LE TUMULUS UDJEK-TÉPÉ
Selon Strabon, cette Myrine était une des Amazones (Strabon, XIII, 4 > P a g e * 47 ) qui assiégeaient Troie (//., III, 189-190; Hérodote, IX, 27).
Par sa situation a âirâve u8e », de côté , dans la plaine renfermée par la jonction du Scamandre et du Simoïs, le tumulus de Myrine était hors de la ligne des marches des troupes grecques et troyennes, et c’est ainsi qu’Homère n’a eu l’occasion d’en parler qu’une seule fois, tandis qu’il parle souvent du figuier et du hêtre, parce qu’ils étaient sur le passage des armées.
Les inondations périodiques du Scamandre auront peu à peu miné et enlevé le tumulus Batieia, car on n’en voit plus aucune trace.
Le tumulus Ldjek-Tépé , dans lequel, par une grave erreur, on veut reconnaître le monument d’Æsyétès , se trouve aussi dans la direction d’Hissarlik à Alexandria-Troas, non à 925 mètres, mais à 7,000 mètres d’Hissarlik, et à 1 2,000 mètres du camp grec. On ne peut pas voir à l’œil nu des hommes, même à la moitié de cette distance, et même les vaisseaux ne paraissent que comme de petits points.
L’erreur de Strabon est pardonnable, car il ne fait que répéter les mensonges intéressés de Démétrius de Scepsis ; mais impardonnable est l’erreur des auteurs croyant au dogme de l’identité de Bounarbaschi avec l’emplacement de Troie , auteurs qui , après avoir visité la plaine de Troie et Udjek-Tépé , soutiennent encore que ce monument puisse être le tombeau d’Æsyétès, d’où Politès épiait. les mouvements des Grecs aux navires. Je défie tous ces auteurs et défen-
LE TOMBEAU ü’æSTÉTÈS.
seurs d’un dogme absurde de prouver que jamais un mortel ait pu voir des hommes à 6 kilomètres, moitié de la distance qui sépare Udjek-Tépé du camp grec à côté de Sigée. En outre, la distance de Bounarbaschi à Udjek-Tépé est de 6 kilomètres, tandis que de Bounarbaschi au camp grec à Sigée il y a i 4 kilomètres. Vraiment rien de plus absurde que de s’imaginer que Politès ait pu faire 12 kilomètres (aller et retour) pour être à 12 kilomètres du camp grec au lieu de >4 kilomètres.
Nous devons plutôt placer le tombeau d’Æsyétès entre le gué du Scamandre et le camp grec , mais peut-être à 1 kilomètre au nord-est ou au sud-ouest hors de la ligne directe entre ces deux points; car s’il se fût trouvé sur le théâtre des batailles et des marches des armées, Homère en aurait fait mention plus d’une fois.
Je crois pouvoir dire à ce propos que le tumulus d’Udjek-Tépé, le pseudo-tombeau <CÆsyétès, que j’ai visité, est de forme conique, comme tous les tumulus de la plaine de Troie ; il a 2 5 mètres de haut, et i 3 o mètres de diamètre à sa base. On peut se faire une idée de la grandeur de ce tombeau, si l’on pense, comme l’a fait observer Lerjz, que les plus hautes maisons de Paris n’ont pas plus de 22 mètres de haut, et qu’il y en a peu qui aient plus de 22 mètres de long et de large.
Je ne partis d’Hissarlik, avec mes ouvriers et mon guide, qu’à trois heures de l’après-midi ; nous passâmes par les villages Kalifatli et Koum-Kévi, dont