Piperno, bornée à dr. vers le S. par le Mont Sajano (415 met.).

98 kil. Piperno*, 5950 hab., sur une hauteur (150 mèt.),àdr. C'est l'antique Pvivernum, bâiie dans une plaine au milieu des Monts Lepini ou Volsques, dont les sommets moins élevés sont couronnés par de nombreux villages et châteaux. On y remarque la cathédrale avec un portique à trois arcades gothiques et le palais^ autrefois du Gouverneur, du même style. Les environs al)ondent en ruines (au pied du Mont Sajano, au S.-O., restes de la villa de Scjan, etc.).

[A 4 kil. en V., dans la vallée de l'Aniascno (F. ci-dessous), est l'amien monastère de Fossaiiuova de l'ordre de Cîieaux, où mourut, en 1274, St Thomas d'Aquin, qui se rendait au concile de Lyon (suivant Villani, il aurait été empoisonné par ordre de Charles d'Anjou, roi de Naples). Les villages des environs de Fossanuova : Sonnino (V. ci-dessous), Prossedi, San Lorenzo, sont célèbres pour les costumes des femmes.]

De la station de Piperno on a une belle vue à l'E. et au N.-E. sur la vallée de l'Amaseno et le b. de Maenza, dominé par les sommets du Mont Calvello (9^28 met.) et, plus au N., du Mont Gemma (1 400 met.) La voie longe la rive dr. de l'Amaseno, qu'elle t'ianchit un peu après avoir dépassé (à dr.) l'abbaye de Fossanuova (F. ci-dessus).

105 kil. Sonni?io*\ h. de3400 hab. , ? 6 kil. E.jdans une vallée latérale, et qui fut longtemps un repaire de brigands et qui, tout en étant la patrie du célèbre cardinal Antonelli, jouissait à cet égard d'un renom populaire.

— La voie court entre les Monts Ausoniij à g., et la plaine à dr. ; cette plaine fait partie des marais Pontins et présente aux regards une végétation luxuriante. On remarquera des oliviers et des chênes séculaires dont les troncs aux proportions colossales

présentent les formes les plus étrangement pittoresques.

111 kil. Frasso, halte.

On contourne, à g., le pied du Mont Leano (676 met.) et l'on rejoint àdr. la via Appia nuova, près de deux petits étangs et des restes du « fanum )) de Feronia à l'endroit où se trouvaient, du temps d'Horace, le bosquet, le temple et la source de Féronie. — Sur les pentes à g., beaux jardins d'oliviers. — X partir de cet endroit la voie ferrée hnge, à dr., l'antique via Appia et atteint le rocher sur lequel et au pied duquel est bâtie Terracine.

122 kil. Terracme*, 9000 hab., en ilal. Terracimij VAnxur des Volsques et la Trachina des Grecs.

Cette ville, fondée par les Volsques, dans une situation pittoresque sur la limite des marais Pontins et à l'extrémité d'une chaîne de collines aboutissant à la mer, de manière à laisser à peine place pour la route, se ressent de l'insalubrité des marais voisins.

Dans l'antiquité elle fut une station maritime importante, et l'on y trouve encore des ruines d'édifices élevés par les divers peuples qui l'ont possédée.

En quittant la gare on suit la route qui traverse la partie bassede la ville, datant du pontificat de Pie VI (fin du xvnf s.) qui y fit bâtir la douane, un hôpital et une caserne; elle est pendant l'été le rendez-vous de nombreux baigneurs. L'ancienne ville, qui s'élage sur le versant de la colline, est dominée par un monastère et par les ruines du palais de Théodoric.

La cathédrale^ consaciée à St Pierre, s'élève sur une place qui a conservé une partie de l'ancien pavé.

Bâtie danslestjlebyzantin-italien, elle occupe l'emplacement d^un temple de Jupiter Anxurus, ou d'Apollon, d'où proviennent les colonnes du baldaquin de l'intérieur. Son vestibule est orné de 10 colonnes antiques supportées par des lions; on y voit une sorte de

IRutJTE 39|

Page 1