IMOLA. — RAVENNE
nom de Bagnacavallo. — Eglise délia Pieve, fondée, dit-on, par Galla Placidia au v" s. (restes de l'ancien ciborium ; absides avec peintures restaurées de l'école de Giotto).
67 kil. Russi, 7560 hab., entourée de murs, avec un vieux castel.
71 kil. Godo. — On rejoint à g.
la ligne de Ferrare (R. 9).
84 kil. Ravenne.
RAVENNE Situation. — Aspect général.
Ravenne*, V. de 19 000 hab.
(avec la banlieue 62 550) , située autrefois sur les bords de l'Adriatique, et actuellement à 9 kil. env. de la mer, est encore ceinte de murailles.
— La ville occupant une surface beaucoup trop étendue pour le nombre des habitants, il en résulte que les rues sont tristes malgré leur aspect clair et propre. C'est une des villes les plus intéressantes de l'Italie et que les voyageurs ne devront pas manquer de visiter.
Ravenne communique avec la mer :
par le canal oii sont réunies les eaux du Montone et du Ronco, et par le canal (naviglio) de 11 kil,, créé en 1737, allant aboutir au N.-E. delà ville au Porto Corsini.
Le bassin du port ou canal navigable, qui sert aux communications maritimes du commerce avec Trieste, est situé à la gare même.
Histoire.
Ravenne, fondée, selon Strabon, par les Thessaliens, tomba ensuite au pouvoir des Etrusques, puis des Sabins jusqu'à l'invasion de l'Italie par les Gaulois de la Celtique. Elle devint alors une des principales cités de la Gaule Cispadane. L'an 663 de Rome, elle n'était encore (ju'nne ville fédérée de Rome. Du temps de Strabon, elle était construite dans des marais au bord de la mer. Auguste y creusa un nouveau port ou agrandit l'ancien, situé à l'emboucbure du Ronco,
et le joignit au Pô par un c:inal (fossa Augusti) qui traversait la ville. Pendant 400 ans, d'Auguste à Honorius, Ravenne fut seulement une des premières stations militaires de l'Italie; perdue au milieu de sables et de marais, rien ne semblait l'appeler à l'importance politique qu'elle allait bientôt avoir.
Honorius, fuyant Alaric, vint s'y réfugier, et, heureux de l'abri qu'il y avait trouvé au milieu de ses fortitications naturelles, il n'en sortit plus. Ses faibles successeurs imitèrent son exemple. En 476, Odoacre, roi desHérules, s'empara de Ravenne; en 495, après un siège soutenu pendant 3 ans, il se soumit à Théodoric, roi des Ostrogotlis ; celui-ci fit de Ravenne sa résidence, et il y a laissé des traces de son goût pour les arts. Bélisaire s'en empara et en chassa presque tous les Goths, en 540. Narsès ayant détruit l'empire ostrogoth, Ravenne releva dès lors des empereurs d'Orient, qui la firentgouverner par des exarques. Pendant les 185 ans que dura cette domination étrangère, elle donna à la ville « cet aspect byzantin qui s'est conservé là à un plus haut degré que dans Gonstantinople elle-même ». Ravenne fut agitée par des luttes intérieures, se révolta plusieurs fois contre Byzance, et, au milieu des querelles sanglantes des iconoclastes (dans lesquelles, en sa qualité de ville italienne, elle resta fidèle au culte des images), les rois lombards s'en rendirent maîtres.
L'exarcbat, espèce de vice -royauté, ui comprenait toute la péninsule, fut iétruit, en 752, par Astolfe, roi des Lombards. En 773, Pépin l'enleva aux Lombards pour le donner au Saint-Siège.
Au xni^ s., les Polenta, feudataires du Saint-Siège, s'alFranchirent de sa suzeraineté. Cette famille conserva, pendant 166 ans, la souveraineté de Ravenne, qui, en 1441, ouvrit ses portes aux troupes vénitiennes. Venise en resta en possession jusqu'en 1509, époque à laquelle elle fut restituée au pape. En 1512, les Français y remportèrent sur les Espagnols une victoire sanglante, qui coûta la vie à Gaston de Foix, neveu de Louis XII. La Palisse, devenu le général de l'armée française, forcé de s'éloigner, laissa à Ravenne une faible garnison. L'évêque de Gittà di Castello la força de capituler, et, au mépris de ses promesses, livra à la populace quatre
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officiers français, qui furent ensevelis vivants jusqu'aux épaules, et qu'on laissa périr dans cet aifreux supplice. Revenue au pouvoir des papes, qui la faisaient gouverner par des Légats, Ravenne fit partie au commencement du xix^ s.
du royaume d'Italie napoléonien. La restauration de 1815 la redonna au Saint- Siège qui la garda jusqu'en 1859.
Histoire de l'art.
