TERRACINE. — ANZIO
grande chaudière qui servait (dit- on) au martyre des premiers chrélicns. La chaire est décorée de mosaïques.
Les ruines du palais de Tliéodoric, à 40 min. env. de la ville basse (un guide, 50 à 60 c), sur le haut d'un rocher, appelé Pisco Montano, d'où l'on a une très belle vue sur les marais Pontins, une ligne de cotes étendue et les îles de Ponza, méritent d'être visitées. Plusieurs chambres et corridors existent encore et rappellent assez, par leur distribution, l'arrangement du palais de Néron à Kome.
Celait la l'emplacement de l'acropole delà cité primitive.
Il ne reste de l'ancien port, aujourd'hui ensablé, que les anneaux auxquels on amarrait les navires et que l'on voit dans la partie S. à côté de l'auberge.
[Un assez bon chemin, longeant le bord de la mer, conduit on 3 h. env., à l'O. de- Terracine, au Monte Circello (le Promontorium Clrcœiun des anciens), que les hahitants désij^neut sous le nom de Monte San Felice, du nom du petit V. de San Fclice situé au pied du versant S. (on y trouve quelques rafraîchissements et, au besoin, un o^îte). Ce rocher calcaire, qui s'élève isolé à l'extrémilé S.-O. des marais Pontins, servit, suivant les légendes poétiques, de retraite à la maj-icienne Circé, dont le souvenir s'e<t perpétué jusqu'à nos jours dans le nom de gratta delta Maga, donné à une caverne tapissée de stalactites. Homère place dans une autre localité cette célèbre magicienne qui changea en pourceaux les compagnons d'Ulysse. — Plusieurs endroits de la montagne gardent encore les traces de l'ancienne ville de Circsei, qui existait encore du temps de Cicéron (il y séjourna à plusieurs reprises), — Du sommet (540 met.) la vue embrasse un magnifique panorama depuis Rome jus((u'au Vésuve et sur la mer, où l'on aperçoit le petit archipel des îles Ponza, et, plus au S., les îles d'ischia et de Cnpri à l'entrée du golfe de Naples. Au pied du versant N.-O. du Mon^ Circello est le lac de Paola. sur les bords duquel on voit quelques ruines romaines; plus au iS. se trouvent deux nutres petits lacs.]
f. — Anzio. — Nettuno.
61 kil. — Chemin de fer en 1 h. 50 ; 6 fr. 90 4 fr. 85, 3 fr. 15.
29 kil. de Rome à Cecchina(F. cidessus, E).
A la station de Cecchina on quitte la ligne de Rome à YelletrietTerracine et l'on change presque toujours de wagon.
La ligne de Nettuno se dirige vers le S., passant au milieu de beaux vignobles, au pied des collines de Civita Lavinia. A dr. on aperçoit la mer.
41 kil. Carroceto, halte au milieu d'une cnmpagne ondulée dont l'aspect devient de plus en plus aride.
On traverse des maquis; ça et là on voit des troupeaux de bœufs et de chevaux. — Après avoir décrit une courbe, la voie atteint la mer aux environs de Porto d' Anzio, dont l'aspect est des plus pittoresques.
58 kil. Anzio ^, appelé autrefois Porto d'A7izio, b. de 2300 hab., très fréquenté à l'époque des bains de mer.
C'est l'ancienne Antium, capitale des Volsques, qui résista longtemps aux Romains. Quand les Romains la soumirent, ils brûlèrent les vaisseaux des Antiates, et en emportèrent les proues de bronze (rostra), dont fut ornée la tribune aux harangues. Celte ville, dans une situation salubre, redevint florissante : les Romains, Cicéron entre autres, y eurent des villas. Un seul fait suffit à faire apprécier l'importance qu'elle dut avoir à une certaine époque : c'est là qu'ont été trouvés, sur l'emplacement d'une villa de Néron, l'Apollon du Belvédère (Vatican), le Gladiateur (musée du Louvre) ; et elle recèle probablement encore d'autres trésors. Elle fut dévastée par les Sarrasins. Innocentai!, pour y rappeler la population, fit reconsiruire un nouveau port. L'architecte Zinaghi le fit avec si peu d'intelligence, que l'accumulation du sable ne permet plus la fréquentation de ce port qu'à des bâtiments d'un faible tonnage.
