‹ Itha, comtesse de Toggenbourg, ou, La Vertu persécutée [microforme]Chapitre 2 sur 23 · C:'APITRE PREMIER · texte numérisé non relu

C:'APITRE PREMIER

Origine d'Itha,

Il y a huît cents ans environ, la bienfaisante lumière de lÉvangile de Jésus-Christ était déjà généralement répandue en Allemagne ; déjà son influence divine et ses célestes clartés avaient dompté les passions sauvages, adouci les mœurs grossières, éveillé dans les cœurs des hommes des sentiments plus élevés, et introduit dans leurs rapports l'humanité et la charité. À cette époque, un vaste et antique château situé sur les bords de l’Iller était habité par les puissants comtes Hartmann et Othon de Kirchberg, seigneurs d’une grande illustration, qui avaient mérité l'estime de leur prince var leur bravoure, et l'amour de leurs vassaux p eur justice et leur bonté.

Selon l'usage de ces temps, les deux nobles frères se rendirent en Palestine avec ia première croisade, pour prendre part à la conquête de ces saintes contrées où se sont accomplis les principaux événements de notre divine religion. Ils y étaient appelés par l'intérêt général de la chrétienté et par le‘soin de leur propre salut; aussi employèrent-ils toutes leurs forces et toutes leurs lumières Pour assurer le

succès de cette pieuse entreprise.

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L'Allemagne possédait déjà plusieurs monestà de l’ordre de Saint-Benoît, et tous les esprits imp tiaux voyaient dans ces saints religieux les iostr ments les plus habiles que la Providence employ Pour répandre dans les cœurs les semences pr

vant les fruits jes plus nourrissants et les plus sa

voureux. En effet, cette admirable institution éta:

Frappés des bienfaits que ces couvents répandaient autour d'eux, les frères Hartmann et Othon

ques religieux de la maison de Saint-Blaise, dans la

forêt noire. Ils firent tant aussi par leurs soins em-

fondateurs. Ils travaillèrent avec un saint zèle et sans relâche dans la vigne du Seigneur, cherchant

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Jésus-Christ ; ils s’efforcèrent de Sagner les hommes et surtout la

a contrée environnante, mais encore et surtout dans le château du suzerain,

L'illustre famille qui l’habitait s'efforçait d’allier à la haute noblesse de sa race une noblesse bien plus élevée encore, celle de l'âme, de Ja vertu et de la crainte de Dieu. Les enfants d'Hartmann, qui, en sa qualité d’aîné, avait été mis en possession du comté, étaieat donc Ja joie de leurs bons parents et le gage infaillible du bonheur à venir de leurs sujets. L’innocence et la Piété faisaient l’ornement des jeunes comtesses, et dès ; plus bas âge le cœur de leurs jeunes frères se fo: init dans la pratique des sublimes devoirs de la noblesse : proléger la veuve et l’orphelin, secourir la faiblesse et la vertu, appuyer de toutes ses forces la divine religion. Ces nobles qualités se transmettaient en héritage de génération en génération, du père aux enfants et de ceux-ci aux petits-fils et aux arrière-petits-fils, Cependant, comme dans un jardin rempli de belles fleurs il peut s’en (rouver une qui par son éclat et sa beauté supérieure 8e distingue de toutes les autres, de même, dans une famille bonne et ver. tueuse, il se trouve quelquefois un membre qu'une amabilité particulière et des qualités extraordinai font remarquer au milieu de,tous ceux qui l'entou-

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rent. C’est ainsi qu'un rejeton de cette illustre lig: plus estimable encore que tous les autres comme: à croître vers le milieu du xrre siècle ; ce fut la jeu comtesse de Kirchberg, qui reçut au saint bapté, le nom de Juditha, bientôt changé par abréviati en celui d'Itha, .

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