AUCUNE TB ACE DE FORMATION ALLUVIALE
•mov iroXtî », car le sommet est couvert de nombreux morceaux de tuiles et de poterie.
Je suivis ensuite la côte à l’ouest, vers le promontoire de Sigée, tout en examinant attentivement la nature du sol pour voir si, comme le prétend Strabon, il pourrait être de formation alluviale postérieure à la guerre de Troie.
D’abord l’élévation graduelle de toute la pente de la chaîne d’In-Tépé me semblait repousser la supposition qu’un golfe ait jamais pu exister là, et j’en fus pleinement convaincu quand je vis les bords hauts et escarpés du petit fleuve In-Tépé-Asmak et du ruisseau Kalifatli-Asmak, près de leur embouchure dans un sol marécageux.
Si ce sol était le produit des alluvions des rivières, les bords de ces rivières ne pourraient pas avoir une hauteur verticale de a à 4 mètres, dans des endroits où la terre est marécageuse et molle. En outre les grands lacs d’eau salée d’une immense profondeur, à l’extrémité de la plaine, combattent énergiquement l’hypothèse que la plaine de Troie, entière ou en partie, ait pu être formée par alluvion ; car, si les rivières faisaient des dépôts au profit de la plaine, ces lacs devraient d’abord être remplis. La grande Stomalimne, ou lac et marais dont parle Strabon (XIII, I, page io3, êd. Tauchriitz), existe encore, et elle n’est, saus aucun doute, ni plus ni moins grande que du temps de Strabon, car l’eau qui se perd de la lagune par l’évaporation est remplacée aussitôt par l’infiltration de l’eau de la mer; en outre le courant de l’Ilellespont, qui
TUMULUS IJE HATROCLE ET u’aKTILOQUE. 209
court avec une rapidité de trois nœuds par heure, enlève la matière alluviale des fleuves et la dépose sur les bas-fonds à gauche en sortant de l’Hellespont, à quelques kilomètres de la plaine de Troie, et ce même courant a toujours dû prévenir un accroissement de la côte.
Ainsi l’assertion de Strabon, que tout l’espace de terrain entre la côte et Hissarlik, et par conséquent 4 kilomètres de long sur autant de large, soit un produit alluvial post-homérique, est une hypothèse absurde; ce n’est qu’une fiction inventée par Démétrios de Scepsis, pour prouver qu’Ilium-Novum n’a pu être l’ancienne Troie.
Je passai le Scamandre sur un pont de bois. Ce fleuve a, vers son embouchure, un lit très-large et trèsprofond et assez d’eau même en août. Sur sa rive droite est un monticule artificiel de forme conique, de i i mètres de haut etde 4 o mètresde diamètre à labase, dans lequel on a fait des fouilles sans rien trouver.
On me montra à quelques mètres de ce monument une élévation à peine perceptible du sol, en me disant qu’il y avait eu dans cet endroit un monticule conique semblable, qu’on avait déblayé pour gagner du terrain. Ces deux tumulus couvraient probablement les cendres de Patrocle et d’Anliloque.
A deux kilomètres plus loin, à l’extrémité de la plaine, sur une petite colline, qui a d’un côté 8 mètres, de l’autre 1 7 mètres de haut, se trouve un autre plus grand tumulus funéraire qui a 53 mètres de diamètre à sa base, tandis que sa hauteur, par suite des