‹ ItalieChapitre 74 sur 587 · ROUTE 8] BOLOGNE : — HISTOIRE DE I/ART · texte numérisé non relu

ROUTE 8] BOLOGNE : — HISTOIRE DE I/ART

Augereau s'empara de Bologne, qui, en 1799, tomba au pouvoir des Autrichiens.

Les Français la reprirent après la bataille de Marengo, et elle devint le cheflieu du département du Reno. — En 1815, elle l'ut restituée au pape. — A la révolution de 1831, elle se sépara des Etats de l'Eglise pendant quelque temps.

— A la révolution de 1848, elle soutint pendant six jours une lutte héroïque contre les troupes autrichiennes, qui, jusqu'en 1859^ continuèrent à l'occuper, selon une convention faite avec le pape.

— Bologne a pour devise : Liber tas.

Histoire de l'art.

Bologne, qui devait tenir une place importante dans l'histoire de l'art, ne manifeste p;is dans l'origine un génie propre et original. Son école, encore au berceau, semble déjà dévolue à l'éclectisme, qui doit rester plus tard son caractère définitif. Des discussions animées ont eu lieu entre les Bolonais, qui prétendent avoir une école autochtone, et les Florentins, qui prétendent avoir été leurs maîtres. Bologne cite parmi ses premiers peintres : le miniaturiste Oderigi, « Vono7' d'Agubbio » (Dante, Puro., \i ' mort vers 1^299, un an avant Gimabue; son élève Franco, qui tient vers 1315 une première école de dessin à Bologne. Tarmi ses successeurs on compte : Vitale,

on compte Lorenzo Costa (V. Ferrare, Ai. 10); — Girolamo Marchesi (dit le

i'^ni^T^l' ''^^ '^" ^'^"^ '^^ naissance 1471-1D40); — Glov, Maria Chioda^ ^^'^i — l.e bizarre Amico Aspertini, (Jiii florissait vers io\4; — Fra?icucci, dit Innocenzo d'Imola (1493-1549) et Hameîighi, dit le Bagnacavallo (1493- Io51), qui imitèrent Raphaël. — PellegrinoPellegrini, dit Tibaldi (1527-91) suivit les exemples de Michel-Ange • ii devint un architecte célèbre. -- Bartolommeo Cesi (1556-1629) ; on dit que ses ouvrages contribuèrent à inspirer la première manière du Guide. — Un élève d Innocenzo da Imola et de Bagnaoavallo, Fr. Primaticcio (le Primatice) s attacha a Jules Romain et travailla en France. Quelques autres noms ont de la célébrité : — Prospero Foniana travailla avec Vasari, qui lui apprit à peindre vite et de pratique (1512-97) -il- sa iille Lxvinia[\o^<^-mi), habile peintre ; n^r77'''^f ' "" ^^^'"''^^^ Sabattini chim p-5'5-11) ', Bartolommeo Passarotti (1550-92). La première école bolonaise compte encore une suite de peintres, avec lesquels l'art va en déclinant. Ce qui manque à la plupart des peintres bolonais depuis Francia c est 1 inspiration personnelle, l'individualité.

Vers la fin du xvi« s., alors que toutes

do Bologne, ^^^CZl^Z leslœ/^s HaS^i^; '^^S^T ^i^;s.' Jacopo Avanzi ou Davanzo A une décs^dencedrihlZ?^^^^^^ A^' eleve de Vitale (florissait vers 1570) celle drEie P^^trP fl^ P ''^'J'^"' Ln^po Dalmasio: Maso, Marco Zop^i sa péi^Te 11) Lt^^^ ell'lvl^nt

hn du xve s.), élève de Squarcione et la première pour 'en eionemenf un des ulus e-ranrk np ntrp« Ha p.j^rr..^ «...,L „.• ^ . ! t^iJseignement

un des plus grands peintres de Bologne. Mais tous ces noms pâlissent devant celui du célèbre peintre de Madones, Francia.

Francesco Haibolini, communément appelé le Francia (1450-1517), orfèvre très renommé et peintre habile, est,

après avoir appris de toutes les au'tres eiic les reforme toutes. « Il est vrai que son éclat est tout d'emprunt ; elle ne le doit m a l'inspiration ni à l'originalité mais a 1 imitation. Quelque grands qu'ils soient comme artistes, les CarT^ache

ESiSH^siiSîi^Hi!

ces deux derniers ; il a plus de sentiment que d'imagination. Il exécuta aussi de grands tableaux et des fresques qui ont ete vantées par Vasari. Raphaël devint son ami, et envoyante Bologne son célèbre tableau de Sainte Cécile, il le pria de corriger les défauts qiCil y découvrirait. — Plusieurs artistes ont encore porté le nom de Francia : son fils Jacopo; son frère Donicnico; Giovanni Baitista. son neveu. Parmi ses élèves

nées du sentiment italien n'était-eTle pas accomplie ? Le sentier de l'imitation était donc battu par toutes les écoles Les Carrache y entrèrent plus largement que leurs devanciers, pensant que la gloire de l'art consistait désormais à amalgamer savamment toutes les qualités spéciales dominantes des différents maîtres.

