‹ Itha, comtesse de Toggenbourg, ou, La Vertu persécutée [microforme]Chapitre 3 sur 23 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Éducation d'Itha.

On ne connaît rien d'écrit sur les parents d'Itha mais l’éducation qu'ils donnèrent à Jeur fille, et qu 8e trouve décrite dans l'histoire de cette dernière Prouve assez qu'ils étaient pieux et honnêtes, e

Dieu, et leur famille comme une pépinière au mi-

fluence pernicieuse, et de les former pour la plus grande gloire de Celui qui les avait placés sous leur surveillance.

L'éducation 4’Itha fut donc dirigée avec les soins les-plus vigilants et les Plus srupuleux. Dès sa plus

Moyens en leur pouvoir de faire naître et de fortifier en elle les principes du bien, d'étouffer les germes non moins précoces du mal, et de bâter dans son

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cœur le développement de Ja charité et de la. force d'esprit. Ils se gardaient également de l’amollir par une indulgence excessive ou Par une nourriture trop recherchée, et de l’affaiblir par une sévérité outrée et des aliments indigestes ; tous leurs efforts tendaient à donner à leurs enfants une éducation conforme à la carrière qu'ils étaient appelés à parcaürir flans le morde. Les exemples *e vertu et de piété que ces enfants avaient constamment sous les yeux devaient d’ailleurs pénétrer de bonne heure leur ème de ces nobles sentiments. Dès ses plus jeunes ans, Îtha dut aux conseils p'eins d'amour et à Ja. douce société de sa mère l'habitude des travaux et des occupations qui convenaient à son âge et à son sexe. Près de cette mère chérie, elle apprit à tourner le fuseau et à manier l'aiguille ; dans l'office du château, elle s’initiait aux connaissances néccsssires. à une bonne ménagère, et préparait souvent de ses jeunes mains les mets s4Voureux destinés à la famille ou même aux hôtes qu'elle recevait. Ainsi se passait la jeunesse d'Itha, non pas dans les jeux et l’oisiveté, mais au milieu de l'étude et des travaux. L: religion cependant, qui est pour tous les hommes le premier et le plus utile des enseignements, ne pouvait être oubliée p.r ces bons parents. Dès que l'esprit d'Itha fut aséez formé Pour recevoir ces saintes instructions, on éleva son cœur vers son premier et son meilleur Père, qui habite au ciel, ‘“ Tout ce que tu reçois de nous. lui disaient sans cesse les vertueux auteurs de ses jours, nous le te. nons du Père céleste ; c’est à lui que tu dois adresser tes actions de grâces ; c’est aussi lui que tu dois implorer dans tes besoins.” Dès son enfance, elle apprit à connaître Jésus-Christ son rédempteur, et

on lui racontait les principaux traits de l'histoir touchante de l'Homme-Dieu, Oa lui disait commen Par amour pour les hommes, le Fils de Dieu voulu descendre sur la lerre ; comment ii fut dans sa jeu Resse un enfaut plein d'ämour, obéissant et pieux el comment, dans un âge plus avancé, il apprenai aux hommes à connaître leur Père céleste, et leur

toujours avide de recueillir les divines paroles adressées aux hommes par Jésus-Christ, Pour y confor. ner sa vie el se rendre digne de goûter un jour le bonheur des élus. Ainsi, toutes les importantes vé.

famille Kirchberg, et ils Prouvaient aussi aux descendants de leur fondateur la reconnaissance dont ceux-ci ne cessaient de se Montrer dignes par de riches donations.

Cette excellente éducation, favorisée de la béné. diction divine, déposa de bonne heure dans le cœur candide de la jeune Itha le germe de toutes les ver.

devaient Prouver un jour ju: .— à l'évidence que Dieu tourne toutes choses pour le bien de ceux ui l'aiment, et que l'homme, quelles que soient sa fai.

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blesse et sa fragilité, est capable de tout s’il se fie au secours d'en haut et s’il cherche sa force dans la grâce divine.

Dès sa première jeunesse, Itba fut un modèls accompli de dévotion et de crainte de Dieu ; c'était un bonheur pour elle de se rendre à l’église, et elle se plaisait à rester longtemps dans la maison de Dieu. Elle aimait ses parents, et Je prouvait par l'obéissance la plus soumise ; sa charité s'étendiit également à tous les hommes, et elle traitait comme ses égaux les domestiques de ses parents; celle ne fut jamais orgueilleuse de sa noblesse, et se montra toujours également pressée de secourir ses semblables, même dans la plus humble condition. Enfin son innocence et sa chastelé étaient telles, qu’elle rougissait au moindre propos qui n'était pas conforme à la décence la plus scrupuleuse, et évitait avec le plus grand soin jusqu’à l'apparence de ce qui pouvait blesser la pudeur la plus délicate. Itha croissait ainsi en perfection chrétienne en même temps qu'en âge et en force, et la grâce divine devenait chaque jour plus visible dans toute sa conduite; si elle avait reçu du Ciel le plus précieux des dons dans l'éducation que lui avaient donnée ses bons

parents, ceux-ci trouvaient aussi la plus douce récompense de leurs soins dans la bénédiction que Dieu répandait sur leur pleuse et vertueuse enfant,