C'est à Ravenne, plus qu'à Rome peutêtre, que l'on doit aller, si l'on veut étudier les anciens monuments de l'architecture chrétienne. On y trouvera des édifices qui ont subi peu de changements depuis l'époque de la fondation : l'église de San Yitale offrira le type de l'architecture byzantine dans un monument élevé du temps de Justinien. Cette église, « introduisant en ItaUe l'art oriental dans son intégrité, la sculpture d'ornement, dit Albert Lenoir, dut suivre la même voie, et fut, en effet, une reproduction identique de celle qui s'observe à Ste- Sophie et à d'autres temples de Constantinople.... Les moines d'Occident, guidés par ces modèles, sui)primèrent les feuillages saillants et d'une exécution difficile, qu'ils avaient imités jusque-là des chapiteaux antiques, pour leur donner les formes épaisses que leur indiquait l'Orient. » (Le chapiteau byzantin n'est plus cylindrique, mais cubique, et il est surmonté d'un énorme tailloir, qui semble être un second chapiteau.
Un monogramme est sculpté sur le tailloir.) Les moulures du couronnement se simplifièrent. On supprima les profils élégants de l'art antique pour y substituer de lourds biseaux. Mais la mosaïque à fond d'or devint le trait principal de la nouvelle décoration. — L'éghse de Sauf Apollinare in Classe, avec les mosaïques qui la décorent, est un spécimen de l'ancienne basilique chrétienne. — Les ruines romaines ont presque entièrement disparu ; quelques restes informes rappellent seuls la Ravenne de l'empire romain. Celle des Goths a laissé des traces plus nombreuses et plus visibles. (F. place Yittorio Emanuele, le palais de Théodoric et son tombeau.) — A l'époque de la Renaissance, Ravenne posséda quelques bons peintres, tels que Nicolo Rondinelli, Baldassare Carrari, au xv^ s., et Lucas Longhi au
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xvi« s. Le graveur Marco Dente (xvi<= s.) s'élève la statue en marbre de L. C est aussi de Ravenne. Farini, dictateur de l'Emilie en
1859-60 et ministre du royaume d'Italie, par Pazzi (1878; le ministre est sur le point de déchirer le traité de Villafranca).
A rO. de ce rond-point commence Tavenue dite Viale Farini (ou Stradone délia Stazione), que l'on suit en passant devant l'église San Giovanni Evangelista (p. 76), à g.; devant l'église est la place Anita Garibaldi (PI. 24), décorée du monument (par ZoccJii)y érigé (1889) en l'honneur des martyrs de l'Unité et de l'Indépendance italienne.
On croise le corso Garibaldi, qui traverse Ravenne du N.-O. au S.-E.
(V. ci-dessous), et l'on parcourt la rue Luigi Carlo Farini (ou rue Farini, tout court), qui aboutit a la grande place Yittorio Emanuele, au centre de la ville.
La place Viltorio Emanuele (PL 21) a tout le caractère des places vénitiennes avec ses deux: belles colonnes de granit, érigées par les Vénitiens en 1484, dressées sur des piédestaux faisant gradins, richement décorés de sculptures, et supportant les statues de St Apollinaire (le patron de la ville) et de St Vital (celle-ci en remplacement du lion de Saint-Marc); les bas-reliefs des piédestaux et la statue de St Apollinaire sont de Pietro Lomhardi. — Au S., le palais de la Préfecture (Palazzo Governativo ; PL 18), destiné aux bureaux de l'administration provinciale, fut construit au xvii^ s. Le portique, soutenu par 8 colonnes de granit (dont deux: la l'^ à g,, et la 4*" portant un monogramme qu'on a interprété par le nom de Théodoi'ic), conduisait à la basihque d'Hercule, restaurée par ce souverain. — Le palais Municipal, à l'O. de la place, la sépare de la petite /^/ace del Venti Seltenibre (PL 23) sur laquelle s'élève une colonne, érigée en 1609, en l'honneur du cardinal Gaetani.
Principales curiosités.
Dôme (p. 75). —Chapelle de l'Archevêché (p. 74). — Baptistère (p. 74).
— Sauf Apollinare in Città (p. 75).
— San Giovanni Evangelista (p. 76). — Santa Maria in Cosmedin (p. 76). — Mausolée de Galla Placidia (p. 76).
— San Vitale (p. 77). — Tombeau de Dante (p. 75). — Musée etbibliothèque (p. 78). — Aux environs : Rotonde (tombeau deThéodoric, p. 79), Sauf Apollinare in Classe (p. 80).
iV. B. — Il faut consacrer un jour et demi à Ravenne, si l'on veut visiter toutes les curiosités. Le voyageur pressé devra voir : la place Vittorio Emanuele (p. 71), d'un aspect caractéristique, le Dôme (p. 75), avec ses tombeaux et ses sculptures antiques, le Baptistère (^p. 74), la chapelle de l'Archevêché (p. 74), l'église San Vitale (p. 77), le tombeau de Galla Placidia (p. 76), la chapelle de Santa Maria in Cosmedin (p. 76), l'église de SanV Apollinare in Città fp. 75), lous anciens monuments de l'architecture chrétienne, construits dans le style byzantin, remarquables par leur décoration de mosaïques.