Louis Carrache (1555-1619), que la lenteur de son esprit avait fait surnom-

BOLOGNE

mer le Bœuf, fut le premier promoteur de cette révolution. Il s'y prépara par des études à Venise, à Florence et a Parme. Revenu à Bologne, il l'\nça dans la peinture ses cousins Augustin (155 /- 1602) et An?iibal Carrache (1560-1609).

Us eurent à lutter contreles préventions, mais finirent par en triompher, et ils ouvrirent une académie qui, sous la direction particulière d'Augustin, devint la première école de peinture de l'époque, d'où sortit une légion des peintres les plus célèbres de cette dernière période de l'art italien. L'œuvre capitale d Annibâl Carrache, ce sont ses fresques du palais Farnèse à Rome; Poussin disait qu'on n'avait rien vu de supérieur depuis Raphaël. Il ne parle pas à l'âme; mais il étonne par la orandcur du style, la correction du dessin, la vigueur et la tacilité de l'exécution, ainsi que par sa tecondité. Annibal Carrache est un des plus m-ands peintres de l'école de Bolo-ne.

LeDominiquin (DomenicoZampieri, 1581-1641); Poussin le regardait comme le plus grand peintre après Raphaël. Plus inégal que les Carrache, il s'est souvent élevé au-dessus d'eux. On lui a reproche son défaut d'invention; il est souvent froid et théâtral. Il passa de l'atelier de Calvaert à celui d'Aug. Carrache. Annihal Carrache l'employa dans la décoration de la galerie Farnèse. Le célèbre tableau de St Jérôme, que le Dominiquin fit a l âge de 53 ans, excita contre lui la jalousie du Guide, de Lanfranc et du Joscpm. Plus tard, à Naples, il fut en butte aux persécutions de Ribera, qui avait iait tuir successivement de cette ville Annibal Carrache, le chevalier d'Arpin, le Guide. Quand le Dominiquin se mourait a INaples d'inquiétudes, de chagrin et peutêtre du poison, son condisciple Lantranc V arrivait en magnifique équipage, suivi lie nombreux domestiques. La coupole que le Dominiquin venait d'achever tut effacée, et Lanfranc, dont Annibal Carrache avait de bonne heure excite la jalousie contre Zampieri, fut charge de la

"Y^Gidde {Guida Reni; 1575-1642), le plus brillant élève de l'école des Carrache, est celui qui excita le plus leur ialousie. Aucun peintre peut-être ne rendit d'une manière plus constante les caractères extérieurs de la beauté, smsniraiitpour cela des beaux modèles antiques et des figures de Raphaël. Mais il

semble que ce soit chez lui une sorte de pratique conventionnelle, et non une aspiration de l'âme. (C'est ainsi que, pour donner de l'expression à ses têtes, il abuse des regards levés vers le ciel.) On a dit de ses figures qu'elles semblent nourries de roses. Peintre très fécond, inégal, il a eu plusieurs manières, et, à la fin, il produisit avec une déplorable facilité pour alimenter sa passion pour le jeu. Il eut une école importante. Parmi ses imitateurs, on cite Andréa Siram, père de cette Elisabeth Sirani née en 1638, morte du poison à 26 ans, et qui manifestait un beau génie. Ses meilleurs élèves sont Francesco Gessi (1588-1649), Dom. M.Canuti(W10-U).

VAlbane (1578-1660) est aussi un de ces peintres de la grâce extérieure, lacile et banale dont le charme est moins apprécié aujourd'hui qu'il ne l'a été a une autre époque. Son nom harmonieux est devenu un symbole ; mais une idée de fadeur s'attache à ce nom du (( peintre des grâces » , qui a cependant manifesté dans quelques-unes de ses œuvres moins connues un sentiment intime et un style plus élevé.

Le Gucrchin [Giovanni Francesco Barbieri, dit il Guercino; 1591-1666) n'est considéré comme appartenant a l'école des Carrache que par la direction et l'affinité du talent. Quelques ultramontains excessifs dans leur admiration l'ont appelé le Magicien de la peinture ; il possède du moins une grande entente du clair-obscur. Il chercha a concilier les manières opposées des Carrache et de Michel-Anoe de Caravagc.