LL CHAPITRE Ill b | | |

| 22 Îtha est mariée au comte Henri de Toggenbourg

Lorsque Itha eut atteint l’âge convenable pot mariage, ses bons parents, qui plaçaient la joi

| | leur vieillesse dans le bonheur de leurs enfa cherchèrent à assurer son avenir par, pn établi

ment convenable, Quant à elle, respetlant touj là volonté de Dieu dans elle de son père et d

mère, elle adressa’ souvent avec eux de ferve

‘ Prières au Ciel pour obterir que ia bénédiction

vine, qui ne ait jamais abandonnée, contin

à s'étendre su, :a destinée et assurât par son b

| heur celui de s . parents, Animée de ces louat | | | | |

sen‘iments, elle s’occupait plus que jamais dans

château paternel des soins qui conviennent à à

bonne ménagère ; elle cherchait ainsi à se ren

chaque jour plus facile l'accomplissement de

devoirs, pour pouvoir à son tour diriger avec int

ligence et sagesse la maison de celui que Dieu | donnerait pour époux. Elle n’en vivait pas moir

| comme par le passé, dans la plus profonde tra quillité d'esprit, et s’en rapportait, ainsi que s

parents, du soin des événements futurs à la divi:

Providence.

Cependant le mérite et la vertu ne restent jama

ignorés, et ces précieuses qualités trouvent toujou

| | des adinirateurs qui les recherchent dans l'espoir d RE | lenr devoir leur félicité dans cette vie et dans l’autre | | Le jeune comtesse Itha : e pouvait donc être long temps inconnue, et déjà elie faisait souvent le suje

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nbourg.

ble pour le la joie de rs enfants, établisseit toujour e et de sr | ferventes liction dicontinuât son bon- ; louables s dans le ent à une se rendre ot de ses ec intel.

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Le château de Toggenbourg. (P. 17).

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de la conversation et de l'admiration des seigneurs de la contrée. C’est ainsi que le jeune comte Henri de Toggenbourg entendit parler d’elle au tournoi de Cologne, que donna en 4197 le comte de Hanau. Sur les éloges unanimes qu'il entendait faire de ses vertus, il la choisit dès lors dans son cœur pour son épouse, et peu de temps après le tournoi il se rendit : de Toggenbourg à Kirchberg pour vérifier par ses propres yeux la vérité de tout ce qu'on lui avait rapporté, et pour obtenir ensuite de la jeune comtesse et de ses parents la réalisation de ses vœux.

Benri, jeune et beau chevalier, descendant d’une race illustre et antique, possédait le riche et célèbre comté de Toggenbourg ; il y habitait le vieux chateau de ses ancêtres, construit, non loin du couvent de Fischingen, sur un rocher élevé, fortifié par l’art et la nature, d'où il pouvait braver impunément et les efforts des vents déchaïnés et les assauts des ennemis. Le dernier tournoi avait donné au jeune comte l’occasion de déployer une force et une adresse peu Communes, et il en avait rapporté de nobles gages de ses succès. Sa conduite pleine de réserve et de prudence pendant le séjour de peu de durée qu'il fit à Kirchberg lui concilia l'estime et l’affec tion de toute la famille. Son rang et son âge rendaient également convenable son union avec Itha ; et les parents de cette dernière voyaient en lui l’époux qui devait réaliser leurs pieux souhaits et rendre leur fille heureuse, comme il trouverait de son côté une femme accomplie dans la jeune comtesse, si aimable et si bien élevée, |

Aussi, lorsque Henri déclara son amour à Itha et fit connaitre au comte et à la comtesse le but de sa visite, il lui fut facile d'obtenir de la jeune fille

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ITHA

l'assurance que son attachement était payé de retour, et de ses parents le consentement le plus empressé. De sorfe que, quelque temps après, et dans cette même année 1197, les vœux du jeune comte de Toggenbourg furent complètement accomplis ; celle noce seigneuriale fut solennellement célébrée,

et Itha lui fut unie par des liens indissolubles dans

le sacrement du mariage. Le jour de la cérémonie, Henri remit à celle qui devenait sa compagne un anneau d’or du travail le plus pr ‘cieux et enrichi de pierreries : ce symbole de l’union qu’elle venait de contracter devait Ini rappeler à chaque instant de sa' vie l’inviolable f lité et l'amour cordial que se doivent réciproquement les époux.

Plus ces jours de fête avaient été remplis d’une joie vive et douce, plus fut pénible et douloureux le moment où la jeune comtesse dut se séparer de ses bons parents, de ses frères et de ses sœurs, de tous les serviteurs qui lui étaient si sincèrement attachés, et quitter les beaux lieux où s’était écoulée son enfance et où elle avait joui de tant d’innocents plaisirs. Cependant la religion, qui offre des consolations pour tous les chagrins aux cœurs qu'elle a pénétrés, fournit aussi des réflexions qui rendent moins amères de telles séparations, En effet, la bénédiction divine ne doit-.ile pas suivre partout ceux qui s’abandonnent à ses soins; et les enfants de Dieu n’ont-ils pas toujours l’espoir de se revoir un jour éternellement réunis pour jouir ensemble, dans le sein de leur Père céleste, d’un bonheur ineffable et d’une félicité qui n'aura pas de fin?

Enfia sonna l’heure du départ, et Itha, accompagnée de la bénédiction de ses parents, des vœux les plus sincères de ses serviteurs, de ses amis, de tout

ITHA 19 le comté, sortit du château de ses ancêtres, près de son mari et entourée d’une suite nombreuse, pour se rendre à l'habitation nouvelle où elle devait passer sa vie. Après quelques jours de marche, elle arriva bien portante et heureuse dans le comté de Toggenbourg, et fut solennellement accueillie avec les plus vives démonstrations de joie par les nombreux vassaux et par les serviteurs d'Henri, qui, rangés devant leur maison et autour du château, saluaient pleins d'espérance la jeune comtesse qui allait régner en souveraine dans le manoir seigneurial et sur tout le pays.

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