‹ Italiens et FlamandsChapitre 18 sur 24 · JACQUES DE PONTORMO · texte numérisé non relu

JACQUES DE PONTORMO

ruine de la plus grande partie des choses d'art- que renfermait la splendide cité républicaine. La ville prise, il s'éleva de son sein même des hommes qui disposèrent *en vainqueurs des richesses de leurs concitoyens; qui se précipitèrent dans les palais abandonnés et enlevèrent, comme un butin personnel, les meubles magniGques, les riches tableaux, les statues précieuses.

Une troupe de.ces pillards, conduite par Jean-Baptiste de la Palla, s'avança vers la maison de Salvi Borgherini ; mais, sur le seuil de cette maison, Marguerite Acciajuoli, pour laquelle avaient été faits les bijoux de la renaissance que nous avons signalés, les attendit de pied ferme, et les apostropha d'une harangue à la fois si hautaine, si patriotique et si méprisante, que, pareils à ces assassins qui reculèrent devant la majesté de Goligny, les misérables reculèrent devant la dignité de cette femme.

Pour cette fois, les merveilleux ouvrages d'André del Sarto, de Jacques de Pontormo, de Granacci et de Bachiacca furent sauvés.

Mais, depuis, malheureusement, une partie de ces précieuses compositions fut dispersée et perdue. On retrouva deux morceaux de la main de Bachiacca dans la maison de la signora Luisa Merli, de Sienne ; la galerie Pitti, de son côté, fit l'acquisition des peintures

d*André del Sarfio ; enfin, la galerie des Offices parvint à se procurer la taWfette sur laquelle Jacques de Pontormo avait peint Joseph conduU en prison, pour son prétendu outrage à la femme de Puttphar.

JEÂN-ÀNTOINE S06LIÀNI

Sogliani fut vinglr-quatre ans, je ne dirai pas l'écolier, mais l'imitateur de Laurent de Credi, puis passa à l'école de fra Bartolomeo ; c'est-à-dire qu'il étudia sous les deux peintres les plus curieux de l'époque, et que, comme son génie n'était pas assez indépendant pour marcher seul, à sa manière et de ses propres ailes^ il nous a laissé des taMeaux qui semblent des compositions, un peu faibles, tantôt de l'un, tantôt de l'autre de ces deux artistes.

Et cependant, il y a un charme tout particulier dans les tableaux de Sogliani ; ses madones sont de chastes femmes, ses bamhini sont de divins enfants; puis il y a dans les plis de ses vêtements une élégance modeste et douce qui rappelle les deux peintres idéalistes que Sogliani avait pris pour modèles.

Quant au coloris, il est vif et doux à la fois, plein de

nuances charmantes qui parcourent, si l'on peut dire, toute la gamme de la peinture, et qui font des œuvres de l'artiste, sinon de grands tableaux d'église, du moins de ravissants tableaux d'oratoire.

Outre ses tableaux, Sogliani a laissé un grand nombre de fresques à Florence et à Pise.

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