Vers la fin de sa carrière il imita le Guide, alors le plus à la mode. Il avait besoin de produire beaucoup ; il y réussit en fondant ses contours pour s'épargner le soin de les arrêter, et en ne mettant dans ses tableaux que des demifio-ures rangées sur un môme plan. Son chef-d'œuvre est la Sainte Pétronille à Rome. (F. aussi l'Aurore de la villa Ludovisi, à Rome.)

Lanfranc {Giovanni Lanfranco , 1581-1647), prosélyte des Carrache, se fit, sous l'inspiration des Carrache et du Corrège, une manière à lui, facile, à etîet, dans laquelle l'art tend à n'être plus qu'une brillante décoration.

Après ces maîtres brillants de l'école de Bologne, il faut encore citer, parmi la foule des successeurs : Alessandro

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et tombeau d'Ant. Bentivogliojetl'ilcadémie des Beaux-Arts (p. 50); — l'après-midi, place VittorioEmanuele (p. 38), le musée Civique (p. 55; il ferme à 5 h.), V église San Petronio (p. A'2; à la façade, portes sculptées par Jacopo délia Ouercia ; à Tintérieur, peintures et sculptures) et V église San Domenico (p. 45 ; chapelle et tombeau de Saint-Dominique). — A la fin de la journée on pourra se faire conduire eu voiture soit au Campo Sa?îto (p. 58), soit à la villa Revedin (p. 57 ; très belle vue), soit encore à la promenade Margherita (p. 40).

En réalité, il faudrait consacrer deux journées h la visite de Bologne.

77«n'?î/ (1577-1068) ; — Lionello Spada (1576-16'22), d'abord broyeur de couleurs chez les Carrachc; il modilia leur manière par celle du Carava^^e ; — Simone Caniarlni, dit le Pesaresc (1612-48);— Lucio Massari (1569-1655); — Vr. Drizzi ( 1574-1625) ;— Dondvcci, dit le Mastelletta (1575-1655); Pietro Francesco Mola (1612-1668), elc.

Vers la iin du xvii'' s., une dernière révolution a lieu dans l'école bolonaise. Nous nous contenterons de nommer les deux chefs de celte nouvelle école : Lorenzo Pasinelli, cherchant à associer le dessin de Raphaël au coloris de P. Yéronèse, et le chev. Carlo Cignani (1628- 1719), cherchant à unir la grâce du Gorrège à la science d'Annibal Garrache.

Une académie publique des beaux-arts fut établie en 1708 à Bologne, et Gignani en fut le directeur. Ses élèves les plus célèbres furent Marcantonio Franceschini (1648-1729) et Crespi (1665-1747).

Au xvn" s. et au commencement du xviFi* s., l'école bolonaise brilla surtout par les habiles décorateurs qu'elle produisit : les Bibbiena, architectes de théâtres, Colonna, Franceschini, etc.

Principales curiosités.

Places delNettuno(p. 57) et Vittorio Emanuele (p. 58).

Eglises : San Petronio (p. 42) ; San Domenico (p. 45) ; San Giacomo Maggiore (p. 46); San Giovanni in Monte (p. 46) ; Santa Maria dei Servi (p. 48); Santo Stefano (p. 48). — - Académie des beaux-arts (p. 50). — Musée civique (p. 55). — La Mercanzia (p. 58). — Tours des Asinelli et Garisenda (p. 58). — Promenade Margherita (p. 40).

Environs (p. 57) : San Michèle in Bosco ; villa Kevedin ; portiques de la Madonna di San Luca; la Certosa (Campo Santo).

N. B. — Les voyageurs pressés gui voudront visiter Bologne en une journée devront se borner à voir le matin : la place del Netiuno (p. 57), les tours des Asinelli et Garisenda (p. 58), la Mercanzia (p. 58; extérieur), V église San Giacomo Maggiore (p. 46; Madone par Francia

Rues. — Places. — Fontaines. — Statues. — Palais et maisons remarquables. — Promenades.

De la gare, qui est au JN, de la ville, on entre dans Bologne par la barrière latérale de la Porte Galliera (PI. €, 1). Un peu à g. s'ouvre la belle rue moderne, dite vîa deirindîpendenza. Laissant à g. l'ancien jardin public de la Montagnola, aujourd'hui délaissé, et la grande place deWOtto Agosto (ancienne place d^Armi; PI. G, 2), elle passe devant l'église de San Benedetto (p. 45) à dr. et devant le monument commémoratif d'Ugo Bassiy à g., puis, toujours à g., devant le Dôme (p. 41) et aboutit à la place del Neltuno.

