LA COERSE AUTOUR D’ILIUM EST FACILE
mois. La source la plus chaude dans la plaine de Troie même est à présent à deux kilomètres du village d’Akchi-Kévi ; elle a une température constante de vingt-deux degrés.
Il y a plusieurs sources de bonne eau au pied de la colline d’Hissarlik. Comme je l’ai déjà dit, la colline d’Hissarlik est le prolongement ou l’extrémité d’un dos montagneux qui n’est pas insurmontable comme le prétend Strabon.
L’emplacement d’Ilium-Novum, d’une circonférence de 5 kilomètres, est bien indiqué par les murailles d’enceinte, dont on voit les ruines en maints endroits; et les pentes qu’on monte et qu’on descend, en faisant le tour de la ville, sont si douces qu’on peut les traverser au pas de course sans risquer de tomber. En courant trois fois autour de la ville, Hector et Achille firent ainsi i5 kilomètres, et une telle course n’a rien d’extraordinaire ; car, lorsque je parcourus, en société de cinq officiers japonais, au galop, les 38 kilomètres de Yocohama à Yeddo, au Japon, nous fûmes suivis à pied par nos six palefreniers, qui rivalisaient de vitesse avec les chevaux.
Quoique je pense avoir suffisamment démontré que Hissarlikest, sous tous les rapports et à tous les points de vue, en harmonie complète avec toutes les indications que nous fournit Homère sur Ilium, je puis encore ajouter qu’on ne peut pas mettre le pied dans la plaine de Troie sans être tout d’abord frappé par la position de la belle colline d’Hissarlik, qui semble être destinée par la nature à porter une grande ville avec
POSITION IMPOSANTE d’hISSARLLK.
son acropole. En effet cette position bien fortifiée dominerait toute la plaine de Troie, et, dans toute la contrée, il n’y a aucun point qui puisse être comparé à celui-ci.
De Hissarlik on voit aussi le mont Ida, du sommet duquel Jupiter voyait la ville de Troie (II-, VIII, 47-5a).