Les seules ruines visibles sont des restes de murailles et les môles de Néron.
à (Ir. la ligne de Civita Vecchia (R, 22, A).
51 kil. Porto, l'ancien Portus Trajani, — Cathédrale^ du x^ s., consacrée à Ste Rufîne. — Palais e/nsco/?a/,avec quelques antiquités. — Au S.-E., restes du port de Trajan (imposantes ruines des horrea ou anciens magasins, correspondant à nos docks; grand bassin octogone actuellement desséché).
C'est à Porto que le Tibre, se bifurquant en deux bras, dont celui de dr.
prend le nom de Fiumicino et celui de g. le nom de Fiumara, forme Vîle Sacrée (isola Sacra), lande désolée, large de 3 kil. env., ainsi nommée d'une église consacrée à St Hippolyte. Un bac (scafa) transporte les passants de Porto à Sant' Ippolito [V. ci-dessous).
Dans le principe, le Tibre n'avait qu'un seul bras et qu'une seule embouchure. Mais, pour obvier à l'ensablement du fleuve et permettre aux navires de remonter jusqu'à Rome sans aucune perte de temps, Trajan fit creuser un canal communiquant directement de Porto à la mer. — Le gouvernement italien a commencé des travaux destinés à régulariser le cours du fleuve.
54 kil. Fiumîcino'*', v. moderne avec un château du xvn^ s. — Pendant le printemps et l'automne les Romains viennent à Fiumicino respirer Pair de la mer et faire des parties de chasse.
De Fiumicino on peut se rendre à (1 h.) Ostie en traversant l'île Sacrée (prendre garde aux nombreuses bêtes à cornes qui paissent dans l'île et qui sont loin d'être apprivoisées ; ne pas s'éloigner des palissades) ; on franchit sur un pont de bateaux le bras dr. du Tibre, dont on longe la rive g. ; on passe, à g., devant l'église de Sant* Ippolito, d'où Ton atteint en 40 min.
les maisons de Tor di Boacciano sur le bras g. du Tibre, qu'un bac traverse en quelques minutes.
La villa du prince Borghèse occupe l'acropole de la cité antique et offre une vue très étendue.
Au delà d'Anzio la voie ferrée côtoie le bord de la mer.
61 kil. Nettuno*, 2900 nab. — Nombreuses traces de villas antiques entre ces deux villes. — Costume oriental des femmes.
[De Neitiino, un chemin, qui longe la nier, conduit à (10 kil. S.) Astura. C'est un rocher, ne tenant à la côte que par un pont. Cicéron y avait une villa, à l'endroit où une tour élevée domine la côte. C'est de là que, fuyant la proscription, il s'embarqua peu de temps avant sa mort. — A 5 kil. cnv. au N. d'Astura, un tombeau antique (riésifrné sous le nom de Torraccio) e>t supposé celui de Tullia, fille de Cicéron, qui mourut à Astura.
Entre Astura et le cap Circeo règne une plage couverte de dunes, de foiéls et de marais, dont la traversée serait pénible. Il vaut mieux s'embarquer à Astura si l'on veut visiter le Mont Circcllo [V. ci-dessus, E), à l'extrémité des marais Ponlins].
G. — Fiumicino. — Ostie.
Excursion intéressante que l'on peut faire soit par le chemin de ter, jusqu'à Fiumicino ; soU directement, en voiture, de Rome à Ostie. Ce dernier moyen de locomotion eslprélérableet, tout compte (ait, ne demande pas plus de temps. — Bateaux à vapeur de Rome (embarcadère au port de Ripa) à fiumicino (service irrégulier, subordonné à la hauteur des eaux du Tibre).