La place del Nettuno (PI. B, G, 5) est décorée d'une belle fontaine [Foniana del Gigante), érigée en 1564, dessinée par Laureti et ornée d'une statue en bronze de Neptune d'une grande tournure, par Jean Bologne (né à Douai, en Flandre, en 1524); aux angles du piédestal sont quatre élégantes Sirènes, pressant leurs mamelles de leurs mains pour en faire jaillir l'eau. Gette fontaine a coûté 70 000 écus d'or. — Le côté 0. de la place est formé par une aile du Palais Public (p. 49), où se trouve la Poste aux lettres (PI. 55); le côté E., par

la façade 0. du palais du Podestat (F. ci-dessous) ; du coté N. partent, à g. , la rue Ugo Bassi et, à dr., la rue Rizzoli, qui constituent la principale artère du mouvement urbain et où se trouvent les principaux hôtels (au n° 75 de la rue U^o Bassi, ancien palais 3îalvasia, auj. hôtel Brun).

Au S. de la place del Nettuno s'étend la vaste et caractéristique

Place Vittorio Emanuele (ancienne Piazza Maggiore ; PL B, C, 5), forum de Bologne au moyen âge et située presque au centre de la ville (c'est de là que partent tous les tramways); au milieu s'élève la statue équestre en bronze de Victor Emmanuel^ par G. Monteverde (1888). — Cette place est bordée à PO. par le Palais Public (ou Palais del Governo; p. 49), et au S. par l'église de San Peironio (p. 42) et le palais dei Notari (au coin de la rue d'Azeglio).

Le côté N. est formé par le palaîs du Podestat (PL 51), édifice de 1201, avec une façade de 1485 (par Bart. Fioravanti?). Là mourut en captivité (1272) le roi Enzo, fils de Frédéric II. Une des salles de ce palais servit, en J410, au conclave pour l'élection du pape Jean XXUL La tour {Torrazzo dell'Arringo) est de 1264; les statues, en terre cuite, des quatre protecteurs de la ville, sont d'Alf.

Lombardi. — Le côté E. est borné par des arcades, Portico dei Banchi, reconstruites par Vignole de 1560 à 1562 et restaurées en 1888. — A LE.

de ces arcades est la petite église de Santa Maria délia Vita (p. 47).

Quartier à l'E. de la place Vittorio Emanuele. — De la place Nettuno en suivant vers l'E. la rue Rizzoli, on arrive à la place di Porta Ravegnana (PL G, 5), carrefour où s'élèvent deux curieux monuments qui donnent une physionomie particulière à Bologne : ce sont les deux tours penchées, carrées et construites en brique.

BOLOGNE. [route 8]

La tour des Asinelli (PL 44), bâtie vers 1105, par la famille Asinelli, haute de 97 met. 90, a 1 met. 16 hors de la perpendiculaire. Cette inclinaison, mesurée après le tremblement de terre de 1779, n'avait pas augmenté. On a constaté une légère augmentation lorsqu'on la mesura de nouveau en 1815. Un escalier (ou plutôt une échelle) de 449 marches (ascension très pénible; faire bien attention à la descente) conduit au sommet (belle vue).

La tour Garisenda (PL 44), bâtie en 1110 par les frères Gariseyidi, est haute de 49 met. Son inclinaison, mesurée en 1762, était de 2 met. 59 à l'E. et 0 met. 97 au S. De nouvelles mesures, faites en 1815, ont constaté une augmentation de 0 met.

48. Cette inclinaison, due à quelque tremblement de terre ou à Palfaissement de la construction, existait déjà du temps de Dante, à qui elle a fourni une comparaison [Enfe)\ XXXI).

Sur la place, en face des tours, la jolie maison (n" \) de l'Association des Chiffonniers ((( arte dei cenciaiuoli )) ou (( Universitas interpolatorum ») a une élégante façade dessinée, dit-on, par le Francia.

Derrière les deux tours est Féglise de San Bartolommeo di Porta Bavegnana (p. 44), et, plus au S,, se trouve la Mercanzia {Fo7'0 ou Loggia dei Mercanti; PL 25), siège de la Chambre de Commerce. Cette remarquable construction ogivale (1294) reçut sa dernière forme en 1459 et a été restaurée en 1856 et en 1891.

De la place de Porta Ravegnana cinq grandes rues rayonnent en éventail du N.-E. au S. :'la rueZamboni, la rue San Vitale, la rue Mazzini, la rue Santo Stefano et la rue Castiglione.

1°. — La rue Zamboni (parcourue par le tramway de la Porta Zamboni), au N.-E., passe, à g., devant V église de San Donato, à côté de laquelle est la maison Malvasia (n° 16; très

Giiidiîs Joaraie .

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