S'il lui reste du temps, il pourra le consacrer soit au Musée national (p. 78) et à la Bibliothèque (p. 78), soit au tombeau de Théodoric (p. 79), ou bien à l'excursion à ftiire en voiture (en 2 h. env.; une voit, à un cheval, 2 fr. 20 l'h.) de Sauf Apollinare in Classe (p. 80), basilique avec mosaïques, et de Sanla Maria in Porto fuori (p. 80 ; fresques) .
Direction. — Rues; portes; places.
— Statues. — Palais et maisons remarquables.
En sortant delà gare, située à l'E.
de la ville, on se trouve sur la place Farini, rond-point au centre duquel
De la place Vittorio Emanuele, en passant sous une voûte, à l'angle S.-E., on débouche sur la place Alighieri (PL 2^2), dont le côtéE. est borné par le Théâtre commuiial Alighieri (PL 20), et le côté 0. par la Poste,
Le quartier N. de la ville est borné vers le S. parla rue Farini et la rue Cavoiir (une des plus longues et des plus fréquentées de la ville), qui aboutit à l'O., à la Porta Adriana (PL A, 1), d'ordre doi'ique, élevée en 1582 par le cardinal Ferrerio, avec les restes de l'antique porte Aurea (quelques sculptures sont encore visibles), restaurée au xvnf s. et en 1857.
Au N. de la rue Cavour, on va visiter la basilique de San Vitale (p. 77), et le Mausolée de Galla Placidîa (p. 76). — Vers le centre de la ville, au coin de la rue Tredici Giugno et de la rue Ponte Marine, se dresse la Torre ciel Puhblico (ou Torre délia Città ; PL 19), tour carrée en brique haute de 59 met., inclinée comme celle de Bologne; son origine, fort ancienne sans doute, n'est pas bien connue.
AuN. de cette tour, la nie Girolamo Rossi conduit aux églises de San Giovanni Battista (p. 76) et de San Vittore (p. 78). — A l'E. de la tour s'ouvre la belle et large rue Paolo Costa, à l'entrée de la quelle, a g., est le grand palais Spreti, siège du commandement de la division militaire, et dans laquelle on remarque quelques autres palais. — Entre la rue Paolo Costa et la rue Farini se trouvent l'égHse du Santo Spirito (p. 77) et, tout à côté, l'oratoire de Santa Maria în Cosmedîn (p. 76).
Le corso Garibaldi (F. ci-dessous), qui forme angle droit avec l'extrémité E. de la rue Farini, aboutit au N. à la Porta Serrata (PL B, 1), fermée par les seigneurs de Polenta, rouverte en 1511 par Jules II qui lui donna son nom, rebâtie en 1585 et restaurée en 1650. — A 800 met.
env., à l'E. de la Porta Serrata, on
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peut aller voir la Rotonde (tombeau de Thèodoric; p. 79) et revenir de là vers la gare. — A l'E. de celte porte, l'ancienne citadelle (Rocca di Brancaleone), élevée par les Vénitiens en 1459 et à moitié démohe en 1755, n'a plus guère d'importance.
Le quartier S.-O. de Ravenne est compris entre la rue Cavour au N. et la rue Mazzini à l'E. — On y visite l'église San Domenico (p. 75), à l'E.
de la place Vittorio Emanuele. Au S.-E. de cette place, sur la vaste place du Dôme (PL k, B, 2), ornée d'une colonne en granit, supportant jadis une statue de la Vierge, qui fut enlevée en 1878 et qui est depuis cette époque à la cathédrale, se trouvent le Dôme (p. 75) et le Baptistère (p. 74). Derrière le Dôme est l'Archevêché (p. 74).
Entre la place du Dôme et la rue Mazzini, on va visiter l'Académie des Beaux-Arts(p. 79)et le Musée National (p. 78) dans la rue Classe,
Le quartier S.-E. de Bavenne est borné au N. par la rue et l'avenue Farini, et à l'O. par la rue Giuseppe Mazzini, qui commence au S. de la place Vittorio Emanuele et aboutit à la Porta Sisi (d'ordre dorique et la plus belle de toutes les poi tes de la ville) . C'est une des principales artères de la ville; en la descendant, du N.
au S., on y rencontre à g. la place Byron (PL B, 2), avec le monument de Garibaldi (1892) et l'église de San Francesco (p. 76). Le côté S. de la place est formé par l'ancien palais Rasponi, aujourd'hui hôtel Byron. Une inscription rappelle que lord Byron, avant d'aller au palais Guiccioli (rue Cavour), logea en 1819 dans cette maison, qui était alors une auberge.
11 avait à cette époque 52 ans. Arrivé à Ravenne en juin 1819, il en repartit en octobre 1821 pour aller s'établir à Pise.
Tout près de la place Byron, au N.
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