DES BAINS DE LUCQUES A LUCQUES
Pour la description de cette route, F. R. 18, en sens inverse.
BOLOGNE
Situation. — Aspect gpénéral.
Bologne, V. de 100 000 hal).
(avec la banlieue, 144 000), capitale de VEmilie, est située dans une plaine fertile. Le canal dérivé du Reno la parcourt dans sa partie N.
Elle est entourée de murs de brique, percés de 12 portes, qui ont 6 kil. de circuit et figurent une sorte de pentagone.
La place Nettuno occupe à peu près le centre de Bologne ; autour de ce point rayonnent les rues étroites et tortueuses qui constituent l'ancienne ville. Le plus grand nombre des rues sont bordées de deux côtés de portiques irréguliers, utiles pour abriter les piétons, mais qui rendent la ville un peu triste. Plusieurs quartiers semblent déserts ; des hôtels nionumentaux sont mornes et paraissent inhabités. Les entrées des maisons bourgeoises ressemblent à des entrées de couvent.
Histoire.
Bologne fut ibiulée par les Étrusques, qui lui donnèrent le nom de Felsina.
Son second nom antique, Bononia.^vo-vient, selon quelques-uns, des Gaulois Boïens, qui s'en emparèrent au temps de Tarquin l'Ancien. Sous les empereurs romains elle éleva des temples, des théâtres, des thermes, etc.... Mais elle fut successivement ruinée par les invasions des barbares. Au viii^ s., elle tomba au pouvoir des Lombards; Pépin et Charlemagne la leur enlevèrent. A la fin du x'^ s., elle devint une république. Plus tard elle se rangea du parti guelfe et elle eut des luttes à soutenu^ avec les républiques voisines, qui étaient gibelines. Des divisions intestines, commencées au XIII^, durèrent deux siècles. Les premières factions furent celles des Gercmei, guelfes, contre les Lambertazzi, oibelins (1274-1297). Bologne implore alors l'aide deBoniface YIll et reçoit les
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légats de Rome (1306), qu'elle ne tarde pas à chasser. Romeo Pepoli allait s'emparer du pouvoir lorsque la nouvelle de l'arrivée de rempercur Ludovic de Bavière jeta l'alarme dans le parti guelfe et, en 1527, dans l'impossibilité de se défendre contre les gibelins, Bologne appelle encore le pape à son aide. Mais la tyrannie de son légat soulève une révolte. Elle tombe ensuite sous le joug des Pepoli, qui la vendent à Jean Yisconti, archevêque et duc de Milan (1350). Une conspiration formée contre ce dernier est découverte ; « 32 citoyens ont la tête tranchée. Pour comble d'humiliation, les Bolonais sont conduits, armés de bâtons, contre les troupes du pape.
Au moment de combattre, on échange ces bâtons contre des armes, qui leur sont reprises aussitôt après la bataille. » Puis Oleggio, neveu de Jean Yisconti, se rend maître de Bologne, et, pour échapper aux poursuites des Yisconti de Milan, la vend au pape (1360). Albornoz, légat du pape, rétablit la tranquillité dans la ville et lui donne une constitution. Le pape, (Ut-on, veut la vendre au marquis d'Esté ; et quelques citoyens courageux lui ren ■ dent encore la liberté (1376). Enfin Bentivoglio, chef de l'une des deux factions qui déchirent la ville, s'empare du pouvoir (1401). Mais le duc de Milan lui enlève Bologne, et, après sa mort, elle est de nouveau cédée au pape. Ensuite elle passe par plusieurs alternatives de révoltes et de liberté et de soumission au pape. — En 1443, à la suite d'une dernière insurrection, Annibal Bentivoglio est mis à la tête de la république ; il est assassiné en 1445, par suite d'un complot trame entre le pape Eugène lY et le duc de Milan. Son fils gouverne Bologne depuis 1462 jusqu'en 1506. Alors le pape Jules 11, convoitant Bologne, publie à Césène une bulle par laquelle il déclare Bentivoglio et ses partisans rebelles à l'Eglise, abandonne leurs biens au pillage et voue leurs personnes à l'esclavage. Quelques jours après il entrait militairement dans la ville. En 1511, les Bentivoglio tentent de ressaisir le pouvoir ; le peuple brise la statue de bronze du pape, par Michel-Ange.
Jules II, désireux de venger cette offense, fait attaquer Bologne, qui accepte (10 juin 1512) une capitulation, par laquelle elle est désormais privée du droit de nommer ses magistrats. — En 1796,